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15 novembre 2013 · Gouvernement · discours Discours

Interview de Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, "France bleu Ile de France" le 15 novembre 2013, sur le climat social et l'éventualité d'un changement de Premier ministre, sur l'utilisation du crédit impôt pour la compétitivité et l'emploi

Nicole Bricq (auteur)

NOE DA SILVAPremière question. Ça va vous paraître anodin mais est-ce qu'une qualification des Bleus pour le Mondial au Brésil l'année prochaine peut avoir des incidences sur le commerce extérieur français ?NICOLE BRICQJ'en suis sûre, parce qu'au moins je pourrais dire « l'équipe de France qui gagne ».NOE DA SILVACe n'est pas le cas aujourd'hui ?NICOLE BRICQEt aujourd'hui j'ai du mal !NOE DA SILVAJustement en tant que ministre, comment qualifiez-vous tout ce qui se passe aujourd'hui en France ? C'est une grogne, c'est une révolte, c'est une révolution ?NICOLE BRICQCertainement pas, non. Les institutions tiennent et le gouvernement et le président sont là, à la barre. Mais c'est vrai que le pays est dans la difficulté et quand nous traversons cette tempête, c'est vrai que des mouvements catégoriels souvent peuvent venir à la surface, une certaine exaspération. Mais moi, je dis aux Français : « Vous êtes bons, vous allez vous en sortir et nous allons vous aider à être les meilleurs ».NOE DA SILVAQuelle est l'ambiance au gouvernement entre vous ?NICOLE BRICQJe ne vois pas de différence. Chacun est à sa tâche, va dans les régions. Hier, j'étais en Aquitaine où j'ai pu rencontrer des chefs d'entreprise. Évidemment, moi je vois des entreprises qui exportent, qui ont des difficultés, qui me parlent de leurs soucis mais en même temps, qui se battent. Je vois des élus qui sont mobilisés.NOE DA SILVAÀ la Une du Figaro ce matin, un sondage OpinionWay : trente-neuf pourcents des Français veulent une dissolution contre trente-trois pourcents un remaniement. Et vous ?NICOLE BRICQÇa ne veut rien dire, parce que vous savez que dans la Vème République c'est une personne qui décide, c'est le président de la République. Quand on fait un acte aussi fort, c'est pour changer de politique et je ne crois pas que ce soit de saison dans la mesure où nous avons engagé des réformes profondes et il faut les mener à bout. On ne juge pas un gouvernement au bout de dix-huit mois.NOE DA SILVADonc il ne faut pas changer Jean-Marc AYRAULT.NICOLE BRICQJe n'ai pas de capacité pour le dire, parce que ce serait de la pusillanimité.NOE DA SILVANicole BRICQ, vous êtes ministre du Commerce extérieur et la croissance rechute. C'est un recul de 0,1 pourcent du PIB au troisième trimestre. Est-ce que tous les moteurs de la France sont à l'arrêt ?NICOLE BRICQNon, parce que la consommation tient dans une période difficile. Parce que nous avons eu un mauvais trimestre mais le trimestre précédent était bon et le trimestre, le dernier de cette année, sera bon. Donc je crois qu'on est sur la bonne ligne.NOE DA SILVAMais qu'est-ce qui peut changer justement ?NICOLE BRICQMais il y a un moteur qui n'est pas reparti : c'est l'investissement. Et c'est pour ça que nous avions fait il y a un an ce pacte de compétitivité avec des mesures fiscales de dégrèvement d'impôt et en même temps, nous avions mis en route un certain nombre de réformes. Il faut donner le temps à ces réformes de jouer à plein.NOE DA SILVAMais on a l'impression que ça ne prend pas.NICOLE BRICQMais si, ça prend ! Moi, j'interroge.NOE DA SILVACe pacte de compétitivité ?NICOLE BRICQJ'interroge les chefs d'entreprise, souvent des entreprises qui innovent. Je leur dis : « Vous bénéficiez du crédit impôt recherche ». Oui, c'est un apport essentiel pour la recherche et l'innovation.NOE DA SILVAC'est un outil trop compliqué ?NICOLE BRICQVous utilisez le crédit d'impôt compétitivité emploi ? Oui. Je n'ai jamais quelqu'un qui me dit : « Je ne prends pas », mais le problème c'est de savoir comment il est utilisé, et moi je souhaite qu'il soit utilisé pour justement investir dans de l'innovation pour pouvoir être compétitif.NOE DA SILVANicole BRICQ, en ce moment on entend des reproches faits par l'Europe à l'Allemagne, accusée de trop exportée. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment l'Europe peut accuser un pays de trop exporter ?NICOLE BRICQEh bien, si les médias s'intéressaient davantage à ce qui se passe au niveau européen, nous ne nous poserions pas cette question.NOE DA SILVADésolé, je vous la pose quand même.NICOLE BRICQEn plein coeur de la crise financière, des décisions ont été prises qu'on appelle le Two-packs, et en fait c'est la concrétisation aujourd'hui du gouvernement économique de la zone euro. Ce qui est nouveau, c'est que pour la première fois la Commission dit à l'Allemagne : « Vous avez trop d'excédents liés à votre commerce extérieur et si vous voulez qu'il y ait plus d'équilibre au sein de la zone euro, il faut que vous fassiez une relance notamment par la consommation ». Et ils demandent de corriger ces déséquilibres NOE DA SILVAEt d'acheter plus européen.NICOLE BRICQAbsolument, d'acheter à l'intérieur de la zone euro et surtout de relancer la demande notamment au travers d'augmentations salariales. En clair, c'est ça qui est dit à l'Allemagne parce que la zone euro ne peut pas être aussi déséquilibrée entre des pays qui ont des difficultés très graves – je pense à l'Italie et à l'Espagne – et des pays qui engrangent des milliards d'excédents qui alimentent bien sûr leurs budgets.NOE DA SILVAMerci pour cette explication et madame la Ministre, aujourd'hui après cette interview, vous vous rendez à l'université de Marne-la-Vallée pour présenter le VIE, le Volontariat International en Entreprise. Quand on lit « volontariat », on pense à quoi ? Ce sont des stages ?NICOLE BRICQNon justement, pas du tout. C'est une première étape dans une carrière professionnelle. Le volontaire international en entreprise, là aujourd'hui il s'agit à l'université de Marne-la-Vallée de faire le VIE pro avec deux objectifs que nous avons, concernant ce dispositif : c'est d'envoyer des jeunes à l'étranger qui servent les entreprises.NOE DA SILVAFrançaises ?NICOLE BRICQBien sûr. Et notamment les petites et moyennes entreprises, les entreprises intermédiaires et aussi les grands groupes bien sûr. Ces jeunes ont leur première expérience à l'international, et le président de la République a donné deux priorités, des super priorités : la jeunesse et l'emploi. Et l'international contribue à ces deux super priorités. Ces jeunes vont aller pendant deux ans dans un pays, au service d'une entreprise. Ils vont travailler pour cette entreprise et je signale.NOE DA SILVAIls sont payés ?NICOLE BRICQIls sont payés, bien sûr. Ce ne sont pas des stagiaires. Au bout de leurs deux années maximum, nous avons une statistique assez intéressante soixante-dix pourcents sont embauchés par l'entreprise qui les a gardés, et quatre-vingts pourcents quand ils reviennent en France trouvent un travail.NOE DA SILVADonc il y a des postes en fin de mission ?NICOLE BRICQAlors ce sont des missionnaires si on peut dire parce que moi, je les vois quand je vais dans les pays étrangers : ils réalisent des choses extraordinaires.NOE DA SILVAExemple ?NICOLE BRICQPar exemple une jeune fille au Mexique l'autre jour, elle a été envoyée par une société qui s'appelle PRONUPTIA vous savez, vous savez ce que c'est. Elle a en un an, elle avait l'objectif d'ouvrir des magasins à Mexico. Elle a ouvert trois magasins toute seule avec ses petites mains et sa petite tête. Donc ce sont des jeunes qui vont à l'aventure et ce que nous voulons, c'est en avoir plus. Nous en avons aujourd'hui sept mille cinq cents, il faut en avoir au moins neuf mille. Il y a quarante mille demandes, quarante mille demandes.NOE DA SILVAÇa s'adresse à qui ?NICOLE BRICQÇa s'adresse pour l'instant beaucoup trop aux jeunes qui sortent des très grandes écoles, qui ont tous les moyens de se battre dans la vie, qui viennent de milieux favorisés. Ce que nous souhaitons, c'est élargir le dispositif justement à une licence pro. Nous le faisons à Marne-la-Vallée, nous le ferons à Cergy-Pontoise, nous le ferons aussi dans deux universités : celles du Havre et de Valenciennes.NOE DA SILVAMadame la Ministre, ne bougez pas. La suite de l'interview, c'est dans un instant ; Nicole BRICQ sur France Bleu 107.1. ( )BILL DEBRUGEEt on se détend, également, ce soir à la télévision, vous seriez plutôt devant FRANCE 3 à 23 heures 10 pour « Kennedy une bête politique » ou bien 20 heures 45, TF1, Ukraine – France ?NICOLE BRICQJe ferais les deux !JOURNALISTEC'est la réponse que j'attendais ! Voici un extrait de chaque. Alors KENNEDY d'abord !- EXTRAIT DE FRANCE 3- JOURNALISTENicole BRICQ vous étiez où lors de l'annonce de la mort du président KENNEDY ?NICOLE BRICQJ'étais dans un bus qui revenait de mon lycée et j'ai vu mes copines s'agiter et en arrivant, parce qu'évidemment il n'y avait pas ni Internet, ni les portables JOURNALISTENi les Smartphones et les alertes.NICOLE BRICQEn arrivant dans mon foyer, puisque j'étais dans un foyer de jeune fille, eh bien j'ai compris, parce que j'avais une copine qui était fana de rock et qui suivait tout ce qui se passait aux Etats-Unis, ce qui se passait et c'est quelque chose qu'on n'oublie pas !NOE DA SILVAC'était le 22 novembre 1963, ça fera 50 ans, donc vendredi prochain. Et puis allez ! 10 secondes de Didier DESCHAMPS.- EXTRAIT DIDIER DESCHAMPS- NICOLE BRICQOn a toujours gagné contre l'Ukraine.JOURNALISTEEspérons qu'on ne se réveille pas avec la migraine demain matin. Parmi les albums qui sortent lundi, vous préférez Etienne DAHO nouvel album « chansons de l'innocence » ou Garou « au milieu de ma vie » ?NICOLE BRICQDAHO.JOURNALISTEOui, bien !- EXTRAIT D'ETIENNE DAHO- JOURNALISTENouvel album d'Etienne DAHO, disponible lundi. Nicole BRICQ ministre du Commerce extérieur invitée politique de FRANCE BLEU 107.1, Noé da SILVA.NOE DA SILVAOn a une question mobilité et une question que l'on vous posera et que l'on pose aux auditeurs dans un instant sur les transports en commun. Sur la question mobilité, j'ai vu que vous aviez rendez-vous avec le président des entreprises des transports routiers cet après-midi, je crois bien. Est-ce que là encore c'est l'écotaxe qui est au coeur NICOLE BRICQNon !NOE DA SILVANon ?NICOLE BRICQPeut-être m'en parleront-ils, mais je sais quoi leur répondre. Mais l'essentiel du propos tient à ce que j'ai une mission que le Premier ministre m'a confiée dans le grand chantier de la simplification des procédures qui concerne la douane. Et comme le commerce c'est un flux, importation, exportation, l'accélération des procédures pour les entreprises et quand on importe, quand on exporte, on importe. Donc il faut que ça aille très vite, la douane a fait beaucoup de progrès, elle en a encore à faire. Mais il faut que la logistique suive et le flux du commerce c'est quand même une chaîne vraiment complète et la logistique est extrêmement importante et on n'est pas les meilleurs en Europe.NOE DA SILVAOn n'est pas les meilleurs en Europe. Vous avez dit que vous saviez quoi répondre si on vous posait une question sur l'écotaxe. Que répondez-vous justement quand on vous parle de l'écotaxe et ces routiers qui sont mécontents pour le commerce ?NICOLE BRICQC'est un vieux sujet. Moi, j'ai travaillé au Sénat, à partir de 2009, nous savions qu'il fallait préparer la mise en place de cette taxe. Alors qui porte un nom peut-être pas sympathique, mais qui est quand même nécessaire pour déporter le fret, sur le ferroviaire. Et c'est pour financer justement cet effort que nous devons faire pour financer ce dispositif NOE DA SILVAMais vous dites quoi ? Que cette taxe tombe mal finalement ?NICOLE BRICQMais elle serait toujours mal tombée. Il y avait des résistances en 2011, il y en a en 2012, et bien sûr quand le moment approche de son application, elles se font encore plus jour. Donc surtout le dispositif a été adapté, il avait été déjà adapté pour la Bretagne et il est adapté en fonction de la distance et de la capacité de retour vers le ferroviaire. Il était déjà, il a déjà été concerté donc à un moment donné, il faut le faire. Les Allemands l'ont fait, les Autrichiens l'ont fait, les Suisses l'ont fait. Même les Slovaques l'ont mis en place. Donc nous, nous sommes un pays transite, il faut le faire.NOE DA SILVALa prochaine grogne dit LIBERATION ce matin, c'est la TVA qui augmente le 1er janvier, il faudra le faire ?NICOLE BRICQMais là, on n'a surpris personne. Nous savons depuis le début, que nous devons le faire, pour financer en partie, justement, l'effort de compétitivité qu'on demande à nos entreprises. Nous savons NOE DA SILVAÇa ne vous fait pas peur, quand même, cette grogne, ces gens qui disent NICOLE BRICQLà aussi, ce n'est pas une hausse généralisée, brute, méchante, elle a été négociée et y compris regardez les adaptations que le gouvernement est prêt à faire. Regardez ce qui se passe pour les centres équestres, elle a été adaptée en fonction de la catégorie qui est visée. Donc je crois que l'effort, il doit être fait, et en même temps, il ne faut pas aggraver nos déficits publics. Nous le savons !NOE DA SILVADernière question, Nicole BRICQ, les auditeurs vont s'exprimer dans un instant, sur l'état du RER, les usagers du RER C ont vécu la pire semaine et la SNCF reconnaît que c'est la pire crise depuis 3 ans. Quand on est ministre, on est conscient des galères des usagers dans les transports en commun ?NICOLE BRICQEvidemment, évidemment ! Moi, je pourrais vous parler de la ligne A. Moi, j'ai une ligne qui fonctionne bien, qui est plus récente, c'est la ligne E.NOE DA SILVAVous prenez encore le RER ?NICOLE BRICQÇa marche quand même bien. Il faut se rendre compte des millions de gens qui utilisent nos transports. C'est pour ça que la région a un grand plan de mobilité, mais il faut le financer. Donc ça fait partie des engagements, vous savez aussi que le Premier ministre a lancé à Marne-la-Vallée, où je me rends, il a lancé le chantier du Grand Paris. Et nous savons que dans le chantier du Grand Paris, il y a le grand métro automatique, il faut desserrer la contrainte centrale dans Paris. La région s'y emploie, l'Etat vous savez le Premier ministre il est nantais, donc il a compris NOE DA SILVAQue tout ne se faisait pas à Paris. Et que tout ne se fera pas à Paris.NICOLE BRICQNon, mais il a compris que les transports c'était vraiment un élément essentiel. Moi, je pense effectivement à tous les gens qui se rendent au travail tous les jours, c'est très pénible, pour eux, ça les fatigue. Et je les comprends, quand ils se révoltent.Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 novembre 2013
La source — vie_publique · nº 189674
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/189674-interview-de-mme-nicole-bricq-ministre-du-commerce-exterieur-france-b?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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