geheim.land Recherche Politique
22 février 2013 · Gouvernement · discours Discours

Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, à "RMC" le 22 février 2013, sur les prévisions de croissance économique et de déficit pour la France en 2013, et sur les fraudes à l'étiquetage sur les plats cuisinés.

Stéphane Le Foll (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINNous étions à Bruxelles tout à l’heure, nous avons les chiffres des prévisions de l’Union européenne pour 2013.STEPHANE LE FOLLAh bon ?JEAN-JACQUES BOURDINOui STEPHANE LE FOLLIls ont été donnés là ?JEAN-JACQUES BOURDINJe vous les donne, ils vont être donnés à 10H00, mais je vous les donne en avant-première.STEPHANE LE FOLLBon.JEAN-JACQUES BOURDIN0,1% de croissance, pour la France, là vous n’allez pas être très surpris, déficit 3,7 pour 2013, prévisions de l’Union européenne.STEPHANE LE FOLLBon. Eh bien écoutez, donc j’ai l’information ce matin par Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINOui, je vous la donne.STEPHANE LE FOLLJe ne peux pas être surpris, vous le savez, ça fait déjà quelques jours qu’on sait, pour une raison très simple, c’est que 2012 a été le constat de croissance est à 0, qu’en conséquence la capacité à avoir un acquis de croissance pour 2013 était extrêmement faible, ces chiffres, vous venez de les donner, ils étaient anticipés. Il faut qu’on soit JEAN-JACQUES BOURDINMais Laurent FABIUS parlait de 0,2, 0,3, mardi.STEPHANE LE FOLLVoilà, mais il parlait de 0,2, 0,3, donc la Commission dit 0,1.JEAN-JACQUES BOURDINOui, 0,1.STEPHANE LE FOLLAlors, après, on ajustera aussi, puisque la Commission c’est une prévision à l’échelle européenne.JEAN-JACQUES BOURDINOui.STEPHANE LE FOLLC’est une prévision.JEAN-JACQUES BOURDINOui, c’est une prévision.STEPHANE LE FOLLTout le débat porte sur les capacités qu’on a à faire bouger, pas forcément la question du déficit, mais en tout cas la question de la croissance.JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais enfin, le candidat François HOLLANDE, lui, sa prévision c’était 1,7 pour 2013.STEPHANE LE FOLLC’était 0,8.JEAN-JACQUES BOURDINPardon ?STEPHANE LE FOLLEh bien oui JEAN-JACQUES BOURDINLe candidat HOLLANDE ?STEPHANE LE FOLLAh, le candidat HOLLANDE, on est d’accord JEAN-JACQUES BOURDIN1,7.STEPHANE LE FOLLJean-Jacques BOURDIN, quand on fait la loi de Finances JEAN-JACQUES BOURDINEntre mai et l’automne on est passé STEPHANE LE FOLL0,8.JEAN-JACQUES BOURDINNon, mais oui, entre le mois de mai et le mois de septembre, octobre, l’automne, on est passé de 1,7 à 0,8, et entre le mois d’octobre et janvier, février, on est passé à 0,2, 0,3, et maintenant 0,1.STEPHANE LE FOLLPour une raison simple, c’est quand on était en campagne en 2012, on fait des prévisions sur 2013, 2014, 2015, on anticipe une croissance de 0,5 en 2012, et de 1,7 en 2013, et de 2 ensuite. 2012 on arrive au gouvernement et aux responsabilités, au mois de mai, la moitié de l’année, et sur cette année 2012, au lieu de faire 0,5, qui est déjà une forme d’engagement et d’élan qui est donné pour 2013, on fait 0. Et 0 on ne peut pas dire que ce soit de notre responsabilité puisqu’on est arrivé qu’au mois de mai.JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais qu’au mois de mai on ne dit pas un peu facilement aux Français, « vous allez, avec nous, ça va aller beaucoup mieux, la croissance va repartir et nous allons »STEPHANE LE FOLLNon, mais on dit simplement qu’avec nous on va essayer d’être volontaires, d’avoir des engagements, et d’essayer de changer les choses, bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu’on peut, avec ces chiffres-là STEPHANE LE FOLLOn n’allait quand même leur dire « vous allez voir. »JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu’on peut, avec ces chiffres-là, inverser la courbe du chômage, franchement, en 2013 ? Franchement.STEPHANE LE FOLLMais la courbe du chômage, il faut être clair, il va falloir tout mettre en oeuvre, sur deux plans, qui sont très importants pour moi, le premier c’est la question de l’investissement, parce que sur 2012, ce qu’on constate, c’est que si la consommation est restée légèrement positive, 0,2, l’investissement a chuté de 7%, premier point, et là il faut mettre le paquet, d’où la Banque Publique d’Investissement, d’où le crédit d’impôt compétitivité emploi. Deux mesures sur lesquelles il faut qu’on s’appuie pour relayer, auprès des entreprises, et soutenir tous les investissements. Moi, dans le domaine qui me concerne, je vais faire un inventaire de l’ensemble des projets d’investissement avec les régions, et on va essayer de mettre en place un plan commun d’investissement. Ça c’est le premier point. Et le deuxième c’est sur l’emploi, mettre en oeuvre tous les mécanismes, qui sont liés aux Contrats d’Avenir, aux Contrats de génération, pour créer de l’emploi.JEAN-JACQUES BOURDINMais il va falloir trouver 10 à 15 milliards d’euros supplémentaires, dans le budget de l’Etat.STEPHANE LE FOLLIl ne faut pas trouver 10 à 15 milliards, le moins de croissance c’est autour de 8 milliards, donc il faut JEAN-JACQUES BOURDINMettons 10 milliards.STEPHANE LE FOLLC’est ce qui vous avez entendu.JEAN-JACQUES BOURDINMettons 10 milliards, donc de nouvelles économies dans la dépense. Vous n’allez pas augmenter les impôts ?STEPHANE LE FOLLL’engagement a été pris de ne pas augmenter les impôts. On a déjà une ligne JEAN-JACQUES BOURDINMême si quand vous supprimez le droit de carence vous augmentez les impôts.STEPHANE LE FOLLOn a déjà une ligne sur 3 ans qui a été définie JEAN-JACQUES BOURDINLes dépenses, oui.STEPHANE LE FOLLOui, sur les dépenses, moi je le vois pour le ministère de l’Agriculture, c’est déjà -3% dès 2013. Mais bien sûr qu’on a anticipé JEAN-JACQUES BOURDINVous allez devoir vous serrer la ceinture encore plus.STEPHANE LE FOLLOn se serre la ceinture, on fait l’effort, qui a permis d’ailleurs à la France, je ne sais pas ce que seront les commentaires de la Commission, mais ce qui a permis, on le sait aujourd’hui, à la France, d’avoir un déficit structurel, c'est-à-dire en dehors des éléments de conjoncture, qui a été réduit de près de 2% pour la première fois.JEAN-JACQUES BOURDINTout le monde va être mis à contribution, les retraités, les familles, oui, Stéphane LE FOLL, il faut le dire. Pourquoi ne pas le dire d’ailleurs ?STEPHANE LE FOLLL’effort qui sera demandé c’est sur les deux années, c’est ce qu’avait dit le président de la République, il n’y a pas si longtemps, dans son intervention.JEAN-JACQUES BOURDINDonc, effort demandé à tout le monde.STEPHANE LE FOLLIl y a un effort qui est demandé à tout le monde, mais dans la justice. Ceux qui ont le plus JEAN-JACQUES BOURDINJe pense aux retraités, par exemple.STEPHANE LE FOLLCeux qui ont le plus, contribuent le plus. Ceux qui ont le moins contribuent le moins. C’est ça le redressement dans la justice.JEAN-JACQUES BOURDIND’accord. Nous verrons où vous allez chercher l’argent, Stéphane LE FOLL.STEPHANE LE FOLLMais vous avez le débat sur les collectivités locales, et moi je suis alors, je l’indique, collectivités locales, qui ont un effort à faire sur le fonctionnement, mais il faut soutenir l’investissement des collectivités locales, et là je salue la décision qui a été prise avec un prêt potentiel de 20 milliards sur les 10 ans qui viennent, pour les collectivités locales, parce que c’est très important. Investir, investir, que ce soit les collectivités locales, que ce soit les entreprises.JEAN-JACQUES BOURDINStéphane LE FOLL, je regardais ce chiffre, 40 plans de rigueur dans la zone euro, depuis 2010. Vous vous rendez compte, il n’y a pas que la France !STEPHANE LE FOLLNon.JEAN-JACQUES BOURDINQuarante plans de rigueur. Pas de nouveau plan de rigueur chez nous, non ?STEPHANE LE FOLLNon. Un cap a été fixé JEAN-JACQUES BOURDINLa rigueur elle est là de toute façon, elle est là la rigueur.STEPHANE LE FOLLLe sérieux est là. La réduction des déficits est une priorité JEAN-JACQUES BOURDINOui, rigueur, austérité, sérieux, c’est dans le dictionnaire, rigueur, austérité, sérieux, c’est les mêmes définitions, donc !STEPHANE LE FOLLLe sérieux et la réduction des déficits budgétaires, parce que sinon c’est l’endettement de la France, et ça veut dire qu’on s’endette aujourd’hui – je le dis quand même, pour que ce soit clair – on emprunte pour fonctionner, pour payer des fonctionnaires, pour payer des retraites, c’est ça le problème. Alors, si on laisse filer ça, eh bien on empruntera de plus en plus, et à un moment, on ne pourra plus avoir un accès aux crédits.JEAN-JACQUES BOURDINVous dites, nous n’avons plus d’argent, mais, allez, on revient sur le jour de carence des fonctionnaires, ça va coûter 70 millions d’euros à l’Etat, mais ce n’est pas très grave.STEPHANE LE FOLLNon.JEAN-JACQUES BOURDINOn va offrir une prime de 400 euros aux enseignants, ça va coûter un peu d’argent à l’Etat, mais ce n’est pas très grave.STEPHANE LE FOLLMais ce qui est très important à comprendre, Jean-Jacques BOURDIN JEAN-JACQUES BOURDINOui, Stéphane LE FOLL.STEPHANE LE FOLLC’est que dans cette ligne de crête très difficile, entre la réduction des déficits budgétaires, et le soutien à la consommation pour pouvoir avoir un minimum de croissance, c’est ce qui a permis à la France de faire 0 quand d’autres font négatif, l’Allemagne en particulier, il faut en même temps, pour soutenir cette consommation, donner un certain nombre de signaux, et de mesures, qui permettent de la tenir. Et, on réduit à côté, on soutient la consommation, et on focalise sur l’investissement. C’est cette politique qui est un peu compliquée, mais qui est, au fond, la seule qui permet d’éviter l’austérité, de tomber dans la récession, et en même temps préparer l’avenir.JEAN-JACQUES BOURDINVous savez que vous êtes un bon porte-parole du gouvernement, Stéphane LE FOLL.STEPHANE LE FOLLMerci, je suis un porte-parole JEAN-JACQUES BOURDINJe le dis à chaque fois STEPHANE LE FOLLJ’essaye de faire ce que je peux pour expliquer ce qui me paraît être juste.JEAN-JACQUES BOURDINJe vous dis ça parce que vous éviteriez quelques couacs récents. Un ministre des Affaires étrangères qui annonce, au lendemain d’une intervention du ministre de l'Economie, qui annonce des chiffres sur la croissance, un ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants qui nous dit que les otages sont libérés, enfin bon ! Avec un bon porte-parole on éviterait tout ça, non ?STEPHANE LE FOLLJe ne ferai pas de commentaire sur les capacités, ou les miennes en tout cas. Moi ce que j’essaye de faire, c’est de vous expliquer les choses, sur ce qui s’est passé, en particulier hier, par rapport à cette libération, j’ai bien regardé les images JEAN-JACQUES BOURDINCela dit les journalistes sont coupables aussi, nous sommes coupables, nous, nous sommes coupables aussi.STEPHANE LE FOLLJ’ai vu que Kader ARIF avait, il l’a dit d’ailleurs, fait une erreur, en voulant annoncer quelque chose qu’il avait vu sur une dépêche AFP. Bon, soit, dont acte, il y a, sur ces sujets, à être extrêmement prudent, parce que l’objectif c’est d’abord de libérer des otages. Et même si on voudrait tous que ça aille vite, et que, en particulier, cette famille avec des enfants, soit libérée, il faut, comme l’a dit le président de la République, rester extrêmement prudent, moins on dit, mieux on peut avoir de résultats.JEAN-JACQUES BOURDINSalon de l’agriculture, ouverture au public demain, Stéphane LE FOLL, soirée pot-au-feu le 28.STEPHANE LE FOLLOui.JEAN-JACQUES BOURDINVous confirmez ?STEPHANE LE FOLLJe confirme.JEAN-JACQUES BOURDINVous allez organiser une soirée pot-au-feu ?STEPHANE LE FOLLOui, j’ai envie de dire aux Français que le Salon de l’agriculture c’est l’agriculture française, c’est l’élevage français, et en particulier l’élevage bovin, et qu’il y a eu des efforts, et de la traçabilité, qui sont faits pour rassurer le consommateur. Il y a de la qualité, et il faut la valoriser. Donc j’ai proposé ce pot-au-feu, mais il y a déjà longtemps parce que j’avais une autre idée, c’était celle du repas à la française, l’idée de la structure et du temps du repas, l’idée de la convivialité autour du repas, avec, derrière, l’idée de RABELAIS, je pense que c’était aussi le repas et la culture française, donc je voulais faire ça, mais ça prend tout son sens aujourd’hui, au travers du pot-au-feu, une viande avec des avants de viande bovine, qui seront bien sûr JEAN-JACQUES BOURDINPas de plats cuisinés, non ?STEPHANE LE FOLL viande bovine française. Non, ça sera cuisiné sur place JEAN-JACQUES BOURDINPas de plats cuisinés STEPHANE LE FOLLMais c’est de la viande bovine française.JEAN-JACQUES BOURDIND’accord, pas de plats cuisinés, donc vous nous rassurez, d’ailleurs, tiens, à propos de ces plats cuisinés avec de la viande de cheval, où est-ce qu’on en est ? Nous ne connaissons pas toujours – je crois qu’il y a une enquête administrative, dont les conclusions seront connues tout à l’heure, c’est ça ?STEPHANE LE FOLLOui. Sur la partie sanitaire.JEAN-JACQUES BOURDINSur la partie sanitaire. Qu’est-ce qu’elle dit cette enquête ?STEPHANE LE FOLLC'est-à-dire il y a deux enquêtes. Il y a celle sur la tromperie, DGCCRF JEAN-JACQUES BOURDINJe vais y revenir.STEPHANE LE FOLLVoilà, et puis après il y a JEAN-JACQUES BOURDINQu’est-ce qu’elle dit cette enquête administrative ?STEPHANE LE FOLLJe vais la recevoir tout à l’heure.JEAN-JACQUES BOURDINVous ne la connaissez pas encore ?STEPHANE LE FOLLJe connais à peu près les grandes lignes JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire, qu’est-ce qu’elle dit ?STEPHANE LE FOLLEh bien qu’on avait suspendu l’agrément sur les parties qui consistaient sur l’ensemble de l’activité de l’entreprise, dans cette entreprise il y avait une activité d’entreposage JEAN-JACQUES BOURDINSPANGHERO.STEPHANE LE FOLLOui ; il y avait une activité de viande fraîche, du steak haché, il y a une activité cassoulet, puisque c’est quand même l’histoire, et saurisserie. D’accord ?JEAN-JACQUES BOURDINOui.STEPHANE LE FOLLSur ces trois activités, nous avons redonné l’agrément parce que ce qui a été constaté, avec l’enquête sanitaire, ne posait pas de problème. Restait la question de l’entrepôt, où l’agrément n’a pas été redonné.JEAN-JACQUES BOURDINVous le redonnez ?STEPHANE LE FOLLOn a retrouvé il y avait un problème sur 10 tonnes de viande, là, qui ont été sur lesquelles on va faire encore des études bactériologiques, j’aurai toutes les réponses ce matin, et je vous dirai, pour l’instant je ne peux pas dire que je redonnerai l’agrément sur l’entrepôt. Moi ce que je veux c’est que l’entrepôt, de cette société, serve aux produits qui sont transformés après, et qu’il ne serve plus à faire du commerce de viande, voilà.JEAN-JACQUES BOURDINDu commerce de viande. Le patron de SPANGHERO traite le gouvernement de léger et imprudent, c’est ce qu’il a dit la semaine dernière, et il menace de porter l’affaire devant la justice. Vous avez vu ça ?STEPHANE LE FOLLOui. Je lui conseille de le faire, il aura à s’expliquer, lui, sur ce qui s’est passé dans son entreprise.JEAN-JACQUES BOURDINParce que justement, le grand public ne sait toujours pas ce qui s’est passé. Les roumains ont exporté de la viande de cheval, vous confirmez ?STEPHANE LE FOLLAbsolument.JEAN-JACQUES BOURDINBon ! Il y a eu un changement d’étiquette à un moment donné ou à un autre, mais quand, où ?STEPHANE LE FOLLIl y a eu un changement d’étiquette constaté dans l’entreprise dont on parle.JEAN-JACQUES BOURDINSPANGHERO, c’est là que l’étiquette a été changée.STEPHANE LE FOLLPuisqu’il y a un code TVA cheval, et on a envoyé chez COMIGEL une viande étiquetée, avant, « viande bovine Union européenne », donc il y a un problème. Deuxième point, mais là je le dis ce matin, on a aussi un trader néerlandais, dont on sait qu’il a déjà été condamné, dont on sait aussi que le réseau a été directement fournisseur de l’entreprise dont on parle, et moi j’attends, et c’était une demande qui avait été faite, les résultats d’une enquête qui est menée aujourd’hui chez nos voisins néerlandais. J’écrirai d’ailleurs aujourd’hui à la ministre néerlandaise, pour lui demander de communiquer les résultats de l’enquête le plus rapidement possible.JEAN-JACQUES BOURDINVous ne connaissez toujours pas ces résultats ?STEPHANE LE FOLLOn n’a toujours pas les résultats.JEAN-JACQUES BOURDINCe que vous déplorez, j’imagine.STEPHANE LE FOLLLa France, elle, a mis sur les réseaux tous les résultats des enquêtes qui ont été faites, et nous avons été les plus rapides, parce que c’était absolument nécessaire, avec les britanniques, mais les britanniques ont eu des problèmes différents, eux c’est dans des abattoirs britanniques qu’il y a eu des problèmes sur les abattages de chevaux. Nous, nous avons fait l’enquête, nous sommes remontés, nous avons trouvé des problèmes, nous les avons transmis à la justice qui fait son travail. Il y avait la question sanitaire, elle a été traitée, elle sera définitivement traitée aujourd’hui au ministère de l’Agriculture.JEAN-JACQUES BOURDINBien. Est-ce qu’il y a d’autres produits, d’autres plats cuisinés d’autres marques qui sont concernés ?STEPHANE LE FOLLAujourd’hui on fait une enquête qui s’est élargie à la fois à l’échelle européenne avec les tests qu’on a demandés, nous-mêmes nous avions anticipé aussi, la DGCCRF continue à faire des enquêtes au-delà du réseau, et on ne peut pas, pour l’instant, dire qu’il n’y aura pas d’autres problèmes de substitution viande bovine/ chevaline JEAN-JACQUES BOURDINDonc c’est possible ?STEPHANE LE FOLLC’est possible.JEAN-JACQUES BOURDINDans d’autres plats cuisinés STEPHANE LE FOLLC’est possible.JEAN-JACQUES BOURDINSous d’autres marques STEPHANE LE FOLLSous d’autres marques.JEAN-JACQUES BOURDINVendus dans d’autres conditions.STEPHANE LE FOLLC’est possible.JEAN-JACQUES BOURDINC’est possible. Dites-moi STEPHANE LE FOLLMais pour l’instant ce n’est pas vérifié.JEAN-JACQUES BOURDINTous ces plats cuisinés, qui ne sont pas mauvais à la consommation STEPHANE LE FOLLNon.JEAN-JACQUES BOURDINQui contiennent de la viande de cheval, est-ce que vous allez les distribuer aux associations humanitaires ? C’est une demande.STEPHANE LE FOLLC’est une demande. Sur ce sujet, d’abord ce sont des plats qui appartiennent à des entreprises, pour la plupart, et qui les ont retirés, à notre demande d’ailleurs JEAN-JACQUES BOURDINMais qui ne valent plus rien.STEPHANE LE FOLLQui ne valent plus rien, vous avez vu d’ailleurs que FINDUS a annoncé les pertes qui sont les siennes.JEAN-JACQUES BOURDINBien sûr.STEPHANE LE FOLLDonc, après JEAN-JACQUES BOURDINFINDUS qui, entre parenthèse, a eu le mérite de révéler cette affaire.STEPHANE LE FOLLOui, oui, absolument, qui a été JEAN-JACQUES BOURDINLe plus clair dans cette affaire, peut-être.STEPHANE LE FOLLLe plus clair, victime, il avait un cahier des charges qu’il n’a pas bien vérifié, et quand il l’a vérifié c’était trop tard. D’ailleurs, on a eu une réunion hier, où va être mis en place, sur ces questions, un nouveau cahier des charges, par les industriels, pour renforcer les contrôles et autocontrôles, sur l’ensemble de la filière, parce que ce qui s’est passé il faut qu’on en tire, quand même, des conclusions.JEAN-JACQUES BOURDINBien. Stéphane LE FOLL, est-ce que, dernière question sur le sujet, est-ce que bientôt, lorsque j’irai acheter un plat cuisiné dans une grande surface, ou ailleurs, je saurai l’origine de la viande que contient ce plat, l’origine européenne de la viande ?STEPHANE LE FOLLLa discussion d’hier a porté sur deux points. L’Europe doit changer sa réglementation, ça c’est une négociation JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu’elle va le faire ?STEPHANE LE FOLLC’est une négociation en cours. L’Allemagne, que j’ai eue avant-hier, la Grande-Bretagne, et d’autres pays, sont favorables à accélérer l’étiquetage et l’origine des viandes dans les produits transformés, donc on va se battre pour faire bouger les choses. Deuxièmement, la France peut-elle anticiper, faire elle-même volontairement des progrès ? C’est la décision qui a été prise par tous les acteurs que nous avons réunis hier matin, avec Benoît HAMON JEAN-JACQUES BOURDINMais des progrès, vous voulez dire c'est-à-dire qu’on saura ?STEPHANE LE FOLLOui, « viande bovine française », des étiquetages simples, on peut le faire.JEAN-JACQUES BOURDINFrançaise, mais si la viande vient de, Roumanie, ou d’Allemagne, ou .STEPHANE LE FOLLLes autres pays, là ça dépend d’une réglementation qui est à l’échelle européenne. Mais nous on peut JEAN-JACQUES BOURDINAlors faut-il importer de la viande qui vient d’autres pays ?STEPHANE LE FOLLNous on peut déjà faire cette information pour le consommateur, dans une démarche volontaire, c’est l’engagement qui a été pris hier.JEAN-JACQUES BOURDINMême chose pour les farines animales ?STEPHANE LE FOLLAlors, les farines animales, qui ne sont pas des farines animales, mais des protéines animales JEAN-JACQUES BOURDINOui, des protéines animales.STEPHANE LE FOLLÇa c’est une question qui est posée au travers d’un règlement qui a été adopté par l’Europe, au mois de juillet, la France avait voté contre, je le dis quand même, de manière très claire, après, 98% des poissons produits en aquaculture viennent d’autres pays européens, nous en produisons 2 à 3%. Sur ces 2 à 3% produits en France, il y a une charte Aquaculture des régions, qui indique clairement qu’il n’y a pas de recours à des protéines autres que des protéines de poissons, parce que les poissons, saumons, truites, et tout ça, ce sont des carnivores, donc voilà où nous en sommes aujourd’hui. Les conditions de tout ce débat sont posées de cette manière-là.JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire que la Commission européenne a levé l’obligation de tests de dépistage sur les animaux ne présentant pas de signe clinique de la maladie, comme ça légèrement STEPHANE LE FOLLNon, ça c’est autre chose.JEAN-JACQUES BOURDINC’est autre chose, c’est sur les viandes oui, oui STEPHANE LE FOLLNe mélangez pas tout. Les farines animales, vous avez raison, les farines animales, l’ESB, au départ, c’est quoi, c’est de la viande, qui était destinée à l’équarrissage, c'est-à-dire une viande qui était morte, qui était broyée, chauffée, au travers de farines, et qui après été recyclée, ce n’est pas du tout le cas là. Là, ce dont on parle, c’est des protéines qui sont autour des os, qui sont récupérées mécaniquement, et qui sont remis, et qui auraient pu être tout à fait consommées JEAN-JACQUES BOURDINIl n’y aura plus de test de dépistage.STEPHANE LE FOLLÇa c’est autre chose. Sur l’ESB, ça fait 10 ans JEAN-JACQUES BOURDINOui, sur l’ESB.STEPHANE LE FOLLPlus de 10 ans même, cette question de l’encéphalite spongiforme bovine, depuis 10 ans des mesures ont été prises, l’Europe a considéré que depuis, plus de 10 ans maintenant, que tout ça est derrière nous, que les tests qui étaient faits n’étaient plus nécessaires, ça n’empêche qu’on va rester extrêmement vigilant sur le sujet et que nous ferons aussi des contrôles, de manière aléatoire, pour bien vérifier JEAN-JACQUES BOURDINMais là encore l’Europe nous impose sa loi.STEPHANE LE FOLLMais c’est l’Europe qui nous impose sa loi, mais c’est l’Europe qui l’a décidé, dans un conseil européen, où l’ensemble des gouvernements sont présents et où le Parlement, quelquefois, vote contre, c’était le cas sur les protéines animales, mais le Conseil et la Commission, ayant trouvé une majorité, ça s’applique, mais à chaque fois on peut faire aussi changer les choses il faut à ce moment-là convaincre nos partenaires et avoir l’appui du Parlement. Ça arrive, et ça permet de changer les choses, ça va être le cas – je prends cet exemple, mais qui n’est pas dans le domaine que vous évoquez – sur la question des droits de plantation dans la viticulture, où on va faire changer une position qui avait été prise par les gouvernements et la Commission il y a 4 ans de cela.JEAN-JACQUES BOURDINQue dites-vous aux producteurs de lait en colère, qui ont manifesté en Bretagne ? J’ai un auditeur ce matin qui nous disait, « oui, à Quimper ça a coûté 220 000 euros, parce qu’il y a eu beaucoup de dégâts. »STEPHANE LE FOLLOui, il y a eu une manifestation assez violente.JEAN-JACQUES BOURDINOui, assez violente.STEPHANE LE FOLLD’abord, la pointe bretonne aujourd’hui, vit des difficultés importantes, à la fois sur la production de volaille, sur la production porcine, et sur les difficultés globales sur le lait, donc tout ça c’est un processus sur lequel il faut qu’on travaille de manière globale. C’est la production agricole bretonne qui a un gros problème de doute sur son avenir, et moi je le comprends parfaitement. On a pris des mesures, volaille, viande porcine, et lait, pour essayer de remettre de la confiance, de la contractualisation entre les différents maillons de la filière, et surtout de la répercussion de prix lorsque le coût de production augmente. Voilà ce qu’on est en train de faire. Mais j’ai parfaitement compris et entendu ce qui s’était passé. Il y a un doute aujourd’hui, il est assez global, ce n’est pas simplement que le lait aujourd’hui, ce sont peut-être les manifestations sur le lait, il y a aussi derrière les organisations professionnelles qui se mettent en place, on a agréé un certain nombre d’organisations professionnelles. Donc, sur la question laitière, les choses bougent un peu, mais je pense que du côté de la Bretagne, de l’Ouest, il y a un problème qui est global, et qu’il faut le traiter de cette manière.JEAN-JACQUES BOURDINDernière chose, les abeilles. 50 à 90% des abeilles ont disparu en France depuis 15 ans, je sais que vous allez lancer un grand plan pour STEPHANE LE FOLLOui, c’est fait.JEAN-JACQUES BOURDINC’est fait, mais pour pousser des jeunes à devenir apiculteur, par exemple, BTS, bac pro, spécialisés dans l’apiculture, c’est absolument indispensable Stéphane LE FOLL ?STEPHANE LE FOLLMoi je pense que l’apiculture les abeilles, d’abord moi j’ai une petite histoire du monde rural, j’ai été chercher des essaims, moi, il y a quelques années de ça, mais enfin bon, donc j’ai une passion, mais comme beaucoup de gens, les abeilles c’est absolument nécessaire. Je ne reviens pas sur la phrase d’EINSTEIN. Donc moi JEAN-JACQUES BOURDINMais elles sont victimes de quoi ces abeilles ?STEPHANE LE FOLLElles sont victimes de plusieurs facteurs, donc un est le recours à un certain nombre de pesticides, qui sont perturbants, je mets ça JEAN-JACQUES BOURDINPerturbants.STEPHANE LE FOLLTotalement perturbants.JEAN-JACQUES BOURDINMais pas interdits.STEPHANE LE FOLLPas interdits aujourd’hui, sauf que la Commission européenne vient de proposer, sur une partie de ces familles de molécules qui sont clairement identifiées comme perturbantes pour les abeilles, un moratoire de 2 ans. Je vais soutenir la Commission européenne.JEAN-JACQUES BOURDINMoratoire de 2 ans ?STEPHANE LE FOLLOui, sur le recours à ces pesticides, pour voir si, quand on ne les utilise plus, les abeilles retrouvent de la vitalité, et c’est très important. Et moi j’essaye de me battre à l’échelle européenne, même si j’ai pris des décisions en France, aujourd’hui, pour faire progresser cette idée de la protection des abeilles. Mais la France, là encore, a pris une initiative, et 40 millions d’euros seront mis pour un plan abeilles. On me l’a dit, ce n’est pas moi qui le dit, dans l’histoire du ministère c’est la première fois qu’il y a un plan pour les abeilles.Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2013
La source — vie_publique · nº 194646
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/194646-interview-de-m-stephane-le-foll-ministre-de-lagriculture-rmc-le?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé