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13 janvier 2011 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, à France 2 le 13 janvier 2011, sur le nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) pour l'achat d'un logement et les leçons à tirer de l'épiso

Nathalie Kosciusko-Morizet (auteur), Roland Sicard (intervenant)

R. Sicard.- Bonjour à tous. Avant de parler des questions d'environnement, je voudrais qu'on revienne sur la politique internationale. Il y a ce matin un doute sur la mort d'un des deux otages français au Niger. On ne sait pas exactement comment il est mort. On parle d'une erreur possible de l'armée française. Est-ce que vous, vous avez des informations à ce sujet ? Non, je n'ai pas d'informations précises. Il y aura une enquête et toute la lumière sera faite là-dessus. Ce que je peux dire en revanche, c'est que c'est une décision très difficile qui a été prise, qui est assumée entièrement par le président de la République et le gouvernement. C'est une région dans laquelle la France est en guerre avec les terroristes. Il faut bien voir le genre de personnes auquel on est confronté. Ces gens ont tué M. Germaneau, ils n'ont pas accepté d'échanges de médicaments, ils n'ont pas accepté les négociations, ces gens ont emmené un certain nombre de nos otages pris à partir d'Arlit. Les négociations ont du mal à être engagées là aussi. Le choix a été fait de ne pas laisser ces terroristes rejoindre leurs bases arrière avec nos compatriote, bases arrière dans lesquelles on ne sait pas ce qui se passe. Sur la Tunisie, l'Union européenne a condamné la répression. La France, elle, reste très prudente. Pourquoi cette prudence ? Je crois que ce qu'on essaye avant tout, c'est d'oeuvrer pour le bien des Tunisiens et ce n'est pas forcément en ce moment en jetant de l'huile sur le feu qu'on sera le plus efficace. Moi j'observe qu'il y a eu des mieux. Par exemple hier, la libération des prisonniers qui était quelque chose qu'on peut interpréter comme un signal positif, mais on essaye surtout d'être efficaces. Mais vous n'avez pas été choquée par la violence de la répression ? Bien sûr, bien sûr. Et d'autant plus que, enfin entre guillemets, ça se passe tout près de chez nous. On est très attentifs à ce qui se passe là-bas, comme d'ailleurs les Tunisiens sont très attentifs à ce qui se passe en France. Alors sur les questions qui vous concernent directement, il y a d'abord une campagne qui va être lancée aujourd'hui sur ce que vous appelez, sur ce qu'on appelle le prêt à taux 0. Plus : la nouvelle version du prêt à taux 0+. Qu'est-ce qui va changer ? Alors, c'est un travail qui a été réalisé avec B. Apparu et les premiers seront signés lundi prochain avec le Premier ministre. On refond un certain nombre de systèmes d'aide à l'accession à la propriété pour la rendre plus simple, pour rendre le soutien de l'État aussi plus fort et finalement pour que plus de Français puissent y accéder. Aujourd'hui vous avez entre 200 000 et 2 000 - heu, 200 ; 200, oui, 200 000 Français qui... vous avez 250 000 qui bénéficient en fait du prêt à taux 0. Là on veut passer à 380 000 par an. Un prêt tout simple, sans conditions de ressources pour tous ceux qui accèdent pour la première fois à la propriété mais un prêt mieux ciblé, différencié. Dans les zones les plus tendues, par exemple l'Ile-de-France, on vous aidera mieux dans le neuf parce qu'on a besoin de logements neufs. Dans les zones les moins tendues en région, on vous aidera plus dans l'ancien. Et puis surtout, partout on vous aidera mieux si vous achetez un bien qui est de meilleure qualité environnementale. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous achetez un bien de meilleure qualité énergétique, vous aurez moins de charges. Votre capacité de remboursement sera supérieure. Ça, c'est une dimension qui n'??tait pas prise en compte par exemple dans le remboursement, dans le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt ; c'est une dimension qui est prise en compte dans le prêt à taux 0+. Il y a une campagne de com pour que tout le monde puisse en bénéficier, ceux qui sont intéressés, à partir d'aujourd'hui à la télé, dans la presse et sur le web. Et puis un site Internet qui est lancé, qui s'appelle PTZ - comme prêt à taux zéro - tiret, plus.gouv.fr, sur lequel vous pouvez faire une simulation pour calculer ce à quoi vous avez droit. Vous disiez, pas de conditions de ressources. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu réserver ce prêt aux foyers les plus modestes, quitte à prêter plus ? Aujourd'hui en fait, on se rend compte que le problème c'est les primo accédants, c'est le premier achat, quelle que soit la situation socioprofessionnelle. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres problèmes dans le logement. On essaye de construire par exemple beaucoup de logements sociaux ; on en finance jusqu'à 120 000 par an - je vous rappelle que c'était 40 000 autour de 2000. Et puis de l'autre côté de la chaîne, il y a les personnes qui veulent s'agrandir mais quand vous voulez vous agrandir et que vous avez déjà un bien, en revendant votre bien vous bénéficiez de la hausse du prix de l'immobilier et donc, vous avez un capital qui vous permet de réaliser votre projet. Le problème c'est entre les deux : comment on fait pour que les personnes qui souhaitent devenir propriétaires et 70 % des personnes qui sont locataires souhaitent devenir propriétaires, puissent un jour accéder à ce rêve ? C'est un des maillons manquants aujourd'hui de la chaîne de l'accès au logement. On a moins de 60 %, 58 % de propriétaires en France. La moyenne c'est 66 % en Europe : il faut qu'on rattrape ce retard parce que ça correspond au vrai désir de nos concitoyens. Vous êtes aussi ministre des Transports et cet après-midi vous réunissez les acteurs du transport aérien pour tirer les leçons de la pagaille du mois de décembre. Qu'est-ce que vous allez leur demander ? D'abord avec T. Mariani on va leur présenter les conclusions des rapports d'inspection qu'on a demandés. Il y a eu des vrais problèmes. Il y a eu des vrais problèmes. Le 23 et le 24 décembre à Roissy, on a des milliers de personnes qui ont dû dormir le 23 au soir dans l'aéroport, le 24 ils étaient un peu moins nombreux mais ils étaient là quand même. On a eu beaucoup d'avions qui ont été annulés, certains qui ont été annulés à chaud. On sait que c'est plus difficile de traiter une annulation à chaud. Et puis on a des questions et une polémique qui est intervenue entre les compagnies, précisément entre Aéroports de Paris et Air France sur la question de savoir qui était responsable. Bon. Eh bien j'ai demandé une inspection et on aura... Alors qui est responsable ? On aura là-dessus des choses très précises et je veux en garder, vous me permettrez, la primeur aux compagnies. Ce qui est certain, c'est que la responsabilité elle est avant tout collective, et moi je ne suis pas dans la recherche de bouc émissaire, à vouloir trouver des fausses responsabilités individuelles. Il y a plusieurs problèmes qui apparaissent des travaux qui ont été menés. Par exemple il y a au moins deux difficultés opérationnelles : il y a la capacité de dégivrage, une capacité... Insuffisante ? Insuffisante ? On avait des capacités de dégivrage qui étaient dimensionnées pour des événements traditionnels. Là on a enchaîné quinze jours en fait de neige avec donc des personnels qui étaient fatigués, des matériels qui étaient aussi en demande de maintenance. Voilà, on avait... Donc il faut racheter du matériel ? Et dans un contexte dans lequel toute l'Europe avait le même problème et donc certains produits manquaient. Et on peut envisager, oui, de s'équiper mieux si on choisit de continuer à tout prix à garder ouvert l'aéroport. Parce que, dernière chose, il faut aussi voir ça : beaucoup d'autres aéroports en Europe ont fermé et nous on a choisi de rester ouvert. Au plus fort de la crise, il y avait 50 % des avions qui décollaient. Ça n'excuse pas ceux qui sont montés dans leur avion, qui ont passé des heures en attendant et qui finalement ont été débarqués parce que les avions ont été annulés à chaud. Ça n'excuse pas ça, ça n'excuse pas ceux qui sont restés en rade dans l'aéroport parce qu'en fait ils n'ont pas été suffisamment informés par leur compagnie qui n'a pas fourni l'assistance aux passagers que chacun est en droit d'attendre, mais enfin des avions décollaient de Roissy. Et d'ailleurs une des questions que nous voulons poser à l'Union européenne c'est comment on s'organise pour les avions qui sont déroutés en situation de crise. Un des problèmes, c'est que l'aéroport d'Heathrow à Londres a été fermé ; les avions d'Heathrow sont venus atterrir à Roissy. On est extrêmement heureux d'accueillir nos amis anglais mais en situation de crise ça fait des problèmes en plus à gérer. Ça mérite d'être organisé un peu au niveau européen. Sur le plan politique, le Front National va désigner son nouveau chef ce week-end. Il y a un sondage qui montre aujourd'hui que 43 % des sympathisants de l'UMP sont favorables à une alliance avec le Front National. Est-ce que c'est un chiffre, est-ce que c'est un sondage qui vous préoccupe ? Écoutez, personnellement d'abord je fais partie des 57 % qui n'y sont pas favorables, mais j'ajoute que c'est un peu un marronnier. C'est un sujet qui va, qui vient, et pour moi ce type de sondages n'est pas forcément révélateur d'une tendance de fond. Pour vous, il n'y aura jamais d'alliance ? Ah moi je ne le souhaite pas du tout. Je... Non, je ne pense pas que ce soit ni le souhait profond de la majorité des Français ni le souhait profond des adhérents de l'UMP. Je pense qu'il y a une part de cette réponse parfois qui est lapidaire. On ne réfléchit pas suffisamment aux conséquences et puis surtout, ce n'est pas les valeurs de l'UMP. Ce n'est pas comme ça que l'UMP s'est constituée. Je ne le souhaite pas. Merci. Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 14 janvier 2011
La source — vie_publique · nº 180980
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/180980-interview-de-mme-nathalie-kosciusko-morizet-ministre-de-lecologie-du?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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