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30 octobre 2008 · Partis · La Chaîne Info · discours Discours

Interview de M. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, à LCI le 30 octobre 2008, sur le "lien naturel" entre la direction de l'UMP et le président de la République, la réforme des institutions et la modernisation du parti.

Patrick Devedjian (auteur), Christophe Barbier (intervenant)

CHRISTOPHE BARBIERPatrick DEVEDJIAN bonjour. PATRICK DEVEDJIANBonjour. CHRISTOPHE BARBIERLa bonne solution c'est que Nicolas SARKOZY redevienne le chef officiel de l'UMP avez-vous déclaré hier sur lci.fr en constatant que les ambitions présidentielles des plus jeunes, les incitaient à vouloir contrôler le parti. Alors qu'avez-vous voulu dire exactement ? PATRICK DEVEDJIAND'abord je ne suis pas sûr que ce soit la préoccupation numéro un des Français en cette période de crise que les affaires intérieures des partis. Bien sûr, la vie continue pour autant et le fond de notre problème, c'est que nous voulons moderniser notre parti.CHRISTOPHE BARBIERUn parti moderne et efficace ça peut aider quand même.PATRICK DEVEDJIANVoilà ça peut aider et puis on regarde ce qui se passe au Parti socialiste, franchement on ne voudrait pas que ça nous arrive. Donc on réfléchit à une meilleure organisation. Nous avons une réflexion stratégique sur la modernisation de notre parti. CHRISTOPHE BARBIERAlors la meilleure organisation pour vous, c'est que le président de la République redevienne le président officiel du parti ?PATRICK DEVEDJIANNon, un parti politique a besoin d"un leader et notre leader, pour se faire entendre et pour avoir de la crédibilité, et notre leader naturel c'est évidemment le président de la République. D'abord, parce qu'il est le rénovateur de notre parti, il en est l'inspirateur et puis il faut bien le dire dans toutes les démocraties du monde le chef de l'exécutif, c'est celui du parti vainqueur. Il y a que chez nous où on vit un peu depuis une cinquantaine d'années sur cette hypocrisie. CHRISTOPHE BARBIERHypocrisie, il est le président de tous les Français, ce n'est pas une hypocrisie. PATRICK DEVEDJIANBien sûr. Mais attendez Gordon BROWN il n'est pas le Premier ministre de tous les Anglais? Il est pour autant le leader du parti travailliste. Donc il y a que chez nous qu'on vit dans cette espèce d'hypocrisie en disant je suis le président de tous les Français et puis finalement, j'ignore la famille politique dont je viens. En réalité bien sûr, depuis 1958, le chef de l'exécutif a toujours maintenu des liens très forts avec son parti mais seulement ça a été caché et discret.CHRISTOPHE BARBIERConcrètement si ça ne doit pas être caché et discret, ça doit prendre quelle forme ? PATRICK DEVEDJIANAlors j'y viens. Par exemple nous à l'UMP, on a eu la chance que Nicolas SARKOZY ait accepté de participer officiellement à la vie du parti, ce qui fait que par exemple ça nous a donné parfois un lustre exceptionnel. On a reçu Tony BLAIR, le dialogue sur la scène de l'UMP entre le président de la République et Tony BLAIR était formidable. On a fait la même chose avec Angela MERKEL, avec José Manuel BARROSO. On voit bien que pour un parti politique ça lui donne une dimension, une crédibilité qu'autrement on n'aurait pas. Donc c'est vrai que nous avons des liens étroits avec le président de la République qui suit notre action mais moi je suis pour l'affirmation de l'autorité naturelle du chef de l'Etat sur l'UMP.CHRISTOPHE BARBIERIl redevient président, il vient le mardi ou les autres jours à vos réunions ? PATRICK DEVEDJIANNon il ne vient pas le mardi, c'est nous qui venons. Attendez c'est nous qui allons à l'Elysée. CHRISTOPHE BARBIERDonc il faut que ce soit officiel de nouveau, le président de l'UMP s'appelle ?PATRICK DEVEDJIANC'est évident pour tout le monde, tout le monde le sait, c'est parfois discuté, critiqué. Moi je suis pour que les choses soient naturellement affirmées et sortir de l'hypocrisie. CHRISTOPHE BARBIERAlors on a l'impression que vous voulez aussi protéger l'UMP d'une prise de pouvoir par d'autres qui voudraient en faire leur machine présidentielle.PATRICK DEVEDJIANNon il y a une logique simplement. Moi je vais vous dire c'est très simple, mon candidat pour la prochaine élection présidentielle c'est Nicolas SARKOZY. Donc pour moi les choses sont très simples. Mais je pense si vous voulez qu'il y ait nécessairement un lien entre le leadership d'un parti et la prochaine échéance présidentielle. Pas la peine de se cacher derrière son doigt. C'est naturel. C'est même la condition de la victoire.CHRISTOPHE BARBIEREst-ce que vous trouvez que Xavier BERTRAND par exemple veut trop en faire à l'UMP pour en faire sa chose ? PATRICK DEVEDJIANNon pas du tout, je ne le soupçonne pas de quoi que ce soit et d'ailleurs il est très actif et c'est très bien comme ça et puis même si il avait des ambitions présidentielles, il aurait parfaitement le droit de les avoir parce que tout le monde a le droit de les avoir a fortiori dans un parti politique. La question n'est pas là, la question elle est dans la clarté de la démarche à l'égard de l'ensemble de l'opinion.CHRISTOPHE BARBIERAlors démarche claire, Brice HORTEFEUX a été chargé en gros de piloter le renouvellement des cadres internes de l'UMP. Ca vous gêne ? PATRICK DEVEDJIANPas du tout, c'est moi qui l'ai voulu. Il est d'ailleurs chargé des élections, il a pas été chargé d'autre chose mais c'est déjà une très grosse tâche à laquelle d'ailleurs il s'est attelé tout de suite et on a quelques échéances devant nous qui requièrent vraiment son attention. Donc ce n'est pas ça le débat, le débat c'est la modernisation de notre parti. On vit, les partis politiques français d'une manière générale, regardez ce qui se passe dans la campagne américaine avec OBAMA. Regardez comment OBAMA fait sa campagne et connaît le fonctionnement du parti démocrate dans cette campagne. Ca n'a rien à voir, si vous regardez de près, ça n'a rien à voir avec la manière dont en France nous vivons la vie de parti. Moi je voudrai que l'UMP et nous travaillons à ça, nous réfléchissons à ça, je voudrai que l'UMP ait un temps d'avance sur sa modernisation. CHRISTOPHE BARBIEREst-ce qu'une partie du problème ne vient pas de la puissance, de l'autonomie, parfois de l'esprit un peu de rébellion des députés UMP sous la houlette de Jean François COPE ?PATRICK DEVEDJIANNon pas du tout. Là aussi nous avons voulu une réforme de la constitution pour que le Parlement joue son rôle. Si le Parlement joue son rôle, ça veut dire que les députés prennent plus d'importance et sil ils prennent de l'importance il ne faut pas s'étonner qu'ils aient des initiatives. C'est quand même normal qu'ils aient des initiatives.CHRISTOPHE BARBIERLe Parlement a bougé, le parti se modernise, est-ce que vous souhaitez qu'au début de l'année 2009 il y ait un remaniement du gouvernement pour prolonger cette modernisation ?PATRICK DEVEDJIANCa c'est pas à moi de le dire, c'est pas le parti politique qui va se mettre à la place du président de la République. Ca obéit à d'autres considérations que des strictes considérations partisanes. Ce doit répondre à une demande politique, à un projet politique et c'est seulement le président de la République qui est en situation de déterminer ça. CHRISTOPHE BARBIEREt vous personnellement vous laisseriez votre place à la tête du parti pour rentrer au gouvernement ?PATRICK DEVEDJIANComme je l'ai dit et je le répète, je soutiens le président de la République de toutes mes forces parce que sa politique est la politique dont la France a besoin, donc je la soutiens et moi je suis à sa disposition et je ferais ce qu'il me demandera. CHRISTOPHE BARBIERA sa disposition, vous êtes donc disponible. Rachida DATI, la garde des Sceaux, est en difficulté, si on a besoin de vous pour la place Vendôme vous êtes disponible ?PATRICK DEVEDJIANCe n'est pas le sujet, j'ai renoncé à ce projet. J'ai dans un moment de ma vie eu envie d'aller au ministère de la Justice, je pense à autre chose et cette autre chose c'est l'action que j'ai à conduire au sein de l'UMP et pour moi le vrai projet, c'est de moderniser ce parti. CHRISTOPHE BARBIERQu'est-ce qui ne va pas au ministère de la Justice, pourquoi est t-elle si décriée ? PATRICK DEVEDJIANJe crois d'abord qu'on lui fait un faux procès. Je crois que souvent c'est assez malicieux aussi, c'est un ministère difficile évidemment parce que la justice les gens projettent sur la justice un idéal et qu'on est dans l'humain. Et donc dans l'imparfait. Donc on lui fait porter les responsabilités de tous les disfonctionnements qui peuvent arriver et parfois inévitablement. Elle n'est pas responsable de tout. En plus la justice et les magistrats sont indépendants. Donc il ne faut pas exagérer mais Rachida DATI c'est quand même une belle image de ce que la justice finalement doit être impartiale et au service de toute la diversité de la population. CHRISTOPHE BARBIERAlors dans cette population il y a le président de la République, il a multiplié les plaintes. Est-ce que c'est normal ? Il n'est pas un justiciable comme les autres ? PATRICK DEVEDJIANSi. Il est un justiciable comme les autres, exactement comme les autres. CHRISTOPHE BARBIERIl a une forme d'immunité pendant son mandat.PATRICK DEVEDJIANNi au dessus ni au dessous. CHRISTOPHE BARBIERUn peu au dessus quand même. On ne peut pas l'attaquer pendant son mandat. PATRICK DEVEDJIANCa dépend pourquoi. Sur le plan privé par exemple, sur le plan de la vie privée, en matière civile, il peut évidemment faire l'objet d'un procès, bien sûr. CHRISTOPHE BARBIERSur l'affaire de la poupée vaudoue, la justice laisse cette poupée dans le commerce et Nicolas SARKOZY fait appel. Il est un peu susceptible quand même. PATRICK DEVEDJIANNon on a le droit à la protection aussi de son image, de sa vie privée. D'ailleurs juridiquement, d'abord ce que ça prouve c'est que la justice est indépendante. Ca a beau être le président de la République ça n'impressionne pas les juges, ça prouve bien qu'il est un justiciable comme les autres. Et comme il est un justiciable comme les autres, il a aussi le droit de faire appel et comme avocat je trouve que l'appel est justifié. CHRISTOPHE BARBIERVous aviez promis de nettoyer les écuries d'Augias, avez-vous dit dans L'EXPRESS, dans les Hauts de Seine. Alors vous avez prononcé la dissolution d'une société d'économie mixte, est-ce que les écuries sont aussi sales que vous le pensiez ?PATRICK DEVEDJIANSi vous voulez moi j'ai souffert, j'ai déjà expliqué ça chez vous, j'ai souffert que mon département qui est un département extraordinaire ait une mauvaise image. CHRISTOPHE BARBIERAvec de bonnes raisons? PATRICK DEVEDJIANOui parfois et non parfois. Oui parce que nous avons eu des poursuites pénales qui sont toujours désagréables, non parce que ça ne représente qu'une faible partie de ce qu'il est. Et donc j'ai voulu le mettre au dessus de tous les soupçons et cette société d'économie mixte qui était pas non plus l'abomination de la désolation mais elle avait l'inconvénient d'être une sous traitante d'actions politiques qui doivent être conduites de manière transparente par les conseillers généraux. CHRISTOPHE BARBIEREn un mot rumeur de baisse des taux de Livret A. Il faut quitter les 4% parce que les taux généraux baissent ou bien il faut préserver les 4% pour rassurer les épargnants ? PATRICK DEVEDJIANRassurer les épargnants c'est ce que le gouvernement a fait jusqu'à maintenant en garantissant les dépôts, ça c'est essentiel. Pour le reste c'est une question de politique monétaire, moi je crois si l'ensemble des taux baisse, ça servira de relance.Source http://www.u-m-p.org, le 31 octobre 2008
La source — vie_publique · nº 172983
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/172983-interview-de-m-patrick-devedjian-secretaire-general-de-lump-lci-le?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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