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16 janvier 2008 · Partis · Radio Classique · discours Discours

Interview de M. François Sauvadet, président du goupe Le Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, à Radio Classique le 16 janvier 2008, sur l'impact de la réforme de l'Etat sur la réduction du déficit et de la dette, la place du Nouveau Centre dans la majo

François Sauvadet (auteur), Olivier Nahum (intervenant), Eric Le Boucher (intervenant), Denis Jeambar (intervenant)

Olivier Nahum : François Sauvadet, merci d'être avec nous, donc Président du Groupe Nouveau Centre à l'Assemblée Nationale, on l'a dit, composante effectivement de cette majorité qui soutient le pouvoir en place. Est-ce que vous François Sauvadet, en tant que parlementaire, défendeur, défenseur de la laïcité, de toutes les valeurs qui font la vie de ce pays, vous êtes comme Denis Jeambar quelque peu choqué par des propos tenu par Nicolas Sarkozy sur la religion ?François Sauvadet : Moi j'entends ce que vient de dire Denis Jeambar avec beaucoup d'intérêt. D'abord, effectivement, je partage ce que vous avez dit. La religion c'est d'abord affaire de conscience individuelle et je crois que la laïcité c'est précisément la garantie de permettre à chacun d'exprimer cette conscience individuelle qui relève du champ personnel mais qui ne doit pas relever du champ public. Cela dit, que le Président de la République ait un sentiment par rapport à cette sphère individuelle et qu'il l'exprime, bon je ne pense pas que ça ait une portée, en tout cas je ne le ressens pas comme ça, une portée telle qu'elle remette en cause le principe. En revanche, vous avez soulevé la question du communautarisme ; là ce serait, moi je serai très engagé pour qu'on ne laisse pas s'installer l'idée que la communauté ou les communautés, leurs expressions pourraient constituer le socle, les fondamentaux d'une société parce que ce serait la négation même de ce que nous attendons d'une République. Là, donc, sur cet aspect du communautarisme, je vous rejoins et personnellement, je serai très engagé pour lutter contre les communautarismes, en tout cas dans leur reconnaissance comme étant des fondamentaux constitutifs d'une République et d'une société. En revanche, la sphère individuelle il faut respecter ça.Denis Jeambar : Vous avez vu d'ailleurs le fondement de la loi 1905 ?François Sauvadet : Absolument, absolument. Et Denis Jeambar, moi je suis très intéressé de voir que le débat qui a été lancé autour de civilisation, de démocratie, de replacer l'homme au coeur de la préoccupation centrale des politiques. J'ai trouvé que c'était une idée intéressante, d'ailleurs elle ne se développe pas qu'en France ; vous avez entendu en Espagne. Ce matin même, d'ailleurs, le Premier Ministre espagnol évoquait cette idée de la civilisation ; cette idée de renouer le contact aussi avec ceux des peuples qui se sont engagés dans des dérives auxquelles peuvent conduire les religions. On le voit bien ; d'ailleurs quand on les appelle « les fous de Dieu », on voit bien où peuvent conduire certaines dérives avec les attentats et des pratiques qu'il faut vraiment condamner. Mais il faut renouer, remettre Dieu au coeur du dialogue.Denis Jeambar : Est-ce qu'il faut remettre Dieu au coeur de la civilisation ?François Sauvadet : Je ne crois pas que ce soit le rôle du champ de la sphère publique de remettre Dieu au coeur de la civilisation.Denis Jeambar : C'est dont il est question dans son discours en Arabie Saoudite ?François Sauvadet : Moi je crois qu'il faut exprimer, renouer le dialogue avec tous ces pays qui n'ont pas les mêmes cultures, les mêmes histoires fondamentales que les nôtres. Et c'est parce que parfois il y a eu rupture de ce dialogue qu'on a permis l'expression de fous qui précisément s'engagent au nom de Dieu dans des actes qui sont aux antipodes de ce qu'on attend.Olivier Nahum : Mais François Sauvadet, ça veut dire que la voix que vous représentait, la sensibilité du Nouveau Centre fera très attention si jamais il y avait dans le pouvoir présidentiel une dérive communautaire. Vous iriez jusqu'à rompre le pacte qui vous unit à la majorité.François Sauvadet : Absolument, je crois que vous avez bien compris le sens de ce que je viens d'exprimer. Je n'ai pas exprimé autre chose. D'ailleurs c'est une pensée constante que nous avons eu. Quand vous disiez tout à l'heure "dans la majorité", oui c'est un choix que nous avons fait d'être dans la majorité. Mais en participant à cette majorité, nous avons renoncé à aucune de nos convictions. D'ailleurs je n'aime pas que, s'agissant de nous, on parle des ralliés à Nicolas Sarkozy.Olivier Nahum : On l'a entendu c'est vrai.François Sauvadet : Attendez, c'est surtout les journalistes qui le disent. Moi je ne me sens pas rallié, j'ai fait un choix politique avec mes amis de participer de rendre utile dans une majorité présidentielle des idées que nous avons portées au côté d'un candidat qui lui François Bayrou, a fait un choix de ne pas participer à cette majorité présidentielle. J'assume le choix politique, il était légitimé par les électeurs. On n'est pas venu d'ailleurs comme une espèce de création comme ça, une espèce de ralliement individuel, on a fait un choix politique validé par les électeurs. J'ai du m'en expliquer devant les électeurs de ma circonscription. Je suis un élu, un élu de la République. C'est dans ce contexte là que je vous redis que nous avons renonce à rien aux idées que nous avons portées aux côtés de François Bayrou, notamment sur cet aspect de la laïcité comme étant la garantie de l'expression de la conscience individuelle qui doit pouvoir s'exprimer dans une République, qui doit pouvoir apporter certaine garanties.Denis Jeambar : Vous devez être extrêmement vigilant, car c'est aussi pour ne pas reprendre votre formule une constante chez Nicolas Sarkozy de remettre le religieux au centre de la sphère publique et notamment dans les banlieues puisque à un moment donné il a même expliqué qu'il comptait plus sur les valeurs défendues par les religions pour remettre ces enfants dans le droit chemin que sur l'Etat lui-même. François Sauvadet : Et bien, je prends vos encouragements comme étant une conscience collective, voilà en tout cas on sera engagé sur ce sujet comme sur d'autres. Vous savez on n'est pas obligé d'être en accord sur tout lorsqu'on participe à une majorité présidentielle parce que ça voudrait dire à ce moment là qu'il faudrait rentrer à l'UMP et ce n'est pas le choix que nous avons fait. Olivier Nahum : Alors, François Sauvadet, il faut le dire aussi, vous avez eu un autre impératif à signer à l'adresse de l'exécutif qui est en place puisque vous en avez parlé hier, c'est cette proposition de loi constitutionnelle qui n'a rien à voir avec la religion mais qui montre bien finalement que vous voulez faire entendre votre voix où vous assignez comme objectif impératif au pouvoir qui est élu, donc il faut le faire, le retour à l'équilibre des finances publiques. C'est bien ça ?François Sauvadet : Oui c'est bien ça ; parce que vous savez il y a un sujet ; vous avez vu on parle beaucoup de l'inquiétude des français et je crois qu'il y a non seulement une inquiétude mais il y a aussi une attente dans le domaine du pouvoir d'achat. Aujourd'hui, le chômage n'est plus la préoccupation première des français. Vous avez vu que les chiffres du chômage sont plutôt positifs, liés à une activité sans doute mais liés aussi à une pyramide des âges. Je vois sur des territoires, on est parfois à des taux de chômage qui sont de l'ordre de 6%. Donc on aura même des problèmes : c'est de trouver des personnes pour participer à l'activité, à la croissance du pays. Et ça, ça va être un défi pour nos amis.Denis Jeambar : Par l'immigration, comme le propose la Commission Attali, à laquelle...François Sauvadet : Evidement, je ne vois pas comment on peut faire autrement. Denis Jeambar, je crois que tous ceux qui disent autre chose trompent l'opinion. Il va bien falloir qu'on trouve des personnes pour répondre à l'activité et à l'emploi. Je vous dis, dans certains secteurs du territoire français, nous sommes descendus à des taux de chômage pratiquement à 6% ; donc vous voyez bien que après ça, le travail qu'il faut faire sera tout le chantier autour de l'insertion pour remettre dans le circuit du travail des personnes qui en sont éloignées. C'est l'objet du Grenelle de l'Insertion et je souhaite qu'on soit très engagé pour avoir un véritable parcours de l'insertion qui permettent à ceux qui soit éloignés et les plus éloignés de reprendre le chemin de l'employabilité, donc sortir de la dimension du statut pour aller vraiment dans la dimension du parcours de l'insertion. Olivier Nahum : Revenons à la dette alors...François Sauvadet : Alors revenir à la dette ; le pouvoir d'achat,...Olivier Nahum : Un instant, on va en parler dans le détail ; le pouvoir d'achat, la dette et cet objectif que vous assignez au pouvoir de l'exécutif. Vous savez comment c'est à la radio, il faut laisser le suspense donc on attend votre réponse juste après les infos de 8h30....Olivier Nahum : Toujours en compagnie de François Sauvadet, Président du Groupe Nouveau Centre à l'Assemblée Nationale, Denis Jeambar et apparemment toujours d'Eric le Boucher. Alors, François Sauvadet avant de revenir à votre proposition de loi constitutionnelle, un mot quand même. Vous restez l'allié de la majorité et pas rallié, je dis bien l'allié de la majorité en place. Ces sondages que l'on a évoqués à l'instant, ces opinions défavorables qui s'amoncellent dans le ciel de la présidence, ce n'est pas ça qui fait réfléchir d'être allié ou pas au pouvoir en place ? Vous les comprenez cette baisse des sondages ?François Sauvadet : Oui, oui, oui on les comprend. D'abord, je crois qu'il va falloir donner du sens dans l'action politique, beaucoup de chantiers ont été ouverts ces derniers mois et aujourd'hui un certain nombre de français s'interrogent où ça va même si point par point il y a eu des avancées considérables comme sur le contrat de travail où la restauration du dialogue social a permis d'évoluer en garantissant à la fois la situation des salariés puis en même temps de se séparer à l'amiable qui est une amélioration indiscutable. Donc il y a des points très positifs qui ont été conduits mais l'action, c'est-à-dire les conséquences de ce que nous avons conduit ne se voient pas encore dans l'esprit des français.Olivier Nahum : Manque de lisibilité donc ? François Sauvadet : Il y a un problème de lisibilité sans aucun doute, beaucoup de chantiers ont été ouverts et devaient l'être.Olivier Nahum : C'est un peu la méthode Sarkozy ?François Sauvadet : Oui, oui très bien mais voilà il y a une impatience, une inquiétude notamment sur le pouvoir d'achat. Moi, je suis convaincu, enfin c'est la vie quotidienne des français et cette question là qui ne résume pas toute l'ambition politique, qu'on doit avoir parce que derrière il y a le social, derrière il y a l'insertion on en parlait, derrière il y a l'emploi, enfin il ya toute une autre série de sujets que le pouvoir d'achat. Mais les Français, dans leur vie quotidienne, sont confrontés à cela d'où l'idée de notre proposition de loi car nous pensons qu'on ne restaurera pas durablement le pouvoir d'achat simplement avec des heures supplémentaires ou l'accès à des heures supplémentaires et qu'il faudra aller au-delà. Pour le restaurer, il faut qu'on réforme considérablement notre Etat et qu'on arrête cette situation inconcevable dans un pays moderne : c'est de dépenser autant que nous dépensons et de prélever autant que nous prélevons. D'où l'esprit de la proposition de loi que nous allons déposer demain c'est-à-dire de parvenir à l'objectif à l'horizon 2012 de l'équilibre de nos comptes.Eric Le Boucher : C'est l'objectif du premier ministre aujourd'hui ?François Sauvadet : C'est l'objectif du Premier Ministre mais nous voulons que ce soit réaffirmer et infirmer comme étant une contrainte pour l'Etat de présenter un budget en fonctionnement. Je précise en fonctionnement, en équilibre. C'est ce qu'on impose à nos collectivités locales.Eric Le Boucher : En quoi ça fait du pouvoir d'achat ?François Sauvadet : Et bien je vais vous dire. Nous sommes aujourd'hui dans la situation où sur le budget de l'Etat qui est en gros de 360 milliards d'euros, nous avons 43 milliards de déficit, c'est-à-dire nous avons 43 milliards de dépenses en plus de ce que nous rentrons. Ca fait trente ans que ça dure. La dette accumulée est aujourd'hui de 1200 milliards d'euros. L'équivalent de l'impôt sur le revenu sert à payer l'intérêt de la dette. Tous ceux qui pensent qu'on peut continuer comme ça à augmenter les déficits pour le fonctionnement c'est-à-dire pour payer les dépenses de l'année et reporter sur les générations futures oublient que finalement nous sommes déjà dans une situation où on prélève trop et qu'on dépense trop. Savez-vous aussi qu'en matière de santé...Olivier Nahum : Moins d'impôt donc plus de pouvoir d'achat, François Sauvadet ? Eric Le Boucher : Pour rembourser la dette, il faut maintenir les impôts.François Sauvadet : Attendez, ce n'est pas le problème de l'impôt et du prélèvement. Nous prélevons déjà beaucoup plus. Les socialistes disent souvent d'ailleurs cela : « faites attention aux prélèvements, ne les baisser pas trop parce que effectivement vous aller creuser la dette ». Mais attendez, on prélève déjà beaucoup plus que les autres, savez-vous que l'ensemble de la dépense publique française est de l'ordre de 56% du PIB.Eric Le Boucher : Record d'Europe !François Sauvadet : Record d'Europe ! Nous prélevons 6 points de plus et ce n'est pas de la théorie. Quand on prélève 6 points de plus que les autres, vous savez combien ça représente : 110 milliards d'euros qu'on prélève sur les français, sur l'économie française. On est en train de courir après le pouvoir d'achat avec deux boulets aux pieds. Le premier c'est le déficit qu'on continue de creuser. Chaque année on a creusé notre trou de 42 milliards supplémentaires et le deuxième c'est la dette qu'on a scotchée aux pieds : 1200 milliards. Donc nous avons dit, nous devons dire que puisque c'est nous qui sommes en charge du prélèvement de l'impôt ; dans une république moderne, ce sont les élus de peuple, nous disons il faut mettre dans la Constitution qu'on ne pourra plus présenter des budgets en fonctionnement qui sont en déficits.Olivier Nahum : Vous croyez que le pouvoir en place peut se risquer à faire une telle démarche parce que...Denis Jeambar : Une démarche par quoi, vous croyez qu'une Commission Attali dont est membre Eric Le Boucher. Est-ce que ça passe par la suppression des départements qui permettraient en effet d'alléger durablement la structure administrative ?François Sauvadet : Il y a deux choses : d'abord, il faut balayer toutes les politiques publiques et les rendre ; voir ce qui est efficace et ce qui ne l'est pas.Denis Jeambar : Mais c'est ça que fait Eric Besson en ce momentFrançois Sauvadet : C'est ce qui est entrepris par Eric Besson mais je dis que l'objectif, on doit y parvenir à l'horizon 2012. On ne parle pas de l'extinction de la dette mais en tout cas qu'on est revu l'ensemble de nos politique pour présenter des budgets en fonctionnement, retrouver de la marge de manoeuvre. Vous le disiez tout à l'heure à propos de l'emploi des jeunes pour réorienter l'action publique vers l'innovation, la recherche, vers la formation, vers l'éducation ; ce qu'on est incapable de faire aujourd'hui.Eric Le Boucher : J'ai l'impression que c'est la politique du gouvernement François Sauvadet : C'est une politiqueEric Le Boucher: Vous ne trouvez pas assez fermeFrançois Sauvadet : Eh oui, c'est ça. Rappelez ce que nous avons dit d'ailleurs pour le précédent budget. Souvenez-vous de ce que disait Charles de Courson lorsqu'il y a eu l'examen du budget qu'on nous a présenté en déséquilibre.Olivier Nahum : Qui est resté au Modem, lui ? François Sauvadet : Non qui est dans mon groupeOlivier Nahum : Qui est passé avec vous, il faut préciser, il faut bien préciserFrançois Sauvadet : Qui est le porte-parole du Nouveau Centre sur les questions budgétaires. Donc, nous, nous disons simplement, ce qu'il faut c'est une réforme volontaire de l'Etat, réforme volontaire. C'est-à-dire si nous ne nous fixons pas l'objectif par la loi d'être à l'équilibre à l'horizon 2012, la facilité du temps continuera et on fera comme on l'a fait depuis les trente dernières années. Vous savez que le dernier budget qu'on a présenté en France, en fonctionnement je parle, 1980.Denis Jeambar : BarreFrançois Sauvadet : C'était 1980, c'était Raymond Barre. Depuis 30 ans pratiquement Eric Le Boucher: Et on était en déficit depuis 74...François Sauvadet : On est dans une incurie publique. Et bien, voilà, je dis qu'il faut simplement se fixer comme règle de parvenir à cet équilibre.Eric Le Boucher : Je voudrais revenir à ma question : est-ce que vous êtes pour la suppression des départements ou par exemple des sous-préfectures. L'élu local que vous êtes...Olivier Nahum : qui connaît la réalité de terrain !Eric Le Boucher : Vous connaissez la réalité de terrain en effet oui, est-ce qu'aujourd'hui ça a la moindre utilité ? François Sauvadet : Ecoutez, moi je trouve que la présence de l'Etat dans les territoires, elle est utile pour garantir simplement les grandes missions régaliennes de l'Etat.Denis Jeambar : Vous la trouvez bien organisée, vous ? Vous ne la trouvez pas...François Sauvadet : Je ne la trouve pas bien organisée.Denis Jeambar : Vous ne trouvez pas qu'il y a une couche de trop ?François Sauvadet : C'est la raison pour laquelle je souhaite qu'on reprenne les réformes.Denis Jeambar : Il y a une couche de trop, les régions, les départements, les communes ?François Sauvadet : Oui, je souhaite qu'on reprenne d'ailleurs le débat sur la décentralisation. On avait fait des suggestions, notamment que les conseillers généraux puissent devenir conseillers régionaux et qu'on garde un échelon de proximité notamment pour tout ce qui concerne la gestion de l'allocation personnalisée d'autonomie, le suivi de nos personnes âgées. Tout ce qui doit se régler dans la proximité doit se régler dans la proximité mais qu'on crée des économies d'échelles car évidement nous avons trop de strates en France. Donc il faut retoileter tout cela, le faire avec les acteurs locaux, le faire sans brutalité.Olivier Nahum : Mais peut-être pas aller jusqu'à...François Sauvadet : Je n'irai pas jusqu'à dire la suppression des départements mais faisons évoluer tout cela. On voit bien que les strates, les communautés de commune ont changé le panorama, les communautés d'agglomération. Donc je pense, en tout cas, que si nous nous fixons comme objectif de parvenir à l'équilibre de fonctionnement, alors ce sera vraiment une faute morale que nous commettons à l'égard de nos jeunes. La dette aujourd'hui est de 1200 milliards, quand on nous y ajoute la dette sur nos retraites, on est à 2000 milliards. Songez un peu dans quelle situation on va laisser la France. Moi je veux pouvoir affronter le regard de mes enfants, tout simplement. Et donc je serai très résolu pour que l'objectif en 2012 qu'on a pris aussi au regard de l'Eurogroup. Je dois même vous dire que Nicolas Sarkozy est allé au-delà de ce que nous demandions, au-delà de ce que nous demandions puisqu'il disait : "on doit présenter des budgets en équilibre à la fois en fonctionnement et en investissement". Vous vous en souvenez c'est l'engagement qu'il a pris devant l'Eurogroup. Donc nous disons, moi je vais être très intéressé par savoir ce que vont nous répondre l'UMP, le parti socialiste parce que collectivement il faut avoir le courage de dire : on réforme, on prélèvera moins parce qu'on prélève trop par rapport aux autres pays. On va réorienter la dépense, est-ce qu'on va avoir ce courage ? Moi je le souhaite pour la France.Olivier Nahum : Vous qui présidez le Groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, si jamais cet objectif que vous assignez, n'était pas respecté d'une façon ou d'une autre, est-ce à dire que vous êtes dans un rapport de force tel que vous dites si l'objectif n'est pas atteint "nous quittons cette alliance" ? Est-ce que ça va jusque là ? François Sauvadet : Je ne suis pas dans une stratégie de chantage. Je suis là, moi, au titre du Nouveau Centre pour porter ce que nous pensons utile dans le pays. On le met au débat. C'est notre première proposition de loi, la première proposition de loi que nous faisons c'est une proposition de loi de responsabilité.Olivier Nahum : Constitutionnelle.François Sauvadet : Constitutionnelle, parce que vous voyez bien que ces trente dernières années nous ne l'avons pas fait malgré les déclarations. Si nous ne le fixons pas dans le marbre de la Constitution pourquoi voulez-vous que les choses changent ? C'est une espèce de facilité, de commodité à dire nous faisons l'effort. Alors je ne dis pas que rien n'a été fait. La maîtrise de la dépense publique est engagée, la révision générale de la politique publique est engagée mais je dis que le temps est compté. On a fait des propositions concrètes lorsque nous avons dit par exemple "il faut plafonner toutes les niches fiscales" pour faire en sorte que les gens n'échappent pas à l'impôt en cumulant les avantages fiscaux pour récupérer. C'est un motif d'équité. Le débat est aujourd'hui posé. Une commission a été mise en place, elle doit donner ses conclusions, je crois, au mois de Mai. C'est nous qui avons porté ce débat. Lorsque nous avons dit par exemple les allégements de charges sur le travail, la Cour des Comptes avait indiqué qu'elle n'était pas utile pour les très grandes entreprises, notamment elle ne produisait pas les effets. Ces 35 milliards d'euros, il faut remettre à plat cette politique, et nous avons dit qu'il faut conditionner un certain nombre d'allégement de charges qui pèsent sur le travail, pas seulement au dialogue social mais aussi à l'efficacité en terme d'emploi qu'elles ont dans les grands et la stratégie de la politique de l'emploi que nous avons dans le pays. On peut récupérer ici aussi et nous avions proposé ainsi de faire 8 milliards d'économie. En terme clair, nous avons dans les déficits chaque année que nous creusons de 43 milliards d'euros cette année, nous avons environ 22 milliards en fonctionnement. Je pense être assez clair. 22 milliards qui relèvent du fonctionnement : c'est-à-dire...Eric Le Boucher : Il faudrait supprimer plus de fonctionnaires que ne l'a fait le gouvernement ? François Sauvadet : Moi je ne le présente pas comme étant une suppression. Je pense que nous avons effectivement une fonction publique d'Etat pléthorique et qu'il faut réorienter tout cela. Ca veut dire que ça ne doit pas se faire au détriment des territoires. Moi je serai très vigilant pour que la commodité de la réflexion ne conduise pas à supprimer la présence de l'Etat. Vous parliez des sous-préfectures, sur les territoires parce qu'on a trop souvent vu que les victimes finalement d'une réforme de l'Etat c'était les territoires et qu'on continue à l'échelon central à considérer que les choses devaient suivre leur cours. Donc il faut un Etat beaucoup plus moderne, allégé, nous avons une opportunité : c'est le fait des tranches d'âges qui arrivent en remplacement, donc il ne s'agit pas de supprimer des postes de fonctionnaires mais de rendre notre fonction publique efficace.Denis Jeambar : Est-ce que cette proposition de loi constitutionnelle a la moindre chance d'aboutir ? Sinon ce ne serait qu'un coup de communication pour que votre formation existe.François Sauvadet : Alors écoutez là, je vais vous dire à la tonalité que je viens d'avoir, si c'est un coup de com je vais vous dire franchement ce serait très triste pour la vie politique française parce que franchement quand je vous dis...Denis Jeambar : Je vois votre détermination. Est-ce que vous avec la moindre chance d'y parvenir ?François Sauvadet : Quand je vous dis que je veux regarder mes enfants en face et ne pas leur laisser la charge faute d'avoir pris des dispositions qu'il fait qu'on dépense ce qu'on rentre et comme on en rentre déjà trop et bien il faut qu'on dépense moins.Olivier Nahum : C'est une question d'auditeur qui nous arrive sur le site. Effectivement, Denis a raison de la relayer. Un citoyen de Bretagne nous demande si finalement une loi sera applicable et appliquée ? François Sauvadet : Je vais tout faire, je vais répondre à celle qui a questionnée. Je vais tout faire avec mon groupe pour que cela soit appliqué parce que c'est une exigence morale à l'égard de nos enfants et c'est une nécessité impérieuse pour l'économie et la croissance. On ne retrouvera pas le point de croissance si on n'allège pas les charges que nous avons aujourd'hui au niveau de notre Etat. Olivier Nahum : En conclusion, François Sauvadet, sur les municipales, le NC va présenter des candidats ? Dans des municipalités vous avez des chances de voir vos élus accéder à des responsabilités de maire dans telle ou telle ville ?François Sauvadet : Oui bien sur, mais vous savez le Nouveau Centre n'est pas une création. C'est simplement, nous avons repris le flambeau d'une UDF qui était plutôt de centre-droit et c'est un flambeau que n'a pas voulu prendre François Bayrou qui lui a pris une autre stratégie et c'est une stratégie qui lui appartient. Il est dans une position plutôt d'opposition, nous sommes plutôt dans une position plutôt traditionnelle de celle de l'UDF qui était une position d'allié du parti de droite.Denis Jeambar : Vous vous retrouverez avec lui un jour ? François Sauvadet : Ecoutez dans les conditions actuelles je ne pense pas parce que je crois que les Français attendent de nous d'être utiles. Je lui avais suggéré à l'époque et je vous le dis très simplement de dire voilà, d'aller voir Nicolas Sarkozy qui est le Président choisi par les Français et de lui proposer de reprendre les thèmes qui avaient été validés par 7 millions de Français qui s'étaient portés sur le nom de François Bayrou et de le rendre utile et s'il y avait un désaccord de le constater. Nicolas Sarkozy était dans une politique d'ouverture, je le voyais mal refuser une main tendue par François Bayrou. François Bayrou a choisi une autre stratégie, il dit pour être une alternative politique et je ne crois pas dit-il à l'issue qui est en train d'être engagée par Nicolas Sarkozy, il faut se mettre dans une posture d'opposition et de pas participer à l'action du gouvernement. Moi je pense que la situation des temps exige de notre part de la responsabilité de participer. Si j'ai des désaccords avec Nicolas Sarkozy, je le lui dirai et je prendrai à témoin le peuple français des décisions que nous prendrons. Je pense que la dette, je pense que le déficit est un sujet qui va revenir sur le devant de la scène parce qu'il nous plombe et bien nous nous disons soyons responsables. C'est le message que je tenais avant, c'est le message que je tiens aujourd'hui. On sera présent sur les municipales.Olivier Nahum : Combien de membres au NC, de militants ? François Sauvadet : Vous savez, on a à peu près aujourd'hui 8000 militants mais ce n'est pas un parti de militants, c'est un parti de réseaux locaux. Aujourd'hui, moi tous les élus locaux qui étaient de centre-droit nous rejoignent un à un. Nous avons aujourd'hui, pratiquement 300 chefs de file ou têtes de liste dans les villes de plus de 20000 habitants. Ca veut dire que le réseau, ce que nous incarnons a des racines profondes dans notre pays.C'est le mouvement crée par Valéry Giscard d'Estaing, c'est le mouvement des indépendants du parti républicain, de ceux qui n'ont pas fait le choix du parti unique mais qui ne veulent pas suivre François Bayrou dans une alliance au gré et par gré, ou des alliances qui perdent de leur sens dans le combat politique que l'on veut mener.Olivier Nahum : Voilà, beaucoup de François ce matin. François Sauvadet, Président du Groupe Nouveau Centre à l'Assemblée Nationale. Merci aux camarades Le Boucher et Jeambar d'avoir été avec moi jusqu'au bout. source http://www.le-nouveaucentre.org, le 22 janvier 2008
La source — vie_publique · nº 169373
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/169373-interview-de-m-francois-sauvadet-president-du-goupe-le-nouveau-centre?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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