Point de presse de Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement, sur les voeux du président de la République, les priorités de l'action gouvernementale et l'évaluation de l'action des ministres, Paris le 3 janvier 2008.
Laurent Wauquiez (auteur)
Alors je voulais, à cette occasion, c'est évidemment un conseil des ministres un peu spécial parce qu'il a été surtout marqué par les voeux, voeux auxquels vous n'avez pas pu assister, donc j'essaierai de vous rendre compte de la tonalité, à la fois des voeux du Premier ministre et de la réponse qui a été faite par le président de la République. Il y a également un certain nombre de sujets qui ont été abordés, principalement le projet de loi constitutionnel, le calendrier de travail du Parlement et la situation de l'emploi. Donc une rentrée qui à la fois a permis de faire un peu le point sur les mois passés de travail gouvernemental et de refixer une feuille de route claire pour l'ensemble des ministres, soudés tout autour du Premier ministre et des impulsions données par le président. Alors tout d'abord, ce conseil des ministres s'est ouvert par des voeux qui étaient beaucoup moins formels que d'habitude. Vous le savez, le souhait du président c'est qu'on ne sombre pas trop dans du formel et que ces voeux soient l'occasion de se dire des choses clairement. Le Premier ministre a d'abord tenu à souligner que le véritable changement qu'il voulait autour du président avec son gouvernement, c'était de basculer dans un gouvernement qui soit dans une culture du résultat, rendre compte des résultats, j'y reviendrai peut-être à travers la question de l'évaluation de l'action des ministres, d'une part et d'autre part, tenir ses engagements. C'est par ces deux propos que le Premier ministre a ouvert ses voeux au président de la République. Il est revenu également sur le sens des voeux qu'avait fait le président de la République en soulignant que finalement pour le gouvernement, ça devait être interprété à travers deux clés de lecture. La première, c'est le souci de l'exigence. La croissance économique n'est pas mauvaise en France, mais ça n'est pas suffisant. La situation de l'emploi s'est considérablement améliorée par rapport à 2006, mais ça n'est pas suffisant et pour le gouvernement, quand on construit l'avenir pour les Français, c'est ce sens de l'exigence qu'on doit avoir. Le deuxième sens que le Premier ministre a donné aux voeux qui avaient été adressés par le président de la République à l'ensemble des Français, c'est cette volonté de réinventer, redéfinir ce qu'est le modèle social français. Alors que jusque là, il n'y avait pas forcément eu ce courage politique de redéfinir, réinventer les fondements de notre système politique, le Premier ministre est revenu là-dessus avec quelques exemples : le développement durable, le sens de notre système de protection sociale, la recherche et l'enseignement supérieur, tout ce qu'il a appelé la culture de l'intelligence dans notre pays. Sur tous ces sujets, on a véritablement un devoir, un impératif de réinvention. Plus concrètement, le Premier ministre est revenu sur trois engagements importants qui marqueront l'année 2008 : le plein emploi, tendre vers le plein emploi premièrement. Deuxièmement aller chercher cette croissance supplémentaire dont notre pays a besoin et enfin, le redressement des finances publiques. Il a résumé l'ensemble de cette présentation par les mots suivants : "2008 sera une année déterminante pour le quinquennat. C'est une année où nous devons réussir les grandes transformations économiques et sociales que les Français attendent pour mettre en place cette rénovation de notre modèle". Pour cela il a demandé à chacun des ministres d'être soudés en équipe et de constituer ce gouvernement de mission pragmatique, fidèle aux engagements qui ont été pris. Et il a fini ses mots en s'adressant au président de la République et en disant que chacun d'entre nous nous étions heureux de servir les Français et de le faire sous son autorité. J'en viens maintenant à la réponse qui a été faite par le président de la République. Alors d'abord pardonnez-moi, mais il y a eu quelques paroles très personnelles du président de la République sur sa conception de la politique, qui étaient adressés directement à chacun des membres du gouvernement et en dehors de ces paroles très personnelles sur sa vision de la politique, il a tenu à recadrer un petit peu à la fois ce qu'on avait fait et ce qu'il attendait du gouvernement. Tout d'abord il a renouvelé sa confiance totale, pleine et entière au gouvernement en rappelant le plaisir qu'il avait eu à travailler avec l'ensemble des membres du gouvernement sous la direction de François FILLON pendant toute l'année 2007. Il a insisté sur la confiance totale qu'il accordait au président de la République, une confiance qui a été forgée pendant des années de travail en commun et qui n'a jamais été démenti au cours des mois qui se sont écoulés. Tout en rappelant que la tâche de président de la République était une tâche difficile, tout le monde le sait, dans le système institutionnel français, mais qu'ils avaient travaillé ensemble avec énormément de confiance et de complicité. S'agissant maintenant de ce qu'il attendait de l'ensemble du gouvernement pour la suite : d'abord il a souligné que l'ouverture était véritablement entrée dans les esprits. Il y a des différences entre nous, tant mieux. Il y a des débats entre les différents membres du gouvernement, tant mieux. Le président de la République a tenu à donner à chacun de ses ministres une liberté de parole. Une liberté de parole qui n'exclue en rien, ni l'efficacité, ni la loyauté, ni le fait d'avoir une équipe qui soit soudée. Et il y a véritablement une nouvelle marque de fabrique qui s'est imposée au niveau du fonctionnement de nos institutions avec cette ouverture. On la voit se décliner aujourd'hui au niveau des municipales et on ne formera sans doute jamais plus dans notre pays, un gouvernement de la même manière à la suite de celui-ci. Cette solidarité existe, on a aujourd'hui un gouvernement qui existe. Il y a eu plusieurs moments où même les uns ou les autres vous nous avez interrogé sur le sens de telle ou telle intervention des ministres ; à chaque il y a véritablement eu un esprit de bloc, de corps de l'ensemble du gouvernement et donc cet esprit d'équipe qui s'est bien conciliée avec l'existence de différences d'approches, qui sont propres à l'ouverture. Le président de la République, dans le prolongement de cette confiance qu'il a renouvelé pleinement au gouvernement, a insisté sur son attente : faites du bon travail, faites votre boulot et ne soyez pas fébriles. 2008 sera une année dure et exigeante, le choix qui est face à nous est un choix entre le mouvement et le conservatisme, vous le savez, le président de la République a fait le choix du mouvement et il a fini son allocution par les termes suivants : ça n'est pas moi qui suis impatient, ce sont les Français qui sont impatients de voir les résultats que nous devons leur apporter. Alors, j'en viens précisément à ce petit tableau de l'activité du gouvernement du jour. Tout d'abord, la présentation du projet de loi constitutionnelle qui a été fait par Rachida DATI, avec le calendrier de révision qui est maintenant officiel. A partir du 15 janvier, il y aura donc le débat parlementaire sur la révision constitutionnelle, la discussion de projet de loi constitutionnelle, à l'Assemblée nationale puis au Sénat. Le congrès est prévu dans la semaine du 4 février et enfin, discussion du projet de loi autorisant la ratification avec une discussion à l'Assemblée nationale le 6 février et une discussion au Sénat le 7 février. Vous le savez, c'est une procédure un peu complexe avec d'abord le projet de loi constitutionnelle, puis le congrès et enfin la ratification du projet... et enfin le projet de loi autorisant la ratification du traité. Puisque comme vous le savez, il faut d'abord modifier la constitution pour ensuite pouvoir ratifier le traité de Lisbonne. En tout cas c'est une étape importante qui est franchie aujourd'hui, on est maintenant dans la voie, sur le chemin, le président l'a dit, c'était dur, mais on y est arrivé. Deuxième communication très attendue, le point sur l'emploi qui a été fait par Christine LAGARDE. La situation de l'emploi s'est considérablement améliorée en France, au cours de l'année 2007. Quelques chiffres pour l'illustrer de façon très concrète : 312.000 nouveaux emplois ont été créés au cours de l'année 2007, ce qui est beaucoup mieux qu'en 2006. 300.000 créations d'entreprises parallèlement ont été faites, ce qui montre que cette dynamique est une dynamique d'ensemble de l'économie française. Au total, alors que le taux de chômage était de 8,8% en 2006, il est de 7,9% en 2007 et avec un tendanciel qui nous permet d'espérer pouvoir atteindre assez rapidement 7,7% avec des chiffres de l'INSEE qui sont maintenant non contestés. Moins de chômeurs, moins de demandeurs d'emploi, mais en aucun cas un motif de satisfecit pour le gouvernement. Pourquoi ? parce qu'il y a malgré tout de tendances lourdes qu'on voit s'esquisser au niveau du marché du travail et sur lesquelles il faut qu'on puisse s'attaquer. D'abord, une dualisation du marché du travail avec une partie qui reste assez forte en CDD, en contrats en intérim, sur lequel Christine LAGARDE souhaite que l'on puisse progresser de façon importante. Le deuxième point c'est qu'autant la France sur la tranche d'âge entre 30 et 55 ans, est grosso modo dans la moyenne européenne. Par contre, sur le chômage des jeunes d'une part et d'autre part sur ce grand scandale qu'est le chômage des seniors entre 55 et 64 ans, il y a un très net décrochage de la France par rapport à nos voisins européens et ça c'est sans doute le bloc dur sur lequel il faut qu'on arrive maintenant à avoir des progrès importants. Parallèlement je vous rappelle ce chiffre qui est le chiffre de notre principal chantier sur l'année 2008 : 500.000 offres d'emploi qui restent non pourvues dans notre pays. Au total Christine LAGARDE a esquissé les trois pistes de travail qui vont être déclinées, d'une part la formation professionnelle : 26 milliards d'euros qui ne sont pas forcément fléchés sur eux qui en ont eu le plus besoin. Deuxièmement la réforme du service public de l'emploi, pour avoir plus d'efficacité, et enfin, la sécurisation des parcours professionnels. Alors derrière ce terme techno, qu'est-ce que ça veut dire ? eh bien c'est grosso modo faire en sorte que même si jamais vous êtes amené à changer d'emploi, il y ait une sécurisation qui vous permette de faire facilement les transitions d'un emploi à un autre. Le président de la République a également souhaité qu'un travail puisse être fait sur tout ce qui est cette question des sanctions en cas de refus de deux offres d'emploi acceptables. D'abord il y a un travail en commun qui devra être fait avec les partenaires sociaux, pour définir qu'est-ce que c'est que deux offres d'emploi acceptables et ensuite il faudra qu'on mette en place un dispositif. La mise en place du dispositif de sanction est bien de la responsabilité de l'Etat, le président de la République l'a rappelé, il ne peut pas y avoir de solidarité nationale sans qu'il y ait en même temps un minimum d'efforts. Et il y avait évidemment, un consensus total tout autour de la table sur ces questions. Le président de la République a demandé à ce qu'on ait un calendrier sur le sujet, parce que ça fait également partie des points importants dans le cadre de notre amélioration sur la situation de l'emploi. J'en viens enfin et puis il y aura sûrement... à travers les questions on abordera sûrement quelques sujets qui sont également importants, j'en viens au calendrier parlementaire puisque dès janvier, dès les tout débuts évidemment, le Parlement se remet au travail avec un certain nombre de projets de loi importants qui devront passer avant les municipales. Je vous les cite pour que vous les ayez en tête : le projet de loi relatif à la réforme du service public de l'emploi avec notamment la fusion de l'ANPE et de l'assurance chômage qui fera partie des premiers textes débattus au Parlement. Le projet de loi relatif à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental qui créera notamment des centres fermés pour les pédophiles jugés dangereux et instituera une déclaration d'irresponsabilité pénale. Le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés, qui achèvera le processus de création d'une haute autorité indépendante, on y reviendra peut-être si vous avez des questions, et enfin, le projet de loi constitutionnelle autorisant la ratification du traité européen que je viens de vous évoquer. Au total un calendrier parlementaire chargé, le but étant de garder ce rythme soutenu de travail pour avoir le maximum de résultats. Voilà. Je répondrais maintenant avec plaisir à toutes vos questions. Prenez peut-être le micro, n'hésitez pas à vous présenter, même pour la nouvelle année, oui ! QUESTION - Comment vont se dérouler ces évaluations que François FILLON devrait faire individuellement avec chaque ministre ? On vous donne des notes, comment ça se passe ? R - Vous lisez LE MONDE. Alors je vais répondre simplement à cette question : la saison des notes n'est pas encore arrivée. Normalement c'est en fin d'année scolaire. Je vous en avais déjà parlé de ce sujet, je ne sais pas si vous vous souvenez. On avait insisté, pourquoi la politique serait le seul domaine en France à ne pas faire l'objet d'évaluation ? Les ministres comme les autres doivent rendre des comptes. On a des projets de loi qui ont été adoptés, mais on sait bien souvent que l'intervalle entre un projet de loi, une mesure législative et les résultats sur le terrain est trop long. Le but de cette évaluation, de ces audits qui ont été conduits, c'est d'avoir des batteries d'indicateurs de résultats et de tout simplement pouvoir juger, domaine ministériel par domaine ministériel, qu'est-ce que donnent les ministres. Ca fait partie des premiers sujets de discussion que j'avais eus avec François FILLON qui m'avait dit : je souhaite que notre communication ne soit pas seulement une communication d'annonce, mais aussi une communication de résultats. Et on avait travaillé avec son cabinet pour voir précisément comment mettre en place cela. Alors, ça se décline comment ? eh bien tout simplement ministère par ministère, en fonction des grands projets de loi, des grands chantiers des batteries d'indicateurs de résultats. Et qui nous permettront de juger des progrès qui sont faits dans chacun des domaines de l'action gouvernementale. Donc ça s'insère complètement dans cette idée, on doit rendre des comptes, on n'est pas là seulement pour vous faire des belles annonces et derrière il n'y a pas droit de suite, vous avez un droit de suite pour savoir qu'est-ce qui a changé concrètement suite aux mesures qui ont été prise par le gouvernement. Donc c'est ça. Alors les batteries, les indicateurs de résultats ont été faits conjointement à la fois avec des équipes de la haute fonction publique et en même temps avec un cabinet d'audit privé et le but est tout simplement d'avoir ces grilles. Donc maintenant on a les grilles, à charge pour les ministères de les remplir et on pourra évaluer comme ça, ce qui bouge et ce qui ne bouge pas et on vous rendra des comptes. Vous prenez peut-être le micro, c'est juste pour que tout le monde puisse vous entendre, parce que sinon, on ne vous entend pas. QUESTION - Et si ça ne bouge pas, si les comptes sont mauvais, qu'est-ce qui se passe ? R - Eh bien au quel cas les ministres devront compte de leur inefficacité, c'est tout. On va être très clair, le but c'est quoi ? Si vous évaluez des membres du gouvernement, eh bien derrière le but, c'est d'essayer d'améliorer les points sur lesquels on n'a pas été bon. C'est tout. Je comprends très bien votre réaction qui est de dire, bon alors le ministre qui n'est pas bon, il saute ou il ne saute pas ? Ce n'est pas le sujet, enfin ce n'est pas le sujet à mon avis le plus intéressant pour les Français. Le sujet le plus intéressant pour les Français c'est quoi ? C'est que le domaine où il n'y a rien qui change, eh bien on puisse mettre le paquet dessus pour améliorer ce qui n'a pas fonctionné. Après la question se poserait éventuellement selon que les ministres sont bons ou pas bons, mais la saison des évaluations n'est pas venue de ce point de vue. QUESTION - Au moment où on parle quand même beaucoup de remaniement, on se demande si c'est un entretien d'évaluation ou de licenciement. R - La formule est intéressante. Non, sur ce sujet je pense avoir été très clair sur le message qui a été adressé par le président de la République au gouvernement. J'ai commencé par là, je vous l'ai dit, le président de la République a clairement, au tout début de son intervention, renouvelé sa confiance à l'ensemble du gouvernement, et en matière de remaniement, la seule parole qui compte, c'est celle du président. QUESTION - Alors je n'ai pas très bien compris, vous dites que le moment n'est pas venu, mais vous nous parlez d'une batterie d'indicateurs de résultats. Alors, quand est-ce que ça se fera concrètement ? Avant, après les municipales ? R - Alors merci de me poser la question parce que je n'ai pas été clair sur ce point. Donc c'est tout de suite et c'est maintenant que commence le fait de demander à chaque ministère de rendre des comptes. Mais, j'ai envie de dire, ce n'est pas maintenant, c'est-à-dire que ce travail là, ça fait à peu près quatre mois qu'on l'a enclenché, c'est-à-dire qu'on a commencé à demander aux ministères, bon ok, vous avez eu tel et tel projet de loi. Vous avez tel et tel domaine de votre action gouvernementale. Quels sont selon vous, les critères de résultats que vous pouvez prendre pour juger votre action. Maintenant ça a été formalisé avec un outil d'évaluation qui permet ministère par ministère, d'avoir cette grille d'évaluation. Les indicateurs de résultats seront tous collationnés, mois après mois pour pouvoir vous rendre compte de ce qui progresse, donc ça, ça commence tout de suite. Après la question de savoir bon d'accord, mais alors tel ministre il saute quand, celle-là, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous y répondre ici. QUESTION - Juste une petite précision. On est d'accord, la grille existe, l'évaluation existe, mais à quel moment on va dire au ministre, écoutez, sur tel point il faut renforcer votre action, sur tel autre ça va... R - Ca c'est tout de suite, si vous voulez, cette conversation, enfin le débat là a un petit côté qui surprendrait beaucoup d'entreprises. Dans n'importe quelle entreprise vous avez une évaluation du travail qui est fait. Dans n'importe quelle administration aujourd'hui, c'est-à-dire les administrations isolées les unes après les autres, ils essaient de mettre en place également ces batteries d'indicateurs de résultats. Vous le savez très bien, au niveau de l'ANPE ils ont un suivi de leurs résultats, au niveau du ministère de l'Agriculture ils ont un suivi du flux des aides qui sont accordées, au niveau des bourses pour les étudiants, il y a des indicateurs de résultats qui sont donnés. La seule chose, c'est qu'au niveau de l'ensemble de l'action gouvernementale, on n'a pas de batteries d'indicateurs qui correspondent aux priorités de l'action du gouvernement. C'est-à-dire qu'au long de ces mois qui se sont écoulés, on a un certain nombre de priorités qui ont été fixées à chacun des ministres, ils ont chacun une lettre de mission. Si on veut pouvoir suivre le travail qui est fait par rapport à nos priorités, on a besoin d'indicateurs de résultats. La politique est un domaine comme les autres qui doit rendre des comptes à nos concitoyens. Et c'est souvent une critique que vous avez faite d'ailleurs de dire, on entend parler que au moment où vous faites les annonces. On n'a pas l'après-vente derrière. Eh bien justement, ce qu'on est en train de mettre en place, c'est le service après-vente dans chaque ministère qui a finalement trois buts : le premier c'est de pouvoir ajuster le tir, les domaines où on n'est pas bon, parce qu'on fait des erreurs comme les autres, les domaines où on n'est pas bon, qu'on puisse corriger le tir. Le deuxième c'est de pouvoir vous rendre des comptes sur ce qui change concrètement, en disant voilà, trois mois, quatre mois après tel projet de loi, voilà ce qui a changé et ce qui a bougé et puis le troisième, c'est de pouvoir évaluer chaque ministre et chaque ministère. QUESTION - Et ça, ça se fait maintenant ? R - Voilà, ça maintenant on a maintenant l'outil qui permet de le formaliser et de bien le suivre au fur et à mesure. Mais c'est un travail qui a été enclenché par le Premier ministre dès qu'on a commencé, c'est, comme je vous l'ai indiqué, ça faisait partie des discussions qu'on avait eues, que j'avais eues avec François FILLON, il m'avait dit, je veux qu'on mette ça en place très tôt, parce qu'on a besoin maintenant de pouvoir suivre au niveau de l'action du gouvernement. QUESTION - Mais vous compariez... R - Vous m'avez l'air en pleine forme pour la nouvelle année. Oui. QUESTION - Non non mais on essaie de comprendre, vous compariez avec ce qui se passe dans les entreprises, dans les entreprises privées, je suis dans une entreprise privée donc je sais comment ça se passe, on a effectivement chaque année une évaluation de la performance comme on dit, donc avec des entretiens etc et puis c'est noté. On a une note, on a une feuille de note par catégorie, puis une note globale qui nous est donnée à un certain moment de l'année, en général au début de l'année et puis les objectifs pour l'année qui vient. Est-ce que là aussi pour le gouvernement, pour les ministres il y aura ce type de notation par exemple ? R - Si votre question est de savoir si jamais le porte-parole du gouvernement aura 6/20 ou 15/20, a priori je ne pense pas que c'est comme ça que ça va se traduire. Ce que je sais, c'est qu'on aura... prenons un exemple simple... Ca peut par exemple être en matière de grille, c'est est-ce que les Français jugent ou non que l'action du gouvernement est correctement expliquée ? C'est-à-dire est-ce que la pédagogie de l'action du gouvernement est bonne ? Par exemple on a un sondage qui est fait de façon assez régulière pour savoir si les Français trouvent qu'ils arrivent à peu près à s'y retrouver sur la pédagogie de l'action gouvernementale. Prenons un domaine en matière d'enseignement supérieur : Valérie PECRESSE qui a enclenché un gros travail sur l'autonomie des universités. Est-ce qu'il y aura des indicateurs pour savoir où est-ce qu'on en est du nombre d'universités qui ont basculé, quel est le nombre d'étudiants qui sont touchés. Elle a par exemple enclenché un gros travail, je l'ai mentionné, sur les bourses pour les étudiants, pour faire en sorte que les bourses soient versées plus tôt dans l'année. Est-ce qu'on va réussir à faire en sorte qu'il y ait de ce point de vue une amélioration, est-ce qu'on gagne une semaine, deux semaines, trois semaines, un mois. Voilà. Si maintenant vous voulez bien qu'on change de sujet pour ne pas non plus... parce qu'il y a pas mal d'autres sujets qui doivent être évoqués, non on va plutôt essayer de faire tourner un peu, on y reviendra. QUESTION - Je voulais savoir si vous confirmez ce que dit LE MONDE notamment en ce qui concerne le nom de la boite.... R - Je n'ai honnêtement pas vu le titre du MONDE là-dessus, je n'ai pas vu le nom de la boite qui était mentionnée, mais ce n'est pas un scoop. Je vous en avais parlé. Si vous reprenez nos conférences de presse, je vous avais mentionné ce sujet là à la fin du mois d'août. Je ne sais plus exactement, mais ça devait être le premier ou le deuxième conseil des ministres. Donc je vous avais dit qu'on travaillait là-dessus. Voilà, on peut peut-être continuer si vous êtes d'accord. Il y a un sujet qu'il faut absolument qu'on évoque, je vais faire une petite parenthèse dessus si vous en êtes d'accord, c'est le rallye Lisbonne - Dakar. Donc la question de la sécurité du rallye Lisbonne - Dakar qui doit débuter le 5 janvier a été évoquée à la lumière des évènements qui sont survenus récemment en Mauritanie. Les organisateurs du rallye ont été informés de l'évaluation des risques lors d'un entretien au ministère des Affaires étrangères et européennes et le gouvernement français ne peut que rappeler avec la plus grande fermeté les conseils qui ont été adressés aux voyageurs par le ministère des Affaires étrangères et européennes relatifs à ce pays. Le ministère déconseille fortement à tous les Français de se rendre en Mauritanie jusqu'à nouvel ordre, ça vaut pour tous les Français comme pour l'organisation du rallye Lisbonne - Dakar. Oui ? QUESTION - Tout à l'heure vous avez dit : la seule parole qui compte c'est celle du président. Le président le 21 septembre dernier s'était engagé à la mise en oeuvre au 1er janvier du plan contre Alzheimer. C'est vrai pour la question financière, qu'en est-il du contenu, quand est-ce qu'on saura et certaines associations comme France Alzheimer s'inquiètent justement du fait qu'il n'y ait rien aujourd'hui. Ok on est le 3 janvier, mais bon, il n'y a rien qui s'annonce. Donc, que se passe-t-il ? R - Déjà vous le savez, en terme de financement sur l'année 2007, Roselyne BACHELOT a renforcé les moyens qui étaient consacrés au plan Alzheimer, son cabinet travaille de façon très énergique là-dessus, en lien d'ailleurs avec l'ensemble des ministères qui sont concernés, parce que c'est un sujet qui met en cause les questions de recherches aussi. Vous le savez aussi Valérie PECRESSE a commencé à travailler sur la meilleure synchronisation de l'ensemble des instituts de recherche pour améliorer la recherche médicale sur la question de la maladie d'Alzheimer, donc au contraire, on n'est pas sur une date buttoir du 1er janvier, il y a un travail qui a commencé dès l'annonce qui a été faite de la volonté du président en septembre, donc ça va évidemment se poursuivre mais avec la formalisation du plan Alzheimer. Vous le savez, c'est un plan qui a fait l'objet d'une grande concertation avec notamment les associations, les familles qui sont concernées. Donc évidemment la détermination du gouvernement là-dessus ne mollit pas. QUESTION - Mais quand est-ce qu'on aura... R - Oui parce que le contenu du plan vous l'avez, les principaux éléments du contenu du plan ont été annoncés au début du mois de décembre si je ne me trompe pas avec les principales orientations qui étaient : amélioration du parcours, c'est-à-dire faire en sorte que les familles dans lesquelles on a l'annonce d'une maladie d'Alzheimer soit mieux accompagnées. Mise en place d'une amélioration en termes de l'effort de recherche et diversification de la panoplie d'offres de soins. QUESTION - Je me suis mal exprimée, la mise en oeuvre. R - La mise en oeuvre elle a commencé et on est en cours, après la formalisation du plan, elle a commencé avec ce que je vous ai annoncé sur le renforcement des moyens, sur la réflexion sur les parcours, donc le travail a commencé. Après sur la formalisation du plan, je prendrais les renseignements précieux au niveau du ministère et je reviendrai vers vous pour vous donner une date précise. Un petit point de diplomatie peut-être, vu les sujets importants d'actualité internationale, de diplomatie internationale, qui sont actuellement sur le devant de la scène, le président de la République a tenu à remercier personnellement Bernard KOUCHNER. Bernard KOUCHNER a été le seul représentant de l'Europe présent immédiatement au Pakistan à la suite de la crise qui a succédé à l'attentat de Benazir BHUTTO et le président de la République a tenu à le féliciter pour cette image qu'il a donnée d'une diplomatie française très proactive, très énergique. S'agissant, vous me permettrez une fois n'est pas coutume, d'une petite parenthèse, les recommandations en matière de politique internationale de Monsieur MONTEBOURG, m'ont laissées un peu songeur. Si ses amis avaient su que Monsieur MONTEBOURG avait de grandes lumières en matière de politique internationale, je ne doute pas qu'ils lui auraient confié de grandes responsabilités en la matière au sein de leurs équipes. En tout cas, ce qu'il y a de sûr, c'est que Bernard KOUCHNER est un homme populaire, expérimenté et talentueux, au Pakistan, il a donnée une image très forte du rôle de la diplomatie française. QUESTION - Est-ce que les intentions de vote de Fadela AMARA pour 2012 ont été évoquées ? R - Non, les intentions de vote pour 2012 n'ont pas été évoquées mais à ma connaissance, il n'y a pas de candidat déclaré pour 2012, plus sérieusement, l'ouverture est une ouverture réelle, on a demandé à personne de renier ses convictions politiques et voilà, ça fait partie de ces différences qui sont reconnues au sein du gouvernement. Je crois qu'après Fadela AMARA s'est exprimée d'elle-même sur le perron en disant qu'elle voterait pour les candidats du mouvement, ce qui rentre pleinement dans la démarche du gouvernement. Merci à tous, et bon début d'année !Source http://www.porte-parole.gouv.fr, le 4 janvier 2008
La source —
vie_publique · nº 169214
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé