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29 juillet 2026 · Gouvernement · RTL · discours Discours

Interview de M. Sébastien Martin, ministre délégué, chargé de l'industrie, à RTL le 29 juillet 2026, sur les sapeurs-pompiers volontaires et les conséquences économiques des incendies de forêt.

Sébastien Martin (auteur), Vincent Derosier (intervenant)

VINCENT DEROSIEREt bonjour Sébastien Martin. SEBASTIEN MARTINBonjour. VINCENT DEROSIERMinistre délégué chargé de l'Industrie, on vient de l'entendre avec Mathilde Piqué, il y a en France 250 000 sapeurs-pompiers volontaires. Sur le terrain, il en manque, nous disent les pompiers. Est-ce que les entreprises font tout bien pour libérer tous ceux qui sont volontaires et qui veulent partir ? SEBASTIEN MARTINJe pense qu'on va toujours trouver des exemples où certains chefs d'entreprise sont un peu moins volontaires, on va dire, pour libérer leurs sapeurs-pompiers volontaires. Mais vous savez, moi, avant d'être ministre pendant douze ans, j'ai été élu local en Saône-et-Loire. J'ai vu des dizaines et des dizaines de conventions signées entre les entreprises et les services des sapeurs-pompiers. Et, dans l'ensemble, c'est ce qui a été dit aussi. Tout le monde y trouve un intérêt parce que c'est aussi un sacré avantage d'avoir quelqu'un qui est capable de porter les premiers secours dans une entreprise. VINCENT DEROSIERBien sûr, beaucoup d'entreprises y trouvent un intérêt, laissent leurs salariés partir, mais il manque à peu près 50 000 pompiers volontaires sur le terrain. C'est ce que nous disaient les pompiers qui combattent les flammes. Le refus des employeurs, il est fréquent. Là, l'Etat peut faire quelque chose ? SEBASTIEN MARTINIl y a peut-être, parfois, le refus des employeurs. Mais, je pense que la question des sapeurs-pompiers volontaires, c'est aussi une forme, vous savez, on dit, dans ce pays, parfois, il peut y avoir une crise de l'engagement. La question de l'engagement, il y a un travail qui est fait pour sensibiliser les jeunes. On peut devenir, d'abord, jeunes sapeurs-pompiers, les JSP, pour ensuite pouvoir devenir sapeurs-pompiers. Je veux juste dire qu'on ne devient pas sapeurs-pompiers comme ça, du jour au lendemain. C'est un parcours, et parfois, c'est exigeant. Et donc, il y a des gens qui aiment s'engager dans la société, mais qui, parfois, face à l'exigence de ce qu'est être sapeurs-pompiers volontaires, je n'ai jamais vu une caserne de sapeurs-pompiers refuser des sapeurs-pompiers volontaires. Je vois, plutôt, des casernes, parfois, aller chercher de nouveaux sapeurs-pompiers volontaires. C'est un parcours exigeant. Et donc, il faut qu'on continue avec les collectivités locales, avec les entreprises, à sensibiliser nos concitoyens à cet engagement. VINCENT DEROSIERBon, si je vous écoute, il n'est pas question de mettre la pression ou de sanctionner, d'une façon ou d'une autre, les entreprises qui diraient " Non, non, il y a un dossier à boucler avant d'aller combattre les incendies. " SEBASTIEN MARTINNon mais, elles ont des règles à suivre dans les conventions qu'elles ont signé avec les services départementaux d'incendie et de secours et ces conventions doivent être appliqués. VINCENT DEROSIERAlors, l'urgence pour vous, c'est la situation économique. 13 000 entreprises évacuées en Gironde, près de 15 000 touchées, selon la Chambre de commerce. On va être sur un " quoi qu'il en coûte '. SEBASTIEN MARTIN130 000 salariés. VINCENT DEROSIER130 000 salariés. On va assister à un nouveau " quoi qu'il en coûte ", comme après le Covid ? SEBASTIEN MARTINNon, écoutez, je crois que jusqu'à présent, et d'ailleurs, les Français nous en sont gré, nous avons, face à chacune des crises, essayé d'apporter des réponses extrêmement concrètes, ciblées et précises. Là, il s'agit d'arroser les forêts, il ne s'agit pas de lancer à nouveau un système d'arrosage automatique à l'aide et à la subvention. Il y a plusieurs dispositifs qui existent, je pense qu'on va y revenir, et ceux-ci sont mobilisés. Dès lundi, Roland Lescure a réuni l'ensemble des filières, et le matin, localement, et l'après-midi, l'ensemble des filières nationales concernées par cette crise. Il y a une nouvelle réunion, demain après-midi, à Bercy, pour faire un point. Mon collègue Serge Papin, Jean-Pierre Farandou, sur ces sujets-là, seront amenés à faire, sans doute, un certain nombre d'annonces et de précisions. Mais, on n'est pas sur du " quoi qu'il en coûte ", on est sur de l'efficacité. VINCENT DEROSIERDonc, là, aujourd'hui, on connaît le nombre d'entreprises touchées, le nombre de salariés, les pertes économiques. Vous pouvez les chiffrer, même, de façon imparfaite ? SEBASTIEN MARTINC'est beaucoup trop tôt. Je veux rappeler, quand même, que cet épisode d'incendie, en tout cas, sur la Gironde, il y a eu les Landes, dans un premier temps. Maintenant, il y a la Gironde, et sur ce secteur tout particulier, ce méga-feu qu'est la Gironde, a commencé en deuxième moitié de semaine dernière. Nous sommes, aujourd'hui, mercredi. C'est à partir de ce week-end que la préfète a indiqué que les salariés ne pouvaient pas retourner dans leurs entreprises. On est donc à trois jours, effectivement, où les salariés ne peuvent pas retourner dans leurs entreprises. Je crois qu'il faut raison garder, regarder les choses très concrètement. L'Etat sera aux côtés des entreprises. Nous l'avons dit, nous le sommes déjà, en ayant clairement dit que le recours au chômage partiel pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué, comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué, pouvaient être ouvertes aux entreprises. C'est un premier niveau d'aide. Il y aura aussi des mesures d'étalement. VINCENT DEROSIERLe chômage partiel, ce sera 100% pour les salariés au SMIC, vous disiez. C'est un peu moins ensuite ? SEBASTIEN MARTINC'est moins. C'est plutôt autour d'un peu plus de 60% du brut. Et puis ensuite, avec une prise de participation de l'Etat qui est apportée sur le chômage partiel. Mais c'est quand même un soulagement pour le chef d'entreprise que de pouvoir avoir recours à cette mesure de chômage partiel. Il y a aussi tout le secteur des travailleurs indépendants, qui n'ont pas forcément beaucoup de salariés ou pas de salariés. VINCENT DEROSIERQu'est-ce que vous leur dites aux travailleurs indépendants ? SEBASTIEN MARTINIl existe un système de protection sociale des travailleurs indépendants qui fait qu'ils peuvent avoir, en ce moment, du fait de cette urgence, une aide qui peut aller jusqu'à 2 000 euros. Mais je sais que mon collègue Serge Papin travaille sur cette mesure spécifique. Et que peut-être des détails ou des compléments vont être apportés dans la journée. Mais les travailleurs indépendants, c'est les boulangers, les artisans, les commerçants, des artisans du bâtiment ou autre, qui doivent intervenir, qui devraient travailler en ce moment, qui ne le peuvent pas, qui peuvent avoir cette aide d'urgence. VINCENT DEROSIERUn salarié évacué de chez lui, mais dont l'entreprise ou l'usine qui tourne, a-t-il droit au chômage partiel si l'employeur refuse son absence, par exemple ? SEBASTIEN MARTINÇa fait partie des sujets. En fait, aujourd'hui, vous avez quelqu'un qui... Je prends un exemple. Il est effectivement dans une commune évacuée. Il est peut-être hébergé dans un centre d'hébergement. Il n'a plus ses affaires. Il a peut-être laissé son véhicule derrière lui. Il doit s'occuper de reloger sa famille, d'envoyer ses enfants chez ses parents. C'est compliqué pour lui d'aller travailler. Nous, on est en train de regarder ces cas précisément. On pense que, effectivement, un patron pourrait avoir recours au chômage partiel pour ce type de situation. En tout cas, c'est ce qu'a dit Serge Papin hier. Beaucoup de souplesse, beaucoup de réactivité dans l'analyse de ces dossiers et beaucoup d'humanité, surtout, dans l'analyse de ces dossiers. VINCENT DEROSIERÇa va dépendre des entreprises… SEBASTIEN MARTINMais je rappelle que les demandes de chômage partiel, effectivement, elles sont déposées par le chef d'entreprise. Après, si le chef d'entreprise décide de ne pas avoir recours au chômage partiel, il rémunère son salarié. VINCENT DEROSIERSébastien Martin, il y a la question des saisonniers. Vous avez vu ces terrasses vides. Il y a les vendanges qui arrivent un peu plus tard. Il y a les campings qui sont évacués. Tous ceux qui devaient travailler en Gironde, ils auront droit au chômage partiel ? SEBASTIEN MARTINCe qui compte, c'est la prise effective du poste. Donc, les saisonniers qui, aujourd'hui, avaient pris leur poste et qui, dans une des communes évacuées, ne peuvent pas retourner travailler, ils sont, bien évidemment, bénéficiaires du chômage partiel. VINCENT DEROSIERCe n'est pas la promesse d'embauche qui compte, c'est le contrat signé ? SEBASTIEN MARTINUn, vous devez avoir un contrat. Et deux, vous devez avoir pris votre poste. Si vous avez pris votre poste, vous êtes bénéficiaire du chômage partiel. La question est pour ceux qui vont arriver, qui ont signé un contrat, mais qui n'ont pas encore pris leur poste. Là, c'est difficile de répondre parce que, je ne sais pas moi, si les choses s'arrêtent d'ici cette fin de semaine et que les contrats démarrent la semaine prochaine, il n'y a pas de question. Donc, tout ça va évoluer dans les 48 heures. Je le redis, jeudi après-midi, Roland Lescure convoque une réunion, à nouveau, avec l'ensemble des fédérations professionnelles pour examiner encore ces cas particuliers, ces situations très précises qu'on veut traiter avec humanité et efficacité. VINCENT DEROSIERL'Etat peut aider pour leur trouver du travail ailleurs ? SEBASTIEN MARTIND'ailleurs, j'en profite, comme l'a fait Serge Papin hier, la Gironde est un très grand département. Aujourd'hui, on est sur un cas qui est, en gros, l'ouest de la métropole de Bordeaux jusqu'au nord du bassin d'Arcachon, qui est touché. Mais tout ce qui est au sud du bassin d'Arcachon et puis tout ce qui est au nord, effectivement, là, l'activité touristique est maintenue. Et donc, on incite les gens à poursuivre leurs vacances quand ils ne sont pas du tout dans les zones concernées et puis, surtout, à se projeter vers l'avenir, à ne pas annuler par anticipation, parce que les gens ne le méritent pas, il faut apporter la solidarité. VINCENT DEROSIERVous disiez, on ne va pas distribuer ces subventions comme ça, comme des petits pains, mais par exemple, hier, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, la ville de Bordeaux n'a pas brûlé, mais lui a été inquiet, et vous demandait entre les lignes de l'argent. SEBASTIEN MARTINIl y a un formidable mouvement de solidarité, d'ailleurs aussi, qui est exprimé par les communes. Je vois beaucoup de communes qui apportent leur aide aux sinistrés, qui apportent leur aide aux collectivités sinistrées. Je dis que nous regardons les situations au cas par cas, que le président de la République a demandé exactement la même chose et que donc, demain après-midi, il y aura sans doute des premiers éléments de réponse qui seront apportés. VINCENT DEROSIERParlons un instant des sites stratégiques. En Gironde, les flammes se sont rapprochées de plusieurs sites classés Seveso, une usine de missiles, une poudrerie, une centrale nucléaire, à cinquante kilomètres même. Tout a bien été anticipé ? SEBASTIEN MARTINOui, parce que déjà, vous parlez effectivement de sites Seveso. La catégorie Seveso est une catégorie qui impose une réglementation en matière de sécurité des sites qui est ultra exigeante. VINCENT DEROSIERParce que des travaux ont eu lieu en pleine nuit ces derniers jours. On a du mal à se dire que c'est complètement anticipé quand des travaux ont eu lieu en catastrophe. SEBASTIEN MARTINVous avez un niveau de protection qui est important sur ce genre de site, en matière de sécurité incendie par exemple, en matière de présence de sapeurs-pompiers directement sur les sites, des sites Seveso, Seuil Haut, vous avez en permanence des pompiers qui sont présents sur ce genre de site. Il y a eu des travaux qui ont été faits pour conforter, comment dirais-je, pour améliorer encore les conditions de sécurité. On a terrassé tout autour, puisque vous l'avez vu, dans la lutte contre le feu, ce qui est important, c'est d'enlever tout type de combustible finalement. Donc, on a renforcé encore la sécurité. Et puis surtout, ont été enlevés de ces sites des patières qui pouvaient être considérées comme dangereuses. Vous l'avez dit, certains font des fusées, certains font des poudres qui sont nécessaires pour les missiles. Donc, il n'est peut-être pas nécessaire de laisser ça à quinze kilomètres. VINCENT DEROSIERIl n'est pas nécessaire de changer la loi, de changer la charte Seveso, de débroussailler plus loin. SEBASTIEN MARTINHonnêtement, le système Seveso à la française a d'ailleurs fait l'objet, je vous rappelle, après Lubrizol, après un certain nombre de situations, comme l'explosion à Toulouse, a fait déjà l'objet de révision, de retour d'expérience et d'un certain nombre d'éléments. Il y a des périmètres de sécurité dans les sites Seveso. Par exemple, si vous êtes site Seveso, vous ne pouvez pas avoir un bâtiment autour d'un minimum de deux kilomètres ou cinq kilomètres, en fonction des rayons que l'on a de sécurité autour de ces sites. Donc, c'est une réglementation qui est vérifiée. Il y a des visites qui sont faites tous les ans ou tous les deux ans par les services de l'Etat pour vérifier que toutes les conditions sont bien remplies. VINCENT DEROSIEREt donc, il n'y a pas de leçons à tirer de ces méga-feux, mieux former les industriels. SEBASTIEN MARTINIl y a toujours des leçons à avoir. L'adaptation au changement climatique et donc les conséquences que peuvent en être ces méga-feux font partie aussi des sujets sur lesquels on travaille. D'ailleurs, j'ai labellisé dans le Grand Est un territoire qui est volontaire sur ce sujet. VINCENT DEROSIEREt merci beaucoup Sébastien Martin, ministre délégué à l'industrie, d'avoir été l'invité de RTL ce matin. Bonne journée. 7h57 sur RTL. Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 304226
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304226-sebastien-martin-29072026-rtl-incendies-de-foret?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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