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18 janvier 2021 · Assemblée nationale · AN · exposé des motifs Amendement

Amendement 15 au texte PRJLANR5L15BTC3732

· Rejeté

Bastien Lachaud (auteur), Clémentine Autain (cosignataire), Ugo Bernalicis (cosignataire), Éric Coquerel (cosignataire), Alexis Corbière (cosignataire), Caroline Fiat (cosignataire), Michel Larive (cosignataire), Jean-Luc Mélenchon (cosignataire) … 17 signataires en tout

Cet amendement vise à permettre de permettre aux personnes physiques d'accorder des prêts au candidat lors des élections présidentielles, ainsi qu'à améliorer le droit de vote des détenus. Alors qu'il est possible pour une personne physique de prêter à un candidat lors des autres élections, ce moyen de financement est interdit pour la présidentielle. A chaque élection présidentielle, le Conseil constitutionnel se réfère aux mêmes décisions, par exemple en 2012 : "1) À la différence des autres élections, les personnes physiques ne peuvent accorder des prêts et avances remboursables aux candidats. Dans ses observations de juin 2000, le Conseil constitutionnel s'était montré très réticent à l'égard des prêts des personnes physiques, (de même à l'égard de ceux des partis politiques), au motif de l'absence de garantie de remboursement, avec le risque d'un enrichissement sans cause des candidats bénéficiant ultérieurement d'un financement public pour un remboursement qui en définitive n'aurait pas eu lieu." Ainsi, le sujet n'est jamais redébattu puisqu'évacué a priori. Or, la loi n°2017-1339 du 15 septembre 2017 est justement venue encadrer les prêts des personnes physiques pour les autres élections, en introduisant des conditions qui viennent répondre aux objections soulevées par le Conseil constitutionnel, notamment l'obligation d'information du prêteur du risque de défaillance de l'emprunteur. Il nous paraît donc cohérent d'élargir cette possibilité à l'élection présidentielle, tout en étant très vigilant sur les conditions, c'est pourquoi nous proposons dans un autre amendement un plafonnement du montant du prêt que peut accorder une personne physique. Le présent amendement prévoit également l’installation d’un bureau de vote et d’une liste électorale dans les établissements pénitentiaires pour l'élection présidentielle. . Lors de la dernière élection présidentielle de 2017, seuls 2 370 détenus ont voté au 1 er tour et 2 697 au second. Aux législatives, ils étaient 1 332 votants au 1er tour et 1 449 au second. Au total, les taux de participation se sont situés entre 3 et 5 %. Cette abstention est massive. Elle s’explique notamment par l’absence d’un bureau de vote au sein des établissements pénitentiaires. A l’heure actuelle, pour voter, une personne détenue a deux possibilités : obtenir auprès du juge d’application des peines une permission de sortir d’une journée, ou voter par procuration. L'instauration du vote par correspondance sous pli fermé pour les détenus non déchus de ce droit civique ne va pas assez loin. Installer des bureaux de vote dans les établissements permettrait de remédier ainsi au taux d’abstention record dans les prisons. Cela est déjà possible dans d'autres pays. Nous proposons donc que la France le permette aussi.
La source — assemblee_amendements · nº AMANR5L15PO717460BTC3732P0D1N000015
↗ https://www.assemblee-nationale.fr/base/AMANR5L15PO717460BTC3732P0D1N000015?format=pdf
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