Déclaration à la presse de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, sur les relations franco-hongroises et sur la vocation des pays de l'Europe centrale à se rapprocher de l'UEO et de l'OTAN, Paris le 13 décembre 1994.
Alain Juppé (auteur)
J'ai été très heureux d'accueillir M. Horn et son collègue, M. Kovacs, qui m'avait d'ailleurs rendu visite il y a quelques semaines ici à Paris. C'est vous dire que les relations entre la France et la Hongrie sont fréquentes et excellentes. Nous avons pu faire le tour des questions bilatérales et de notre souhait, en particulier, de renforcer nos relations économiques. Les entreprises françaises suivent avec beaucoup d'attention le processus de privatisation qui se déroule en Hongrie. J'espère que cela pourra se concrétiser par de nouveaux investissements. Nous avons également parlé de la coopération culturelle. Des progrès importants ont été faits dans ce domaine et nous attachons une importance toute spéciale à l'audiovisuel, à la télévision, à la radio. Évidemment, nous avons aussi parlé des relations entre la Hongrie et l'Union européenne. La France est sans aucune réticence, contrairement à ce qu'écrit souvent la presse hongroise c'est même l'occasion de rectifier peut-être des idées fausses tout à fait favorable, sans aucune réticence et sans aucune objection, à ce que la Hongrie rejoigne la famille européenne qui est la sienne et, pendant la présidence française, nous ferons tout notre possible pour que ce qu'on appelle le dialogue structuré fonctionne. J'ai rappelé à M. Horn que nous avions prévu sous notre présidence six ou sept réunions ministérielles auxquelles seront associés les représentants des pays d'Europe centrale et en particulier la Hongrie. Puis, nous avons aussi dit un mot des questions de sécurité et des questions régionales. Voilà, vous voyez que c'était un programme bien chargé.
Q. : Est-ce que vous avez évoqué la question de la guerre de Bosnie ?
R. : Évidemment. Nous avons échangé nos points de vue pour constater que, au stade où nous en sommes, seule la négociation peut nous permettre de sortir de l'impasse. Malheureusement, les progrès au cours des dernières semaines ont été rares, mais nous allons continuer dans la direction que les pays de l'Alliance atlantique, les Douze – plus exactement les Quinze – le groupe de contact, également, se sont tracée, c'est-à-dire précisément la poursuite de la recherche d'un règlement négocié, puisque tout le monde s'accorde à dire qu'il n'y a pas de solution militaire en ce sens que l'utilisation de la force ne permettra pas, dans les conditions actuelles, de mettre un terme à ces affrontements.
Q. : M Balladur, au mois de novembre à Paris, a dit qu'il faut aller très très prudemment en ce qui concerne l'élargissement de l'OTAN. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça signifie ?
R. : La réponse a été apportée à Bruxelles et à Budapest. Vous l'avez vu. Quand M. Eltsine fait les déclarations qu'il fait, cela montre que M. Balladur a raison lorsqu'il explique qu'il faut, non pas reconnaître à la Russie un droit de veto – nous ne reconnaissons pas à la Russie un droit de veto – mais éviter que la Russie ne prenne cela comme une espèce de machine de guerre contre elle. Ce n'est pas ça. Il faut donc continuer à parler. Je suis persuadé que nous arriverons à lever ce blocage. Pour nous, l'objectif est clair : au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de l'Union européenne, les démocraties d'Europe centrale ont vocation à se rapprocher de l'Union de l'Europe Occidentale et de l'OTAN. Le cap est nettement tracé. Il faut maintenant être un peu habile pour en franchir les différentes étapes.
La source —
vie_publique · nº 218644
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