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7 juillet 1993 · Gouvernement · discours Discours

Conférence de presse de M. Gérard Longuet, ministre de l'industrie des postes et télécommunications et du commerce extérieur, sur l'"accord de procédure" conclu dans le cadre des travaux de la "Quadrilatérale" et la reprise des négociations du GATT à Gen

Gérard Longuet (auteur)

Réaction de la presse à l'interview donnée par Gérard Longuet au sujet du pré-accord sur le GATT à Tokyo (7 juillet 1993) Le Figaro mentionne un extrait de l'interview parmi d'autres réactions au pré-accord ; le même extrait, accompagné d'un commentaire, occupe une demi-colonne dans Les Échos, La Tribune consacre pratiquement 3 colonnes aux propos du ministre et à leur analyse. Commentaires : Les retombées sont assez substantielles. La technicité du propos et son caractère nuancé pouvaient rendre parfois difficile une bonne compréhension de la position exprimée par le ministre. Mais tel n'a pas été le cas en règle générale. Seul Serge Martin, sur France Inter, privilégie la "satisfaction" et néglige l'explication, rapportant simplement que le ministre "s'est d'ores et déjà déclaré satisfait" du pré-accord. Le journaliste de TF1, en prélude à un portrait de Mme Lauvergeon, néglige également l'explication, tout en se montrant plus nuancé : il cite en effet le ministre, pour qui l'accord va dans la bonne direction. En revanche, si l'AFP titre elle aussi sur la satisfaction de M Longuet, il est bien précisé que celle-ci porte sur un "accord de procédure", qu'il faut maintenant remplir ; c'est le sens du titre de la seconde dépêche "La France accueille avec prudence le pré-accord de Tokyo" et de son intertitre : "accord de procédure". Pour A.-C. Bensoussan de Radio Classique Affaires, on ne fait pas la même lecture de l'accord aux États-Unis et en France. Si les méthodes et les objectifs sont maintenant fixés, tout se jouera à Genève quand reprendra le processus multilatéral. Le Figaro rapporte la réaction de G. Longuet : "l'accord de procédure (…) devrait permettre de poursuivre des négociations concrètes pour lesquelles les concessions viendront d'abord des pays les plus fermé". Pour Les Échos, la "rare satisfaction" de la France s'explique "par le sentiment français d'avoir été entendu par la Commission Européenne et de ne rien avoir lâché qui soit irrémédiable pour la suite des négociations". On cite les propos de M. Longuet se disant "satisfait de l'accord de procédure" et estimant "nous sommes à 180 degrés de l'accord de Blair House", c'est-à-dire, à l'opposé d'une politique du fait accompli. La Tribune reprend largement les arguments du ministre et de son entourage, mais manifeste un scepticisme quasiment acerbe : on emploie des termes tels que "s'exclamer", "marteler", on recourt au mode conditionnel… Interview de M. Gérard Longuet, le 7 juillet 1993 M. Longuet : Un accord de procédure pour aller plus loin mais manifestement ce n'est pas un dispositif précis d'application parce que la commission ne pouvait pas le conclure au nom des pays de la Communauté parce que manifestement les États-Unis ne sont pas encore allés au bout des concessions qu'ils doivent faire pour que cet accord soit équilibré. C'est donc une étape de procédure satisfaisante ; elle confirme la conviction française c'est que l'on peut faire mouvement vers un accord au Gatt à condition de respecter les intérêts clairement affirmés de l'Europe et de la France. Cela a été le cas jusqu'à présent. Question : Vous n'avez pas l'impression que les choses ont été un petit peu vite quand même ? M. Longuet : C'est exactement la procédure qui existait dans les tuyaux depuis dix jours sur laquelle nous avions donné notre accord le 2 juillet et au fond c'est un signal optimiste mais qui n'avance en rien et qui ne préfigure en rien d'un dispositif complet, un dispositif auquel nous serons directement associés à Genève comme la France l'a souhaité dans le cadre de la réflexion Gatt. Question : Est-ce que la France va encore dire non comme elle a dit non pour les questions agricoles ? M. Longuet : Pourquoi voulez-vous que nous disions non à un accord dont l'architecture a été décidé à l'unanimité des douze sur la proposition française dans la ligne du mémorandum que l'on a fait accepter à Copenhague. Dans cette affaire, la France a bâti des alliances et constate que ces alliances sont respectées sur l'essentiel. Il reste deux points sur lesquels il faudra aller plus loin : le dispositif agricole qui est allusivement traité d'une façon ambiguë et comme il s'agit d'une procédure on verra bien ; deuxièmement nous pensons qu'il appartient désormais aux États-Unis de répondre au lancinant problème de l'acier puisque tout le monde est d'accord pour libéraliser ces échanges et que les États-Unis donnent l'exemple et s'alignent sur la position de leur propre négociateur à Tokyo. Leur propre négociateur américain à Tokyo a reconnu qu'il fallait libéraliser les échanges je suis persuadé qu'il aura à cœur de convaincre son collègue ministre du commerce pour que ce soit dans les faits et pas simplement dans les termes. Question : On parle d'un certain nombre de …, droits de douane sur un certain nombre de produits. La portée de cet accord ? M. Longuet : La portée de cet accord, de cette procédure lorsqu'elle ira au bout c'est de relancer les échanges qui eux-mêmes tirent les activités économiques, par exemple de pouvoir vendre des produits français en Asie du sud-est, faire en sorte que des marchés aussi fermés que le marché japonais, ou sur certains produits australiens s'ouvrent effectivement aux produits européens aux produits français ça, ça nous donne des débouchés nouveaux que les États-Unis s'ouvrent au textile et en particulier à l'habillement pas simplement vers le haut de gamme la France est déjà présente mais aussi dans le bas de gamme de telle sorte que la concurrence ne soit pas supportée simplement par l'Europe mais aussi par les États-Unis. Tout cela c'est bon pour l'économie d'ensemble, mais ce qui est surtout bon c'est qu'à Tokyo le négociateur européen a respecté les règles du jeu qu'unanimement les douze lui avaient fixées le 2 juillet dernier. Nous sommes dans la situation inverse de Blair house. À Blair house un conseil divisé n'avait pas contrôlé son négociateur. Aujourd'hui un conseil solidaire sur les propositions réfléchies dont la France est un des grands architecte ce conseil solidaire a imposé sa marque à son négociateur. On est à 180 degré de Blair house et moi je suis très content du gouvernement français parce que c'est exactement ce que nous souhaitions. Le conseil des ministres du 2 juillet avait fixé les règles à l'unanimité et notamment sur la base des propositions françaises. Pour l'essentiel le négociateur a respecté son mandat et l'accord de procédure qui a été rendu publique doit permettre de poursuivre des négociations concrètes pour lesquelles j'en suis persuadé les concessions viendront d'abord de ceux qui sont les moins ouverts et donc les plus fermés. Question : Un accord… bilatéral vient d'être conclu après accord du Gatt, que pensez-vous de cet accord et… pour la France aujourd'hui ? M. Longuet : C'est un accord de procédure entre quatre groupes géographiques, c'est un accord de procédure qui s'inscrit dans les règles strictes que le conseil des ministres européens avait fixé le 2 juillet dernier à l'unanimité avec l'accord de la France et très largement sur la base des propositions françaises. Maintenant cet accord de procédure il va falloir le remplir et c'est la responsabilité du conseil des ministres européens de veiller au contenu de cet accord. Mais dès maintenant je puis dire que nous sommes à 180 degré de Blair house car nous ne sommes plus placés devant un fait accompli que nous n'aurions pas su préparer mais on est dans une procédure qui est sous contrôle et sous contrôle des gouvernements européens. Question : Et pourquoi ne contient-il pas de volet agricole et quand ce volet agricole va-t-il enfin être conclu ? M. Longuet : Je crois qu'il n'y a pas de volet agricole parce que très formellement le conseil des ministres du 2 juillet dernier avait exclu l'aspect agricole nous ne parlions que d'accès au marché et le négociateur européen a respecté le contrat qu'il avait reçu très clairement du conseil des ministres. En revanche, il y a une référence à cela il y aura un réengagement… anglais des négociations agricoles mais dans le cadre multilatéral nous verrons le moment venu à Genève quelles sont les propositions sur la table. Moi j'en tire la conclusion qu'en matière agricole il y a encore des concessions – comme d'ailleurs dans le cadre de cette procédure qui nous est proposée – à faire de part et d'autre et en la matière la France n'a pas de complexes elle est plus généreuse et plus ouverte que la plupart des pays qui nous donnent des leçons. Question : Ça veut dire que la France ne gardera pas sa position ferme vis-à-vis de ses partenaires ? M. Longuet : La fermeté de notre position a permis d'aboutir à ce que l'on observe. L'idée que ces négociations agricoles doivent être réengagées ; ça veut bien dire ce que ça veut dire non pas achevées mais réengagées c'est notre souhait depuis toujours on verra si l'on est tous d'accord sur la traduction. Question : M. Kantor a émis le souhait qu'on puisse négocier un accord global d'ici le 15 décembre 93 ce souhait est-il réaliste aujourd'hui ? M. Longuet : Le calendrier de rythme sera fonction directe des concessions que les pays les plus fermés ou les plus unilatéraux accepteront d'accorder à leurs partenaires et en la matière la France me semble parfaitement exemplaire. Question : Pas de problèmes vis-à-vis des États-Unis ? M. Longuet : On enregistre une procédure sur laquelle le 2 juillet dernier la Communauté européenne était favorable. On enregistre une procédure voilà c'est tout ! ce qui n'est pas mal d'ailleurs. … négocier en ce moment se pose le problème de l'arbitrage des négociations et en réalité d'une emprise d'autorité par l'instance communautaire de considérations qui sont… international. Je crois très honnêtement qu'en matière … le problème n'est absolument pas réglé et la décision sage du conseil d'aujourd'hui d'attendre et notamment les propositions du Parlement moi me parait parfaitement fondé. Il n'y a pas à ma connaissance aujourd'hui de solution satisfaisante. Question : Il n'y aura pas de conclusion du conseil, pas de recommandation ? M. Longuet : Il y aura une recommandation de procédure qui est de continuer à réfléchir. L'idée c'est que contrairement aux propositions – je crois que c'est le… qui a transmis ces proposition – d'une référence au sein de l'objectif de diminuer les subventions par rapport à un prix communautaire qui est un prix moyen est revenu la référence à la viabilité économique se fondant sur la comparaison avec le prix mondial et l'objectif de décrue des aides, donc on est une logique où ceux qui veulent faire quelque chose peuvent continuer à le faire mais ça s'inscrit dans une stratégie de repli et non pas dans la pérennisation d'un système d'acceptation des subventions dans le cadre de la communauté. 7 juillet 1993Vu dans la presse - AFP-Économique M. Gérard Longuet "satisfait" du préaccord sur le GATT annoncé à Tokyo. M. Gérard Longuet, ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, s'est déclaré "satisfait" mercredi de l'accord "de procédure" sur le GATT annoncé à Tokyo : "nous sommes à 180 degrés de l'accord de Blair House", a-t-il déclaré au cours d'un point de presse. "L'accord de procédure qui vient d'être annoncé devrait permettre de poursuivre des négociations concrètes pour lesquelles, j'en suis persuadé, les concessions viendront d'abord des pays qui sont les plus fermés", a affirmé le ministre français. "Le conseil des ministres de la CEE de juillet avait fixé des règles du jeu à l'unanimité notamment sur la base des propositions françaises", a-t-il rappelé. "Le négociateur européen à Tokyo a respecté son mandat", a estimé M. Longuet en une allusion aux critiques proférées par la France contre la commission européenne au moment de la signature du pré-accord sur le GATT (accord dit de "Blair House"). 7 juillet 1993Vu dans la presse - AFP-Infos générales La France accueille avec prudence le pré-accord de Tokyo sur le GATT. Officiellement "satisfaite" du pré-accord de Tokyo, la France l'a en fait accueilli mercredi avec une certaine prudence en minimisant sa portée, alors que les Américains y voyaient une avancée "historique" vers la conclusion de l'Uruguay Round (GATT) entamé il y a sept ans. Les milieux gouvernementaux français ne cachaient pas ces dernières semaines qu'ils redoutaient que les négociateurs de la quadrilatérale (États-Unis, Japon, Canada et CEE) réunis à Tokyo à la veille du sommet des Sept ne concluent à la va-vite un accord sur la baisse des tarifs douaniers, plaçant les États européens devant un "fait accompli". À plusieurs reprises, ils avaient clamé qu'ils n'accepteraient pas un "Blair House industriel", après avoir refusé l'accord agricole de Blair House conclu en novembre dernier à Washington entre les États-Unis et la CEE. Loin d'adopter une attitude d'opposition farouche comme ils l'avaient fait sur le dossier agricole, les responsables français ont cette fois estimé, à l'instar du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé que cet accord, qui propose la suppression des droits de douane pour certains produits industriel et leur réduction pour d'autres, constituait "un progrès". Les Français se félicitent notamment que le négociateur européen ait respecté le mandat qui lui avait confié d'un commun accord par les Douze. Ils estiment positif que ce pré-accord demande que les autres pays du GATT fassent également des concessions pour ouvrir leurs marchés. Pour autant, la France n'en fait pas la même lecture que les Américains qui ont salué "la plus grande réduction des tarifs douaniers de l'histoire". "Ce n'est pas un accord sur le GATT, c'est un rapport sur le déroulement de l'Uruguay Round qui fixe les méthodes et les objectifs quand sera repris le processus multilatéral (comprenant les 111 pays) à Genève", a indiqué M. Juppé. "Accord de procédure" Pour le ministre, certains commentaires obéissaient "sans doute à un peu d'emphase". "Il s'agit d'un accord de procédure, il faut maintenant le remplir", a ajouté de Paris le ministre du Commerce extérieur Gérard Longuet. Les Français semblent déterminés à ne pas laisser ce pré-accord prendre une importance démesurée, ce qui pourrait être le cas si les Sept réunis à Tokyo s'alignaient sur l'enthousiasme américain, qui répond, selon eux, à des considérations de politique intérieure. Ainsi dans l'entourage du président de la République François Mitterrand à Tokyo, on affirmait que la réunion des sept chefs d'État des pays les plus industrialisés "n'est pas faite pour entériner un rapport, fut-il intéressant". "IL s'agit en réalité d'un projet d'accord sur la méthode de travail. Il n'est pas question d'entériner quoi que ce soit en terme de substance", a ajouté le "sherpa" du président Anne Lauvergeon. Officiellement, rien dans l'accord de Tokyo ne gêne la France, dit-on dans les milieux gouvernementaux. Mais on regrette que sur l'agriculture peu de progrès aient été accomplis. "Le texte n'est pas clair, les choses sont insuffisamment développées", a estimé Mme Lauvergeon. Le paragraphe concernant l'agriculture n'indique pas explicitement que Blair House doit être renégocié, comme le demande la France. Alors que le mouvement s'accélère pour conclure avant la fin de l'année les négociations, sous l'aiguillon américain, les Français risquent d'avoir d'autant plus de difficultés à se faire entendre sur leurs revendications agricoles. 7 juillet 1993Vu dans la presse - AFP-Infos générales Acier : le pré-accord de Tokyo met les Américains "au pied du mur" selon M. Longuet. Le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, Gérard Longuet, a estimé, mercredi, que le pré-accord sur le GATT atteint le matin même à Tokyo mettait les Américains "au pied du mur" sur la question de l'acier. La position des Américains, qui ont récemment instauré des droits de douane dissuasifs sur les importations d'acier européen "n'est pas tenable", a estimé M. Longuet, interrogé au journal du soir de France 3. "Vous ne pouvez pas demander l'ouverture des marchés et interdire simultanément l'accès de votre propre marché", a souligné M. Longuet. "Qu'ils mettent leurs convictions en accord avec leurs actes et que les actes suivent", a-t-il souligné. "Ce que nous demandons à ceux qui plaident le libre-échange est qu'ils le pratiquent chez eux." La France est particulièrement touchée par les nouvelles restrictions américaines aux importations d'acier européen dans la mesure où le groupe Usinor-Sacilor est l'un des tout premiers exportateurs mondiaux de produits sidérurgiques. Le pré-accord de Tokyo prévoit l'élimination des droits de douane pour huit secteurs : pharmacie, équipements médicaux, acier, mobilier, matériels agricoles, spiritueux, produits de construction et bière. 7 juillet 1993Vu dans la presse - Radio Classique Affaires Gérard BonosMais pour l'instant, l'information du jour, comme hier, elle concerne le sommet de Tokyo et les négociations commerciales entre les principaux pays industrialisés. Un pré accord a, en effet, été conclu la nuit dernière entre le Japon, la CEE, les États-Unis et le Canada. Après 10 heures de discussions, les représentants de ces 4 puissances économiques se sont entendus pour supprimer ou réduire les droits de douane dans 18 secteurs concernés pas l'Uruguay Round, du GATT mais il n'y a pas l'agriculture. Cette première avancée pourrait donc débloquer les négociations sur le commerce international ; un accord dont la France s'estime satisfaite même si la prudence reste de mise quant aux modalités d'application de ce document. Écouter la réaction du ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, Gérard Longuet que Lala Moulay a rencontré ce matin. Gérard LonguetC'est un accord de procédures qui s'inscrit dans les règles strictes que le conseil des ministres européens avait fixé le 2 juillet dernier à l'unanimité avec l'accord de la France et très largement sur la base des propositions françaises. Dès maintenant, je puis dire que nous sommes à 180 degrés de Blair House… car nous ne sommes plus placés devant un fait accompli que nous n'aurions pas su préparer mais on est dans une procédure qui est sous contrôle et sous contrôle des gouvernements européens. Gérard BonosL'espoir est donc visiblement de retour à Tokyo mais aussi à Paris, alors que ces derniers jours, tout la monde craignant un échec du G7 sur ce dossier crucial du GATT. Or il semble bien, Annie-Claude Benssoussan, que les 7 soient cette fois décidés à faire avancer les discussions commerciales vitales pour la santé de leurs économies. Annie-Claude BenssoussanL'heure est bien à l'optimisme à Tokyo et les négociateurs estiment qu'il est possible désormais d'atteindre le fameux accord sur l'Uruguay Round, un accord ambitieux puisqu'il devrait soutenir la croissance mondiale, favoriser l'emploi et renforcer la lutte contre le protectionnisme. C'est surtout en fait dans le camp américain que l'enthousiasme est le plus grand, il faut dire que Bill Clinton se devait de marquer par un succès son entrée sur la scène internationale et donc, Outre-Atlantique, on crie victoire. La percée sur les tarifs douaniers signifie de nouveaux emplois aux États-Unis et dans le monde. Un taux nettement moins en dessous, en revanche, dans le camp français. Certes comme on vient de l'entendre avec Gérard Longuet, cet accord constitue un progrès et satisfait officiellement la France ; reste que dans l'hexagone, on n'en fait pas la même lecture qu'aux États-Unis. Si les méthodes et les objectifs sont maintenant fixés, en substance, tout se jouera à Genève quand reprendra le processus multilatéral. Les français semblent bien décidés à ne pas vouloir laisser ce pré accord prendre une importance démesurée dans le sommet. Pas d'emphase donc au contraire des États-Unis. Si un échec aurait ruiné tout espoir, en revanche le véritable sommet pour l'emploi entre les 7 reste encore à venir. 8 juillet 1993Vu dans la presse - Radio Classique Affaires Marie-Hélène Duvignau Le sommet des 7 pays les plus industrialisés s'est ouvert hier sous de bons auspices à Tokyo, les négociateurs de la quadrilatérale CEE – Japon – États-Unis – Canada réunis en marge du G7 ont entérinée un préaccord prévoyant l'abaissement des droits de douanes dans de nombreux secteurs industriels. Les participants au G7 ont fait part de leur satisfaction, pour les États-Unis il s'agit d'une percée majeure, Sir Léon Brittan (le vice-président de la Commission Européenne) estime de son côté que c'est un grand jour pour le commerce mondial et une bonne nouvelle pour l'économie du monde. La France n'a pas cédé à cet enthousiasme général, certes elle s'est déclarée satisfaite, du préaccord obtenu par-là quadrilatérale mais hier Gérard Longuet (le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur) a tenu à rappeler que le dossier agricole est encore loin d'être réglé, Lala Moulay a recueilli ses propos. Gérard Longuet (ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur) : Le conseil des ministres le 2 juillet dernier avait exclu l'aspect agricole, nous ne parlions que d'accès au marché et le négociateur européen a respecté le contrat qu'il avait reçu très clairement du conseil des ministres. En revanche, il y a une référence à cela, il y aura un réengagement – pour prendre le mot anglais – des négociations agricoles mais dans le cadre multilatéral, nous verrons le moment venu à Genève quelles sont les propositions sur la table. Moi j'en tire la conclusion qu'en matière agricole il y a encore des concessions, comme d'ailleurs dans le cadre de cette procédure qui nous est proposée à faire de part et d'autres et en la matière la France n'a pas de complexe, elle est plus généreuse et plus ouverte que la plupart des pays qui lui donnent des leçons. 8 juillet 1993Vu dans la presse - Radio Classique Affaires Marie-Hélène Duvignau Le sommet des 7 pays les plus industrialisés s'est ouvert hier une note optimiste, juste avant le début des travaux des 7 les États-Unis, le Canada, le Japon et la CEE ont entériné un préaccord commercial qui pourrait relancer les négociations de l'Uruguay Round. La quadrilatérale a défini plusieurs catégories de réductions des droits de douanes applicables à l'ensemble des secteurs industriels, ce pré accord prévoit un démantèlement total des droits de douanes pour 8 types de produits, une baisse pouvant atteindre 50 % des pics tarifaires et une diminution d'un tiers pour les autres secteurs. Tous les participants se sont dit satisfaits, même si la France est plus réservée, Alain Juppé (le ministre des Affaires étrangères) a souligné qu'il ne s'agit pas d'un accord mais d'un rapport sur les méthodes et les objectifs de l'Uruguay Round. Gérard Longuet, de son côté, a rappelé hier que ce préaccord ne concerne pas l'agriculture, un secteur qui continue à poser problème. Enfin, il faut aussi souligner que ce compromis n'a été entériné que par la quadrilatérale, il doit désormais être soumis aux autres pays membres du GATT. À 8 heures, nous verrons ce qu'il faut penser de ce préaccord avec Christian de Boissieu, professeur d'économie à Paris 1, Sorbonne. 7 juillet 1993Vu dans la presse - France Info Dominique LorionLe GATT est sorti de l'impasse, une déclaration de Bill Clinton, en marge du sommet du G7 à Tokyo, après le pré-accord conclu entre les États-Unis, la CEE, le Japon et la Canada sur la réduction ou la suppression des barrières douanières sur une vaste gamme de marchandises. Tout en ajoutant que les conversations à venir resteront après, Bill Clinton s'est déclaré plus déterminé que jamais à conclure les négociations du GATT, d'ici la fin de l'année. Le pré-accord conclu ce matin supprime les droits de douane sur les produits pharmaceutiques, le matériel de construction, le matériel médical et la bière, il les supprime sous certaines conditions sur l'acier, l'alcool distillé, le matériel agricole et le mobilier. Gérard Longuet, le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur s'est déclaré satisfait de ce pré-accord. Gérard LonguetLa portée de cette procédure, lorsqu'elle ira au bout, c'est de relancer les échanges qui eux-mêmes tirent les activités économiques. Par exemple pouvoir vendre des produits français en Asie du sud-est, faire en sorte que des marchés aussi fermés que le marché qui me vient à l'esprit, Japonais, ou sur certains produits australiens s'ouvrent effectivement aux produits européens, aux produits français – ça, cela nous donne des débouchés nouveaux –. 7 juillet 1993Vu dans la presse - France Inter En tout cas le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur français, Gérard Longuet, qui ne participe pas à ce sommet du G7, s'est d'ores et déjà déclaré satisfait du pré-accord concernant le GATT. 7 juillet 1993Vu dans la presse - TF1 L'accord de Tokyo est considéré à Paris comme allant dans la bonne direction a dit Gérard Longuet, le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, deux de ses collègues sont à Tokyo auprès de François Mitterrand, Alain Juppé et Edmond Alphandery, Français Mitterrand par ailleurs accompagné du secrétaire général adjoint de l'Élysée, Anne Lauvergeon, c'est elle qui a remplacé Jacques Attali dans le rôle de ce que l'on appelle traditionnellement le sherpa, c'est-à-dire celui qui accompagne les expéditions au sommet des montagnes, son portrait. 8 juillet 1993Vu dans la presse - AFP-Économie Le dollar a clôturé en baisse, à 107,85 yen sur le marché des changes de Tokyo, en recul de 0,70 yen par rapport à la clôture de la veille (108,55 yen). À New-York mercredi soir, le billet vert cotait 197,95 yen. TOKYO – Le pré-accord sur la réduction des tarifs douaniers conclu mercredi au sommet du G7 a été diversement accueilli. Officiellement "satisfaite", la France a fait preuve de prudence en minimisant sa portée, alors que les Américains y voient une avancée "historique" vers la conclusion de l'Uruguay round. "Ce n'est pas un accord sur le GATT, c'est un rapport sur le déroulement de l'Uruguay round qui fixe les méthodes et les objectifs quand sera repris le processus multilatéral (comprenant les 111 pays) à Genève", selon Alain Juppé. Le ministre de l'Industrie Gérard Longuet a estimé que le pré-accord met les Américains "au pied du mur" sur la question de l'acier. Le pré-accord n'est qu'une étape, a estimé la Commission européenne. Les États-Unis, la Communauté européenne, le Japon et le Canada ont invité les autres pays participant aux négociations du GATT à suivre leur exemple en adoptant des mesures contraignantes pour l'ouverture de leur marché. Washington va demander à ses partenaires d'assouplir les règles du Comité de coordination des contrôles des exportations multilatérales (COCOM) afin de permettre davantage de transferts de technologie vers la Russie. 8 juillet 1993Vu dans la presse - Le Figaro Après la réunion de Tokyo sur l'ouverture des marchés Un "paquet de mesures ambitieux et global" Les quatre grandes puissances économiques (États-Unis, CEE, Japon, Canada) estiment que l'ouverture des marchés et des services "favorisera la croissance mondiale, l'emploi et renforcera la lutte contre le protectionnisme". Le rapport des négociateurs des quatre grandes puissances commerciales (États-Unis, CEE, Japon, Canda) diffusé hier devrait permettre de relancer les négociations de l'Uruguay Round. Le pré-accord prévoit d'éliminer les droits de douane pour la pharmacie, les équipements médicaux, certains aciers, le mobilier, les matériaux agricoles, les spiritueux, les matériels de construction et la bière. Pour le textile et l'électronique, l'objectif est une réduction des "pics tarifaires". Pour la céramique, le verre, les vêtements, les réductions des "pics tarifaires" iront jusqu'à 50 %. L'arrangement mentionne la possibilité de faire des exceptions qui donneront une certaine souplesse à son application. Voici les principaux points du rapport : En tant que ministres responsables des négociations de l'Uruguay Round pour les États-Unis, le Canada, la Communauté européenne et le Japon, nous croyons que nous avons à notre portée un paquet de mesures ambitieux et global d'ouverture des marchés des biens et des services qui soutiendra la croissance économique mondiale, favorisera l'emploi et renforcera notre lutte contre le protectionnisme. Nous attendons un redémarrage rapide du processus de négociation multilatérale à Genève pour conclure d'ici à la fin de l'année. La réalisation de cet objectif demandera des engagements honnêtes et équilibrés de chacun de nous. Nos efforts doivent être accompagnés par des mesures contraignantes d'ouverture des marchés équivalentes des autres participants. Bien sûr, il n'y aura d'accord final global et équilibré que lorsque l'ensemble sera accepté. A) Produits industriels À la condition de contributions appropriées par les autres principaux producteurs et exportateurs et d'une solution satisfaisante aux problèmes spécifiques concernant les mesures non tarifaires, nous voulons avancer sur la base des offres sur l'accès au marché contenues dans notre projet de concessions grâce à une approche globale et intégrée qui tienne compte du désir de certains participants d'aller plus loin dans certains domaines tels que le bois, le papier et la pâte à papier et les équipements de matériels scientifiques. a) Élimination des mesures tarifaires et non tarifaires Nous avons jusqu'ici identifié une liste commune de secteurs pour une élimination complète des mesures tarifaires et non tarifaires (produits pharmaceutiques, matériels de construction, équipements médicaux, aciers soumis à l'accord multilatéral sur l'acier, la bière et, en fonction de certaines exceptions acceptées, le mobilier, les matériaux agricoles et les spiritueux). Nous nous efforcerons d'adjoindre le plus grand nombre de secteurs à cette liste. b) Harmonisation Nous avons identifié les produits chimiques pour une harmonisation des tarifs à un niveau réduit, jusqu'au niveau zéro dans certains cas, de nouvelles négociations pouvant conduire à une harmonisation des tarifs, pour d'autres produits [illisible] c) Tarifs supérieurs ou égaux à 15 % Nous négocierons le paquet le plus large possible de réductions tarifaires, l'objectif étant d'atteindre des réductions de 50 % sous réserve d'exceptions acceptées et sous réserve que les autres pays exportateurs acceptent d'apporter un accès au marché effectif grâce à des réductions tarifaires et des disciplines non tarifaires appropriées. d) Autres réductions tarifaires Pour les produits autres que ceux indiqués aux paragraphes a, b et c, nous négocierons des réductions tarifaires d'au moins un tiers en moyenne. Nous avons aussi identifié un certain nombre de secteurs où les réductions de tarifs peuvent aller plus loin, au-delà de 50 % dans certains cas. B) Agriculture Nous attendons un redémarrage immédiat des négociations multilatérales pour achever rapidement le paquet d'accès au marché agricole, y compris pour les produits transformés, ceci constituant un élément essentiel pour un accord agricole et pour un Uruguay Round global et équilibré. C) Services S'agissant des services, le rapport cite la liste des offres existantes qui couvrent une grande variété de secteurs et ajoute : "Nous avons examiné les moyens d'améliorer encore nos offres respectives et de réduire les limitations inscrites dans nos projets" "Sous condition de contributions appropriées des autres participants, nous voulons nous appuyer sur les offres existantes pour achever avec succès la négociation sur les services", en particulier les services financiers et les services de télécommunications de base. Appel des "Grands" Les États-Unis, la Communauté européenne, le Japon et le Canada ont invité hier les pays participant aux négociations du Gatt à suivre leur exemple en adoptant à leur tour des mesures contraignantes pour l'ouverture du marché. "Nos efforts doivent maintenant être suivis de mesures contraignantes équivalentes prises par les autres participants" à la négociation de l'Uruguay Round, soulignent les quatre pays dans un communiqué. "Bien entendu, un accord final, portant sur un paquet global et équilibré ne pourra être conclu que lorsque l'ensemble (de la négociation) sera accepté", soulignent les Quatre dans ce document. Les réactions Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères : "Nous sommes heureux que les choses avancent, des progrès ont été accompli". Toutefois, il ne s'agit pas "d'un accord sur le Gatt, sur l'accès aux marchés, c'est un rapport sur déroulement du cycle Uruguay qui fixe les méthodes et les objectifs quand sera repris le processus multilatéral à Genève". Certains commentaires intervenus après l'annonce de ce résultat obéissaient "sans doute à un peu d'emphase". "Le rapport note qu'aucun accord n'a été atteint sur l'accès aux marchés pour l'agriculture" et "cela signifie que la négociation va se poursuivre". À propos de l'acier (pour lequel le rapport prévoit une suppression des droits sous réserve de la signature d'un accord multilatéral) M. Juppé a précisé "qu'il a toujours été entendu que la conclusion de cet accord multilatéral était elle-même subordonnée à la suppression des mesures de rétorsion unilatérales prises contre les exportations d'acier aux États-Unis". Jean Musitelli, porte-parole de l'Élysée : "Ce projet va très largement dans le sens de ce qu'avait demandé la France et qu'on peut donc à ce stade formuler une appréciation prudemment positive". "C'est un accord qui porte essentiellement sur la méthode de travail et pas sur le fond. Un certain nombre d'éléments positifs sont enregistrés. À Paris, Gérard Longuet, ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, s'est déclaré "satisfait" : "Nous sommes à 180 degrés de l'accord de Blair House (…) L'accord de procédure qui vient d'être annoncé devrait permettre de poursuivre des négociations concrètes pour lesquelles les concessions viendront d'abord des pays les plus fermés. Sir Leon Brittan, vice-président de la Commission européenne : l'avancée sur le Gatt marque "un grand jour pour le commerce mondial et une bonne nouvelle pour l'économie du monde", les chances d'un accord de l'Uruguay Round d'ici à la fin de l'année "très fortes". Des problèmes subsistent, notamment sur l'acier : "L'élimination des droits de douane dépend du succès des négociations multilatérales sur l'acier (qui débutent cette semaine à Bruxelles) et pour cela d'une attitude plus flexible, notamment de la part des États-Unis". Le directeur général du Gatt, Peter Sutherland : "C'est le signal nécessaire pour relancer le processus multilatéral à Genève". "Le retour à Genève au début de la semaine prochaine des négociateurs en chef présents à Tokyo permettra d'informer leurs partenaires commerciaux de l'Uruguay Round, des détails des accords en vue de (…) conclure d'ici à la fin de l'année". Le président américain Bill Clinton : cet accord constitue "une bonne nouvelle pour l'Amérique et une bonne nouvelle pour le monde" et "sort les négociations de l'Uruguay Round de l'impasse". "Si nous pouvons achever l'Uruguay Round d'ici la fin de l'année – et je pense que nous le pouvons maintenant – cet accord entrainera la plus importante réduction des tarifs qu'on ait jamais vue". L'accord "signifie plus d'emplois et des revenus plus élevés pour notre pays". Mickey Kantor, le représentant américain pour le commerce : "Nous avons réussi une percée", le préaccord permettrait un accord global au Gatt d'ici le 15 décembre 1993, date d'expiration de la procédure du "Fast Track", qui permet à l'administration américaine de faire ratifier l'accord par le Congrès sans qu'il puisse être amendé. Kiichi Miyazawa, Premier ministre Japonais : "Une grande avancée". Kabun Muto, ministre Japonais des Affaires étrangères : "Nous avons conclu avec succès nos discussions et nous pensons qu'elles débouchent sur des progrès substantiels". John Major, Premier ministre britannique : l'accord sur la reprise des négociations du Gatt "signifie que 85 % d'un éventuel accord global est pratiquement finalisé". Cet accord permettra de créer 250 000 emplois en Grande-Bretagne "dans les dix ans qui viennent". Les exportateurs français satisfaits "C'est un succès. La profession demandait une mesure depuis longtemps". La Fédération nationales des exportateurs de vins et spiritueux de France se félicitait hier de "l'option double zéro" (suppression totale des droits de douane) prise hier par les quatre grandes puissances commerciales à Tokyo. Cet accord préliminaire, qui concerne les spiritueux et la bière, était activement demandé depuis plusieurs mois par les exportateurs français de cognac et de Scotch whisky association, représentant les deux principales productions de spiritueux exportées par la Communauté européenne. On peut s'étonner de voir le vin exclu de La liste des produits voyant leurs droits de douane supprimés mais cette exception peut s'expliquer par la réticence des producteurs de vins d'Europe du Sud (Espagne et Italie) de voir s'ouvrir davantage le marché communautaire. L'accord conclu hier est important pour les producteurs français de spiritueux puisque les États-Unis et le Japon sont leurs deux principaux marchés, avec des importations de 2 milliards de francs chacun, essentiellement de cognac. Les droits de douane à l'importation y sont de 8,50 francs par bouteille, contre 1,5 aux États-Unis et 0,65 dans la CEE. Toutefois, leur suppression ne suffira certainement pas à relancer le marché japonais qui a fléchi de 9 % l'année dernière. "Les droits de douane ne représentent que 160 yens sur une bouteille de cognac VSOP vendue environ 12 000 yens au Japon", souligne-t-on chez Hennessy, premier exportateur français vers ce marché. "L'accord intervenu hier est un signe de la normalisation du commerce avec le Japon mais il ne règle pas tout". En effet, le principal impôt grevant le prix des alcools est une taxe intérieure, la "liquor tax", qui frappe nettement plus les produits importés que les productions locales (982 yens pour un litre de cognac contre 55 pour un spiritueux japonais). C'est à cette discrimination que les exportateurs communautaires vont maintenant s'attaquer. Guillaume Roquette 8 juillet 1993Les Échos La France accueille favorablement le compromis Contente d'avoir échappé au pire, la France a accueilli, hier, avec une rare satisfaction la conclusion de l'accord tarifaire de Tokyo. Il ne lèse pas ses intérêts industriels et lui laisserait une marge de manœuvre politique suffisante pour la suite des négociations. Une fois n'est pas coutume, la France a réagi favorablement, hier, à l'accord tarifaire conclu entre les quatre principales puissances commerciales à Tokyo. Paris qui avait menacé, exigé, tempêté sur les risques d'un "Blair House industriel" s'est fait tout miel pour commenter l'évènement : "Nous sommes heureux que les choses avancent, des progrès ont été accomplis sur Les méthodes et les objectifs", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Satisfaction sur "l'accord de procédure" Son collègue de l'Industrie et du Commerce extérieur, Gérard Longuet, s'est quant à lui déclaré "satisfait de l'accord de procédure" sur le Gatt. À la clé de cet apparent revirement, le sentiment français d'avoir été entendu par la Commission européenne et de ne rien avoir "lâché" qui ne soit irrémédiable pour la suite des négociations. "Nous sommes à 180 degrés de l'accord de Blair House", soulignait le ministre de l'Industrie dans les couloirs du sommet des Sept C'est-à-dire à l'opposé d'une politique de "fait accompli" au terme de laquelle la Commission avait fixé, avec les Américains, dans les moindres détails, toute une série d'obligations sur le commerce agricole auxquelles elles savaient la France résolument hostile. L'accord passé hier porte sur la méthode de réduction des droits de douane et non sur le fond, qui reste ouvert à une certaine marge de négociation, estiment les négociateurs français. En outre, les quelques secteurs qui font l'objet d'un traitement spécifique (en particulier d'élimination totale des droits de douane). Mieux, les produits les plus sensibles comme les métaux non ferreux, l'électronique ou le bois pour lesquels la France se refusait à démanteler les droits européens, ont été soumis à de moindres efforts de réductions. Deux ombres toutefois à ce tableau : les Américains n'ont pas cédé sur les exigences européennes d'écrêtement des pics tarifaires américains sur certains produits textiles. Quant à l'acier, Paris n'a pas obtenu la levée des sanctions américaines "avant tout accord tarifaire", Comme l'avait exigé Édouard Balladur à la veille du sommet de Tokyo. La France se dit toutefois rassurée par les propos du commissaire Brittan qui a lié un accord multilatéral sur l'acier à une clause de paix commerciale avec Washington. Enfin, aucun progrès n'a été réalisé sur l'agriculture, dont la France attend toujours une hypothétique renégociation. Contrer la stratégie américaine du saucissonnage Les Français ont également obtenu gain de cause sur le caractère multilatéral du processus de négociation. L'accord tarifaire de Tokyo rouvre la voie à la reprise des négociations à Genève en présence de la centaine d'autres pays parties prenantes au Gatt. Paris y voit la meilleure façon de globaliser les discussions et de contrer la stratégie américaine du saucissonnage, très dangereuse pour les intérêts français. En même temps, il est clair que te rythme des négociations va prendre, d'ici à la date butoir du 15 décembre un tour beaucoup plus rapide. Toute la difficulté de la France sera de faire entendre sa différence dans un brouhaha euphorique. Catherine Chatignoux 8 juillet 1993Vu dans la presse - La Tribune Accord à l'arraché sur la réduction des droits de douane Gatt : les pays riches débloquent les négociations Le "pré-accord" prévoit l'abaissement des droits sur 18 catégories de produits. Cette avancée doit permettre de relancer les discussions à Genève. Les Américains parlent de percée "historique". La France minimise la portée des progrès réalisés. Le sommet des pays industrialisés s'est ouvert hier à Tokyo sur une note d'euphorie. Américains, Européens, Japonais et Canadiens se sont entendus sur un "pré-accord" de suppression ou réduction des droits de douane sur 18 catégories de produits manufacturés. Un événement qualifié "d'historique" par les Américains. Même si la France cherche à en minimiser la portée, cette avancée devrait relancer les négociations de l'Uruguay Round. La balle est maintenant dans le camp des 96 autres pays membres du Gatt. Paris tente de minimiser la portée du "pré-accord" Dans les milieux gouvernementaux, on met la pédale douce Là où les Américains veulent voir une percée "historique" dans les négociations commerciales, Paris parle de simple avancée technique. Gérard Longuet s'est déclaré "satisfait" après l'annonce du pré-accord "quadrilatéral" sur l'accès aux marchés relatif aux négociations de l'Uruguay Round. Il affirmait même sur France 3 que les Américains étaient "au pied du mur" sur la question de l'acier. "Vous ne pouvez pas demander l'ouverture des marchés et interdire simultanément l'accès de votre propre marché". Toute la journée, les ministres français ont tenté, à Paris comme à Tokyo, de mettre la pédale douce pour minimiser la portée du pré-accord sur l'accès aux marchés. Les déclarations enthousiastes de Bill Clinton ne seraient destinées qu'à usage interne. "Il n'y aura pas de Blair House industriel", avait juré Gérard Longuet il y a quelques jours. Il fallait donc démontrer que les intérêts français restaient saufs. Et que cette fois, la France ne s'était pas fait piéger par la Commission européenne. "Nous sommes à 180 degrés de l'accord de Blair House", a ainsi estimé le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur. Et d'enchainer : "L'accord de procédure qui vient d'être annoncé devrait permettre de poursuivre des négociations concrètes pour lesquelles les concessions viendront d'abord des Pays qui sont les plus fermés". Le pré-accord de Tokyo sur l'accès aux marchés ne serait donc qu'un "accord de procédure". Si l'on en croit Alain Juppé, "c'est un rapport sur le déroulement du cycle Uruguay qui fixe les méthodes et les objectifs quand sera repris le processus multilatéral à Genève". L'entourage de François Mitterrand ne disait pas autre chose non plus. "Il s'agit en réalité d'un projet d'accord sur la méthode de travail, il n'est pas question d'entériner quoi que ce soit", a expliqué Anne Lauvergeon, le "sherpa" du président. Les objectifs chiffrés fixés par la "Quadrilatérale" ? Selon Paris, ils respectent parfaitement le mandat donné à la Commission européenne "sur la base des propositions françaises" lors du conseil des affaires générales du 2 juillet. "C'est ce qui différencie ce pré-accord de Tokyo de celui de Blair House ne serait-ce que du point de vue de la procédure", martèle-t-on dans l'entourage de Gérard Longuet, laissant entendre qu'en novembre dernier, à Washington, les commissaires européens n'étaient pas restés fidèles au cadre défini par les ministres sur le volet agricole. Et la réduction d'un tiers au moins des droits de douane actuels sur les métaux non ferreux et l'électronique ? "Le seul document sur lequel nous réagissons, c'est celui diffusé à l'issue de la Quadrilatérale qui ne précise pas nommément ces secteurs ; le reste c'est du verbiage", s'exclame-t-on. Quant au volet agricole, l'épineux dossier pour la France, "Le rapport note qu'aucun accord n'a été atteint sur l'accès aux marchés agricoles ce qui signifie que la négociation va se poursuivre", selon Alain Juppé. Mais les experts du ministère de l'Agriculture à Paris sont beaucoup plus dubitatifs et regrettent que le document de Tokyo ne rappelle pas "les réserves" de la France sur le dispositif de Blair House. Car la "poursuite" des négociations à Genève, au siège du Gatt, pourrait se faire sur la base du projet d'acte final de décembre 1991… Le frère aîné de l'accord de Blair House. Marc Deger 7 juillet 1993Vu dans la presse - RMC François ChantretCe soir les Américains sont donc ravis : côté français, à Paris, Gérard Longuet, le ministre de l'Industrie et du Commerce, a expliqué à Jacques Launere pourquoi l'accord de Tokyo va finalement dans la bonne direction. Gérard LonguetLa portée de cette procédure, lorsqu'elle ira au bout, c'est de relancer les échanges qui eux-mêmes tirent les activités économiques. Par exemple pouvoir vendre des produits français en Asie du Sud Est, faire en sorte que des marchés aussi fermés que le marché japonais ou sur certains produits australiens, s'ouvrent effectivement aux produits européens, aux produits français. Ça, ça nous donne des débouchés nouveaux. Que les États Unis s'ouvrent au textile et en particulier à l'habillement, de telle sorte que la concurrence ne soit pas supportée simplement par l'Europe mais aussi par les États-Unis. Tout ça c'est bon pour l'économie d'ensemble, mais ce qui est surtout bon c'est qu'à Tokyo le négociateur européen a respecté les règles du jeu que, unanimement, les 12 lui avaient fixées le 2 juillet dernier. Nous sommes dans la situation inverse de Blair house ; à Blair House un conseil divisé n'avait pas contrôlé son négociateur. Aujourd'hui un conseil solidaire, sur des propositions réfléchies, dont la France est un des grands architectes, ce conseil solidaire a imposé sa marqua à son négociateur, on est à 180° de Blair House et moi je suis très content pour le gouvernement français parce que c'est exactement ce que nous souhaitions. 7 juillet 1993Vu dans la presse - RMC Patrice ZehrPour le président Clinton, le pré-record sur l'accès au marché qui prévoit les baisses de tarifs les plus importantes de l'histoire sort le Gatt de l'impasse. C'est donc l'optimisme du côté américain dans le cadre de ce G7 à Tokyo. Les français parlent sur place de point positif. Ils sont tout de même beaucoup plus prudent. Mais c'est tout de même aussi l'optimisme qui l'emporte. Confirmation avec ce qu'a déclaré aujourd'hui à Paris le ministre, Monsieur Longuet, interviens par Jacques Launere. Gérard LonguetCe qui est surtout bon c'est qu'à Tokyo le négociateur européen a respecté les règles du jeu qu'unanimement les 12 lui avaient fixées le 2 juillet dernier. Nous sommes dans la situation inverse de Blair House. À Blair House, un conseil divisé n'avait pas contrôlé son négociateur. Aujourd'hui un conseil solidaire sur des propositions réfléchies dont la France est un des grands architectes, ce conseil solidaire a imposé sa marque à son négociateur. On est à 180° de Blair House et moi je suis très content pour le gouvernement français parce que c'est exactement ce que nous souhaitions. 7 juillet 1993Vu dans la presse - Europe 1 Stéphane Paoli Et donc à l'instant, la réaction du ministre de l'Industrie, Monsieur Longuet, au pré-accord sur les tarifs douaniers conclu à Tokyo en marge du G7 par les États-Unis, l'Europe, le Japon et le Canada. Corinne Boulloud Contrairement aux accords de Blair House autrement appelés compromis de Washington, signés par l'Europe mais contestés par la France notamment dans son volet agricole, eh bien cette fois, Paris approuve le pré-accord de Tokyo, comme vient de le dire à Michel Moineau, monsieur Gérard Longuet. Gérard Longuet La portée de cette procédure, lorsqu'elle ira au bout, c'est de relancer les échanges qui, eux-mêmes, tirent les activités économiques ; par exemple, pouvoir vendre des produits français en Asie du Sud-Est, faire en sorte que des marchés aussi fermés que le marché qui me vient à l'esprit… japonais ou sur certains produits australiens s'ouvrent effectivement aux produits européens, aux produits français. Ça, ça nous donne des débouchés nouveaux. Que les États-Unis s'ouvrent au textile et en particulier l'habillement ; pas simplement vers le haut de gamme – la France est déjà présente – mais aussi dans le bas de gamme, de telle sorte que la concurrence ne soit pas supportée simplement par l'Europe mais aussi par les États-Unis. Tout cela, c'est bon pour l'économie d'ensemble mais, ce qui est surtout bon, c'est qu'à Tokyo, le négociateur européen a respecté les règles du jeu qu'unanimement les 12 lui avaient fixées le 2 juillet dernier. Nous sommes dans la situation inverse de Blair House. À Blair House, un Conseil divisé n'avait pas contrôlé son négociateur. Aujourd'hui, un Conseil solidaire sur des propositions réfléchies dont la France est un des grands architectes, ce Conseil solidaire a imposé sa marque à son négociateur. On est à 180° de Blair House et moi, je suis très content pour le Gouvernement français parce que c'est exactement ce que nous souhaitions.
La source — vie_publique · nº 209758
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/209758-gerard-longuet-07071993-accord-travaux-quadrilaterale-negociations-gatt?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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