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2 juillet 1993 · Gouvernement · discours Discours

Déclaration de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, sur les relations entre la France et le Mozambique, Paris le 2 juillet 1993.

Alain Juppé (auteur)

Monsieur le Président,Mesdames et Messieurs les ministres,Mesdames et Messieurs, C'est pour moi un honneur tout particulier et une joie pour la France que de vous recevoir aujourd'hui au Palais des affaires étrangères. Mes premiers mots seront donc pour vous souhaiter la bienvenue ainsi qu'à tous les membres du gouvernement et de la délégation qui vous accompagne. Vous êtes, et vous l'avez prouvé, Monsieur le Président, un ami de notre pays. Cette connivence avec la France remonte, de fait, aux temps où vous étiez à Poitiers un étudiant brillant. Vous vous y êtes familiarisé avec notre langue, notre culture et nos compatriotes. Vous avez, depuis cette époque dont vous aimez me dit-on, évoquer les souvenirs, entretenu un attachement particulier pour la France, où vous avez ces dernières années effectuées de nombreux séjours ; mais la visite officielle que vous nous rendez aujourd'hui survient quelque six années après votre premier déplacement officiel en France en tant que Président du Mozambique, et surtout après les mois, décisifs, que votre pays vient de vivre. Que de chemin parcouru depuis 1987, en effet, Monsieur le Président, et même depuis août 1992, date de votre dernier passage à Paris. La situation dans votre pays était loin alors de susciter les espoirs que nous pouvons aujourd'hui entretenir, en faisant le pari, raisonnable parce que raisonné, de l'avenir. Le Mozambique était en effet, et vous en avez mesuré plus que quiconque toute la tragédie, en proie à une guerre civile, qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes, déplacé plusieurs millions de personnes, et entrainé l'exode d'un million et demi de réfugiés. En octobre 1992, à Rome, vos représentants ont procédé à la signature d'un accord de paix avec ceux que vous n'avez jamais cessé d'appeler vos Frères de la Renamo. Nous n'avons pas fini, fort heureusement, de mesurer toutes les conséquences positives de cet accord historique. Une paix retrouvée, un développement économique assis sur de nouvelles bases avec le concours de tous ceux qui, longuement éloignés, vont retrouver leur pays, voilà, Monsieur le Président, les éléments qui permettront, je l'espère de tout cœur, au peuple mozambicain qui a tant souffert, de se donner enfin les moyens de recouvrer toute sa dignité. Nous sommes convaincus que le retour de la paix et de la sécurité permettra enfin au Mozambique de se consacrer pleinement à la mise en valeur de ses immenses atouts : des richesses industrielles et agricoles, un peuple fier et travailleur. Et je suis heureux aujourd'hui de vous confirmer après le Président de la République, après le Premier ministre, que la France, comme elle s'y est engagée, prendra, dans cette tâche, une part à la mesure de ses moyens mais aussi de notre longue amitié. Membre des quatre commissions mises en place par l'Accord de Rome, notre pays ne se dérobera pas aux responsabilités politiques qui sont les siennes pour asseoir la paix, consolider la réconciliation nationale, et préparer les grands chantiers de la reconstruction. Sur ce point aussi, vous le savez, la France a tenu à répondre à l'appel de la communauté internationale et au grand élan de générosité et de solidarité qui s'est manifesté pour assurer le succès du Mozambique, celui de tous les Mozambicains. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs, qu'il me soit permis, au nom du gouvernement français, et en vous renouvelant l'estime et l'amitié de notre pays, de lever mon succès de la paix au Mozambique et au renforcement de notre coopération.
La source — vie_publique · nº 240250
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/240250-alain-juppe-02071993-relations-entre-la-france-et-le-mozambique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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