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1ᵉʳ mars 1993 · Gouvernement · Label France · discours Discours

Article de M. Jean Glavany, secrétaire d'État chargé de l'enseignement technique, dans "Label France" de mars 1993, sur le rôle des IUT et des IUP et les liens entre les entreprises et l'enseignement supérieur en la matière, intitulé "L'enseignement tech

Jean Glavany (auteur)

Par définition, l'enseignement technique français se consacre aux technologies. Sa vocation est de former des ouvriers, des techniciens et des ingénieurs à l'exercice de professions techniques où la place des technologies est centrale. Par la force des choses, cette formation doit s'inscrire dans une dynamique de l'évolution technologique. La maîtrise des technologies du moment ne peut suffire, même si elle est d'une évidente nécessité pour toute formation professionnelle. Il faut donc anticiper. Une technologie n'est nouvelle que dans un intervalle de temps réduit dépendant de la durée de sa diffusion et de sa maîtrise pour l'industrie et les services, sinon le grand public. Il est donc nécessaire de donner aux élèves et étudiants des méthodes d'analyse et de créativité leur permettant d'inscrire leurs activités professionnelles dans le mouvement d'évolution des technologies et d'y participer eux-mêmes. D'autre part, la façon dont les technologies s'insèrent dans l'entreprise n'est pas neutre. En effet, l'organisation du travail, les relations homme-machine notamment, doivent s'intégrer dans la réflexion sur les technologies. Il est important que l'enseignement technologique prenne cette préoccupation en compte dans la formation. Il existe des différences selon les niveaux de formation, les métiers préparés et les établissements de formation (lycées ou universités). Au-delà de la formation, nombre de ces établissements et l'enseignement supérieur en particulier offrent aux entreprises des aides à la diffusion des technologies nouvelles et des innovations. Les principales bénéficiaires de ces services sont les petites et moyennes entreprises et industries. Le rôle des IUT dans la diffusion des technologies nouvelles. Chaque fois qu'une nouvelle technologie s'impose dans le monde industriel, les techniciens supérieurs sortant de formation sont aptes à la promouvoir dans le milieu du travail où ils opèrent. Mais le recrutement des jeunes diplômés, pour maîtriser au sein de l'entreprise les technologies nouvelles qui apparaissent constamment, ne saurait suffire. Les PME-PMI ont sur ce point plus de difficultés que d'autres à recruter des personnels nouveaux pour favoriser leur maîtrise des nouvelles technologies. Les instituts universitaires technologiques, en contact permanent avec ces entreprises, ont très bien compris les missions complémentaires qu'ils devaient assurer pour faciliter la diffusion des technologies nouvelles et des innovations au sein de celles-ci. Par la formation continue, diplômante ou non, qu'ils assurent au profit des techniciens et cadres d'entreprises, les IUT contribuent à diffuser, beaucoup plus rapidement, les technologies nouvelles dans les entreprises. En constituant des centres de ressources de ces nouvelles technologies, ils offrent aux entreprises la possibilité de les expérimenter et de les évaluer avant que celle-ci ne s'engagent dans des investissements nouveaux. Les travaux de leurs enseignants, techniciens et ingénieurs ainsi que ceux de leurs étudiants sont souvent orientés par les demandes des entreprises désirant tester telle ou telle innovation au profit de leur activité industrielle. Depuis quelques années, les régions ont installé, dans de nombreuses villes françaises, des centres régionaux d'innovation et de transfert de technologie, les CRITT, centre de ressources pour les entreprises. Les IUT ont très souvent été les premiers à s'associer à cette démarche. Ils ont accueilli ces CRITT dans leurs propres locaux pour faciliter les synergies avec des actions du même genre qu'ils menaient déjà. Ainsi le réseau français des CRITT est très largement couplé aux IUT. Les enseignants de l'IUT font bénéficier le CRITT de leur savoir-faire et de leur connaissance des entreprises avec lesquelles ils entretiennent des relations permanentes, ne serait-ce qu'au travers des stagiaires qu'ils leur confient chaque année pour une durée de deux mois. Le CRITT, avec le personnel permanent qu'il représente, en techniciens et ingénieurs, personnel entièrement tourné vers les besoins des entreprises, peut aider l'IUT à aller de l'avant et à mieux remplir encore sa mission de diffusion des technologies nouvelles. Un inventaire et une première évaluation vont être faits des actions de diffusion des technologies nouvelles et des innovations réalisées par les IUT sur le territoire français, voire à l'étranger, ainsi que des couplages IUT-CRITT et des synergies que ceux-ci entraînent. Le rôle des brevets de techniciens supérieurs Nombre de préparations aux brevets de techniciens supérieurs comportent des activités de conception de produits ou de services, souvent technologiquement "pointus". Ainsi, certaines sections de techniciens supérieurs comportent-elles dans leurs activités, évaluées à l'examen, des études et réalisations pour les entreprises. C'est ainsi que certaines sections de techniciens supérieurs interviennent comme des bureaux d'études et de développement sur des projets industriels ou commerciaux. Dans ce cadre, on trouve par exemple des réalisations de machines spéciales automatisées par des étudiants de seconde année de sections de techniciens et automatismes industriels : des études de marché ou des projets de communication pour des étudiants de sections de techniciens supérieurs commerciales. Les instituts universitaires professionnalisés De création récente (décret du 23 janvier 1992) ces instituts universitaires professionnalisés s'intègrent dans les universités qui leur offrent un environnement de recherche de qualité. Cet environnement peut être assuré également par des partenaires publics ou privés participant à l'IUP. Les IUP doivent jouer un rôle original dans la recherche-développement et puorront être autorisés à ouvrir des cursus de formation par la recherche, à bac + 6, pour une partie de leurs diplômés. Cet engagement des IUP dans une recherche de type industriel, en partenariat avec les entreprises et les CRITT ou toutes autres structures permettant le développement technologique des entreprises (CEA, centres techniques…), les conduit à tisser des liens très forts avec les laboratoires universitaires assurant leur indispensable appui au dispositif. La formation dans ces instituts doit ainsi logiquement être complétée par une formation à l'innovation par la recherche technologique, au niveau du troisième cycle, formation accessible non seulement aux anciens élèves de l'IUP, mais aussi aux élèves de l'IUP, mais aussi aux élèves des écoles d'ingénieurs se trouvant en dernière année. Un projet est à l'étude actuellement. Les objectifs de cette formation à la recherche technologique seraient les suivants :- former à la résolution des problèmes technologiques concrets en utilisant les méthodes de la recherche ;- ouvrir davantage les IUP et les écoles d'ingénieurs à la recherche technologique ;- développer la collaboration université-industrie autour des projets de l'entreprise. Les formations universitaires de troisième cycle à la veille technologique Pour une entreprise, la veille technologique consiste à collecter systématiquement toutes les informations concernant ses marchés, ses concurrents, ses technologies et à détecter parmi ces renseignements tous ceux qui sont "vitaux" et "critiques" afin d'en tirer parti dans l'élaboration de sa stratégie. Plusieurs groupes industriels, tels qu'Atochem, les ciments français, Total CFP, Framatome par exemple, se sont dotés de services de veille technologique. Du côté des formations à la veille, certaines ont été implantées dans des établissements formant à la fonction documentaire. Parmi ces formations on distingue deux cas : les cursus spécialisés dans la veille technologique, et les formations à la fonction documentaire, en retenant parmi celles-ci, celles qui ont inclus dans leur programme des cours ou des modules consacrés à la veille. À titre d'exemple, il existe de telles formations à l'université d'Aix-Marseille III avec un DEA, un DESS et une maîtrise dans ce domaine. L'institut national des techniques documentaires (INTD), qui est rattaché au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), a créé en 1989 un mastère spécialisé en management de l'information stratégique. De son côté, l'université de Rennes I propose une formation "haut de gamme" spécialisée sur le marché japonais. Ce programme est organisé sur deux ans pour des petites promotions d'une vingtaine d'élèves. L'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) et l'université de Lille, de leur côté, proposent aussi des formations dans ce domaine.
La source — vie_publique · nº 240172
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/240172-article-de-m-jean-glavany-secretaire-detat-charge-de-lenseignement-t?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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