Interviews de M. Michel Sapin, ministre de l'économie et des finances à Europe 1 les 1er et 5 février, à France 2 le 4 et à RTL le 9 février 1993, sur l'attitude du gouvernement autrichien sur l'affaire Grundig, sur la relance européenne et sur la spécul
Michel Sapin (auteur), Jean-Pierre Elkabbach (intervenant), Paul Amar (intervenant), Philippe Caloni (intervenant)
1er février 1993Europe 1
J.-P. Elkabbach : Toute la Lorraine se mobilise pour sauver les emplois de Grundig. Pouvez-vous assurer que l'usine ne sera pas transférée en Autriche ?
M. Sapin : Je peux vous assurer que le gouvernement autrichien n'a aucunement l'intention d'accorder des subventions pour que cette usine puisse venir à Vienne. Ils veulent rentrer dans l'Europe. Aujourd'hui même commencent des négociations pour l'entrée de l'Autriche, de la Suède, de la Finlande. Il y a des gens qui sont attirés par l'Europe, qui sentent qu'il y a là une bonne réponse aux difficultés du moment. Ils respectent dès maintenant les règles européennes. Ces règles c'est qu'on lutte contre le chacun pour soi.
J.-P. Elkabbach : Que va faire votre gouvernement pour que cette usine ne ferme pas ?
M. Sapin : Faire comprendre à Grundig que le petit jeu qui consiste à vouloir faire monter les enchères entre les États est un petit jeu imbécile. Le gouvernement parle avec les gens de Grundig, j'ai parlé avec le gouvernement autrichien et je suis très ferme sur la position autrichienne.
J.-P. Elkabbach : Les emplois de l'usine pourraient rester en Lorraine ?
M. Sapin : Je le souhaite et ma fonction consiste à demander au ministre des finances d'Autriche de respecter les règles européennes et il les respectera.
J.-P. Elkabbach : Vous aviez, lors du dernier sommet des Douze, l'idée d'une initiative européenne de croissance qui était destinée à relancer certains secteurs de l'économie européenne. Où est cette idée ?
M. Sapin : C'est exactement le contraire du chacun pour soi que pourrait par exemple illustrer l'affaire Hoover ou l'affaire Grundig que j'espère pouvoir éviter. L'initiative européenne de croissance, c'est tout le monde qui se met ensemble pour agir ensemble de manière à être efficace. Cette initiative a été adoptée à Edimbourg. Dès le 18 janvier, une réunion des ministres des finances a eu lieu, nous avons mis au point l'ensemble des mécanismes, les premières listes de projets sont en train d'être élaborées.
J.-P. Elkabbach : Le comité monétaire européen devrait se réunir pour évoquer la réforme du SME. Le Franc sera-t-il la prochaine cible une nouvelle fois ?
M. Sapin : L'Angleterre n'a pas le droit de rentrer dans une politique du chacun pour soi. La France est un pays fondamental dans la construction européenne. Si le Franc était attaqué, il résisterait avec la même détermination et les mêmes modalités que la dernière fois. Il n'y a aucune raison économique de dévaluer le Franc. Il faut de bons résultats économiques et une détermination absolue. Derrière le Franc, on attaque l'Europe.
J.-P. Elkabbach : R. Barre a estimé que la spéculation contre le Franc était d'abord politique.
M. Sapin : Elle est politique dans le sens où, derrière le Franc, c'est l'Europe qu'on attaque. C'est donc la volonté de voir ce qui est en train d'émerger dans le monde, c'est-à-dire un vrai pôle européen solide qui contrebalance le pôle américain, rabaissé.
J.-P. Elkabbach : Les Américains n'ont pas d'alliés en France ?
M. Sapin : Ils trouvent en Grande-Bretagne un certain nombre de gens qui au-delà de la langue, partagent un peu le même esprit et ils trouvent en France des complicités de gens qui parlent sans savoir très bien ce qu'il y a derrière.
J.-P. Elkabbach : E. Balladur disait hier qu'il faudrait cinq ans pour améliorer l'emploi, désendetter l'État ?
M. Sapin : Ce sont des termes d'une exagération qu'on ne s'attendrait pas à entendre dans la bouche de M. Balladur qui paraît-il, est plus modéré dans son expression. Là-dessus, ça n'est pas la réalité. Il le sait lui-même très bien. La situation française n'est pas bonne, la situation mondiale est désastreuse. Il se passe aujourd'hui une crise internationale. On ne peut pas regarder notre pays comme s'il ne se passait rien.
J.-P. Elkabbach : Avec une responsabilité de ce que M. Balladur appelle la gestion socialiste pendant dix ans.
M. Sapin : C'est la gestion pendant dix ans qui a transformé la France et qui lui a permis d'être ouverte sur le monde et d'être plus forte que la Grande-Bretagne ou que l'Allemagne aujourd'hui. Quand M. Balladur parle à juste titre des difficultés du chômage, il faut que chaque Français sache que nous avons eu en 92, 145 000 chômeurs de plus, que les Allemands en ont eu deux fois plus et les Anglais trois fois plus. Est-ce que c'est une gestion socialiste en Grande-Bretagne, en Allemagne ? On voit bien que ce n'est pas la gestion qualifiée de socialiste qui aboutit à la difficulté. Il y a une crise mondiale. Mon devoir c'est d'affronter cette crise dans les meilleures conditions, c'est ce que nous faisons.
J.-P. Elkabbach : Qui se trompe, Balladur ou vous ?
M. Sapin : C'est plutôt M. Balladur sur ce point et à mon avis, non pas par erreur, mais parce qu'il est en campagne électorale.
1er février 1993France 2
P. Amar : Vous êtes satisfait ?
M. Sapin : Oui. C'est une bonne décision pour l'Allemagne, je le pense, et pour la France. Mais surtout une bonne décision pour l'Europe parce que c'est la coopération européenne et en particulier, la coopération entre la France et l'Allemagne qui a porté ses fruits.
P. Amar : On va baisser à notre tour nos taux d'intérêt ?
M. Sapin : La France bénéficiera de cette bonne décision. Il faut savoir que nous avons traversé en septembre, en décembre et au début janvier, des attaques terribles contre le franc. La spéculation s'est déchaînée. On l'a battue en septembre. On l'a battue cette fois-ci. Il faut se remettre en forme. C'est un geste de la part de la Bundesbank qui nous aide beaucoup. Le franc a gagné, la France a gagné. Ceux qui ont tenu bon, qui ont considéré qu'il fallait avoir du sang-froid, qu'il ne fallait pas s'énerver, qu'il fallait savoir discuter avec l'Allemagne ont eu raison. La France bénéficiera à l'évidence des bonnes décisions prises par la Bundesbank.
P. Amar : Allez, plus concrètement. Je me souviens de la promesse du gouvernement avant le référendum sur les taux.
M. Sapin : Avant le référendum, j'ai dit et j'ai eu raison de dire, que si nous votions non au référendum, c'était l'incertitude totale, et l'incertitude, ça se paie avec des taux d'intérêt plus élevés. Aujourd'hui, le paysage s'éclaircit. L'économie française va bénéficier de l'ensemble des décisions qui ont été prises. Pour le dire plus nettement, l'année 1993 sera en Europe et en France l'année de la baisse des taux d'intérêt. C'est une bonne chose.
P. Amar : Donc, vous l'annoncez.
M. Sapin : Je vous dis que 1993 sera l'année de la baisse des taux. Je n'annonce pas de baisse. Je vous dis que la France bénéficiera à l'évidence de cette décision. Les choses vont se passer progressivement. Elles iront toutes dans le bon sens.
P. Amar : Cela mettra fin au débat sur la sortie du SME ?
M. Sapin : Je n'ai jamais eu aucun doute sur la capacité de la France à tenir le coup par rapport à la spéculation qui est en train de payer ses erreurs et je n'ai eu aucun doute sur la volonté de l'ensemble des Français de soutenir cette politique de franc stable. Donc le SME était en jeu au travers des attaques contre le franc ou la monnaie danoise. La décision de la Bundesbank est un élément qui va apaiser l'ensemble de ces tensions. On revient à la normale.
P. Amar : Vous l'interprétez comme un geste politique ?
M. Sapin : C'est un geste très important. Il a plein d'aspects. Il a des aspects économiques et un aspect politique au sens supérieur du terme. L'Allemagne est un élément de l'Europe, construit l'Europe avec les autres, avec nous, et a pris une décision qui est bonne pour l'Europe.
P. Amar : Est-ce que se sera l'année de la baisse du chômage ?
M. Sapin : Par définition, des taux plus faibles, ce sont des ménages qui peuvent emprunter plus facilement pour acheter un logement ou une voiture. Ce sont aussi des entreprises qui peuvent plus facilement investir. Donc, c'est bon pour l'emploi.
5 février 1993Europe 1
J.-P. Elkabbach : Est-ce la future majorité qui va décider de la prochaine baisse et en profiter ?
M. Sapin : Ce n'est pas une question que je me pose. Les taux d'intérêt sont trop élevés en Europe et pour notre économie, comment fait-on pour les diminuer ? C'est la vraie et la seule question. Savoir si c'est pour les uns ou pour les autres d'un point de vue politique, je m'en fiche ! Si c'est bon pour les entreprises et si c'est bon pour l'emploi, tant mieux.
J.-P. Elkabbach : Oui, mais quand ?
M. Sapin : Lundi dernier vous m'avez invité ici. Le thème était que tout allait exploser, le SME va exploser, quelles vont être les conséquences pour le franc, est-ce que vous allez tenir le coup, etc. ? Aujourd'hui, l'interrogation est : quand les taux d'intérêt vont-ils baisser ? La France a fait face aux plus fortes attaques de la spéculation qu'elle n'ait jamais connue, et elle s'en est sortie par deux fois victorieuse. Quand on mène des combats comme ceux-là, il faut savoir récupérer ses forces. Ce que je tire comme enseignement de tout ce qui vient de se passer, c'est que raison est donnée à ceux qui savent garder leur sang-froid ; à ceux qui ont une ligne ; à ceux qui sont déterminés qui savent où est l'intérêt de la France et qui marchent dans ce sens-là. Tous ceux qui se sont excités, énervés en disant qu'il faut tout de suite faire cela ou ceci, tous ceux-là ont eu tort, et les faits le démontrent.
J.-P. Elkabbach : Vous vous adressez vous-même un bulletin d'autosatisfaction ?
M. Sapin : Non. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je discute avec la Bundesbank, et ce n'est pas d'aujourd'hui que les autorités monétaires françaises et allemandes intensifient leur coopération.
J.-P. Elkabbach : Selon A. Ancian, d'ici à la fin de l'année, la Banque centrale allemande pourrait baisser d'au moins deux points, le confirmez-vous ?
M. Sapin : Je suis persuadé que l'année 93 sera non seulement une année de baisse des taux, mais une année de forte baisse des taux. La situation actuelle est anormale, on rémunère plus cher de l'argent que l'on place à court terme par rapport à de l'argent que l'on place à long terme.
J.-P. Elkabbach : L'objectif est de combien ?
M. Sapin : Il faut faire en sorte que cette anomalie soit supprimée.
J.-P. Elkabbach : Quand la Banque de France va-t-elle suivre ?
M. Sapin : Ce n'est pas des choses que l'on annonce à l'avance, ce sont des choses que l'on fait.
J.-P. Elkabbach : Vous allez le faire, c'est dans l'air ?
M. Sapin : Quand je parle de choses comme ça, du franc et des taux d'intérêt, vous avez des centaines d'opérateurs sur les marchés financiers qui nous écoutent et qui, à partir de là, se disent comment ils vont spéculer. Je ne veux pas nourrir la spéculation, je la combats et je veux la faire payer.
J.-P. Elkabbach : Il faudra attendre des mois ?
M. Sapin : Les choses arriveront beaucoup plus rapidement que cela, la tendance est enclenchée. C'est un premier pas dans la direction, c'est un pas psychologiquement fondamental car chacun voit que l'on va vers la baisse des taux d'intérêt.
J.-P. Elkabbach : En France, sera-t-elle de même nature et de même ampleur ?
M. Sapin : Elle ira très exactement dans le même sens avec la nécessité de faire payer la spéculation.
J.-P. Elkabbach : De combien la Banque de France a-t-elle souffert ?
M. Sapin : Cela était des attaques très importantes qui nous ont obligé de mettre sur la table plus de 150 milliards de francs.
J.-P. Elkabbach : Le Chancelier Kohl demandait cette baisse, n'est-ce pas une décision politique ?
M. Sapin : Je ne donne pas au terme politique un sens négatif. C'est une décision qui a une valeur politique, pourquoi ? Parce que c'est une décision qui n'a pas seulement tournée vers l'Allemagne, mais qui est tournée vers l'Europe. C'est une décision qui fait que le SME est consolidé. L'avancée vers l'UEM est possible et qui redonne confiance et qui éclaircit l'avenir. C'est un tournant.
J.-P. Elkabbach : Vous croyez à une reprise de l'emploi en France, est-ce vos successeurs qui vont en profiter ?
M. Sapin : Si je me suis battu comme je l'ai fait, et avec beaucoup d'autres, depuis plusieurs mois pour conserver à la monnaie sa valeur, pour montrer au monde que la France est un pays qui sait tenir le coup, ce n'est pas seulement parce qu'il y avait mars prochain. Je sais que les décisions que l'on prend aujourd'hui ont des effets pendant des années. La baisse des taux d'intérêt est un élément indispensable de la reprise de l'investissement.
J.-P. Elkabbach : Le moment n'est-il pas venu, comme le suggérait J. Delors, d'organiser un sommet du G7 ?
M. Sapin : L'enseignement principal est qu'en période de crise, on ne trouve pas son salut en se repliant sur soi-même. On ne trouve son salut que par la coopération internationale et européenne. Je souhaite qu'un G7 soit rapidement possible pour marquer la volonté du monde économique de retrouver une solution en commun.
J.-P. Elkabbach : Vous êtes rocardien, n'est-il pas le moment pour M. Rocard de mettre son talent au service de ses amis socialistes qui sont en panne ?
M. Sapin : Je souhaite qu'il en soit ainsi et je crois savoir qu'il en sera ainsi. Je souhaite que M. Rocard s'exprime dans cette campagne. On s'inscrit dans la durée.
J.-P. Elkabbach : Il a un peu tardé !
M. Sapin : Non, il faut savoir se faire désirer.
9 février 1993RTL
P. Caloni : Que pensez-vous du programme économique de l'opposition ?
M. Sapin : Je dirais qu'il est flou, et j'ai un peu le tournis. Je ne sais pas quel est le programme de l'opposition, ce qui les engage et ce qui ne les engage pas. Il y en a qui disent qu'il faut baisser les impôts et M. Séguin répond qu'il faut les augmenter, il y en a qui disent qu'il ne faut pas toucher à la CSG et M. Séguin dit qu'il faut monter le taux de la CSG. Certains disent qu'il faut faire des économies budgétaires et d'autres disent qu'il faut faire de la relance. Ils sont en contradiction les uns avec les autres, et ils sont même en contradiction au sein de leur propre plate-forme. Tout cela n'est pas très sérieux et je préférerais que l'on parle sérieusement aux Français.
P. Caloni : Le franc fort à l'air de leur plaire ?
M. Sapin : C'est le point sur lequel la sagesse et la raison l'ont emporté. C'est le meilleur hommage que l'on puisse rendre à la manière dont nous avons géré l'économie. Si on considère, comme le dit V. Giscard d'Estaing, que le franc est à son bon niveau, c'est qu'il est le reflet d'une économie à un bon niveau fondamentalement. L'inflation est faible et le commerce équilibré, toutes choses qui n'existaient pas en 1981.
P. Caloni : Les taux continuent à ne pas baisser ?
M. Sapin : Les taux ont légèrement baissé nier et la semaine dernière, nous sortons de deux grandes périodes de spéculation contre le franc comme jamais notre pays ne l'avait connu. Nous avons gagné et nous faisons payer la spéculation. Je ne veux pas laisser impunis ceux qui ont joué contre notre monnaie.
P. Caloni : Vous avez gagné dans ce domaine-là, mais tout le monde vous donne perdant en mars, alors qu'est-ce qui se passe ?
M. Sapin : Je pense qu'il y a une forme d'interrogation profonde. Est-ce que l'on peut faire quelque chose contre le chômage ? Est-ce que l'on peut faire bouger la relation entre les Français et les politiques ? Je rencontre les gens tous les soirs pour pouvoir discuter de manière approfondie, et je ne sens pas du tout un rejet ; je ne sens pas une volonté de se débarrasser. Je sens une volonté de discuter de savoir et de comprendre. Je regrette, et je trouve que c'est une forme de mépris pour les électeurs, que l'opposition fasse connaître juste maintenant l'ensemble de ses propositions économiques alors que le débat électoral est lancé depuis plusieurs mois.
P. Caloni : Apporter des réponses à ces questions ce serait bien, non ?
M. Sapin : Je le fais et j'essaie de le faire. J'essaie de dire pourquoi le chômage en est là, et quelles sont les réponses possibles. En quoi les solutions de la droite sont soit des coups de baguette magique inefficaces, soit des contradictions entre eux ce qui montre que cela n'est pas si facile. Pour ce qui est des retraites, il faut les protéger et pour les protéger il ne suffit pas de dire que la retraite à 60 ans doit devenir facultative, ce qu'elle est déjà aujourd'hui. Il faut dire comment on garantit les retraites en l'an 2000. Le fait-on par capitalisation privée, ou est-ce que l'on maintien un système collectif en le renforçant ?
P. Caloni : Vous êtes, vous aussi, un agent de lutte contre la mafia ?
M. Sapin : Contre l'argent de la mafia. La lutte contre tous les trafics ce doit être une affaire de terrain. On doit empêcher les gens de consommer, mais il faut principalement s'attaquer aux bénéfices de ces trafics et aux gains. Le jour où on ne pourra plus blanchir l'argent, il n'y aura plus d'intérêt donc plus de trafic.
P. Caloni : Vous portez un certain regard sur la principauté de Monaco ?
M. Sapin : Je constate que la plupart des grands pays européens, la France et les autres, ont mis en place des législations nouvelles et collaborent, et Monaco renâcle un peu. Je demande à la principauté de se mettre au niveau de toutes les démocraties, ce sera efficace et meilleur.
P. Caloni : Vous avez des moyens de pression ?
M. Sapin : Le meilleur moyen de pression, c'est la conviction.
P. Caloni : Allez-vous être réélu à Nanterre ?
M. Sapin : Attendez de voir le 21 et le 28 mars. Je suis un homme de confiance et aussi un homme de réalisme. Je sais qu'il faut y aller, expliquer et convaincre.
La source —
vie_publique · nº 239784
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé