Article de M. Paul Marchelli, président de la CFE CGC, dans "La Lettre confédérale" du 25 septembre 1992, sur la politique monétaire et économique, intitulé "Pour la relance de notre économie".
Paul Marchelli (auteur)
Pour la relance de notre économie
La tempête monétaire commence à se calmer. L'offensive contre le franc semble avoir échoué. Ainsi, malgré la défaillance de la livre sterling, de la lire et de la peseta, le Système monétaire européen est en train de confirmer son utilité.
De tels événements sont démonstratifs de la nécessité d'aller, le plus rapidement possible, à la monnaie unique. Je dis en effet, et je ne suis pas le seul, qu'il m'est désagréable de constater que le chancelier Kohl et la Bundesbank vont apparaître comme les grands sauveteurs du franc français, alors qu'en réalité nos fondamentaux économiques sont meilleurs que les leurs.
Je rappelle qu'il eut été de beaucoup préférable que le deutsch mark soit réévalué suffisamment pour que l'on puisse procéder à une baisse générale des taux à l'intérieur du Système monétaire européen. Les Allemands ont préféré intervenir ponctuellement au secours du franc français, après avoir laissé sombrer la livre, la lire et la peseta.
La spéculation va sans doute se calmer, mais nous devons nous garder de nous réjouir trop vite car au fond rien n'est réglé la France a besoin d'une baisse sensible des taux d'intérêt pour relancer son économie. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps : chaque jour nous apporte une nouvelle moisson de licenciements collectifs. Des entreprises aussi prestigieuses qu'Air France ou Perrier n'hésitent pas à se débarrasser de leurs salariés. La trésorerie de I'UNEDIC est en situation de rupture permanente et la multiplication des aides à l'emploi participe au creusement des déficits de toute la protection sociale.
Cela fait des mois que nous disons que nous devons relancer notre économie par les investissements, le bâtiment et les travaux publics. Nous demandions, pour ce faire, 50 milliards de francs, cela nous a été refusé par peur d'augmenter le déficit budgétaire (sic !) : nous en sommes à 160 milliards pour 1992 et nous allons sans doute vers les 200 milliards pour 1993 !
Je ne sais pas si nos gouvernants manquent de chance ou de science, mais il est certain que cela ne peut pas continuer plus longtemps. Il n'est plus question de faire des discours "de priorité" sur la diminution du chômage et de continuer à multiplier les plans pour l'emploi : il faut faire repartir notre économie. Ou le gouvernement met en œuvre les moyens nécessaires dans les jours qui viennent, et au plus tard dans les prochaines semaines, ou alors il faudra que le Président nous en trouve en autre.
La source —
vie_publique · nº 240807
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