geheim.land Recherche Politique
27 juin 1989 · Gouvernement · discours Discours

Déclarations de M. Claude Evin, ministre de la solidarité de la santé et de la protection sociale, sur la modernisation et la transformation juridique des hospices et l'accueil des personnes âgées dépendantes à Beaune et Gevrey-Chambertin le 27 juin 1989

Claude Evin (auteur)

27 juin1989Pose de la première pierre de la Maison d'Accueil pour personnes âgées dépendantes de Gevrey-Chambertin Monsieur le Maire,Mesdames, Messieurs, Tous les Ministres du Gouvernement sont fréquemment appelés à poser des premières pierres. Mais le Ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection Sociale, dispose d'un privilège particulier sur ses collègues : celui d'ouvrir des lieux destinés à répondre à de vrais besoins, celui de contribuer à bâtir de l'espoir et du bien-être. Le problème des personnes âgées me tient particulièrement à cœur pour deux raisons au moins : - personnelles d'abord : les personnes âgées, ce sont nos parents et nos grands-parents. C'est notre passé et ce sont nos racines. Notre premier devoir de solidarité est de les accompagner et de les aider lorsque la dépendance vient avec le grand âge. - "professionnelles" ensuite : la prise en charge de la dépendance est un des défis de notre société. Les personnes âgées de plus de 85 ans passeront de 600 000 en 1982 à 1,1 millions en 2002. S'il est délicat de déduire de la logique démographique le nombre de personnes âgées dépendantes, toutes les études démontrent que le problème de la dépendance sera un des plus lourds que nous aurons à traiter dans les prochaines années. Il est clair que la demande de structures adaptées au grand âge est déjà pressante. Il ne s'agit déjà plus de construire des établissements pour personnes valides : chacun sait maintenant que l'entrée des personnes âgées en institution s'effectue au-delà de 80 ans lorsque le maintien à domicile devient difficile. Il faut prévoir des solutions de prises en charge médicalisées, susceptibles d'accompagner les personnes âgées jusqu'à leur dernier jour. Aussi suis-je très heureux de poser la première pierre de la maison pour personnes âgées dépendantes de GEVREY-CHAMBERTIN qui, j'en suis sûr, saura assurer à ses futurs pensionnaires une vie sereine et heureuse. 27 juin 1989Maison de retraite de Saint-Côme - Hospice de Beaune Monsieur le Directeur,Mesdames, Messieurs, Dans ce lieu historique des hospices de Beaune, l'ouverture de 15 lits médicalisés à la maison de retraite me semble hautement symbolique. Elle concrétise parfaitement la volonté du Gouvernement d'offrir aux personnes âgées des lieux de vie adaptés à la grande dépendance. Vous savez mieux que quiconque ce que sont les hospices. Rattachés ou non à des hôpitaux, ils étaient destinés à accueillir les déshérités de toute sorte : enfants abandonnés, marginaux, adultes et même enfants handicapés, malades incurables ne nécessitant pas de soins intenses et surtout vieillards valides et invalides. Les critiques formulées à l'égard de ce qui était et demeure encore la honte de la France étaient triples : - absence de soins ;- vétusté et insalubrité des locaux ;- mélange des populations qui empêchait la prise en charge adaptée à chacune d'elles et entraînait d'inextricables problèmes de promiscuité. Le Gouvernement et le législateur se sont engagés en 1975 à faire disparaître ces établissements d'un autre âge. Pour ce faire, il fallait d'une part remplacer ces établissements par d'autres établissements, particulièrement adaptés aux différentes clientèles, jusqu'alors accueillies ensemble : c'est la transformation juridique. D'autre part, il fallait rénover ou même, ce qui pouvait être largement préférable, détruire et reconstruire lorsque l'état des bâtiments le rendait nécessaire : c'est la transformation physique. Vous avez mené bon train depuis 1982 ces deux opérations. - L'arrêté du 22 mars 1982 a transformé les 234 lits d'hospice en 159 lits de maison de retraite et 75 lits de longs séjours. Aujourd'hui par la création de 15 lits supplémentaires, cette transformation juridique est achevée. J'ai la ferme volonté de poursuivre au plan national cette restructuration des hospices. 214 000 lits d'hospices existaient en 1980. 150 000 ont déjà été transformés. Le sort de 64 000 lits reste encore à régler. Nous nous emploierons à faire en sorte qu'il le soit dans les cinq ans à venir, ce qui impliquera sans doute un report de trois ans de la date terminale d'achèvement de ce plan de transformation qu'il faudra demander au législateur. Il serait déraisonnable en effet d'espérer prononcer ces transformations en moins de deux ans sauf à se livrer à une politique d'habillage et de simulation qui consisterait à rebaptiser des situations inchangées. Cette politique nous la refusons car nous savons pertinemment que ce sont les cas les plus difficiles et les plus lourds qu'il nous reste à traiter. Nous savons aussi qu'en cinq ans nous serons en mesure de réunir la totalité des moyens nécessaires pour achever l'œuvre entreprise. Ainsi la transformation juridique des hospices s'achèvera-t-elle en même temps que les actuels contrats de plan État-Région qui constituent eux-mêmes l'avant dernière phase de la transformation physique des hospices. Soyons clairs. La modernisation physique des bâtiments est un processus distinct de la transformation juridique. Tous les établissements dont la prise en charge doit évoluer ne sont pas forcément à rebâtir. Tous les établissements qu'il faut aujourd'hui rebâtir ou rénover ne sont pas forcément encore à transformer sur le plan juridique. Si à Beaune, vous avez achevé cette humanisation, il nous reste, encore, en France 50 000 lits d'hospices à transformer physiquement. C'est donc 50 000 lits qu'à ma demande le Gouvernement s'est engagé à humaniser sept ans. L'effort financier l'État a été considérablement augmenté. Il apportera 3 milliards et demi de Francs sur les sept ans à venir sur un total d'investissement de plus de 10 milliards de Francs, soit un engagement de l'État augmenté de plus de 40 %. Des dispositions ont été également prises pour que la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, qui le souhaite, soit en mesure d'accompagner cet effort supplémentaire. Les contrats de plan État-Région permettront de couvrir les cinq premières années de de plan en y associant les collectivités locales, régions bien entendu, mais aussi, départements et communes. Je suis en mesure de vous dire qu'à l'inverse de ce qui c'était passé lors du précédent plan, toutes les régions de métropole ont accepté de contracter ce qui conduira d'ailleurs certaines d'entre elles à achever cette humanisation en cinq ans. Nous n'aurions pas voulu aborder l'an 2000 avec une France qui aurait encore pu montrer des hospices à ses citoyens. Je crois que nous avons gagné ce pari. Bravo à tous ici qui avez montré l'exemple.
La source — vie_publique · nº 223624
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/223624-claude-evin-27061989-modernisation-hospice-et-accueil-personnes-agees?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé