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31 juillet 2026 · Gouvernement · RTL · discours Discours

Interview de M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur, à RTL le 31 juillet 2026, sur la lutte contre les incendies de forêt, la question migratoire et les ingérences étrangères.

Laurent Nunez (auteur), Vincent Derosier (intervenant)

VINCENT DEROSIEREt l'invité exceptionnel de RTL est le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, bonjour. LAURENT NUÑEZBonjour. VINCENT DEROSIERAlors la nuit, en Gironde, la météo, le travail des pompiers, est-ce que cela a entamé votre optimisme ou plutôt est-ce que ça l'a renforcé ? LAURENT NUÑEZNon, l'optimisme reste le même qu'hier, c'est ce que disait madame la préfète de zone qui gère la situation remarquablement sur place. Non, ce qu'il y a, hier les conditions météo ont été évidemment plus favorables. Il y a eu une baisse des températures, le taux d'humidité a augmenté et donc le feu sans être fixé était stabilisé. C'est toujours le cas ce matin et il est stabilisé grâce au remarquable travail qui a été fait par les sapeurs-pompiers, les militaires, l'ensemble des personnels engagés, les bénévoles également, dont les agriculteurs, pour stabiliser les lisières de ce feu, c'est-à-dire entreprendre des travaux de génie, des coupes, parfois allumer des feux tactiques pour éviter qu'il ne puisse progresser. Et ce travail a été réalisé sur 240 mètres de lisière, donc c'est remarquable. A date, on va dire qu'il est stabilisé, mais il n'est pas encore fixé, surtout il reste encore des points chauds. VINCENT DEROSIERAlors, on a évidemment les yeux rivés sur la Gironde parce que les images, les chiffres sont astronomiques, mais il y a du feu ailleurs, dans le Var, en Corse. Est-ce que là il y a encore des zones du territoire qui vous inquiètent ce matin ? LAURENT NUÑEZIl y a un certain nombre de feux qui ont été fixés également, donc il faut évidemment s'en féliciter, dont, me dit-on, le feu de Corte qui nous inquiétait. Dans le Var également, il y a le feu qu'on appelle le Pontevès. On donne toujours à un feu le nom de la commune dont il est parti, donc dans le Var, il y avait eu un feu qui est également extrêmement important, il y en a eu un autre à Brignoles. Donc il n'y a pas de feu majeur en cours, mais tous les jours, il y a une trentaine de feux sur le territoire national, compte tenu de la situation actuelle, beaucoup de sécheresse, beaucoup de végétation liée aux pluies de la fin de l'année 2025, et les feux partent vite et fort. Donc voilà, on reste très attentifs, on ne baisse absolument pas la garde. Et on s'attend de toute façon à une saison compliquée, puisque la carte de vigilance des feux aujourd'hui reste toujours... VINCENT DEROSIERDonc en Gironde, ça peut repartir à tout moment ? LAURENT NUÑEZEn Gironde, il faut rester extrêmement vigilant. Aujourd'hui, sur la carte de vigilance feu, ce n'est pas la zone la plus sensible, mais le pourtour méditerranéen reste très sensible, comme la vallée du Rhône, et comme certains départements du nord-est de la France, ce qui est la caractéristique, finalement, de cette saison que nous vivons, c'est que les feux, maintenant, on peut les retrouver un peu partout sur le territoire national. VINCENT DEROSIERVous avez beaucoup répété que c'était un feu inédit. Le Président de la République a rappelé qu'il n'avait pas eu lieu depuis la Seconde Guerre mondiale, mais des feux comme ceux-ci, il y en a eu au Portugal, en Espagne, donc à nos frontières ; est-ce que ce n'était pas prévisible, attendu, en fait ? LAURENT NUÑEZNon, mais on savait que la saison serait compliquée, qu'on aurait des feux. On l'a annoncé dès le lancement de la saison, qui a eu lieu le 4 juin, donc on l'a, en signant l'ordre national d'opération qui prévoit le dispositif de sécurité civile pour la saison des feux, on avait prévu énormément de colonnes de renfort, énormément de moyens. La flotte aérienne était évidemment disponible pour intervenir. On savait que cette saison serait compliquée. Quand le Président de la République dit, le Premier ministre dit, ou quand je le dis moi-même que le feu est inédit, c'est qu'on a assisté à un feu qui est un feu convectif. Ce sont des feux qui s'autoalimentent, qui créent leur propre vent, qui, quand ils se transforment en nuages pyrocumulonimbus que nous n'avions jamais vus sur le territoire national… VINCENT DEROSIERC'est ce que le Portugal avait connu par exemple. LAURENT NUÑEZC'est-à-dire des orages de feu qui déclenchent un arc électrique qui peut provoquer des mises à feu, parfois indépendamment de l'endroit où se trouve le feu, voilà, donc c'était totalement inédit. VINCENT DEROSIERPlus de 200 000 personnes évacuées, 144 000 ne sont plus concernées, dites-nous quels sont les critères précis qui déclenchent l'autorisation de retour dans les logements, parce que certains habitants ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rentrer. LAURENT NUÑEZC'est quand le feu est stabilisé et qu'il n'y a plus de point chaud, à proximité immédiate, donc ce qui fait qu'hier, effectivement, il y a eu 144 000 personnes qui ont pu regagner leur habitation. Je crois que ce sont neuf communes au total qui sont concernées. La préfète a bien annoncé qu'aujourd'hui, elle devrait sans doute annoncer d'autres réintégrations, mais il faut qu'il n'y ait plus de point chaud. C'est-à-dire pour cela qu'en toute état de cause, il y a une réintégration qui à date n'aura pas lieu, en tout cas c'était le cas hier soir, encore ce matin, c'est les personnes qui habitent ou qui résident sur la presqu'île du Cap-Ferret, puisqu'on a encore un point chaud qui était actif encore hier soir, et comme sur le secteur du sud de Lacanau aussi, où il y a un point chaud qu'on réintègre quand on est certain que la situation est stabilisée. Mais je réitère, c'est ce qui a été dit localement, je le réitère, c'est-à-dire que les personnes réintègrent, mais elles doivent se préparer aussi à évacuer à nouveau, de toute urgence, s'il le fallait. Et donc ça c'est un message de précaution évidemment qu'on rappelle et que je rappelle. VINCENT DEROSIEREt on l'entend. Avant de revenir sur les moyens de nos soldats du feu, les interpellations qui ont eu lieu également depuis le début des incendies, j'aimerais vous faire écouter la colère des habitants de la commune du Porge, la plus touchée par ces incendies. Ils ont monté un collectif, ils vont déposer une plainte, car ils se sont sentis abandonnés par les pompiers, abandons au profit du Cap-Ferret et des luxueuses villas. INTERVENANTE, HABITANTE DE PORGEMoi, je pense qu'ils ont plutôt voulu sauver les maisons d'un million d'Euros que les maisons à 500 000. INTERVENANT, HABITANT DE PORGEIl y a eu un moment où on a été abandonnés. On a arrosé, arrosé, on a appelé les pompiers. Ils ont mis deux heures et demie pour venir. Une amie qui était là en dernière a vu la ligne de pompiers quitter le front pour soi-disant partir vers le Ferret. VINCENT DEROSIEREst-ce que des choix ont été faits ? Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ? LAURENT NUÑEZNon, d'abord dire que toute la transparence sera faite. De toute façon on fera des RETEX. Je comprends plus qu'il y aura une action judiciaire. Donc voilà, on sera évidemment transparent comme on l'est toujours. Vous dire ensuite, contrairement à ce qu'on peut dire et entendre, il n'y a pas eu d'instruction locale et encore moins nationale de privilégier tel ou tel site par rapport à tel autre. Notre priorité c'est de sauver des vies humaines. C'est vraiment la priorité. Je veux rappeler, je le redis, que nous déplorons le décès de 4 sapeurs-pompiers sur toute la séquence, dont 2 en Gironde, un en Savoie et un plus récemment dans les Bouches-du-Rhône. Notre priorité c'est de sauver des vies humaines. VINCENT DEROSIEREt des centaines de blessés. LAURENT NUÑEZLes vies humaines civiles... Je regrette évidemment, j'ai une pensée pour ces 4 sapeurs-pompiers décédés courageusement en luttant contre le feu. Notre priorité c'est de sauver des vies humaines, de civiles. Personne n'est décédé. Il y a très, très peu de blessés en dehors de personnes qui ont pu être gênées par les fumées. Et donc voilà, c'est notre priorité. Sur cette affaire, ce qui est devenue une polémique, toute la lumière sera faite. Voilà, on fera un RETEX. Toute la lumière sera faite. Mais je vous dis, il n'y a pas eu d'instruction, contrairement à ce que je peux entendre, de délaisser une commune par rapport aux gens du Cap-Ferret. Toutes les questions posées auront des réponses, évidemment. VINCENT DEROSIER3 300 sapeurs-pompiers mobilisés, 1 500 militaires, 1 250 policiers et gendarmes sont des chiffres que vous avez beaucoup répétés. Le syndicat national des sapeurs-pompiers affirme qu'il n'y en avait pas assez sur le terrain. BRUNO MENARD, SECRETAIRE GENERAL DU SYNDICAT DES SAPEURS-POMPIERSLe nombre de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels, tout confondu, n'a pas augmenté. On est toujours resté entre 250 et 260 000 pompiers. En parallèle, le nombre d'interventions a pris 50% d'augmentation. Ça peut devenir très compliqué. Et aujourd'hui, nous sommes en rupture capacitaire. La France ne peut plus faire face à ce qui se passe aujourd'hui dans la sécurité civile avec les effectifs actuels. VINCENT DEROSIERVoilà, ça c'est Bruno Ménard, le secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers. LAURENT NUÑEZIl y a deux choses dans sa réponse. D'abord, premièrement, sur le terrain, 3 300 sapeurs-pompiers, ce sont des renforts exceptionnels. Vous avez les locaux, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de Gironde, d'une part, et puis vous avez des colonnes de renforts qui ont représenté jusqu'à… sur les 3 300 sapeurs-pompiers, vous avez plus de 2 000 renforts qui viennent de l'extérieur. Et donc c'est un nombre tout à fait conséquent. Il faut y ajouter les 1 500 militaires. VINCENT DEROSIERIl n'y avait pas besoin de plus. LAURENT NUÑEZDonc je crois qu'il y avait un nombre haut terrestre. Il y avait un nombre de présence qui était très fort. C'est du jamais vu. D'ailleurs, comme sur l'ensemble du territoire national, chaque année, c'est une cinquantaine de colonnes qu'on mobilise, des colonnes de renforts qui sont payées par l'État. Ce sont des sapeurs-pompiers des différents départements qui constituent des colonnes pour intervenir ailleurs dans d'autres départements quand il y a des feux importants. Et ça, c'est pris en charge par l'État. C'est mon budget, le budget du ministre de l'Intérieur, qui finance ces sapeurs-pompiers. Donc franchement, l'engagement terrestre-aérien sur le feu de la Gironde, il est exceptionnel. On avait encore 24 moyens aériens hier, je veux le rappeler. Non, ce que dit ce représentant syndical, c'est autre chose. Il parle du volume global. Effectivement, on a 250 000 sapeurs-pompiers, donc un peu moins de 200 000 volontaires et le reste, ce sont des professionnels. Et ce qu'ils pointent du doigt - et le Gouvernement le partage, on ne le nie pas - c'est que les interventions, et notamment qui ne sont pas de la compétence des sapeurs-pompiers, elles augmentent.Vous savez, les pompiers, 85% des interventions, c'est du secours à personne. Secours d'urgence à personne. Or, il se trouve que de plus en plus, les sapeurs-pompiers se substituent à d'autres acteurs pour d'autres types de transports qui ne sont pas du secours d'urgence à personne et qui ne relèvent pas de leurs compétences. Et ça, c'est un souci qu'il faut que nous traitions dans le cadre du Beauvau civil. Et donc, ce qui a été dit... VINCENT DEROSIEREn les recentrant sur leur mission de protection contre le feu ? LAURENT NUÑEZAbsolument. Ça sera un des objets dans la foulée du Beauvau de la sécurité civile qui avait été lancé par Gérald Darmanin puis poursuivi par mon prédécesseur. Et moi, je l'ai traduit en loi que j'ai proposée au Premier ministre sur laquelle on va discuter. Ce missionnel, il faudra qu'on en discute. Et c'est ça ce que pointe du doigt ce syndicaliste et au cas d'espèce, à juste titre. VINCENT DEROSIERCôté judiciaire, 275 interpellations, c'est toujours le bon chiffre, ce matin ? LAURENT NUÑEZOn est à 308 là, ce matin, avec les interpellations qui ont eu lieu en fin de journée et dans la nuit. Donc, c'est évidemment un chiffre très élevé, surtout quand on sait que, dans deux tiers des cas, on est sur des interpellations pour des motifs criminels, c'est-à-dire des mises à feu volontaires. VINCENT DEROSIERQuand vous dites qu'on sera intraitables avec les incendiaires, ça veut dire que les sanctions seront exemplaires ? LAURENT NUÑEZIl y a les procureurs sous l'autorité du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, effectivement, ont tous annoncé qu'ils auraient une politique extrêmement ferme. Et on a, à l'issue de ces interpellations, on a un certain nombre de personnes qui ont été condamnées à de la prison ferme. VINCENT DEROSIERCombien, pour l'instant ? LAURENT NUÑEZMoi, j'ai le chiffre de 33 personnes, qui sont soit en détention provisoire, en attente de jugement, soit qui ont été condamnées. Mais ce chiffre évoluera évidemment à l'issue, au fur et à mesure que se dérouleront les gardes à vue, que les personnes seront présentées. VINCENT DEROSIERPlus de 300 personnes interpellées, c'est un chiffre considérable. Vous n'avez pas été très bavard, pour l'instant, sur le profil. C'est monsieur et madame Tout-le-Monde ? LAURENT NUÑEZJe n'ai pas été très bavard sur le profil, parce qu'en fait, je déteste dire des bêtises. Et personne ne peut vous donner... On n'a pas la monographie complète des personnes interpellées. Elles sont interpellées partout sur le territoire national. La centralisation et l'analyse des profils n'a pas encore été faite. Ce que l'on voit, par contre, évidemment avec les affaires qui nous remontent au cas par cas, c'est qu'on a à peu près tous les profils, je ne sais pas, quantifiés en fonction des catégories. VINCENT DEROSIERDes mineurs ? LAURENT NUÑEZVous avez des profils de personnes qui sont sérielles, qui ont l'habitude de se livrer à ce genre d'actes. Vous avez des personnes qui le font par imprudence, etc. Ensuite, il faudra qu'on voie la répartition entre tous ces cas de mise à feu, qui, encore une fois, soit volontaire, soit par imprudence et négligence. Et sur les 308 interpellés, on a, je crois, un peu plus de 120 mineurs, pour vous donner un ordre de grandeur… VINCENT DEROSIER120 mineurs, donc sur ces 308 interpellations, un peu plus. Ça veut dire que certains l'ont été parce qu'ils étaient en train de fumer une cigarette, d'autres parce qu'ils cherchaient à déclencher un feu volontaire. LAURENT NUÑEZAbsolument, absolument. Et puis quand c'est par négligence ou imprudence, c'est très grave aussi. C'est très grave aussi. C'est, justement, fermement sanctionné. VINCENT DEROSIEREst-ce que durcir les peines est une solution ? Une proposition de loi a été déposée par le député UDR, Matthieu Bloch, avec la circonstance aggravante en cas de sécheresse. LAURENT NUÑEZC'est une proposition de loi, c'est-à-dire une initiative d'un parlementaire. Nous en avons discuté avec le Premier ministre. Dans le cadre du projet de loi qui suivra le Beauvau de la sécurité civile, il faudra qu'il y ait, dans ce texte, un volet qui renforce les obligations, un qui renforce encore plus sans doute les obligations des propriétaires en termes de débroussaillage et autres. Et il faudra sans doute qu'il y ait un volet pénal renforcé. On verra la consistance, le contenu qu'on lui donnera, mais il faudra effectivement qu'on y réfléchisse, puisqu'on ne peut pas avoir ce que l'on vit actuellement. On déploie des moyens qui sont coûteux, des moyens énormes. Et dans le même temps, vous avez des personnes qui procèdent à des mises à feu. VINCENT DEROSIERUne question sur les pillages. Vous avez déployé des réservistes de la gendarmerie, de la police dans les zones évacuées. C'est une présence dissuasive ou c'est un phénomène massif ? Parce que nous on a parlé de ces grands crus dérobés. Quelqu'un avec 44 bouteilles de vin, une dame avec des bijoux. Mais est-ce que c'est massif ces pillages ? LAURENT NUÑEZOn n'a que quelques faits qui nous sont remontés. Ceux que vous venez de citer d'ailleurs, vous êtes bien informés, qui ont eu lieu en Gironde effectivement. Mais c'est parce que nous avons un déploiement important sur le terrain de policiers, de gendarmes, de militaires du dispositif Sentinelle aussi. La ministre des Armées a détaché 1 500 militaires, 1 000 pour traiter le feu, 500 pour venir renforcer les patrouilles de gendarmes et de policiers. Je pense que c'est ce dispositif dissuasif qui est déployé sur le terrain qui permet évidemment d'éviter ces pillages et donc d'assurer une sécurisation de haut niveau. D'ailleurs je peux vous dire aussi qu'hier soir j'ai pris la décision par ailleurs de renforcer partout sur le territoire national le contrôle par des gendarmes, notamment des massifs forestiers partout sur le territoire pour prévenir les mises à feu. VINCENT DEROSIERUne question sur un tout autre sujet, monsieur le ministre. On voulait revenir avec vous sur ces images qui nous viennent d'Espagne. Des centaines de migrants en provenance du Maroc qui arrivent par la mer à Ceuta. L'Italie appelle à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, c'est-à-dire mettre en place des contrôles systématiques à la frontière franco-espagnole. Que répond le Gouvernement ce matin ? LAURENT NUÑEZD'abord le contrôle à la frontière franco-espagnole existe. D'ailleurs il a été renforcé ces derniers mois puisque nous avons une force mobile qui est présente en permanence et qui renforce ces contrôles. Sur la situation que vous décrivez, je me suis entretenu hier avec mon homologue espagnol et on doit se parler aujourd'hui. Donc on prendra évidemment des mesures s'il devait y avoir des mouvements vers le territoire national et en tout cas on renforcera évidemment le contrôle à la frontière. VINCENT DEROSIEREt sur un autre sujet, Laurent Nuñez, vous avez dit hier chez nos confrères de BFM TV que l'arrêté d'expulsion visant Xenia Fedorova, la chroniqueuse pro-russe accusée d'être la voix du Kremlin, n'est pas une atteinte à la liberté d'expression. Alors vous parlez d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, de menaces graves pour l'ordre public, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cet arrêté d'expulsion et sur ces menaces ? LAURENT NUÑEZVous dire d'abord que ce n'est pas une atteinte à la liberté d'expression, c'est faux. Cette personne n'est que le relais de la propagande russe sur le territoire national. Et pour nous c'est un facteur de... C'est de l'ingérence pure. C'est-à-dire qu'elle diffuse la propagande du Kremlin, à la fois sur ce qui se passe en Ukraine, sur la position de la France. VINCENT DEROSIERQuels propos ont déclenché l'arrêté d'expulsion ? LAURENT NUÑEZC'est tout un travail. C'est un arrêté qui est très motivé, qui fait référence à de nombreux propos qu'elle a pu tenir, et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l'agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim, au mot près, de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets. Et donc c'est une forme d'ingérence, c'est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ; certainement pas une atteinte à la liberté d'expression... VINCENT DEROSIERC'est l'approche de l'élection présidentielle qui a guidé ce choix ? LAURENT NUÑEZAbsolument pas, c'est toute une série de prises de position qui ont été faites et qui ont justifié que nous prenions, un, un arrêté ministériel d'expulsion, qui est pris par mes services et donc que j'assume totalement. Deuxièmement, elle est assignée à résidence, on doit les pointer tous les jours en commissariat. VINCENT DEROSIERVous avez gelé ses avoirs ? LAURENT NUÑEZDans la nuit, ces avoirs ont été gelés. Enfin, hier, ils ont été publiés dans la nuit. L'arrêté que j'ai cosigné avec monsieur Roland Lescure, le ministre de l'Economie et des Finances, un arrêté qui comporte et gelant ses avoirs pour ingérence étrangère. VINCENT DEROSIEREt elle sera expulsée quand ? LAURENT NUÑEZÉcoutez, pour l'instant, il faut qu'elle se présente. L'arrêté lui a été remis par son avocat, donc elle en a connaissance. Elle peut évidemment quitter le territoire national aussi de son plein gré. On nous annonce un recours. Voilà, en tout cas, la décision est prise. VINCENT DEROSIERLe recours d'abord, son expulsion après ? LAURENT NUÑEZUn arrêté ministériel d'expulsion qui, à date, la rend irrégulière sur le territoire national. Si elle s'y trouve, je ne sais pas où elle est. Voilà, en tout état de cause, cet arrêté sera appliqué. VINCENT DEROSIEREt merci Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, d'avoir été l'invité de RTL ce matin. Source : Service d'information du Gouvernement, le 3 août 2026
La source — vie_publique · nº 304246
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304246-laurent-nunez-31072026-rtl-incendies-de-foret?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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