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31 juillet 2026 · Gouvernement · France Info · discours Discours

Interview de M. Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, à France Info le 31 juillet 2026, sur les conséquences économiques des incendies de forêt, l'inflation, les prix du

Serge Papin (auteur), William Gay Costa (intervenant), Pierrick Bonno (intervenant)

WILLIAM GAY COSTABonjour Serge Papin. SERGE PAPINBonjour William Gay Costa. WILLIAM GAY COSTAPour la première fois depuis une semaine, la préfète de Gironde se dit un peu optimiste sur le front des incendies. Ce matin, cet incendie en Gironde, méga-feu, est contenu. Est-ce qu'il y a du soulagement dans les rangs du Gouvernement ? SERGE PAPINBien sûr, moi je suis heureux d'être avec vous ce matin pour partager ça, pour avoir de l'espoir, de l'espoir mesuré, mais de l'espoir quand même. Et puis il faut avoir la niaque maintenant, c'est ça, pour la reprise, pour la réouverture. C'est ça, moi j'ai eu beaucoup d'acteurs locaux, y compris ce matin. Et tout le monde maintenant souhaite rouvrir, prend les dispositions, fait revenir le personnel. Il va falloir un petit peu de temps, bien sûr, parce que... PIERRICK BONNOCombien de temps vous arrivez à estimer ça ? SERGE PAPINAlors, moi qui connais bien les supermarchés, il faut à peu près entre deux et quatre jours. PIERRICK BONNOPour rouvrir un grand commerce. SERGE PAPINPour les endroits où ils ont été fermés, donc dans les zones qui ont été évacuées. Après, il y a des zones, comme je pensais à Lacanau par exemple, où ils n'ont pas vraiment fermé le magasin. Donc oui, il est dans une forme de continuité. Il n'y avait pas grand monde, mais l'outil a fonctionné. Parfois, l'outil s'est arrêté. Alors, quand l'outil s'est arrêté, bon bah, il faut refaire de l'entretien du froid, il faut enlever tous les produits qui sont périmés, il faut nettoyer, parce que parfois, il y a eu de la suie. Il y a tout un travail d'intendance. Donc, en moyenne, suivant les types de commerces - les commerces alimentaires, j'y mets la restauration dedans - c'est entre deux et quatre jours. Les magasins que je pourrais qualifier de non-alimentaires, les magasins de souvenirs, de vêtements, tout ce qui est aussi sur la plage, le surf, etc. Là, ça peut être fait assez vite. PIERRICK BONNOJe précise pour nos auditeurs et téléspectateurs que vous êtes l'ancien directeur général du Système U. SERGE PAPINL'ancien président de Système U, de Super U, oui. WILLIAM GAY COSTAEncore faut-il que les clients et que les salariés soient présents. Il reste encore une partie des personnes qui sont évacuées. Justement, comment prendre en charge ces entreprises qui peuvent techniquement rouvrir mais qui n'ont pas tous leurs salariés puisqu'ils sont dans des zones évacuées, cette zone grise ? SERGE PAPINExactement. Alors, pour les saisonniers, il y a eu tous les saisonniers qui étaient contractualisés. Donc, il y avait un contrat. Ils ont d'ailleurs, au passage, bénéficié dans les magasins qui étaient fermés, enfin les magasins où les entreprises étaient fermées, de l'activité partielle. Et donc, ceux-là, ils vont pouvoir revenir aussitôt. Après, tous ceux qui étaient là depuis deux ans et qui n'avaient pas forcément de contrat, mais qui avaient une fidélité aux entreprises, parce qu'ils étaient là l'année dernière, ceux-là, ils peuvent être rappelés. Et puis, on a un site... PIERRICK BONNOC'est l'annonce que vous nous faites ce matin sur France Info. Ils pourront toucher le chômage partiel ? SERGE PAPINOui, alors, ceux-là aussi, bien sûr, oui, pardon, pourront aussi... D'ailleurs, avec le ministre du Travail, mon collègue Farandou, on en a discuté. Et ça, c'est en effet une annonce. C'est-à-dire que ça va être élargi aux saisonniers qui n'avaient pas de contrat, mais qui étaient là l'année dernière. C'est important. Et puis, après, on a le site d'une start-up qui s'appelle Oh My Season, avec lequel on a travaillé, et qui permet de mettre en relation des saisonniers et des entreprises ou des commerces. Et donc, ce site-là va permettre pour tous ceux qui n'avaient pas de contrat, les preneurs si je puis dire, et les salariés, les saisonniers, de pouvoir être mis en relation. Donc, on a un dispositif là qui... PIERRICK BONNOÇa concerne combien de personnes, ces saisonniers qui n'avaient pas signé leur contrat ? SERGE PAPINCe n'est pas la majorité, parce qu'à la date de la saison où nous sommes, il y avait des consignes, en général ils sont embauchés pour deux mois. Donc, c'est un pourcentage plutôt minoritaire. WILLIAM GAY COSTASerge Papin, est-ce que ces mesures ne répondent pas qu'à une partie du problème ? Ce matin, sur France Info, Cécile Despons était notre invitée. C'est la présidente des Entrepreneurs de Gironde, l'ancienne CPME - c'est le nouveau nom de la CPME. Elle était notre invitée ce matin, je vous propose de l'écouter. SERGE PAPINBien sûr. CECILE DESPONS, PRESIDENTE DES ENTREPRENEURS DE GIRONDE (EX CPME)Vous avez des réservations qui sont aujourd'hui annulées. Ces réservations, vous ne pouvez même pas faire un effort en disant de revenir. Aujourd'hui, ils ont la possibilité d'aller n'importe où ailleurs. Les personnes qui n'ont pas pu partir au moment du Covid, elles n'avaient de toute façon pas la possibilité d'aller ailleurs. Là, ce n'est pas le cas. WILLIAM GAY COSTAJustement, ce que nous décrit Cécile Despons, c'est une situation qui semble inédite. Est-ce que les mesures que vous mettez en place, qui existent déjà, sont de nature à répondre à une situation inédite ? SERGE PAPINOn a des mesures qui sont robustes et qui sont efficaces. En tout cas, moi, je vais m'en assurer, qui existent. Donc, on a l'activité partielle étendue aux saisonniers, je viens de le dire, qui est aussi étendue par effet de bord. Bien sûr, ça concerne ceux qui ont été dans les zones évacuées, mais ça concerne aussi là où il y a eu des difficultés, par effet de bord si je puis dire, dans la région, tout autour de la région nord-polaise. PIERRICK BONNOC'est un effet domino, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas fermé, mais ils sont impactés. SERGE PAPINMais ils ont moins de trafic actuellement. Bon, donc là, chômage, activité partielle. Deuxièmement, on a toute la possibilité de report de charges, charges salariales, fiscalité. Donc ça, c'est la souplesse. WILLIAM GAY COSTAMais il faudra payer à la fin. Donc une entreprise qui serait fragilisée par cette crise, elle devra tout de même payer certaines des charges, il n'est pas question d'en effacer ? SERGE PAPINC'est reporté. Pour l'instant, les charges sont reportées. WILLIAM GAY COSTAMais vous y travaillez peut-être à dire : on va mettre une enveloppe exceptionnelle ? SERGE PAPINAlors, il y a un dispositif qui existe, qui est en relation avec la médiatrice du crédit ou avec le médiateur des entreprises. C'est coordonné par la DGFIP départementale, ça fonctionne bien. Donc ça, il faut l'utiliser. Après, ça permet d'étaler la trésorerie. Donc les problèmes des salariés sont réglés avec l'activité partielle. Le problème de trésorerie : décalage de charges. Les banques, qu'il faut saluer, font des efforts. Que ce soit avec les particuliers, que ce soit avec les entreprises. PIERRICK BONNOLesquelles Serge Papin ? SERGE PAPINLe Crédit Agricole, le Crédit Mutuel. PIERRICK BONNOQuel type d'efforts font-elles ? SERGE PAPINAlors, quels types d'effort : elles reportent les échéances. Ça c'est important. Ça c'est très important. Capital et intérêts. Elles permettent de faire des crédits pour la trésorerie avec des taux bonifiés. Donc ça, ça va permettre... WILLIAM GAY COSTADonc on peut emprunter. Il y a une possibilité de prêts garantis par l'État aussi, comme ça a pu exister par exemple ? SERGE PAPINIl n'y a pas besoin. Ces prêts-là ne demanderont pas de garantie. Les banques ne demanderont pas de garantie. Donc vous voyez, on a un dispositif robuste. Puis il y a toute la solidarité qui est là aussi. Moi je salue pour les particuliers ce que fait la Fondation du Patrimoine. Le MEDEF lance aussi un fonds de solidarité. D'autres aussi... j'ai entendu la CMA qui débloque son fonds de solidarité. Donc il y a tout un dispositif. WILLIAM GAY COSTAOui, mais alors ça, c'est les entités qui se substituent... est-ce que ça pourrait être fait par l'État d'une certaine manière ? Ce sont le MEDEF ou les entreprises qui vont donner de l'argent, ou des fondations ? SERGE PAPINL'activité partielle, c'est de l'argent de l'État. Le chômage partiel, c'est de l'argent de l'État. L'État est là. L'État, il est en soutien. Le report de charges, c'est l'État. WILLIAM GAY COSTAQuand Cécile Despons, ce matin, la présidente des Entrepreneurs de Gironde, nous dit que la réponse n'est pas suffisante. Pourquoi dit-elle cela ? SERGE PAPINParce qu'il y a eu, sans doute, des analogies. En tout cas, on souhaiterait qu'il y ait des analogies avec ce qui s'est fait pour le Covid. WILLIAM GAY COSTALe « quoi qu'il en coûte ». SERGE PAPINLe " quoi qu'il en coûte ". On n'en est pas là. Ça n'arrivera pas de nouveau. On est à dix jours de fermeture. Le Covid, ça a duré deux ans. Moi, je vais vous dire, j'ai confiance dans le dispositif qui est mis en place. Et je vais m'assurer qu'il fonctionne bien, que les guichets soient ouverts très vite, notamment pour l'activité partielle. Après, on va faire un bilan de tout ce qui s'est passé. Moi, je vais m'y rendre, discuter avec les acteurs locaux. Bon, là, je veux d'abord... PIERRICK BONNOVous y serez quand, Serge Papin, en Gironde ? SERGE PAPINIl y a deux déplacements qui sont prévus. Il y a un déplacement, je pense, avec le Premier ministre, qui se fera dans les jours qui viennent. Moi, j'irai... Moi, j'irai... PIERRICK BONNODans les jours qui viennent. SERGE PAPINIl faut attendre un petit peu, parce qu'on ne va pas gêner les pompiers qui travaillent, parce que, malheureusement, tout n'est pas encore réglé. Et puis après, moi, je m'y rendrai un petit peu plus tard avec les acteurs locaux. Je vais vous faire une confidence, symboliquement, parce qu'on peut revenir dans ce beau pays, du côté des Landes ou du côté du Bordelais. Il faut encourager nos concitoyens à y venir. PIERRICK BONNODonc vous allez montrer l'exemple. SERGE PAPINMoi, je vais montrer l'exemple en y allant. Et puis, il y a des territoires qui n'ont pas subi. Si vous allez dans le Verdon, si vous allez dans l'Entre-Deux-Mers, dans le Libournais... Vous voyez, il y a encore... PIERRICK BONNOJustement, Serge Pain, sur le tourisme, justement. Est-ce que les messages des autorités n'ont pas été un peu contradictoires ? On va écouter deux déclarations à quelques jours d'intervalle seulement. La préfète de Gironde, d'abord, Sophie Brocas, dimanche dernier. Écoutez. SOPHIE BROCAS, PREFETE DE LA GIRONDEMoi, franchement, j'incite vraiment fortement les touristes à ne pas rejoindre la Gironde, au moins tant que le feu n'est pas fixé. J'invite aussi les touristes qui sont d'ores et déjà présents à envisager une autre destination. PIERRICK BONNODepuis, Serge Papin, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, tente de faire passer un autre message. Il l'a fait à plusieurs reprises cette semaine, hier soir encore sur les réseaux sociaux. THOMAS CAZENAVE, MAIRE DE BORDEAUXCet été, venez à Bordeaux, venez en Gironde. Si vous voulez soutenir les commerçants, les artisans, les hôteliers, les restaurateurs qui sont ici, à Bordeaux et ailleurs, lourdement impactés, venez. PIERRICK BONNOComment on s'y retrouve ? SERGE PAPINNon mais, ça ne s'oppose pas. PIERRICK BONNOUn petit peu, quand même. SERGE PAPINNon mais, attendez, la préfète fait son boulot, si j'ose dire, c'est la sécurité des gens. C'est ça, la vision principale du boulot de la préfète. Et elle l'a bien fait. C'est normal. Après, les choses ont évolué. Moi, j'ai été aussi, quand je me suis exprimé, j'ai dit : surtout venez en Gironde, comme le maire. Je comprends, le maire lui aussi... PIERRICK BONNODonc, il faut aller en Gironde. Vous encouragez les touristes d'y aller ce matin. WILLIAM GAY COSTASophie Brocas disait tout de même " la Gironde, ne venez pas en Gironde " et elle ne faisait pas la distinction, comme vous l'avez fait il y a quelques minutes, de ces secteurs qui n'ont rien à voir, le Médoc... Il n'y a pas eu d'erreur de langage là-dessus ? SERGE PAPINNon, mais... Moi, j'essaie de faire un peu de discernement dans tout ça. En effet, il y a les territoires qui n'ont pas subi, il y a les territoires qui rouvrent, puis après, on va pouvoir reprendre une vitesse de croisière. Puis, je vais vous dire, moi, je mobilise pour le mois d'août. Il faut qu'on essaie, au mois d'août, de reprendre... WILLIAM GAY COSTAPar quels moyens alors ? SERGE PAPINLà, je suis avec vous ce matin. WILLIAM GAY COSTAAlors, on a énormément d'auditeurs et téléspectateurs, Serge Papin, mais est-ce qu'on peut peut-être aller plus largement que le 8.30 de France Info ? SERGE PAPINCe matin, j'étais avec le maire de Lacanau, Laurent Peyrondet, au téléphone, qui me dit : " Nous, on veut rouvrir, c'est le principal. Et après, dans un deuxième temps, Monsieur le Ministre, ensemble, on va voir quelle stratégie on peut mettre en place pour coordonner une stratégie de relance. ", donc, là, on va mouiller le maillot pour ça. PIERRICK BONNOUn mot peut-être sur la saison touristique au global. Vous nous disiez, il y a deux semaines, qu'elle partait bien, cette saison touristique. Ça gâche un petit peu le bilan ? SERGE PAPINÇa gâche, oui, sûrement que... Bon, après, on a toute l'arrière-saison aussi qui est intéressante. Ça gâche un peu dans les Landes et dans la région de Gironde. En revanche, ailleurs, tout va bien. La France, c'est un grand pays, quand même. C'est un grand pays touristique. On est leader au monde sur l'accueil des touristes. Il y a beaucoup de touristes étrangers qui viennent aussi, donc dans le reste de la France, le tourisme va bien. WILLIAM GAY COSTASerge Papin, on va revenir avec vous dans un instant sur les chiffres de la croissance, sur le chiffre de l'inflation qui vient à l'instant d'être révélé. Elle s'accélère sur un an au mois de juillet, cette inflation à 2,1%. Tout cela après un tour complet de l'actualité à 8 h 45, et c'est avec Laura Dulieu. (…) PIERRICK BONNOEt nous sommes jusqu'à 9h avec Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. Les chiffres de l'inflation, les derniers, ceux de juillet, viennent effectivement de nous parvenir. 2,1 % sur un an en juillet, c'est un petit peu moins que ce qui était envisagé par le Gouvernement. On apprenait hier un rebond surprise de la croissance au second trimestre, 0,2%. Ce sont de bonnes nouvelles ça pour le Gouvernement ? SERGE PAPINOui, la France, c'est un pays mature sur le plan économique, donc on peut être satisfait de ces 0,2% de croissance. Ça nous met dans une trajectoire a priori de 0,7 % qui a été révisée - puisqu'on était au départ à 0,9% et puis après avec la crise géopolitique, on a rabattu à 0,7% - mais 0,7%, ce serait un bon atterrissage et on est sur cette trajectoire. Et l'inflation est contenue. Je rappelle quand même qu'on est le pays d'Europe qui a le moins d'inflation. En année glissante, on est à 2,1%. Donc notre économie, elle tient bon, elle résiste, et donc on peut parfois être fiers aussi de ça. WILLIAM GAY COSTALa situation internationale, vous l'évoquiez à l'instant, Serge Papin, c'est ce qui se passe au Moyen-Orient, cette paix qui semble introuvable entre les États-Unis et l'Iran. Est-ce que tout cela - on l'a vu, le cours du pétrole a de nouveau bondi ces derniers jours - est-ce que tout cela, ça n'obère pas un petit peu cet optimisme autour de la croissance et sur cette inflation pour l'instant contenue ? SERGE PAPINÇa amène de l'attentisme, c'est sûr. Je remarque quand même que les choses ont l'air d'évoluer, là aussi, à peu près favorablement. Le cours du pétrole a un peu baissé. Je rappelle qu'on maintient toutes les aides ciblées, qui enjambent donc tout l'été. WILLIAM GAY COSTAJusqu'à quand, Serge Papin ? SERGE PAPINPour l'instant, c'est jusqu'à fin août et on verra ce qu'il en est. Vous savez, la gestion d'une crise, ça se fait quasi au quotidien. Enfin, en tout cas, là, on a dit " pour l'été ", on enjambe l'été. On verra ce qu'il en sera au mois de septembre pour continuer à accompagner de manière ciblée les entreprises. WILLIAM GAY COSTACe prix du litre aux alentours de deux euros, c'est ce à quoi il faut s'attendre encore longtemps, selon vous ? Ou est-ce qu'il y a dans les réflexions et les prévisions du Gouvernement une embellie qui est en train d'apparaître ? SERGE PAPINIl y a un accord, il faut saluer l'accord avec le Hamas déjà, ce matin. WILLIAM GAY COSTAQui malheureusement, lui, n'aura pas d'impact direct. SERGE PAPINC'est quand même périphérique à ce qui se passe. Et on espère qu'il va y avoir une paix. En tout cas, la France y travaille, et que le détroit d'Ormuz pourra être libéré. Et il faut sans doute s'attendre, si on est un peu optimiste, à un cours qui va baisser. Il y a des efforts qui sont faits par les distributeurs avec lesquels je discute. J'étais en réunion la semaine dernière avec eux. Total a bloqué ses prix à moins de deux euros, à 1,99 euro pour l'essence et à 2,20 euros pour le gazole. Je sais que les distributeurs font des opérations à prix coûtant aussi au moment des grandes transhumances. Donc, tout le monde... WILLIAM GAY COSTAAvec des stations indépendantes, d'ailleurs, qui dénoncent ces pratiques en disant qu'elles ne peuvent pas suivre et que c'est une forme de concurrence déloyale. SERGE PAPINÉcoutez, en tout cas, ceux qui peuvent le font. C'est aussi une forme de solidarité par rapport à ces acteurs. Moi je regarde ça, et ça permet, dans ces moments de grands mouvements, d'accompagner au mieux les choses. PIERRICK BONNOSerge Papin, revenons sur ces incendies en Gironde. Il y a eu énormément de controverses ces derniers jours sur les moyens que l'État donne à la sécurité civile. Vous nous dites ce matin que l'État n'aurait pas pu mieux faire dans cette crise, n'aurait pas pu mieux anticiper ? SERGE PAPINÉcoutez, il y a eu beaucoup d'anticipation déjà. Heureusement, parce que bon, il y avait des choses qui étaient prépositionnées. On a renvoyé des pompiers venant de toute la France parce que vous savez... PIERRICK BONNOSur les moyens, Serge Papin, sur les avions, les hélicoptères... SERGE PAPINNon mais cette guerre du feu, bien sûr, le parc a été doublé. Le parc des Canadair, des hélicoptères, je crois qu'il y a soixante aéronefs qui sont présents. WILLIAM GAY COSTAÇa n'a pas beaucoup bougé sur la question des Canadair. Par contre, sur les hélicoptères bombardiers d'eau et les Dash, ça a évolué ces dernières années. SERGE PAPINNon mais ça a doublé. Le parc a doublé. Moi, je veux bien. Et puis, je vais vous dire, vous savez, la guerre du feu, là. Où est-ce qu'elle se gagne ? Elle se gagne sur le terrain. Ce sont les pompiers qui la gagnent, sur le terrain. WILLIAM GAY COSTAVisiblement, on n'a pas eu assez de monde dans les airs, ni sur terre, puisqu'on n'a pas réussi à contenir ce feu. SERGE PAPINC'est un feu de dimensions exceptionnelles, jamais vu, qui provoque... WILLIAM GAY COSTAOui, mais on savait qu'on s'orientait vers ce genre de scénario. Ça fait des années que les spécialistes disent que ce sont les méga-feux qui nous menacent. Et pourtant, on a l'air de tomber un peu parfois de l'armoire. SERGE PAPINNon, mais là, écoutez, les moyens qui sont mis en place sont des moyens très importants. Je rappelle, en plus, qu'il y a eu des feux en Gironde, il y a des feux dans les Landes, il y a des feux dans le Var, il y a des feux à Fontainebleau. Donc on est dans une période comme ça où il va falloir... d'ailleurs, bien sûr qu'il va falloir anticiper, d'ailleurs, le Premier ministre a demandé à la ministre de la Transition écologique de faire un plan d'anticipation, parce que regardez ce qui se passe dans toute l'Europe. PIERRICK BONNOQu'est-ce qu'il faut changer en priorité, justement ? SERGE PAPINIl faut anticiper, bien sûr, sans doute beaucoup plus surveiller, mais regardez ce qui se passe dans toute l'Europe, parce que c'est bien gentil de dire : " le Gouvernement français n'a pas anticipé ", alors le Gouvernement espagnol n'a pas anticipé, le Gouvernement portugais n'a pas anticipé, regardez ce qui s'est passé en Grèce. WILLIAM GAY COSTAIl peut y avoir un manque d'anticipation généralisé, Serge Papin, ce n'est pas forcément une exclusion. SERGE PAPINSans doute qu'il faudra en tirer les enseignements, on ne va quand même pas faire des reproches, en particulier à ce Gouvernement, sur la gestion de ces incendies qui sont... Il faut le dire, moi je regarde ce matin ce qui se passe, les incendies sont sous contrôle. PIERRICK BONNOSerge Papin, vous parliez de ce plan pour l'adaptation - je vais y arriver - qui a été demandé à Monique Barbut, la ministre de l'Écologie. Qu'est-ce qu'on peut faire en priorité ? SERGE PAPINIl faut surveiller, sans doute, il faut surveiller nos espaces forestiers. J'écoutais une étude de quelqu'un, je n'ai plus son nom, mais qui était chez vous hier matin, ou avant-hier matin, il disait qu'il faudra… PIERRICK BONNOFrançoise Vimeux peut-être, la climatologue ? SERGE PAPINIl disait qu'il faudra s'habituer dans les périodes estivales, sans doute, à gérer des grands feux. Bon, je ne sais pas si c'est une réponse, en tout cas, il va falloir sans doute anticiper, mieux surveiller, prépositionner... PIERRICK BONNOIl va falloir de l'argent, sans doute, non ? SERGE PAPINPrépositionner des moyens. PIERRICK BONNODes investissements plus importants ? SERGE PAPINOui, sur tout ce qui concerne l'écologie, je pense que le Gouvernement ne fera pas d'économies. Au contraire, ce sera… PIERRICK BONNOMais ce sera au détriment forcément d'autres secteurs. SERGE PAPINNon, non, mais attendez, il faut faire des choix, le budget c'est une stratégie aussi, bien sûr, il faut faire des économies, c'est une stratégie. Pourquoi on a une programmation militaire en hausse ? Parce que c'est une stratégie qui correspond à une adaptation du climat géopolitique. Pourquoi sur l'écologie, il faudra sans doute des budgets en hausse ? Parce qu'aussi c'est une adaptation. WILLIAM GAY COSTAMais tout ça en devant faire des dizaines de milliards d'économies pour tenter de juguler notre déficit ? SERGE PAPINLa stratégie, c'est de faire des économies là où il faut en faire, et puis de faire des investissements. WILLIAM GAY COSTAMais où ça ? SERGE PAPINÉcoutez, le budget, on en discutera à la rentrée, voilà. Pour l'instant, on est en train de le construire. PIERRICK BONNOEt vous avez encore un espoir que ce budget soit voté, compte tenu de la situation politique à l'Assemblée ? SERGE PAPINOui, j'ai un bon espoir, parce que si l'Assemblée, elle a le sens de l'intérêt général, pour que le prochain président de la République, avec la prochaine Assemblée, puisse faire ce qu'on appelle un PLFR, donc révisé, qui sera adapté à sa politique du moment, il faut qu'il y ait un budget, sinon on ne peut pas réviser s'il n'y a pas de budget. Et ça serait catastrophique si on n'a pas de budget, parce que ça voudrait dire que les choses ne pourraient pas bouger, peut-être avant la rentrée 2027. Donc je pense que tout le monde a cette conscience, et si on veut aller vers justement une stratégie budgétaire qui soit à la fois avec une dimension programmatique pour s'adapter aux événements, là, que l'on vit, puis en même temps, qu'il y ait des économies, ça veut dire qu'il faudra que l'Assemblée vote un budget. PIERRICK BONNOUne question, Serge Papin, sur Xenia Fedorova, cette chroniqueuse pro-russe touchée par un arrêté d'expulsion. Nos confrères du Parisien nous apprennent ce matin que le Gouvernement français va geler ses avoirs pour six mois, vous nous le confirmez ce matin sur France Info, Serge Papin ? SERGE PAPINOui, je peux vous le confirmer. Ça fait partie aussi de ce qu'a dit le Premier ministre, qui ne veut pas qu'il y ait d'ingérence dans une période électorale, d'autres pays qui viennent s'ingérer dans notre démocratie. On va vivre des sénatoriales, on va vivre des présidentielles, il faut qu'on soit attentifs et ce n'est pas normal que des gens venant d'autres pays veuillent influencer notre système démocratique. WILLIAM GAY COSTASerge Papin, ce matin, justement, l'avocat de cette chroniqueuse pro-russe, Xenia Fedorova, a réagi. Il dit que ce gel de ses avoirs est un acharnement et que c'est illégal tout comme son expulsion. Vous répondez quoi ? SERGE PAPINJe fais confiance à mon collègue Laurent Nunez, à Jean-Noël Barrot et à Roland Lescure. S'ils ont pris cet arrêté - il s'agit d'un arrêté, je crois que c'est pour six mois - s'ils ont pris cet arrêté, ils l'ont fait conformément au droit. WILLIAM GAY COSTAMais ça pose la question des ingérences étrangères, notamment au titre de la campagne présidentielle. SERGE PAPINBien sûr, et c'est pour ça que le Premier ministre vraiment veut vraiment marquer son territoire s'il en est responsable, pour qu'il y ait une démocratie qui soit harmonieuse, fluide et qu'on n'ait pas d'ingérence dans notre pays. WILLIAM GAY COSTAEst-ce que ça n'a pas un peu tardé ? Il y en a certains qui demandaient déjà l'expulsion de Xenia Fedorova depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, elle intervient désormais. SERGE PAPINVous savez, on est dans un État de droit, un pays démocratique. Ça répond aussi à votre question : il faut que tout qu'il y ait tous les leviers, toutes les choses qui seraient... il faut respecter le droit et donc il faut un peu de temps, dans un pays démocratique. WILLIAM GAY COSTAMerci beaucoup Serge Papin d'avoir été avec nous ce matin sur France Info, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et du Pouvoir d'achat. Les dossiers ne manquent pas sur votre bureau, je m'en doute. LAURA DULIEUMerci d'avoir été avec nous. SERGE PAPINBien sûr. Merci à vous. WILLIAM GAY COSTAMerci beaucoup Pierrick BONNO pour cette interview. L'info continue sur France Info. Source : Service d'information du Gouvernement, le 3 août 2026
La source — vie_publique · nº 304245
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304245-serge-papin-31072026-france-info-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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