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27 juillet 2026 · Gouvernement · discours Discours

Conférence de Presse de Mmes Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement, Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, Annie Genevard, ministre

Maud Bregeon (auteur), Laurent Nunez (intervenant), Monique Barbut (intervenant), Annie Genevard (intervenant)

(…) focalise toute l'attention du Gouvernement, les incendies qui perdurent en ce moment même en Gironde, dans le Var, dans les Landes et en Corse. Ce que je vous propose, c'est de donner immédiatement la parole au ministre de l'Intérieur, Laurent NUÑEZ, qui pourra faire un point de situation globale et vous relater ce qui a été dit en Conseil des ministres. Et puis, nous passerons dans un second temps à quatre voix, si je puis dire, à la partie questions-réponses sur ce sujet et plus globalement sur l'ensemble des sujets, bien sûr, qui vous intéressent. Je vous remercie. Laurent NUÑEZMerci beaucoup, Madame la ministre. Donc, pour faire un point de situation, ce qui a été dit au Conseil des ministres sur les épisodes, épisodes des feux de forêt en cours et feux en cours, feux de végétation, feux de forêt et sécheresse, avant ça, peut-être vous donner quelques éléments d'information. C'est une information qui est sortie dans la presse. Je veux donner quelques éléments factuels sur un individu qui a été interpellé dans le secteur de la porte de Clichy, avenue de Clichy, dans le 17ème, à 11h30 ce matin, un individu qui a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service, et dont je salue évidemment le courage. Je voulais vous dire qu'on a donc interpellé un individu qui a agressé au couteau trois femmes. Donc je vous donne vraiment quelques éléments factuels, premiers éléments d'information qui me sont remontés, qui auront vocation à être confirmés évidemment dans le cadre d'une enquête judiciaire qui ne manquera pas de s'ouvrir. Donc, on a un individu qui a attaqué trois femmes avec deux couteaux de cuisine, trois femmes dont aucune ne voit son pronostic vital engagé, fort heureusement, mais dont deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement pour avoir été touchées pour l'une aux lombaires, pour l'autre à l'abdomen, et enfin une troisième femme qui est blessée plus légèrement, qui n'est pas en urgence absolue mais en urgence relative. Et donc les trois victimes sont âgées de 19 ans, 24 ans et 36 ans. Voilà, donc aucun… on n'a pas de pronostic vital engagé. Voilà ce que l'on sait là-dessus. L'auteur a été interpellé par un policier hors service de la préfecture de police. Encore une fois, évidemment, je lui rends hommage, c'est un acte courageux. Il n'a donné qu'une identité déclarative, il n'y a pas de… nous n'avons pas de documents à l'appui de cette identité déclarative. Et donc, il faudra rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent, évidemment, évidemment, que je condamne fermement. Et l'individu, nous dit-on, tient des propos incohérents. Mais voilà, il faut être extrêmement prudent. Je vous donne vraiment du factuel. C'est vraiment tout ce qui nous est remonté sur cette affaire que je vous donne. Voilà. Donc, encore une fois, trois victimes dont le pronostic vital n'est pas engagé. Ce sont trois femmes qui ont été attaquées par un individu interpellé, attaque au couteau, avec deux couteaux de cuisine, aujourd'hui, donc ce matin, en fin de matinée, à 11h30, dans le 17e arrondissement, et donc encore une fois interpellé. Et donc les suites judiciaires à venir détermineront le mobile de cette extrêmement violente agression. Voilà. Pour aller sur les feux de forêt, donc rapidement revenir sur ce qui a été dit en Conseil des ministres sur ce sujet, où il y avait une communication où on a pu rappeler évidemment le caractère tout à fait exceptionnel de la saison que nous vivons en matière de feux de forêt, et le motif étant évidemment les températures extrêmement élevées que nous avons connues, l'état de sécheresse, la végétation abondante et le fait que par ailleurs, très souvent, on a des facteurs climatiques qui ne nous aident pas, comme le développement du vent, et qui font que depuis le début de la saison, on a enregistré, pour être précis, 13 566 feux ou départs de feux depuis le début de la saison. Et le nombre d'hectares qui ont été brûlés, la superficie brûlée, c'est 116 085 hectares. Pour vous donner un ordre de grandeur, la dernière saison qui était la saison 2022, on avait eu sur toute une saison avec 70 000 hectares de forêts et de végétation brûlés au total. Nous en sommes déjà à 116 000 hectares. C'est vous dire qu'on vit une saison qui est totalement inédite et complètement exceptionnelle, bien évidemment. On a fait ce point en conseil des ministres, on a fait cette présentation à l'ensemble des ministres, au président de la République, au Premier ministre, de cette situation. Et on a fait un point sur un certain nombre d'incendies en cours, d'incendies de végétation, de forêts en cours. Je reviendrai précisément sur l'incendie, très rapidement sur les incendies, mais notamment sur celui de Gironde pour vous dire exactement ce que nous faisons actuellement, la façon dont ce feu est traité. Ça me semble important de revenir là-dessus pour bien expliquer l'engagement terrestre extrêmement important et la participation de l'ensemble des acteurs, dont d'ailleurs des agriculteurs que je veux saluer, mais j'y reviendrai. On a fait un point, surtout au Président et au Premier ministre, des moyens qui sont les nôtres pour lutter contre ces feux de forêt. Je voudrais rappeler un certain nombre de choses : il se dit beaucoup de choses dans les médias qui sont évidemment, qui relèvent de la polémique, souvent de la polémique politique, mais je voudrais quand même remettre un peu les pendules à l'heure sur certains points. D'abord, comme vous l'imaginez, quant à cette saison des feux, nous avions prévu qu'il allait y avoir une saison des feux extrêmement compliquée, compte tenu des conditions climatiques que j'ai rappelées. Et cette saison, elle a commencé très tôt. Très tôt, en mai, juin, on a commencé à avoir un certain nombre d'incendies, c'est ce qui lui confère un caractère exceptionnel. Mais surtout, comme chaque année, comme chaque année, le ministère de l'Intérieur, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises placée auprès du ministre de l'Intérieur, préparent la saison des feux. Préparer la saison des feux, ça veut dire quoi ? Ça veut dire mobiliser et prépositionner sur l'ensemble du territoire national un certain nombre de moyens aériens, de moyens terrestres qui permettent de nous déployer très rapidement sur les incendies et les feux de végétation. Et ça, ce prépositionnement, il est extrêmement important. Ça fait partie des leçons que nous avons tirées, notamment de 2022. Une planification qui permet de prépositionner des moyens pour être le plus réactif. Et tous les jours, on procède à des réajustements en fonction de la carte qui nous est donnée par Météo-France et des observations qui sont aussi faites par des organismes aussi importants que l'Office national des forêts. Et tous les jours, on prépositionne ces moyens terrestres, ces moyens aériens. Ces moyens, ils sont de quel ordre ? Ils ont augmenté de manière considérable, considérable. Pour vous donner quelques chiffres, les colonnes de sapeurs-pompiers qui sont susceptibles de venir renforcer les départements qui sont impactés par des feux de forêt et des incendies. Il y a 51 colonnes qui sont constituées cette année, pour cette année, au niveau du territoire national. C'est évidemment bien plus que ce qu'on a connu par le passé, et singulièrement dans les périodes d'avant l'incendie de 2022, et même avant. Donc, on a tiré toutes ces conséquences, prépositionné des moyens, augmenté les moyens. Il y a aussi la question des engins, du matériel qui est utilisé en terrestre pour lutter contre les incendies. Je veux rappeler qu'à partir de 2022, a notamment été mobilisé ce qu'on a appelé le Pacte capacitaire, qui a permis à l'État d'engager une enveloppe de 150 millions d'euros pour venir en aide aux services départementaux d'incendie et de secours pour acheter des équipements et notamment du matériel mobile de lutte contre les incendies. Ce sont 540 engins qui ont pu être acquis de cette façon, qui sont actuellement déployés sur le terrain avec un engagement de l'État de 150 millions d'euros et les SDIS ont dépensé l'équivalent, 150 millions d'euros également, pour un total de 300 millions d'euros qui nous a permis de renforcer les moyens mobiles pour lutter contre les incendies. D'une manière générale, le budget de la Sécurité civile, qui relève du ministre de l'Intérieur (le programme 161) est passé en crédits de paiement en 2017 de 450 millions à 800 millions en 2026. C'est une augmentation de 76 %, on est presque au double. Je vous passe évidemment l'augmentation des budgets des services départementaux de secours sur la même période, qui a été extrêmement conséquente puisqu'elle elle a dépassé le milliard d'euros sur cette période. Ce sont autant de moyens qui ont été mis à la disposition des SDIS. Ce qui pose d'ailleurs une problématique de financement des SDIS à venir, mais ça, c'est un autre sujet qui n'a pas de conséquences sur les moyens. Donc, c'est une augmentation significative des moyens, et puis évidemment, des moyens aériens. Je suis sidéré et effaré de voir qu'on commente notre flotte aérienne en se contentant de parler des Canadairs. La flotte aérienne française, elle a une force, c'est qu'elle est très diverse. C'est le président de la République qui l'a voulu, qu'on ait à la fois des avions qui soient en capacité de projeter de l'eau, c'est les Canadairs, qui sont des avions amphibies, qui permettent d'avoir évidemment un taux de rotation important, mais on a aussi une flotte qui permet de propulser et de projeter et de l'eau et du produit retardant des incendies, et c'est fondamental. Par exemple, dans le traitement du feu de Bordeaux, mais j'y reviendrai, les produits retardants, c'est fondamental. Et nous avons donc ces 12 Canadairs, et nous avons 8 Dash qui sont des avions qui ont une capacité d'emport, ce que personne ne dit, de 10 000 litres —un Canadair, c'est 6 000 litres, un Dash, c'est 10 000 litres— qui peut faire et de l'eau et du produit retardant. Et ça, les Dash, évidemment, on est passé de 2 à 8 Dash en très peu de temps, et on a eu 6 Dash nouveaux qui ont été livrés entre 2019 et 2023. Donc, il faut arrêter de dire que notre flotte n'a pas été renouvelée, que notre flotte n'est pas à niveau. C'est une flotte diversifiée : 12 Canadairs, 8 avions Dash. Et puis nous louons par ailleurs, au-delà de ces moyens patrimoniaux, nous louons chaque année, et c'est le cas actuellement, 10 hélicoptères bombardiers d'eau, 10 hélicoptères bombardiers d'eau, et puis 6 avions qui sont des avions bombardiers, ce qu'on appelle les avions Air Tractor. Nous en avons 6. Donc au total, si vous rajoutez les moyens qui ont été acquis par les SDIS, au total, la flotte aérienne française, c'est 67 vecteurs, 67 vecteurs. Ce qui est évidemment extrêmement important ; c'est-à-dire à la fois ce que nous louons, ce que nous avons en patrimonial, et puis les moyens des SDIS. Ce qui en fait d'ailleurs une des flottes les plus importantes d'Europe. Il faut s'en féliciter. Et donc il faut arrêter de se contenter de se limiter à telle ou telle catégorie d'aviation, d'avions, types d'avions ou types d'hélicoptères. Pour nous, ce qui est important, c'est la diversité de notre flotte. Donc voilà, des budgets en augmentation, des moyens aériens qui sont bien là, et puis des moyens terrestres qui ont été également renforcés. La traduction très concrète, et j'en terminerai par là pour ne pas être trop long, la traduction très concrète de tout ça, c'est ce qui se passe en Gironde actuellement. En Gironde actuellement où on a un feu inédit. C'est un feu qui touche une forêt du Sud-Ouest, un feu qu'on appelle convectif, en fait. Il a sa propre vie. Il profite à la fois des conditions climatiques et de la consistance de ces forêts pour avoir un comportement qui est complètement erratique. Il est autonome, il s'auto-alimente, il part un peu dans tous les sens. C'est un feu qui est compliqué, évidemment, à maîtriser, très compliqué à maîtriser, qui a déjà parcouru plus de 40 000 hectares, 40 000 hectares. C'est beaucoup plus que le nombre d'hectares qui avaient été brûlés au cours des incendies sur cette même zone en 2022, où on était à 22 000 hectares. Donc là, nous sommes déjà à 40 000. Au moment où je vous parle, il est stabilisé, il n'est pas fixé, cet incendie, j'y reviendrai également. Mais on est confrontés en Gironde à un phénomène qui est totalement inédit, puisque par ailleurs, à une reprise, et ça a été commenté par certains de vos confrères sur certaines chaînes, à une reprise, ça s'est passé dans la nuit de vendredi à samedi, cet incendie a développé un nuage pyrocumulonimbus, c'est-à-dire un nuage qui provoque des arcs électriques, qui projette de la matière incandescente très loin et qui monte très haut en altitude. C'est un phénomène qu'on n'avait jamais observé sur le territoire national. On l'a vu dans d'autres pays, ça existe aux États-Unis, ça peut exister dans des pays plus au sud, mais on ne l'avait jamais vu. On est donc confronté à une situation qui est totalement inédite et qui fait d'ailleurs que ce feu, par moments, s'est dirigé vers la métropole bordelaise. Actuellement, donc, il est en cours de traitement. Et donc, tous les moyens dont je vous ai parlé, ça permet quoi ? Ça permet que, sur une journée comme hier, on n'avait pas, comme on a pu nous le dire sur un journal télévisé, que quatre Canadairs qui étaient [inaudible]. On avait donc 18 vecteurs aériens qui étaient engagés sur ce feu, sur cette zone, 18 vecteurs aériens. On avait 2 500 sapeurs-pompiers qui étaient engagés sur le feu, le traitement du feu de la Gironde. 2 500 sapeurs-pompiers. Le SDIS, l'engagement des locaux, des sapeurs-pompiers de Gironde, c'est 600. Donc, il y avait 1 900 renforts qui provenaient soit de la zone, soit voire même de départements de toute la France, comme de nombreux reportages qui ont été diffusés l'ont montré. On avait 1 500 militaires qui étaient engagés. Je remercie encore une fois la ministre des Armées. 1 500 militaires engagés sur le terrain, à terre. On avait également des agents de la Défense forêt contre les incendies, la DFCI, qui sont intervenus. On a réquisitionné des moyens du BTP pour pouvoir intervenir. Et puis on a aussi eu des professionnels qui sont venus en soutien des sapeurs-pompiers, dont de nombreux agriculteurs, toujours sous coordination évidemment du directeur des opérations de secours, c'est important, il ne faut surtout pas agir seul sur les incendies. Et qu'ont fait toutes ces personnes ? Eh bien, toutes ces personnes ont travaillé avec des engins à terre. Travailler à terre, ça veut dire créer des coupe-feux qui peuvent être donc de créer des bandes de déforestation ou qui peuvent être des tranchées, parfois d'ailleurs les deux en même temps. Ça peut consister à allumer des feux tactiques. Et ça consiste, c'est en ça que le débat sur les Canadairs est absolument ridicule sur ce feu, ridicule : ça consiste aussi à projeter du produit retardant. Le but, c'est d'empêcher le feu de progresser. On creuse des tranchées, on allume des feux tactiques, on crée des zones de coupe-feu et on projette du produit retardant, ce qui est le rôle évidemment des Dash et de l'A400M qui a été utilisé deux fois et qui va l'être une troisième fois cet après-midi. Voilà le travail qui est opéré, et c'est d'ailleurs ce que nous présentons, et ce qui est suivi de très près par le président de la République et le Premier ministre. Voilà le travail qui est opéré sur ce feu pour essayer de le stabiliser. C'est un travail qui est essentiellement terrestre. Bien sûr qu'il y a le soutien et l'appui des moyens aériens sur certains secteurs, essentiellement d'ailleurs pour déverser du produit retardant, mais voilà ce que je voulais vous dire sur ce feu, qui est finalement un feu inédit assez extraordinaire, mais qui montre bien que tous les moyens que nous avons mis en place, eh bien, nous sommes en capacité de les déployer sur cet incendie totalement inédit, exceptionnel, et dans les proportions que je vous ai données. Je vous les rappelle, on a 2 500 sapeurs-pompiers, 18 vecteurs aériens, 1 500 militaires avec leurs engins, avec leurs engins qui permettent, en génie et en génie, de construire les tranchées dont je parlais, la mobilisation d'agriculteurs, la mobilisation d'entrepreneurs, de matériels d'entreprise, qui ont été requis et qui nous permettent de traiter ce feu. Voilà ce que je voulais vous dire en quelque… pour ne pas être trop long, à la fois sur, d'une manière générale, la mobilisation exceptionnelle des moyens qui est la nôtre, sur les feux de forêt et les feux de végétation, et puis le traitement plus particulier du feu de Gironde. Ce que je voulais vous dire également, c'est que, évidemment, la saison est loin d'être terminée. Donc, comme je l'avais annoncé, d'ailleurs, dès le début du mois de juin, on s'attendait à une saison compliquée, on s'attend évidemment à ce que le reste de la saison soit très compliqué, ce qui pose évidemment la question de la fatigue de nos effectifs, et notamment des sapeurs-pompiers, à qui je veux rendre évidemment un hommage appuyé, et le soin qu'on doit apporter évidemment à renouveler, à régénérer la ressource. Donc, je voudrais remercier les sapeurs-pompiers qui s'engagent, les militaires, les effectifs de la Sécurité civile, les effectifs nationaux, l'ensemble de ceux qui viennent nous soutenir, les agriculteurs, les personnels soignants aussi, qui, en ce moment, font un travail remarquable dans la région bordelaise, comme vous le savez, il y a eu un certain nombre d'évacuations de personnes : 220 000 personnes ont dû être évacuées dans la région de Bordeaux. Et donc, il y a eu aussi des évacuations qui ont été faites de personnes qui avaient besoin de soins. Je voudrais vraiment remercier les soignants, les élus locaux, les maires, qui ont activé l'ensemble de leurs plans communaux de sauvegarde. Voilà, remercier tous ces acteurs qui se sont impliqués et y compris les forces de sécurité intérieure, car dans cette manœuvre, il y a évidemment une démarche d'accompagnement des évacuations, de sécurisation des évacuations et surtout de sécurisation des bâtiments, des bâtis qui ont été évacués. Voilà. La saison s'annonce encore très compliquée. Il faudra évidemment que nous restions très mobilisés et surtout que nos concitoyens intègrent bien des conseils de la plus grande vigilance : 9 feux sur 10 sont d'origine humaine et sur ces 9 feux sur 10, un point nous était fait par les forces de sécurité intérieure en réunion ce matin autour du président de la République en SIC, nous avons sur les incendies volontaires un peu plus de la moitié, plus de la moitié qui sont criminels. Nous sommes à 5 personnes qui sont incarcérées, qui ont été condamnées pour des mises à feu sur ces dernières semaines et 15 personnes qui sont en détention provisoire en attente de leur jugement. Donc voilà : message de vigilance extrêmement fort. Et puis, un message peut-être plus local, plus particulier, c'est de bien rappeler ce qui a été dit par le Gouvernement, ce qui a été rappelé par Madame la ministre Maud BREGEON ce matin sur France Info. Il faut absolument éviter, c'est un message que je repasse, tant que nous n'avons pas traité et réglé le feu de Gironde, il faut éviter de se rendre en Gironde. Absolument : il faut éviter de se rendre en Gironde. Il y a des manœuvres de secours qui sont en cours. Et donc, voilà, il faut éviter de les perturber. Et donc, je réitère ce message de précaution. Voilà. Maud BREGEONMerci beaucoup. Question. Valentin VALETTEBonjour. Valentin VALETTE pour TF1/LCI. Tout à l'heure, vous disiez que le feu était stabilisé, mais pas fixé. Est-ce que vous êtes rassuré maintenant ? Est-ce qu'on peut dire que la situation n'est plus défavorable comme tout à l'heure ? Et j'aurais une deuxième question pour Madame BREGEON. Est-ce qu'il y aura une déclaration de catastrophe naturelle pour indemniser notamment les personnes qui ont été touchées par ces incendies ? Merci. Laurent NUÑEZSur la caractérisation de ce qui s'est passé sur le feu de Gironde est très, je le dis avec beaucoup de prudence. "S'est stabilisé" ça veut dire qu'il n'a pas progressé dans la nuit. C'est vraiment ça ce qui est essentiel à retenir. Il n'a pas progressé dans la nuit. On reste sur une superficie brûlée de 42 000 hectares. Il n'est pas fixé, ça veut dire qu'il continue. Vous avez encore des effectifs qui, au sol, luttent contre ce feu, et donc, il n'est pas fixé. Donc, je ne vais absolument pas être rassurant, je ne tiens pas à l'être. Il faut qu'on reste très concentré, très déterminé pour partir à tout moment. Hier, l'incendie du Var, l'incendie qui a lieu dans le Var actuellement, à la faveur du mistral, a pu repartir en de nombreux endroits, et ce sont 1 000 hectares qui ont de nouveau été concernés par cet incendie qui, lui non plus, n'est pas fixé. Donc voilà, je reste très prudent. "Stabilisé" ça veut surtout dire que cette nuit, il n'a pas progressé. Maintenant, demain, nous savons que les températures vont remonter, qu'on va passer dans un épisode de chaleur intense, et donc, voilà, il faut vraiment rester très prudents. Ce qu'il faut retenir, c'est ce que nous faisons actuellement pour enrayer sa progression et la mobilisation exceptionnelle qui est en cours. Valentin VALETTEAujourd'hui, la situation est toujours défavorable ? Laurent NUÑEZJe considère que la situation est toujours défavorable. Tant que le feu n'est pas fixé, la situation reste défavorable. Maud BREGEONEt pour répondre à votre deuxième question, toutes les options sont évidemment sur la table. Vous savez qu'il y a un point qui est fait dans quelques minutes par le ministre de l'Économie, Roland LESCURE, où je me rendrai une fois ce compte-rendu terminé pour échanger avec l'ensemble des acteurs économiques. Le ministre de l'Économie a par ailleurs eu une réunion dédiée avec les compagnies d'assurance et a pu s'exprimer à l'issue. Ce que je suis en capacité de vous dire à l'heure où on se parle, c'est que l'État et le Gouvernement seront pleinement aux côtés des habitants, des populations, tant pour répondre aux enjeux de reconstruction qu'aux enjeux d'indemnisation. Et donc personne ne sera laissé sur le côté. Valentin VALETTEDonc pour l'instant, sur la catastrophe naturelle, ce n'est pas d'actualité ? Maud BREGEONJe vous ai répondu. Christelle MÉRALBonjour, Mesdames les ministres, Monsieur le ministre. Christelle MÉRAL, France Télévisions. J'ai bien entendu, Monsieur le ministre, ce que vous avez dit concernant les moyens aériens. Quelques précisions cependant concernant les Canadairs. Donc 7 sur 12 sont actuellement à l'arrêt. Alors question très simple, très précise : combien de temps vont encore durer les opérations de maintenance ? Et par ailleurs, quand les 7 Canadairs seront disponibles sur le terrain ? Et puis, une question aussi sur l'A400M. Il y a moins de rotations possibles en raison de la nature, la configuration de cet avion, il y a eu peu de rotations, vous le disiez, pour le moment. Alors que répondez-vous à ceux qui disent qu'il s'agit d'un pansement sur une jambe de bois ? Je vous remercie. Laurent NUÑEZSur les deux questions, donc d'abord l'indisponibilité des avions Canadairs pour maintenance, c'est habituel. C'est pareil toutes les saisons. Nos 12 Canadairs, je le redis parce qu'à force de se répéter, enfin la pédagogie, c'est l'art de la répétition, mais nos 12 Canadairs sont de dernière génération. Nos 12 Canadairs sont de dernière génération, ce qui n'est pas le cas de toute la flotte des Canadairs des pays européens. Avec un taux de rotation qui est très élevé actuellement, compte tenu de ce qu'on vit. Le taux de rotation, il est fois trois par rapport à l'année passée, c'est-à-dire qu'en nombre de largages, en nombre de vols, donc il est normal qu'il y ait de la maintenance. Cette maintenance, elle s'effectue, elle tourne, et tous les jours, vous avez effectivement des appareils qui sont en maintenance et que l'on compense par des locations, que l'on compense évidemment par des locations, notamment nos hélicos, nos avions Air Tractor. Donc voilà, moi, le taux de maintenance, tous les matins, effectivement, j'ai une cartographie de ce qui est dispo, pas dispo. Effectivement, aujourd'hui, d'ailleurs, qui n'a pas vocation d'ailleurs à être rendue publique, mais je constate qu'elle l'est. Effectivement, ce matin, au démarrage, c'était 7 Canadairs sur 12 qui tournent sur l'ensemble des secteurs qu'on a dits. Mais ça n'est pas l'entièreté de notre flotte. Il faut vraiment le rappeler. On se focalise sur les Canadairs, ça n'est pas l'entièreté de notre flotte. Deuxièmement, sur l'A400M, et généralement la maintenance, ça tourne. Je rappelle que nous avons 12 Canadairs et nous avons autant, le double encore de moteurs pour les remplacer quand il y a des avaries plus importantes. Donc ça aussi, c'est de la prévision, de la précaution. Dans l'augmentation du budget de la Sécurité civile, il y a eu ça aussi, il y a eu d'acheter un certain nombre de matériels. Sur l'A400M, son rôle précis, ça a toujours été dit comme ça, d'abord on l'expérimente, c'est de projeter du produit retardant, du liquide retardant sur les zones qui en ont besoin, et ça ne peut pas être des zones habitées et ça ne peut pas être des zones parcourues par le feu. On le développe à titre préventif. Donc c'est tout sauf un pansement, c'est tout sauf ça. Voilà. Donc au bout d'un moment, il faut savoir de quoi on parle. Comment refuser l'utilisation de ce qui a été demandé par le Premier ministre dont on a longuement parlé ce matin. Comment refuser l'utilisation d'un avion qui est capable de projeter 20 000 litres de produit retardant là où nos DASH, là où nos 8 DASH, à eux seuls, évidemment, c'est 10 000 litres par DASH, mais voilà, on a une capacité supplémentaire. Il peut voler à plus basse altitude, il permet de faire des visées qui sont plus ciblées, et c'est ce qui a été fait hier. Je pense que si vous en parlez au maire de Lacanau, puisqu'hier, il y a eu une projection pour protéger Lacanau, je pense qu'il n'aura pas la même analyse que les polémistes qu'on entend sur les chaînes d'information ou autres, qui s'expriment dans les médias et qui, je pense, ne savent pas forcément toujours de quoi ils parlent. Christelle MÉRALTrès concrètement, quand les Canadairs seront-ils à nouveau disponibles, ceux qui sont en maintenance ? C'est juste pour… Laurent NUÑEZVoilà, le temps de la maintenance, le temps qu'il faudra. Mais si vous voulez, on peut publier tous les jours le taux de disponibilité de nos appareils. Vous regardez comment ça se passe en Italie, en Espagne, en Grèce, et vous verrez qu'il y aura le même taux de maintenance. Pourquoi ? Parce que ce qu'il y a derrière tout ça, c'est la sécurité de nos pilotes et c'est extrêmement essentiel. Nos pilotes, en matière de sécurité civile, font un travail remarquable. Ils sont très courageux, très courageux. Vous savez, ils s'engagent au plus près du feu, comme tous les sapeurs-pompiers. Et donc la priorité, notre priorité dans la lutte contre ces incendies, c'est aussi d'assurer la protection et bien sûr la protection de ceux qui interviennent pour protéger nos concitoyens et bien sûr de protéger la vie de nos concitoyens. Mais ça, c'est important. Hugo CAPELLIBonjour, Hugo CAPELLI pour BFMTV. Une question d'abord : quels ont été les propos du président MACRON, que ce soit à la cellule de crise ou au Conseil des ministres ? Est-ce qu'il faut s'attendre à un déplacement de sa part en Gironde aujourd'hui ou dans les prochains jours pour aller rencontrer les pompiers mobilisés ou les habitants aussi qui ont dû être évacués ? Merci. Maud BREGEONJe ne m'exprimerai que concernant les propos du président de la République en Conseil des ministres, qui a ouvert ce Conseil des ministres en saluant l'engagement du Gouvernement, l'engagement des services de l'État, des services déconcentrés, de l'ensemble du corps préfectoral, qui est bien sûr mobilisé, et des forces d'intervention et de secours, engageant bien sûr les uns et les autres, mais c'est tout à fait naturel, à rester pleinement mobilisés dans les heures, jours et semaines à venir. Le ministre de l'Intérieur l'a dit, l'été n'est pas terminé, est loin d'être terminé. Le mois d'août sera, à n'en pas douter, difficile. Et ensuite, le président de la République a très rapidement donné la parole aux différents ministres pour que les uns et les autres puissent s'exprimer dans leur domaine de compétence. Quant à la question d'un éventuel déplacement, je vous renvoie vers le service de presse de l'Élysée. Je n'ai pas plus de commentaires à faire dessus. JimmyBonjour. Jimmy [inaudible], journaliste indépendant. Une question pour vous, madame BREGEON. Il y a quelques jours, Le Monde a révélé que le chef du gouvernement, monsieur LECORNU, dont vous portez la parole devant moi aujourd'hui, a convoqué les représentants des principales banques françaises dans le but d'assurer un prêt à madame LE PEN pour qu'elle puisse faire campagne dans le cadre de la prochaine présidentielle. Ma question est donc celle-ci : comment l'État et la puissance publique qu'il représente peuvent-ils travailler à faire obtenir un prêt bancaire auprès d'entreprises privées, de banques privées, de s'en porter garant en faveur d'une candidate condamnée en appel pour détournement de fonds publics ? Maud BREGEONLes informations du Monde sont évidemment biaisées et l'article était extrêmement orienté. Le Premier ministre a repris un chantier qui avait été ouvert, vous vous en souvenez probablement, par François BAYROU, qui était celui de la banque de la démocratie, qui pointe une question qui, au fond, se pose désormais de longue date : comment est-ce que les candidats à la présidentielle, quels qu'ils soient, et pas uniquement Madame LE PEN ou je ne sais qui, peuvent avoir accès à un financement avec des banques françaises ? Et d'ailleurs, ça reboucle sur ce qu'on fera prochainement avec un projet de loi dédié à la question des ingérences. Tout ça est à prendre bien sûr d'un, si je puis dire, ensemble, la question des ingérences se pose, et pour lutter contre les ingérences, et notamment les ingérences étrangères, il convient que les candidats puissent se financer de par des banques françaises. Ça ne vise donc pas une ou un candidat en particulier, mais c'est un chantier qui est encore une fois en cours depuis des mois, si ce n'est des années maintenant. En tout cas, c'est au cœur du débat politique. JimmyEn tout cas, cette proposition de Monsieur BAYROU a été enterrée depuis, et là, il ne s'agit bien que de Madame LE PEN, pour le coup. Factuellement, et j'entends vos arguments de souveraineté, on les entend je crois tous, mais là, le refus des banques est rationnel en fait, puisque ces entreprises privées se basent sur la gestion financière catastrophique du RN, ses décisions, enfin, ses déboires judiciaires qui forment un argument de fait objectif. Venir mettre la puissance publique, donc l'argent des Français, là, factuellement, en faveur de cette unique candidature, peut paraître, paraît, on lit les gens sur internet, paraît incompréhensible pour beaucoup de Français qui nous écoutent aujourd'hui. Notre question : sur quelle base démocratique cette initiative, vous dites que c'est au cœur du débat que vous avez en interne au gouvernement, s'appuie-t-elle pour venir à la rescousse d'une candidature unique, celle de madame LE PEN ? Maud BREGEONJe le redis, c'est une initiative qui ne vise pas une candidature plus qu'une autre, qui vise à pallier à des risques d'ingérence, et notamment d'ingérence étrangère, et enfin qui fait suite à des initiatives, et précisément à une initiative lancée, celle de la Banque de la démocratie, il y a un certain temps de ça maintenant. Donc plus de commentaires à faire. JimmyEt dernière relance, parce que vous parlez de démocratie, c'est important, il est vrai, des ingérences, etc. Mais du coup, démocratiquement, de la part d'un pouvoir que vous représentez aujourd'hui, qui est aux manettes depuis 10 ans, qui est arrivé au pouvoir avec Monsieur MACRON sur cette base, cette promesse de faire barrage à Madame LE PEN aujourd'hui, qui est au plus haut, la responsabilité peut-être du gouvernement aujourd'hui dans cette— c'est un peu inconfortable de vous voir aujourd'hui sauver cette personne, sauver cette candidature. Qu'est-ce que vous répondez aux Français qui ne sont pas convaincus ? Ils sont nombreux. Est-ce que vous me répondez aujourd'hui ? Maud BREGEONJe viens de vous répondre. Je vous remercie. JimmyRien de plus. Merci beaucoup. Je vous remercie. Oscar TESSONNEAUBonjour, messieurs-dames les ministres. Oscar TESSONNEAU pour la dernière RedBrain Magazine. Demain, il est très fort probable qu'il y ait une nouvelle vague de chaleur qui soit présente au sein de nombreuses régions en France. Arnaud ROBINET vient de faire une déclaration sur TF1 ce matin pour dire que les hôpitaux vont avoir besoin de soutiens supérieurs pour pouvoir surmonter la crise. J'inclus les établissements médico-sociaux, pour aider les plus vulnérables. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus dans l'aide qui sera apportée aux établissements de soins en cas de chaleur supplémentaire demain ? Et peut-être une question à Monique BARBUT également. Quelles ont été les principales alertes ou les principales sources d'inquiétude des associations qui sont dans une phase de protection de la biodiversité, notamment de certaines espèces, je pense à la LPO notamment, qui ont été profondément impactées par les feux en Gironde et dans le Var ? Maud BREGEONAlors juste vous dire que la situation est suivie avec la plus grande vigilance depuis des semaines maintenant, puisqu'on n'en est pas à la première vague de canicule. Les plans ORSAN et plans ORSEC, d'ailleurs, ont été successivement déclenchés au niveau nécessaire, donc on continue bien sûr avec la plus grande attention. Pour le reste, je vous renvoie au cabinet du ministre de la Santé. Madame la ministre. Monique BARBUTMerci. Je vais vous répondre très rapidement. Nous n'avons pas de chiffres aujourd'hui exacts de l'ampleur, si vous voulez, des dégâts sur la faune sauvage, mais il est évident que cela va être des chiffres catastrophiques d'ici la fin de l'été, aussi bien sur la faune sauvage dans les forêts, par exemple, mais aussi dans les milieux aquatiques, qui sont durement impactés à cause de la chaleur de l'eau qu'on vit aujourd'hui. Oscar TESSONNEAUJe vous remercie. Oui, Monsieur NUÑEZ. Vous avez parlé tout à l'heure de la fatigue des sapeurs-pompiers. Ce feu, en plus, risque de durer longtemps, plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois pour l'éteindre définitivement. Comment vous allez organiser justement cette rotation des professionnels, des sapeurs-pompiers qui font face justement à une fatigue extrême, notamment ces derniers jours, en travaillant plusieurs dizaines d'heures ? Merci. Laurent NUÑEZLa rotation, on va l'organiser évidemment en lien avec la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, c'est-à-dire de remplacer les colonnes et de venir soutenir chaque département qui sera impacté. C'est ça, la façon de travailler, c'est une rotation, de faire en sorte qu'on puisse éviter que les mêmes effectifs soient trop souvent exposés, en tout cas trop longtemps dans la journée. Voilà, c'est notre façon de travailler. C'est quelque chose qui est très rodé, même si actuellement, vous l'imaginez, l'engagement est exceptionnel puisqu'ils font face à un feu absolument exceptionnel. Voilà, c'est de la régénération de forces qu'on a l'habitude de pratiquer. Oscar TESSONNEAUMerci. Olivier ENOGOMonsieur le ministre de l'Intérieur, Olivier ENOGO, OR Médias. Vous avez parlé tout à l'heure des évacuations. Je voudrais savoir quelles sont les mesures que vous avez mises en place pour la sécurisation des biens, d'autant plus que, si on croit les polémiques, certaines personnes de la région Aquitaine ont de moins en moins confiance en Madame la préfète suite à son interview, où elle s'est montrée un tout petit peu légère par rapport aux chiffres, sachant qu'il y avait des personnes en souffrance qui perdaient leurs biens constitués depuis 10 ans, 20 ans, voire 30 ans ? Laurent NUÑEZD'abord, Madame la préfète de la région, préfète de zone par ailleurs, a évidemment fait un travail remarquable. Elle est confrontée à une situation inédite. Peut-être que— je pense que peu de préfets ont connu, peu de préfets de zone et préfets de département— elle est préfète de zone, préfète de région, préfète de département, ont connu une situation aussi grave et la gestion à laquelle elle procède avec l'ensemble des équipes de Gironde, l'ensemble des équipes de la zone, est absolument remarquable et ne souffre, je pense, d'aucune critique. Les décisions ont été prises toujours au bon moment. Et quand on procède à des évacuations, je vous assure, c'est vraiment pour essayer de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'atteinte à la vie humaine. Sauf erreur de ma part, évidemment, nous déplorons le décès dans toute cette séquence de cette saison des feux de forêt, de trois sapeurs-pompiers, un en Savoie, deux en Gironde la semaine dernière, deux sapeurs-pompiers en Gironde pour lesquels je veux avoir une pensée. Mais nous n'avons pas de victimes, nous n'avons pas de victimes parmi la population civile. Et ça, c'est grâce aux mesures qui ont été prises et il faut le rappeler. Il faut le rappeler. Voilà, je veux le redire. Concernant les— et nous avons, je tiens aussi à le souligner, environ 80 sapeurs-pompiers qui ont été blessés légèrement sur cette séquence du feu de Gironde. 80 sapeurs-pompiers qui ont été blessés légèrement. Il y a eu assez peu de prises en charge en milieu hospitalier, mais enfin quand même, c'est un… Voilà. Concernant les mesures de sécurisation, enfin, il n'y a pas de… Les chiffres, je peux vous les redonner, c'est 1 700 gendarmes et policiers qui sont engagés pour aider aux évacuations et assurer des missions de sécurisation, des missions de sécurisation. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire… Et j'oublie, pardon, c'est extrêmement important, les 500 militaires du dispositif SENTINELLE qui ont été fléchés sur le département de la Gironde pour assurer une sécurisation des zones qui ont été évacuées. Même chose dans les Landes pour les zones qui ont été évacuées, parce que vous savez que dans les Landes, il y a eu à peu près 30 000 personnes qui ont été évacuées. 220 000 en Gironde, 30 000 dans les Landes. Et vous avez des gendarmes qui patrouillent avec des militaires du dispositif SENTINELLE et des policiers, notamment des CRS, donc des membres des Compagnies républicaines de sécurité, qui assurent une surveillance qui est assez efficace puisqu'on a déjà interpellé deux ou trois personnes qui s'étaient livrées à des cambriolages ici ou là. Et donc voilà. Donc, 1) soutien total à Madame la préfète. Je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne vois pas de quoi vous parlez. Il n'y a que des décisions qui sont prises… Olivier ENOGOCe sont des infos dans des émissions… Laurent NUÑEZLes décisions qui sont prises sont des décisions importantes, qui ne visent qu'une chose, c'est à préserver les vies humaines. Et puis, par ailleurs, la mobilisation des forces de sécurité intérieure pour sécuriser les zones concernées, elle est tout bonnement exceptionnelle. Elizabeth PINEAUBonjour. Elizabeth PINEAU, de l'agence Reuters. Une question pour Madame la ministre de l'Environnement. Pour aller plus loin sur l'hécatombe de la faune et de la flore, si on va un temps plus loin, quelles sont les espèces les plus touchées ? Qu'est-ce qu'on peut faire à court et moyen terme pour réintroduire peut-être certaines espèces, mieux planter ? Et puis, j'ai une question également pour la ministre de l'Agriculture. À l'heure où un nouvel épisode de canicule approche, comment éviter l'hécatombe dans les élevages intensifs ? Merci. Monique BARBUTAlors, malheureusement, sur votre question, nous n'avons pas de réponse précise aujourd'hui puisqu'on est incapable d'aller dans ces forêts qui ont été touchées. Enfin, je veux dire, ce sont des zones interdites aujourd'hui. Elles brûlent encore pour l'essentiel. On sait qu'on va avoir sur l'ensemble de la faune qui existe dans ces forêts, des pertes extrêmement importantes. On le sait, ça va toucher aussi bien les oiseaux que les cerfs, les… enfin, l'ensemble des espèces va être impacté. Ça, nous le savons. Maintenant, sur quel niveau, combien ? On est incapable aujourd'hui de donner un chiffre sérieux. Certains, j'ai vu aussi comme vous des chiffres apparaître, mais aujourd'hui, je n'ai aucune remontée de l'OFB qui est capable de me donner un vrai chiffre. On sait que ça va être lourd, mais comme on ne peut pas y aller, on n'est pas capable aujourd'hui de donner suite à ces chiffres qui circulent. Elizabeth PINEAUMais au-delà du bilan, ma question, c'était au-delà du bilan possible, est-ce qu'il va falloir réintroduire des espèces ? Jusqu'à présent, on laisse les choses se faire plus ou moins naturellement. Est-ce que là, étant donné l'échelle… ? Monique BARBUTOn va voir quelles sont les espèces qui ont été impactées. Je veux dire, comme vous le savez, par ailleurs, et en dehors des feux de forêt, on essaye par exemple de réintroduire le lynx en France. Donc on a des espèces qu'on essaye de réintroduire, mais comme on ne sait pas celles qui ont été impactées, honnêtement, si ce sont des sangliers, je ne pense pas qu'on va faire grand-chose, si vous voulez, compte tenu de ce que sont les invasions de sangliers. Donc ça va dépendre véritablement des espèces sur lesquelles on aura, je l'espère, d'ici… enfin, pas avant la mi-septembre, mais à ce moment-là une idée un peu plus précise des mesures qu'il nous faudra prendre pour réintroduire, si de besoin, de la faune sauvage dans ces milieux, sachant que, par ailleurs, la faune sauvage, elle a besoin d'un habitat. Et donc, je veux dire, réintroduire de la faune lorsqu'il n'y a plus de forêts, c'est un peu compliqué. Et donc, l'idée, d'abord, ça va être de s'assurer qu'on ait les habitats nécessaires pour la réintroduction de cette faune. Elizabeth PINEAUPuisque vous êtes toujours au Gouvernement, c'est quelque chose que vous espérez avoir le temps de faire avant la prochaine présidentielle ? Monique BARBUTDe faire quoi ? Elizabeth PINEAUDe réintroduire des espèces, de répondre dans votre domaine aux conséquences de ces feux. Monique BARBUTJ'espère pouvoir faire tout ce qui est en mon possible pour que cette situation ne perdure pas et qu'on prenne aussi les leçons de cette situation pour construire l'avenir. Annie GENEVARDLa première canicule est arrivée sans prévenir et en effet, elle a eu des impacts très importants sur les élevages, petits ou grands élevages. La température pour la volaille était la même, donc ce n'est pas la question de la taille de l'élevage qui était en cause, mais la fragilité de cette espèce animale à la canicule. Donc les agriculteurs, les éleveurs se sont adaptés très vite puisqu'au deuxième épisode de canicule, nous n'avons pas eu de mortalité aussi forte que pour la première. Le Gouvernement a proposé aux agriculteurs des prêts flash pour pouvoir installer des ventilateurs, des brumisateurs dans les bâtiments d'élevage. Les éleveurs se sont adaptés. Ils ont gardé les animaux, les gros animaux, les bovins notamment, soit à l'intérieur, soit à l'ombre des arbres, voilà. Donc, il n'y a pas eu d'épisode de mortalité aussi forte qu'au cours de la première canicule. L'effet de la canicule, en revanche, sur les productions végétales et sur la capacité à produire du lait, est très, très important. C'est là que se concentrent les effets les plus négatifs de la canicule. En production maraîchère de plein champ, on a un effondrement des productions et beaucoup d'interrogations sur la capacité à produire pour la prochaine saison, pour l'automne et l'hiver prochains. Et puis, en matière de production de lait, on a aussi énormément de chutes de production. Donc, c'est toute la question de la production alimentaire qui est interrogée avec des situations très disparates selon les territoires. JournalisteBonjour, une question d'ordre d'actualité pour Madame BREGEON, mais d'abord Monsieur NUÑEZ. On vous entend très en colère, je crois, contre les polémistes de plateau à l'instant, si j'ai bien compris votre expression. Et dans le même temps, là, vous avez choisi de mettre au premier plan, avant votre prise de parole concernant ce qui nous anime tous aujourd'hui, donc les feux de forêt, les pertes humaines et non humaines. On l'a vu à l'instant, qui sont d'ailleurs plus importantes que les pertes humaines. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup, il y en a quasiment pas ou pas, et mettre au premier plan cette attaque au couteau, ce fait divers du coup à Paris. Qu'est-ce qui a motivé votre hiérarchisation des actualités aujourd'hui, a motivé votre priorisation ? Laurent NUÑEZIl y a une information qui sort, c'est une attaque au couteau… JournalisteDont on ne sait rien. C'est pour ça que je voulais vous demander. Laurent NUÑEZOn ne sait rien évidemment, c'est pour ça que j'ai dit très — je ne l'ai pas qualifiée. On me reproche souvent d'ailleurs de ne pas qualifier, mais c'est de la prudence, c'est normal d'être prudent. Il y a une attaque au couteau qui a touché 3 femmes dans Paris. Donc il est normal que je vous en parle puisqu'avant même que nous rentrions dans ce point presse, l'information est sortie dans les médias. Donc, il me paraissait important que je partage les éléments factuels qui sont en ma possession sans les qualifier et en précisant toujours, comme je le fais toujours, qu'il y a une enquête judiciaire qui est en cours et qui fera toute la lumière sur cette affaire. Mais c'est un fait qui me semble très grave, que 3 personnes qui sont âgées de 19, 24 ans, 36 ans, des jeunes femmes donc, qui ont été attaquées au couteau, ça me paraît quand même normal que le ministre de l'Intérieur relate ces faits et les partage avec les journalistes. JournalisteJe suis complètement d'accord, mais vous savez que votre prudence peut-être à vous, dont je ne doute pas, n'est pas partagée avec l'ensemble des médias, notamment télévisés ou audiovisuels en général, dont la prudence n'est pas du tout… Il y a 15 homicides par jour. Laurent NUÑEZJe le sais. Je regrette que cette prudence ne soit pas partagée avant de qualifier les faits mais c'est comme ça. JournalisteÇa nourrit la polémique, du coup, peut-être potentiellement ? Laurent NUÑEZPas forcément. L'information est sortie. C'est normal que le ministre de l'Intérieur communique et partage avec les journalistes les informations qui sont en sa possession. JournalisteTrès bien, merci. James ANDRÉMonsieur le ministre de l'Intérieur, James ANDRÉ pour France 24. Je voudrais savoir à quel point on en est dans les dispositifs possibles de lutte sur ces incendies, c'est-à-dire est-ce qu'on est au maximum de ce qu'il est possible de faire et quels sont les plans suivants si la situation devait encore sortir plus de contrôle qu'elle ne l'est aujourd'hui ? Je pense notamment à un feu qui se rapprocherait de Bordeaux. Quelles sont les réserves dont vous disposez pour agir de manière encore plus décisive face à ces feux ? Laurent NUÑEZD'abord, quand on regarde après cette séquence d'incendies, je veux rappeler quand même que ce qui compte, c'est le prépositionnement, c'est la réactivité des sapeurs-pompiers, de tous les moyens dont nous disposons. 95 % des feux se combattent de manière terrestre, 95 %, et à peu près à une proportion identique, ne parcourent qu'1 à 2 hectares. Donc c'est la réactivité, c'est le prépositionnement qui est déterminant. Et c'est ça, d'abord, le premier combat, celui de la prévention, c'est éviter qu'il y ait des mises à feu. C'est des conseils de prudence, de précaution. On ne balance pas un mégot, on n'organise pas un barbecue en pleine forêt, comme on a pu le voir ce week-end en Gironde, où les policiers ont interpellé des individus qui, pour l'un d'entre eux, jetaient un mégot, pour l'autre, avaient organisé un barbecue en pleine forêt. Donc déjà, c'est ça. Deuxièmement, c'est d'être en capacité d'intervenir le plus vite possible. Et ensuite, quand il y a un feu d'importance comme à Bordeaux, de mobiliser tous les moyens pour le circonscrire. C'est le travail qui est en cours. Je ne reviens pas sur tout ce que j'ai expliqué, les tranchées, les coupe-feu, les allumages de feux pour allumer des contrefeux, le déversement de produits retardants. Et puis, il y a évidemment un travail qui est en cours pour, en cas de progression néanmoins de ce feu, protéger un certain nombre de sites sensibles qui sont sur le parcours entre le front de feu et Bordeaux. C'est ce qui a été fait, je le disais, il y a une petite dizaine de sites Seveso, il y a des sites sensibles qui sont évidemment actuellement protégés. Et puis ce sera de procéder, le cas échéant, si cela venait à arriver, à de nouvelles évacuations. Pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Pour l'instant, nous n'en sommes pas là, mais vous imaginez bien que les services du ministère de l'Intérieur, en liaison avec la préfète de zone, dont je veux à nouveau saluer l'action, vous imaginez bien qu'on a évidemment anticipé ces scénarios s'ils venaient à se produire. Maud BREGEONJe suis désolée, on va s'arrêter là pour aujourd'hui. On a tous des réunions, vous l'imaginez, après. Je vous remercie. Au revoir. Source https://www.info.gouv.fr, le 11 août 2026
La source — vie_publique · nº 304326
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304326-maud-bregeon-27072026-moyens-de-lutte-contre-les-incendies?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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