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7 août 2026 · Gouvernement · Ici Gironde · discours Discours

Interview de M. Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, à ICI Gironde le 7 août 2026, sur le tourisme en Gironde et les conséquences économiques des incendies de forêt.

Serge Papin (auteur)

JOURNALISTEEt à 7h45, ici Gironde, aux côtés des professionnels du tourisme, ce matin, journée spéciale après l'incendie de Saumos qui a fait beaucoup de mal au secteur, entre évacuation, fermeture d'établissement et images assez terribles sur les télévisions du monde entier. Avec nous pour en parler ce matin, le ministre du tourisme. PHILIPPE VANDELBonjour Serge Papin. SERGE PAPINBonjour Philippe Vandel. PHILIPPE VANDELQuatre épisodes de canicule, sans doute bientôt cinq, un pouvoir d'achat compliqué et puis cet incendie. Est-ce que la saison est déjà morte pour le tourisme en Gironde ? SERGE PAPINÉcoutez, la Gironde est meurtrie, mais elle est debout. Et non seulement la saison n'est pas terminée, mais tout le monde est mobilisé pour qu'elle soit sauvée. Que ce soit les acteurs du tourisme, les élus locaux, bien sûr, les services de l'État aussi sont là. Il y a une continuité de la saison pour le mois d'août, où les choses peuvent rentrer, je dirais quasi rentrer dans l'ordre. J'ai quelques chiffres-là qui sont tombés. On était à 30% pendant la période du sinistre. On est passé là tout de suite cette semaine à 60% de réservation sur les sites touristiques. PHILIPPE VANDELContre 90 à 100% en temps normal. SERGE PAPINEn temps normal. Et alors, soyons optimistes pour les trajectoires. Pour la semaine prochaine, j'ai quelques campings, je pense notamment à des grands campings qui sont assez bien organisés commercialement, sur Lacanau, par exemple, qui m'annoncent des 90%. Alors c'est un peu plus compliqué pour les campings indépendants, qui ont peut-être parfois plus de difficultés sur le plan commercial. Mais on peut imaginer, on peut même penser que la trajectoire à venir va s'approcher des 80-90%. PHILIPPE VANDELMais un peu tard quoi. Ce qui est perdu est perdu. SERGE PAPINAlors attendez, d'abord, on a aussi ce qu'on appelle l'arrière-saison. Vous savez, moi qui connais bien, je suis Vendéen, j'ai vécu dans les territoires saisonniers au Vendée, le début juillet, ce n'est pas les moments où il y a le plus d'afflux touristiques. Le mois d'août, c'est bien sûr le mois le plus important. Et après, on peut avoir une belle arrière-saison. Donc il faut aussi, là-dessus, être optimiste. Et évidemment, la quinzaine qu'on a vécue, dramatique, elle est perdue, bien sûr. Mais on peut sauver ce qui peut l'être. Et tout est fait pour… Les entreprises du tourisme sont prêtes. Les collaborateurs sont là. C'est réouvert. Les gens sont prêts à accueillir. PHILIPPE VANDELOn entend un peu la méthode Coué ce matin, mais lorsque la préfète de la Gironde dit " Un soir, j'invite les touristes à ne pas venir dans le département ", est-ce qu'elle fait une erreur, selon vous ? SERGE PAPINElle l'a dit au tout début. Moi, je vais vous dire, la préfète, elle fait son job. Son job, c'est de sauver les populations, de les protéger. Elle a pris des décisions. C'était à un moment. Moi, aussitôt après, dans mon job de ministre du tourisme, j'ai essayé d'avoir du discernement, de dire " Maintenant, on peut revenir. " D'ailleurs, il y a des territoires qui n'ont pas du tout été touchés par les incendies. PHILIPPE VANDELPar les incendies. Quand Madame la préfète dit " Ne venez pas en Gironde ", il y a le feu, certes, à Saumos, mais par exemple, à Saint-Emilion, tout va très bien. Et les touristes ont déserté. SERGE PAPINC'est ce que j'ai dit. Au début, il fallait, à titre conservatoire, protéger les populations et éviter les désordres pour que tous les pompiers, les services de sécurité, travaillent dans de bonnes conditions. Ça a été fait. Il faut quand même saluer. Il n'y a eu aucun décès sur plus de 220 000 personnes qui ont été évacuées. Bien sûr, après, évidemment, le Saint-Emilion, le Médoc, le Libournais, le Sauternes, le bassin d'Arcachon n'ont pas été touchés par les flammes. Donc, bien sûr, il y a un temps pour tout. Et maintenant, on est sur le moment de la réouverture. PHILIPPE VANDELIl faut communiquer, il faut positiver. SERGE PAPINIl faut positiver. Il y a d'ailleurs une stratégie d'attractivité Gironde dont j'essaie de coordonner la ligne des initiatives. Il y a le comité régional du tourisme qui lance une campagne au niveau local. La région va être de la partie Atout France, Atout France qui dépend de mon ministère, notamment à l'étranger, contacte, bien sûr, avec ses bureaux, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, des touristes qui viennent habituellement. PHILIPPE VANDELPour faire les verts un petit peu de la Gironde, on l'a bien compris, Serge Papin. SERGE PAPINPour contrecarrer, parce qu'évidemment, les images, elles ont été terribles qu'on a pu voir à la télé. Et c'est ça, en fait, notre gros problème, c'est ça maintenant. Il faut dire, ça, c'étaient des images de l'incendie. PHILIPPE VANDELIl faut tourner la page, on a bien compris votre message, Monsieur Papin. JOURNALISTE7h51 sur votre radio, ici Gironde, Serge Papin, le ministre du tourisme est l'invité d'ici matin. PHILIPPE VANDELParlons d'argent, tenez. Une question d'Émilie, ce matin, qui est une supérette dans le camping Airotel Océan de Lacanau. On y est, ici Gironde, ce matin. Elle a perdu gros, sauf que son assurance refuse de l'indemniser pour ses pertes. EMILIE, DU CAMPING AIROTEL OCEAN DE LACANAUJ'avais envie de demander au ministre s'il y a une pression qui est envisagée auprès des assureurs pour qu'ils assument tout ce qui est pertes d'exploitation, parce qu'on paye des cotisations, et tout ça à cause d'une communication que je juge, à titre personnel, déplorable auprès de la préfecture par rapport aux évacuations, notamment de Lacanau. Est-ce que le ministre veut bien faire pression auprès des assureurs ? PHILIPPE VANDELSerge Papin, ministre, on peut faire ça ? Mettre pression sur les assureurs ? SERGE PAPINOn a des discussions avec les assureurs, avec mon collègue Roland Lescure, qui est ministre de l'Économie. Bien sûr. Évidemment, il y a déjà un dispositif qui est en place et j'invite comment... Madame qui nous appelle, pardon, j'ai oublié son nom. PHILIPPE VANDELÉmilie. SERGE PAPINÉmilie, j'invite Émilie. D'abord, il n'y a plus à avoir une activité partielle avec zéro charge pour les entreprises, pour les TPE et les PME, pour toute la durée du sinistre. Et au-delà, s'il le faut. Ensuite, il y a le report, ça c'est intéressant pour la trésorerie, parce qu'il y a le report de charge sociale fiscale qui sont possibles sur demande auprès de l'administration. Les banques, ce sont là aussi, au-delà des assurances, on a vu le secteur bancaire qui sont prêts à déporter des échéances. PHILIPPE VANDELLa différence, c'est qu'une banque, elle prête, l'assurance, elle indemnise quand même. C'est de l'argent qu'on a. SERGE PAPINOui, mais là, c'est ce qui compte pour un chef d'entreprise, c'est aussi de faire face à ces problèmes de trésorerie. Et là, on a des banques, on peut avoir des prêts très bonifiés, parfois sans garantie. Donc, il y a vraiment un dispositif qui est robuste entre l'activité partielle, le déport des charges patronales, le déport de la fiscalité, l'aide aussi par les banques si nécessaire. Évidemment, quand il y a des contrats qui ont été signés avec les assurances et qui ont la clause perte d'activité, ça va, bien sûr, fonctionner. Après, on discute avec les assurances. Est-ce qu'ils le feront indépendamment de contrats qui ont cette clause ? C'est une discussion en cours. PHILIPPE VANDELSerge Papin, vous venez le 17 août en Gironde, dans 10 jours avec le Premier ministre. Est-ce qu'on doit attendre des annonces de votre part ? SERGE PAPINDe la part du Premier ministre, moi, j'accompagne le Premier ministre. Il y a la reconstruction, il y a la reforestation, il y a tous les secteurs agricoles aussi. C'est tout un territoire qu'il va falloir aider à reconstruire. Le Premier ministre aura des éléments aussi de bilan. J'ai moi-même lancé une mission auprès de l'inspection générale des finances pour avoir un bilan précis au niveau du tourisme. Et le Premier ministre, il va porter la voix de la nation, la voix de l'État, pour ce qui s'est passé en Gironde, bien sûr. PHILIPPE VANDELDernier mot, vous allez montrer l'exemple, monsieur le ministre, venir passer vos vacances en Gironde, vous, le Vendéen. SERGE PAPINOuais, je ne vais pas. Alors écoutez, je ne vais pas y passer. Vous savez qu'on est, d'ailleurs, au passage des vacances, cette année, pour un ministre du tourisme, c'est un peu compliqué. On essaie de trouver des moments de repos plus que de vacances. Mais je vais aller faire un petit tour après le 15 août, je dirais, du côté du Cap Ferret ou dans des endroits comme ça, passer un petit peu de temps. Et finir aussi d'essayer de déguster des huîtres. PHILIPPE VANDELN'oubliez pas de consommer, c'est ce que j'allais vous dire, monsieur Papin. N'oubliez pas le pourboire. Nos ostréiculteurs en ont grand besoin. Merci beaucoup, Serge Papin, ministre du tourisme. Et on vous revoit en Gironde, donc, dans 10 jours avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Bonne journée. SERGE PAPINExactement, merci à vous. JOURNALISTEMerci beaucoup monsieur Papin. Vous retrouvez cette interview sur l'application Ici et Ici.fr. Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 août 2026
La source — vie_publique · nº 304318
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