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18 août 2026 · Gouvernement · Europe 1 · discours Discours

Interview de Mme Françoise Gatel, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, à Europe 1 le 18 août 2026, sur les cyberattaques contre les plateformes gérées par l'État, la lutte contre les incendies de forêt et l'élection présiden

Françoise Gatel (auteur)

JACQUES SERAISBonjour, Françoise Gatel. FRANÇOISE GATELBonjour. JACQUES SERAISMerci d'être avec nous en direct ce matin sur Europe 1. Françoise Gatel, le fisc a commencé à prévenir les contribuables concernés par le vol massif de données. Vous, personnellement, avez-vous reçu ce mail ? FRANÇOISE GATELÀ ma connaissance, je ne l'ai pas reçu, ou je ne l'ai pas reçu encore. JACQUES SERAISVous êtes ministre, vous êtes aussi, bien sûr, citoyenne et contribuable. Faites-vous encore confiance à l'État pour sécuriser vos données en ligne, Madame la ministre ? FRANÇOISE GATELOui, moi, je fais confiance à l'État puisqu'il y a une totale transparence et un engagement très fort du Premier ministre, qui a réuni une cellule de crise dès hier. On sait que les cyberattaques sont extrêmement nombreuses, parfois pour des raisons politiques malveillantes, mais aussi pour des questions d'argent et de mauvais business, si je puis dire. Donc, il y a un audit qui est en cours. La transparence est totale puisque les contribuables, particuliers ou entreprises impactées, vont être informés. Et puis, il y a eu un plan de sécurisation qui a été lancé au mois d'avril pour la sécurité interne ministérielle, cette cybersécurité dont je fais confiance dans le Premier ministre. Il affronte les crises qui se présentent avec beaucoup de courage, de lucidité, de transparence. JACQUES SERAISVous faites confiance, mais vous ne faites pas le constat qu'aujourd'hui nos données, les données des contribuables français, ne sont pas en sécurité en ligne sur des plateformes gérées par l'État ? FRANÇOISE GATELCe que l'on voit, si aujourd'hui il y a à la fois une fragilité, non pas parce que les systèmes, on n'aurait pas pris en compte la nécessité de sécurité, mais parce qu'on voit bien aujourd'hui, il y a des hackers qui ne craignent rien, qui sont plus que performants et qu'on doit sans doute se réarmer là aussi davantage pour vraiment se mettre à l'abri de toutes les attaques qui viennent de partout et qui touchent à la fois tous les pays. Et je me souviens, quand j'étais au Sénat, on a vu aussi des attaques de collectivités, des attaques d'hôpitaux. Et aujourd'hui, l'État a engagé avec ses collectivités, ces établissements publics, vraiment un accompagnement très fort pour sécuriser les choses. Donc, pour parler contre ces... JACQUES SERAISFrançoise Gatel, justement, vous parlez du Sénat. Un projet de loi destiné à renforcer la protection informatique des administrations et des organismes essentiels avait été adopté au palais du Luxembourg en mars 2025. Texte adopté, transmis à l'Assemblée nationale et finalement il n'a jamais été inscrit au calendrier. Pourquoi ? FRANÇOISE GATELAlors, l'ordre du jour de l'Assemblée nationale se fait à la conférence des présidents, c'est-à-dire avec l'ensemble des présidents de groupes et le Gouvernement. Ça veut dire qu'aucun groupe n'a repris ce texte, qui nécessite sans doute d'être regardé de près, d'être conforté, qu'il y a urgence à agir. Mais le Premier ministre... JACQUES SERAISMais ça fait un an et demi que ça traîne dans les cartons à l'Assemblée. Est-ce qu'il n'y a pas une faute à ne pas avoir traité ce dossier en priorité quand on voit que d'autres dossiers, par exemple, là, sont passés à l'Assemblée. Exemple, la proposition de loi sur la fin de vie. Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres priorités, à savoir sécuriser les données des procès en ligne ? FRANÇOISE GATELJe respecte totalement le Parlement qui est libre de son ordre du jour et que maintenant il appartient... JACQUES SERAISMais avec le recul, quelle est votre opinion ? FRANÇOISE GATELMais je pense qu'il appartient que l'on traite vraiment l'ensemble des dossiers, qu'aujourd'hui la cybersécurité est un dossier extrêmement important, mais on ne peut pas dire que rien n'a été fait. Mais aujourd'hui, je comprends le mécontentement des contribuables, des particuliers, et l'État ne se satisfait pas du tout de la situation. Et je crois qu'en France, de manière générale, on a l'art, parfois, et c'est pour l'ensemble des acteurs de pallier l'urgence qui arrive, parce qu'on a beaucoup d'urgence à gérer, et que sans doute il nous faut nous poser calmement et anticiper des stratégies d'importance pour protéger notre souveraineté. Ce que le Gouvernement fait en matière militaire, en matière de services interministériels, vraiment... JACQUES SERAISMais justement, madame la ministre, puisqu'il s'agit de se poser calmement, là, dans le même temps, l'État demande aux Français et aux entreprises de tout numériser, et de plus en plus. Et dans moins de 15 jours, le 1er septembre, toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises, les ETI, devront également les émettre électroniquement. Dans le contexte actuel, est-ce que c'est vraiment raisonnable de pousser à toujours plus la numérisation obligatoire ? FRANÇOISE GATELIl y a nécessité d'encourager ces dispositifs, et qu'en même temps, il faut avoir des systèmes de contrôle, de protection et de prévention. C'est évident, et je crois que l'audit qui a été demandé par le Premier ministre permettra de faire la lumière d'évaluer et de mesurer les choses véritablement. JACQUES SERAISVous étiez en Gironde, hier, Madame la ministre, aux côtés de Sébastien Lecornu, et là encore, le Gouvernement est accusé d'avoir tardé. Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile est en préparation depuis plusieurs mois et, après les incendies de cet été, sept parlementaires viennent d'être chargés de proposer des mesures très concrètes. Pourquoi est-ce qu'il a fallu attendre les mégafeux de cet été et la colère des pompiers pour accélérer ? FRANÇOISE GATELNon, il n'a pas fallu attendre le feu puisque le Beauvau de la sécurité civile existait. Nous sommes en train de finaliser les choses puisqu'il y aura des propositions très concrètes qui seront faites dans la loi de finances qu'augmenter le budget, les moyens de la sécurité civile nécessite d'apprécier l'ampleur des besoins, la nature du financement, et ça nécessite une loi de finances. Donc, on y est. Le ministre de l'Intérieur travaille activement sur le sujet. Des propositions sont en cours de rédaction. Un projet de loi va arriver au mois de septembre sur la sécurité civile, et les parlementaires en mission sont là pour compléter un texte sur des points très particuliers. Donc, on ne peut pas dire que le Gouvernement n'anticipe pas et ne fait rien. Moi, j'ai été effectivement avec le Premier ministre hier, avec des élus et des chefs d'entreprise. Il a parlé franchement, courageusement. Nous avons décidé et mis en oeuvre des moyens qui sont des réponses immédiates pour faciliter les choses pour les usagers, avec des grands services mobiles, avec une accélération des formalités d'urbanisme, un guichet unique pour le relogement, des moyens pour aider les collectivités à faire le nettoyage, les réparations. Et puis, nous avons aussi mis en place un coordinateur qui sera dans chaque préfecture, qui sera le référent du maire pour faciliter les choses, accélérer, simplifier. Et l'État est là pour accompagner aujourd'hui sur ce traitement d'urgence et de réparation, mais aussi pour dessiner l'avenir puisqu'il y a une mission d'adaptation et de reconstruction. Parce qu'il faut tirer les leçons de ce à quoi nous avons été confrontés d'une manière très violente, très forte et très ample pour s'adapter, corriger les choses. Et je vous assure que la réunion hier avec le Premier ministre, des chefs d'entreprise et des élus, a été une réunion très franche, très respectueuse, très claire. Et j'avais entendu... JACQUES SERAISOui, pour terminer, une question pour terminer : Gérald Darmanin vient d'annoncer qu'il renonce à se présenter à l'élection présidentielle et il décide de soutenir Édouard Philippe. Alors, je rappelle que vous êtes ministre, mais aussi vice-présidente de l'UDI. Qu'est-ce que vous pensez du choix de Gérald Darmanin ? FRANÇOISE GATELÉcoutez, dans un moment où il va falloir envisager le rassemblement, que les choses se fassent parfois de manière individuelle, comme celle-ci, puisque Gérald Darmanin a annoncé que, voilà, il ne présenterait pas de candidature et qu'il vient en soutien à un candidat. Je pense que ça veut dire qu'effectivement, il faut que l'ensemble de ce que j'appelle les républicains et, en tout cas, le centre de la droite et le centre un peu élargi, pensent qu'il va falloir se rassembler parce qu'il y a un enjeu. JACQUES SERAISVous aussi, vous soutiendrez Édouard Philippe ? FRANÇOISE GATELBen écoutez, je ne sais pas. La question se pose. JACQUES SERAISVotre choix n'est pas fait en matière ? FRANÇOISE GATELNon, mais il y a à la fois le ralliement à une personne qui a un projet, une idée et puis je crois qu'il faut aussi qu'on parle de projet et de rassemblement, dont les choses se font, se feront à temps après réflexion, et en tout cas aujourd'hui, il y a des discussions et des échanges qui se font. Donc, il y a un travail sérieux et approfondi. Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 août 2026
La source — vie_publique · nº 304360
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304360-francoise-gatel-18082026-europe-1-cyberattaques?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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