Déclaration de M. Sébastien Lecornu, Premier ministre, sur la lutte contre l'immigration clandestine, les assurances, l'eau et la reconduction du dispositif CICE, à l'Assemblée de Mayotte le 26 août 2026.
Sébastien Lecornu (auteur)
Monsieur le Président, mon cher Ben Issa, je suis heureux de vous retrouver ici quelques années, enfin, c'est mon quatrième déplacement à Mayotte, troisième déplacement ministériel. On se connaît bien pour avoir géré déjà un certain nombre de crises et de dossiers ensemble.
Et je n'oublie pas qu'avec votre équipe ici, les conseillers départementaux de l'ensemble des cantons de Mayotte, il y a de cela quelques années, nous avions pris des décisions ensemble notamment aux 10 ans de la départementalisation, qui nous avait amenés quand même à prendre une décision importante qui était appelée des vœux des Mahoraises et des Mahorais, qui était le début d'une trajectoire claire de convergence sociale. Nous l'avions décidé ensemble. Et le principe même d'une loi-cadre pour Mayotte, il a fallu un petit peu de temps entre le moment où nous l'avons décidé et le moment où, effectivement, le parlement s'en est emparé et où elle a été votée, mais enfin, on a déjà quelques habitudes de travail. Donc, merci.
Et si je puis me permettre, [merci] à l'ensemble des collègues conseillers départementaux, l'étant moi-même par ailleurs, [pour] vous remercier de cet accueil républicain (un jour de fête en plus) et donc, d'avoir pris ce temps d'accueil et aussi de travail.
Une séance de travail maintenant, et on reviendra demain dans une séance de travail particulière avec les maires. Je salue évidemment les parlementaires qui sont ici et qui nous accueillent, les ministres qui m'entourent ; vous avez également le ministre de l'intérieur et la ministre des armées qui sont actuellement encore sur Petite-Terre, sur justement une séquence dédiée à la lutte contre l'immigration clandestine et plus généralement les questions de sécurité, mais j'en dirai un mot dans un instant.
Et puis, je veux remercier évidemment les équipes de la préfecture, les équipes des collectivités locales qui ont monté ce déplacement officiel. Plusieurs ministres, c'est quand même particulièrement lourd, mais il me semblait que c'était absolument indispensable de le faire.
C'était indispensable de le faire parce que, pour être complètement transparent, ne découvrant ni Mayotte ni ses difficultés, il ne m'avait pas échappé que beaucoup d'engagements ont été pris. Il ne m'a pas non plus échappé, pour surveiller de près nos affaires budgétaires, que l'argent était bien là, mais que tout ça ne voulait rien dire pour nos compatriotes ici parce que les projets concrets, la reconstruction concrète des infrastructures publiques, mais aussi d'ailleurs des logements, parce qu'on n'a pas prononcé le mot assureur ou assurance (mais on y reviendra : il y a aussi un enjeu, évidemment, de réponse du secteur privé), tout ça prend beaucoup trop de temps depuis maintenant un an et demi et ça crée évidemment beaucoup de désespoir que je mesure.
Et c'est pour cela que j'ai pris ma plume en écrivant aux collègues maires et en vous adressant cette lettre en copie, Monsieur le président, considérant qu'il ne fallait peut-être pas faire un déplacement ministériel comme d'habitude, c'est-à-dire avec un énième plan, des énièmes annonces, mais plutôt repartir de tout ce qui avait déjà été annoncé et en objectivant ce qui avait avancé, parce que, contrairement à ce que certains démagogues veulent bien raconter à des fins électorales, des choses ont avancé. Ça se voit sur certains critères, mais la même honnêteté doit nous amener à voir qu'un certain nombre de projets ou de dossiers ont pris du retard. Et partant de cette objectivation-là, ça nous permet évidemment de commencer à nous mettre d'accord, surtout à quelques jours des derniers arbitrages pour le projet de loi de finances pour l'année 2027, sur lequel vous êtes directement intéressée.
Et puis, Président, comme moi, vous avez été élu déjà il y a quelque temps, mais on a toute une génération d'élus locaux municipaux qui viennent d'être élus ou réélus en mars dernier. Et ça, c'est factuel. C'est la première année de leur mandat, de votre mandat pour un certain nombre d'entre vous. Et c'est maintenant qu'il faut répondre évidemment présent parce qu'on ne recommencera pas cette première année de mandat. Et soit le mandat municipal part droit, soit au contraire, il est un peu gêné, entravé ou gâché. Et auquel cas, évidemment, il faut rentrer dans le vif du sujet, en tout cas pour permettre au bloc communal de répondre présent.
Pourquoi je dis ça ? Je vais d'abord avoir un petit détour pour les questions régaliennes, parce que vous allez le comprendre, si je ne remets pas en cause les engagements de l'État qui ont été pris par mon gouvernement ou les gouvernements précédents, je vais peut-être vous faire des propositions d'inflexion dans la gouvernance de tout cela, dans la manière de travailler, parce que si ça n'avance pas, c'est qu'il y a forcément une raison.
Mais parce que vous avez été précis, je veux l'être à mon tour sur la question de la lutte contre l'immigration. Vous connaissez les contraintes du gouvernement actuel : nous n'avons pas de majorité, nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous et nous n'avons pas d'argent. J'aime mieux vous dire que la situation est absolument idéale et confortable, mais elle nous autorise aussi, paradoxalement, à être plus exigeants et à prendre un certain nombre de risques.
Est-ce que je viens vous annoncer une énième loi dans les semaines qui viendront ? La réponse est non. Est-ce qu'à droit constant et à loi constante, sur le sujet migratoire, est-ce qu'on peut faire beaucoup mieux, notamment dans notre organisation, notre capacité de faire ? La réponse est oui. Et c'est pour ça que je dissocie, au fond, à court terme, ce qui peut être fait de ce qui peut être envisagé à moyen et long terme. Je l'ai dit tout à l'heure, mais je le redis devant vous pour répondre aussi à votre interpellation, je pense que nous allons — en tout cas, je pense — nous allons valider une continuité, Monsieur le Président, sur un point : c'est le renforcement des moyens.
Quand je suis venu à Mayotte avant 2017, il y avait moitié moins de policiers et de gendarmes sur l'archipel. Moitié moins. Aujourd'hui, moitié plus. Est-ce que c'est suffisant ? La réponse est non. Est-ce qu'en face à cela, la violence a augmenté ? La réponse est oui. Mais enfin, la réalité, c'est que notre organisation de sécurité intérieure, elle a profondément évolué. Et ça, le ministre de l'intérieur est en train de l'expliquer actuellement à Petite-Terre, mais on va continuer, évidemment, sur ces efforts.
On va néanmoins faire deux inflexions. La première, je l'avais initiée quand j'étais ministre des Armées, et désormais les résultats sont là. Nous allons assumer une militarisation plus forte de la lutte contre l'immigration clandestine et dans le respect de notre souveraineté. On a trop d'angles morts autour de l'archipel. On a trop de difficultés de détection. Et paradoxalement, alors que nos moyens en matière d'interception ont augmenté et vont continuer d'augmenter, c'est parfois des sujets purement de détection et de renseignement qui font encore défaut. Je ne vais pas traiter tous les sujets parce que j'en ai déjà parlé tout à l'heure et je veux parler des autres sujets liés à la reconstruction et à la relation entre l'État et le conseil départemental, mais ce que nous allons assumer à très court terme, c'est d'employer de la haute technologie militaire, ballons statiques de surveillance, comme on le ferait sur des zones parfois de conflits difficiles pour faire du renseignement, drones longue portée pour avoir une allonge de détection très en amont lorsqu'il y a un départ d'embarcation, drones tactiques, intelligence artificielle.
Les ministres sont en train de détailler tout ça, mais on ne pouvait pas le faire avant, et pour cause, parce que les crédits militaires avaient tellement été abîmés dans les années 2000, je sais de quoi je parle, que la remontée en puissance de notre appareil de défense a pris du temps et que seulement maintenant, on peut enfin bénéficier du matériel et pouvoir évidemment l'injecter ici, sur la souveraineté maritime de Mayotte.
Cela vaut pour la terre, cela vaut notamment sur l'île Sandero, cela vaut pour la mer et cela vaut évidemment pour les airs.
L'autre inflexion, c'est, au fond : on n'a pas suffisamment décloisonné l'action de l'État entre les ministères. J'ai été ministre des Outre-mer, j'ai vu ça de près, et on voit bien qu'on a un énorme enjeu sur les pays amont. Pendant longtemps, le seul sujet était l'émigration qui venait des Comores. On le voit bien, la question de l'Afrique des Grands Lacs devient particulièrement préoccupante parce que géopolitique compliquée, parce que réchauffement climatique, parce que phénomène sanitaire.
Et donc là, je l'ai annoncé tout à l'heure, j'ai demandé aux ministres de développer un bonus-malus sur l'aide publique au développement pour ces pays. C'est 300 millions d'euros, c'est considérable pour l'année dernière, et tout simplement avec une règle simple : c'est que les pays qui nous aident en amont, au départ des flux migratoires, seront accompagnés davantage par la République française. Et les pays qui ne jouent pas le jeu, soit parce qu'ils n'ont pas pris d'engagement, refusent d'en prendre, soit parce qu'ils prennent des engagements mais ne les tiennent pas, verront évidemment un malus important se faire. On précisera tout ça, mais c'était une demande ancienne d'un certain nombre d'élus du territoire. Je regarde notamment notre ami sénateur Saïd. C'était une demande qui avait été faite par beaucoup.
Enfin, nous avançons sur ce sujet avec bon sens, me semble-t-il. Et donc là aussi, on pourra y revenir. Je sais qu'au Sénat, il y avait eu des rapports et des recommandations qui avaient été faits sur ce point. Et donc je voulais ici évidemment vous dire que nous le faisons et nous le faisons sans attendre.
Maintenant, si je prends les autres sujets : clairement, la reconstruction prend du retard, vous le savez mieux que moi. Il y a des raisons objectives, le désordre foncier, les questions d'ingénierie. Mais enfin, on ne peut pas faire semblant de le découvrir, la question de l'ingénierie, on en parle depuis longtemps. Il y a des sujets politiques, il y a un calendrier électoral municipal. Certains semblent oublier aussi, y compris au Parlement, que c'est sûr, quand on censure les gouvernements et que les budgets sont votés au mois de février, les crédits sont délégués au mois d'avril. Et donc, à plusieurs reprises, malheureusement, en tout cas par deux fois, les années budgétaires ont commencé au printemps.
Ça, évidemment, ça n'aide pas dans la manière dont les projets sont exécutés. Mais enfin, ça ne suffit pas non plus comme explication et je reste persuadé – et c'est la première proposition que je vous fais – c'est de revoir la gouvernance de la reconstruction.
Et là, on y reviendra demain avec les maires. Vous avez un nouveau préfet. J'annoncerai demain aux maires un renforcement important de l'équipe préfectorale et de l'État local pour justement amener de l'ingénierie à la disposition du territoire, pas que des collectivités d'ailleurs, mais aussi des partenaires privés et de votre collectivité, Président, ou des différents syndicats qui sont concernés.
Mais au fond, je veux qu'on reparte sur une gouvernance conseil départemental- mairie-préfecture. Et on le voit bien là, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, pour être complètement honnête, mais j'ai le sentiment que les maires ont été trop contournés dans l'organisation initiale de la gouvernance, y compris d'ailleurs dans la loi et dans la rédaction de la loi qui a été votée par les parlementaires. Donc ça, c'est évidemment la première chose que je mets sur la table parce que dans le RETEX, le retour d'expérience que nous sommes en train d'avoir, on voit bien que les maires n'occupent pas la place qu'ils méritent dans cette reconstruction.
La deuxième des choses, c'est évidemment traiter les problèmes techniques tels que nous les avons évoqués. On a aussi un sujet, je le disais, sur les assurances. Alors, il se trouve que nous avons été confrontés à des incendies très graves, comme vous le savez, dans l'Hexagone, notamment en Gironde. C'est aussi un défi que nous avons par ailleurs, la ministre de l'Environnement est avec nous. On voit bien que, sur un certain nombre de risques climatiques, les assureurs doivent davantage répondre présent.
Alors, vous allez me dire, beaucoup de nos compatriotes ici ne sont pas assurés. Ça, c'est encore un autre problème. Mais même chez les personnes assurées, on a encore trop de difficultés. Donc ça, c'est aussi un sujet que je veux mettre sur la table demain. Parce qu'on doit pouvoir s'en sortir et c'est la poule et l'œuf : là on perd trop de temps, tout le monde se renvoie l'ascenseur ou la balle et on voit bien que ça rend folles évidemment les personnes qui sont concernées.
La troisième des choses, ce déplacement en méthode change un tout petit peu la donne puisque j'ai déjà annoncé que je reviendrai. Et pour moi, je veux vraiment maintenant un comité mensuel qui permet d'avoir une transparence totale sur les crédits engagés, ça évitera aussi de raconter n'importe quoi sur le sujet, sur les projets sur lesquels on a contractualisé, sur lesquels on s'est dit : "c'est ce qu'il faut sortir", soit par les autorisations d'urbanisme, soit par les premières pierres, soit par la livraison, parce qu'en fait, ce qui intéresse quand même vraiment nos compatriotes, c'est de savoir quand une école ou un logement est reconstruit. Nos affaires de foncier, nos affaires de permis de construire, nos affaires d'autorisations d'engagement, nos affaires de crédits de paiement, déjà, ce n'est pas clair, même pour ceux qui prétendent connaître les dossiers, parfois, ils ont du mal à... Voilà. Là, pour la population, tout ça est compliqué. Donc ça, on y reviendra longuement demain aussi en réunion de travail avec les maires et les ministres concernés, mais je veux désormais une publication mensuelle.
Je l'ai dit, l'ensemble des élus, vous serez invités à un premier comité de pilotage à Matignon avec l'ensemble des ministres en marge du congrès des maires, ce qui nous permettra d'avoir un point d'étape et d'objectiver les freins pour, une fois de plus, éviter parfois d'entendre des choses qui sont fausses sur le sujet.
Au-delà de la transparence, je suis prêt aussi à ce qu'on évolue clairement sur ce qu'on appelle la maîtrise d'ouvrage. Qui prend quoi ? Qui prend la responsabilité de quoi ? Et c'est là où je veux, pour l'État, pivoter. Ce n'est pas que l'État qui met de l'argent, mais si l'État doit prendre la maîtrise d'ouvrage de certains projets parce que les élus le décident (je reste un élu local moi-même), il faut que ça soit clair. Et si ça se trouve, chaque commune aura une position qui sera peut-être différente. Peut-être que pour le Conseil départemental, ça sera un projet ou un autre. Ça vaut aussi pour les syndicats.
Et clairement, j'ouvre cette question-là pour un débat. Je ne tranche pas moi-même. Un débat pour, d'une part, Monsieur le ministre de l'Éducation nationale, les écoles, qu'elles soient maternelles, primaires et évidemment secondaires, [problème] sur lequel il y a déjà une maîtrise d'ouvrage assurée par l'État, mais aussi pour la question de l'eau. Sujet délicat, sensible, mais je suis élu local, donc je fais quand même attention à ne pas dire n'importe quoi.
Il y a une gouvernance locale de l'eau, il y a des élus qui président des syndicats qui sont dedans. Mais pour la première fois, au regard de la gravité de la situation, si l'État doit prendre une responsabilité nouvelle, on en a discuté avec la ministre ce midi en réunion de travail, même temporaire, nous sommes prêts à le faire. Mais j'insiste : nous ne le ferons qu'à la demande, évidemment, des élus concernés. Mais on ne peut pas se renvoyer la balle 107 ans. Et donc nous, avec des équipes d'ingénieurs, etc, on est prêt [évidemment à bouger de façon importante] sur le sujet parce que, vous le savez tous, des décisions du tribunal administratif sont attendues dans quelques semaines.
Vous avez des projets de court terme, des projets de moyen terme, des projets de long terme. Mais là aussi, il faut le clarifier : qui fait quoi ? Qui prend la responsabilité de quoi ? Et après, on l'assume tous ensemble devant la population avec la transparence, évidemment, que cela nécessite.
Autre point, et merci Président de l'avoir dit : il faut que l'État montre l'exemple. Certains projets sont connus. Je vais prendre un certain nombre de décisions qui vont rendre les grands projets structurants pour le territoire dont l'État est maître d'ouvrage irréversibles avant la fin du quinquennat.
Ces dossiers sont connus, vous ne les avez pas tous cités. Évidemment : la question de l'aéroport, du nouvel aéroport. Vous savez qu'un premier décret a été pris en avril de cette année pour le catégoriser en A, c'est-à-dire, la taille des aéroports les plus importants. Ça, c'était évidemment clé. En ce moment même, vous le savez sans doute, les premiers marchés publics sont lancés. Cela, pareil : ça ne parle pas au grand public, mais enfin, nous, on est des élus, donc on sait quand même que quand les marchés sont lancés, c'est qu'on commence vraiment à y mettre de l'argent sur la table. Et surtout, je signerai moi-même la déclaration d'utilité publique foncière avant la fin de cette année. Ça veut dire qu'en fin d'année 2026, avant le début de l'année prochaine, la déclaration… et vous connaissez la conduite des projets, une fois que la DUP foncière est signée, ça rend évidemment le projet complètement concret et ça permet de le déclencher. Avec vous, élus départementaux, et avec les élus municipaux de petites terres, je souhaite aussi qu'on ouvre le sujet de l'avenir de l'aéroport actuel.
On ne peut pas dire : "il y a un nouvel aéroport, qu'est-ce qu'on fait de l'ancien, quel projet peut être mené" ? Donc ça aussi, il faudra évidemment y revenir sur, évidemment, l'autorité des élus concernés et évidemment de l'État.
Vous m'avez interpellé sur le port de Longueuil. Là aussi : sujet bien connu. Je crois que dans les quelques jours qui viennent, la gouvernance va changer. Alors, question précise, Président, réponse précise : soit vous souhaitez une société portuaire et je prends le décret dans les semaines qui viennent, parce que c'est du réglementaire, et je le fais. Et cela, je veux que l'assemblée délibérante, à un moment donné, dise à l'État ce que vous souhaitez. Soit vous souhaitez un grand port maritime, et l'État, le Gouvernement vous dira oui, mais il faut une toute petite loi, parce que, comme vous le savez, pour un grand port, il faut une toute petite loi du Parlement, et on peut le cas échéant l'injecter peut-être en janvier ou en février. Les deux d'ailleurs pouvant se combiner. Mais là aussi, la décision sur le grand port maritime avec ses différents statuts, on peut aussi éclairer l'Assemblée et les parlementaires, évidemment des avantages et des inconvénients des deux modèles. Mais je veux que cette question soit définitivement derrière nous d'ici à la fin du quinquennat, parce que ça fait trop longtemps qu'on en parle.
Il y a la question des logements, il y a la question de la prison, il y a la question de l'hôpital, Madame la ministre de la santé, mais je crois que vous y reviendrez, donc je ne veux pas préempter les choses. Mais là aussi, des décisions, notamment d'expropriation et de clarification du foncier pour le deuxième hôpital, vont être prises dans les toutes prochaines semaines.
Enfin, dernier point, et pardon d'être long, c'est pour ça que j'introduis le déplacement de manière un peu plus originale : il y a une vie économique à Mayotte qui mérite d'être soutenue, des entrepreneurs, des agriculteurs, sur différentes filières. Vous m'avez saisi, pour un certain nombre d'entre vous, sur la nécessité d'avoir une mesure d'accompagnement particulière qui continue en 2027. Et donc, nous inscrirons dans la loi de finances pour l'année prochaine et dans la loi de finances pour la Sécurité sociale, monsieur le Président, la reconduite du dispositif CICE et un alignement, l'Odéon (ph), qui permettra aux 3 000 entreprises, de tailles d'ailleurs différentes en fonction de leurs activités, d'avoir un soutien important pour continuer aussi à ce qu'il y ait une vie économique, qu'ils soient des acteurs de la reconstruction.
On ne peut pas dire que la puissance publique locale ou étatique soit les seuls acteurs de la reconstruction. Il est évident que l'activité économique florissante permet de le faire. Et donc, l'ensemble des alignements, des allègements de charges, la ministre des Outre-mer, Naïma MOUTCHOU, que je remercie parce qu'elle a fait un boulot important sur le sujet, portera ça au Parlement, mais ça sera dans le texte initial du Gouvernement. Et je sais que le monde patronal, en tout cas, nous l'a demandé, et je voulais le clarifier parce que ça donne de la confiance, et la confiance permet d'avancer.
Beaucoup de sujets sont oubliés dans mon propos, ce n'est pas volontaire, je ne lis pas de papier donc je vous réponds en improvisant un peu – enfin, en improvisant pas complètement, mais en tout cas en le faisant sans filet.
En tout cas, prenez ce déplacement pour ce qu'il est. Nous ne sommes candidats à rien si ce n'est au fait que la parole de l'État soit tenue avec des difficultés qu'il convient d'objectiver, sans démagogie et en même temps en mettant de la clarification comme n'importe quel élu local le ferait dans sa collectivité, avec bon sens, honnêteté et sens de l'intérêt général.
Merci, en tout cas, du fond du cœur, pour votre accueil chaleureux et républicain ici, ce soir.
Source https://www.info.gouv.fr, le 28 août 2026
La source —
vie_publique · nº 304449
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