Déclaration de MM. Sébastien Lecornu, Premier ministre, Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur et Mme Catherine Vautrin, ministre des armées et des anciens combattants, à l'occasion de la réunion de l'état-major de la lutte contre l'immigration clandesti
Sébastien Lecornu (auteur), Laurent Nunez (intervenant), Catherine Vautrin (intervenant)
Préfet de Mayotte[... aux postes de commandement de l'action de l'État en mer qui mobilise journellement plus de 11 services de l'État qui vont de la force de sécurités intérieurs aux forces armées, service de renseignement spécialisé pour lutter] contre l'immigration clandestine, en particulier contre l'immigration clandestine en mer. Assez rapidement, [il faut] rappeler qu'on reste à un niveau assez élevé d'activité puisque sur l'année, on intercepte entre 700 et 900 embarcations dites Kwassa dans l'océan Indien et on a environ 900 à 1 000 intrusions maritimes qui continuent à venir en provenance des Comores, mais aussi de l'Afrique des Grands Lacs, par le truchement, évidemment, des Comores. Donc, on est à ce stade et, à date, à 16 500 éloignements. Évidemment, la LIC mer se trouve conjuguée avec la LIC terre (la lutte contre l'immigration clandestine à terre), qui est principalement opérée par les forces de sécurité, gendarmerie et police, mais principalement par le groupe d'appui opérationnel des PPN, avec, là aussi, des résultats qui sont satisfaisants. Peut-être, pour ne pas être trop long, [faut-il] dire qu'on constate néanmoins, même si les effectifs restent mobilisés et qu'on a une activité qui est positive, qu'on a un adversaire qui s'adapte à nos modes d'action, qu'on a un adversaire qui connaît nos modes de détection. Et donc, on est dans ce travail de réflexion nécessaire pour pouvoir optimiser et adapter notre modèle face à la menace à laquelle nous faisons face quotidiennement, monsieur le Premier ministre.
Sébastien LECORNU, Premier ministre, chargé de la planification écologiqueMerci, Monsieur le Préfet. Peut-être quelques mots introductifs. D'ailleurs, je souhaiterais que le ministre de l'Intérieur et le ministre des Armées [prennent] le soin de compléter. Je me permets aussi de saluer la presse locale de l'archipel, et aussi nationale, qui a fait le déplacement pour suivre ce déplacement, qui est mon quatrième déplacement à Mayotte (enfin un déplacement privé et 3 déplacements ministériels). Je crois que ça doit être la 2e ou 3e fois que je viens dans cette salle d'état-major, ce qui me permet aussi de parcourir et de regarder le chemin parcouru, pour être précis, notamment depuis 2017.
Et je veux commencer par des mots de remerciement, je pense que les ministres le feront également, pour beaucoup d'inspecteurs des travaux finis et de commentateurs sur les résultats. Mais enfin : quand je vois 16 000 reconductions sur le seul premier semestre de l'année 2026, ce qui laisse apercevoir des cibles quand même importantes cette année, la mobilisation très importante — évidemment policiers, gendarmes, douane, mais également forces armées, on va y revenir dans un instant — mais qui permet d'avoir des résultats qui sont tout à fait solides.
Néanmoins, vous l'avez dit, on le voit bien, l'adversaire s'adapte. Mettons les pieds dans le plat, aussi parce qu'il bénéficie parfois de complicités locales. Il s'adapte parce que, tout simplement, nous sommes parfois lisibles dans la manière de traiter cela. Et donc, évidemment, il faut qu'on se réinvente. C'est l'objet de cette réunion et des quelques annonces qu'on peut y faire. Et puis, la réalité, c'est que pendant des années, le flux migratoire ne venait que des Comores. Désormais, effectivement, un certain nombre de pays de l'Afrique des Grands Lacs, y compris pour des raisons qui tiennent à leur géopolitique en ce moment, à des guerres, à des phénomènes aussi climatiques, fait que, évidemment, on a un nouveau flux qu'il nous faut traiter. Ça, on va y revenir dans un instant, y compris après, hors presse. Néanmoins, on va tout à l'heure rejoindre les élus, on va reparler évidemment de la reconstruction, on a beaucoup de choses à dire et à mettre sur la table, mais enfin, on sait tous ici qu'on marche sur deux jambes. Si on n'est pas bon sur le régalien, de toute façon, on ne sera pas bon non plus sur les questions politiques, économiques, sociales ou environnementales pour l'archipel.
Donc nous, on vient avec, au fond, à droit constant, pas question de commencer à faire des grandes annonces, etc. Pour ça, il y a l'élection présidentielle. Donc à loi constante, [il faut] déjà faire en sorte que les lois actuelles soient appliquées. Ce n'est pas complètement le cas. Ça va être un des points d'étape aussi de vouloir faire avec vous toutes et vous tous.
La deuxième des choses, c'est qu'on n'a pas à rougir des moyens budgétaires et d'effectifs qui ont été mis sur la table. Et il n'a échappé à personne qu'on doit rendre quelques arbitrages importants dans les jours qui viennent pour préparer le budget pour l'année prochaine et qu'il est évident que tout ce qu'on a commencé depuis 2017, non seulement ne doit pas être abîmé pour l'année prochaine, mais mieux que cela, il faut évidemment continuer de le renforcer. Mais je laisserai peut-être les ministres le développer tout de suite parce qu'on veut s'assurer qu'évidemment, ça corresponde bien à ce que vous entendez localement, et ce que vous constatez, je l'ai dit notamment pour le DTPN et le général de gendarmerie, en lien évidemment avec la Douane et aussi le COMSUP des FAZSOI depuis La Réunion.
Après, je pense quand même qu'on a deux légères inflexions. Si on dit qu'il faut s'adapter à l'adversaire, il y a deux légères inflexions qu'il faut assumer, à mon avis, dès maintenant, à droit constant. La première, c'est — et avec la bienveillance de Catherine VAUTRIN et de ses équipes, pour avoir commencé ce travail en amont — c'est d'assumer une militarisation plus importante de la protection de la souveraineté de l'archipel. Je suis très clair sur le sujet : les forces de sécurité intérieure doivent continuer de faire un travail de sécurité intérieure — interceptions, prise en charge évidemment des étrangers en situation irrégulière. Mais enfin, on voit bien qu'on a un énorme problème d'angle mort autour de l'archipel. Chido évidemment n'a pas aidé à cela, et nous a fait prendre du retard par rapport aux objectifs que nous nous étions donnés, y compris lorsque j'étais jeune ministre des Outre-mer. Mais on voit bien quand même que, que ce soit sur l'îlot de Mtsamboro, sur la capacité de détection de radars, là, il faut qu'on passe la seconde. Et donc c'est ce qu'on va décider là ensemble dans quelques instants. C'est une militarisation plus importante des approches de souveraineté, un recours au haut du spectre des hautes technologies que la loi de programmation militaire, que les lois de programmation militaire nous ont données, c'est-à-dire des choses qu'on utiliserait peut-être dans d'autres circonstances mais qu'on va décider de mettre en place ici. Drones, autant le drone tactique pour les intercepteurs que des drones de longue portée qui permettent d'avoir de la longueur d'avance sur évidemment les départs. Ballons stationnaires avec différents capteurs, usage de l'intelligence artificielle. On est enfin capable (on avait parlé de muraille jadis, là on est enfin capable de commencer à la dessiner, parce qu'évidemment, les technologies d'une part, mais aussi les crédits qu'on a injectés dans les forces armées nous le permettent) d'avoir une approche de souveraineté.
Et la ministre y reviendra parce que tout ça s'ajoute à d'autres décisions qui ont été prises : Escale [ph], modernisation aussi, évidemment, des intercepteurs. Tout ça évidemment rentre en ligne de compte. Je rappelle qu'en 2017, il y avait quatre intercepteurs pour faire de la LICAM, lutte contre l'immigration clandestine. Là, aujourd'hui, on est à 9 cette année et on finira autour de 13 ou 14 en 2028. Je veux bien qu'on dise tout ce qu'on veut, mais enfin, à quoi ça ressemblait avant 2017 ? Parfois, on se pose quand même un peu la question. Donc ça, c'est évidemment la première inflexion, c'est assumer un continuum ministère des armées-ministère de l'intérieur qui soit beaucoup plus robuste en respectant le rôle de chacun, mais avec une militarisation plus importante. Et je pense que la symbolique, pour celles et ceux qui connaissent bien Mayotte, le fait que l'on mette un détachement de la Légion étrangère, mon général, en permanence sur l'îlot de Samboro, avec des capacités de radar, des capacités optiques, c'est-à-dire d'assumer un poste avancé de souveraineté, va évidemment changer un tout petit peu la donne.
L'autre inflexion, c'est amont-aval, c'est-à-dire qu'il faut quand même qu'on ait une politique qui soit beaucoup plus cohérente entre les ministères, de l'amont, c'est-à-dire des pays de départ, jusqu'à l'aval, c'est-à-dire ici même, une fois que l'étranger en situation irrégulière a pu rentrer sur le territoire, si malgré tout, on n'a pas réussi à l'intercepter en amont. C'est aussi pour ça que je suis venu avec beaucoup de ministres différents, parce que du paiement effectif, je parle de lois déjà votées, donc de faire appliquer des lois qui existent déjà, du paiement des soins à l'hôpital de Mayotte par les étrangers en situation irrégulière, à la régie, comme on le faisait jadis (et la ministre de la Santé est là), jusqu'au dialogue avec les capitales des différents pays de départ, on voit bien que là, il faut qu'on renverse complètement la donne et la manière de faire.
Et donc, je remercie le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, qui ne peut pas être avec nous, mais enfin, je lui ai donné quelques directives avant notre déplacement ici. C'est qu'on va imaginer un système de bonus-malus sur l'aide publique au développement, sur notamment tous les pays qui sont concernés par les zones de départ. Alors ça, c'est quelque chose qui était demandé de longue date par le ministère de l'intérieur, c'est de la mise en cohérence. Je le dis tout de suite : il n'est pas question de trahir nos valeurs, donc tout ce qui est de l'aide humanitaire directe aux populations, y compris dans les théâtres de guerre et autres — ça, on ne le remet pas en cause. Il ne faut pas raconter n'importe quoi. Certains le disent, moi, j'assume ça. Il ne faut pas faire n'importe quoi.
Pour autant, vous avez une part qui est modulable, notamment sur des crédits bilatéraux qui permettent de faire de l'aide pour les différents pays concernés. Ce ne sont pas du tout des petites sommes. L'année dernière, sur les 8 ou 9 pays qui nous intéressent, on parle quand même de 300 millions d'euros. C'est assez simple, on va créer quelques nouveaux critères de bonus-malus, c'est-à-dire la capacité à bien collaborer avec les systèmes de renseignement, lutter contre les passeurs, évidemment les laissez-passer consulaires, la capacité de véritablement reprendre les étrangers en situation irrégulière. Tout ça dans le respect du droit, pas plus. Nul nécessaire de raconter n'importe quoi ou de faire n'importe quoi. Mais il est normal qu'un pays souverain (on va le faire avec beaucoup de respect, ce sont des pays souverains), mais qu'un pays souverain qui se donne du mal pour répondre à nos attentes, en matière migratoire, il est normal qu'on l'aide plus qu'un pays qui est parfois sourd ou peut-être trop léger avec ce que nous attendons. Je le dis prudemment parce que je suis plutôt là pour trouver une solution et arriver à nos buts que de créer un problème et avoir un propos d'estrade. Mais en tout cas, c'est une réflexion évidemment qui est très importante et sur laquelle j'entends bien que tout ça prend effet maintenant. Parce que, je l'ai dit : on travaille à l'endroit constant. On est dans un moment en plus où sur le terrain budgétaire, les choses sont un peu tendues, il faut donc aussi qu'on soit beaucoup plus imaginatifs, beaucoup plus précis dans ce que l'on propose.
Peut-être que le ministre de l'intérieur, puis le ministre des armées, [peuvent intervenir] s'ils sont d'accord.
Laurent NUÑEZMerci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, d'abord pour vos propos de remerciements sur lesquels évidemment je rebondis. [Il faut] dire ici qu'en matière de lutte contre l'immigration clandestine, ce qui est l'objet de cette réunion, de ce comité unique, sous l'autorité de Monsieur le préfet délégué du gouvernement ici à Mayotte, que je salue.
L'ensemble des acteurs sont totalement mobilisés sur ce sujet. Vous avez rappelé (vous avez eu raison de le rappeler) : on entend dire beaucoup de choses. Les résultats que nous obtenons avec l'engagement des policiers, des gendarmes, le concours évidemment des forces armées, d'autres services comme l'administration des douanes notamment, les services administratifs également de la préfecture que je veux saluer, qui font évidemment le travail, il y a le travail d'interpellation des étrangers en situation irrégulière, il y a le travail de reconduite qui est un travail lourd, fastidieux, procédural, mais qui est nécessaire et qui est accompli avec beaucoup de diligence, font que les résultats que nous avons obtenus sont de très bons résultats.
Bien sûr, il faut continuer cette action, bien sûr, il faut faire plus, mais nous avons obtenu de réels résultats. Le préfet l'a rappelé, on est à 16 500 éloignements depuis le début de l'année. Augmentation importante (un éloignement forcé bien sûr), une augmentation importante par rapport à l'an passé. En 2025, c'était déjà 23 000 éloignements sur toute l'année, on était déjà à + 21 %. Ce travail, évidemment, on va le poursuivre. Et dire, et vous avez également eu raison de le rappeler, Monsieur le Premier ministre, c'est que depuis 2017, les moyens qui ont été affectés à Mayotte, qui ont été affectés à ce qu'on appelle la LIC, la lutte contre l'immigration clandestine, n'ont cessé d'augmenter.
Je veux redire que pour la police nationale, c'est + 50 % d'effectifs depuis 2017. Pour la gendarmerie, c'est + 64 % et nous allons poursuivre cette action. Nous allons poursuivre cette action. C'était prévu dans le cadre de la loi de finances pour 2026. Ça le sera également dans le cadre de la loi de finances pour 2027. Et cette action, elle va se poursuivre à nouveau par des augmentations d'effectifs. Monsieur le préfet a cité le travail important que fait la police aux frontières, et notamment le groupe d'appui opérationnel de cette police aux frontières, qui sera renforcé. Nous allons renforcer ses effectifs. On concrétisera les annonces demain à la presse, mais on va encore renforcer ces effectifs. Ce sera la même chose en gendarmerie.
Vous l'avez dit, Monsieur le Premier ministre, c'est extrêmement important, nous allons financer de nouveaux intercepteurs. Pour ce qui est de la police nationale et de la gendarmerie, qui évidemment vont bénéficier également du concours des forces armées, mais nous atteindrons les 10 intercepteurs à la fin de l'année puisque deux ont pu être livrés, quatre vont l'être d'ici à la fin de l'année. C'est six intercepteurs de plus qui font un travail remarquable et qui permettent d'améliorer la couverture pour les interceptions en mer et notamment des Kwassa qui arrivent sur Mayotte. Voilà, en quelques mots, vraiment, ce sont vraiment des mots de remerciements pour dire qu'on va poursuivre cette augmentation des moyens.
Nous programmerons très probablement comme vous l'avez demandé, une nouvelle opération d'ampleur. Il y a eu Kingia qui s'est déroulée sur le mois d'avril, le mois de mai, qui a produit d'excellents résultats, plus de 500 interpellations, 100 objectifs qui étaient des objectifs prioritaires de criminalité organisée qui ont été interpellés, donc 119 opérations CODAF. Donc on va poursuivre évidemment avec une deuxième opération à l'automne qui mobilisera des renforts qui viendront spécifiquement pour ces opérations, qui qui sont très productives.
Et puis juste un mot pour conclure, Monsieur le Premier ministre, pour dire qu'on va évidemment travailler, et c'est sous l'autorité du préfet ici, dans le cadre de cette lutte contre l'immigration clandestine. On va évidemment poursuivre les nombreuses opérations que nous menons pour lutter contre l'économie informelle, qui évidemment y est très liée. Je veux dire par exemple que depuis le début de l'année, il y a eu plus de 250 opérations qui ont été menées pour la lutte contre l'économie informelle. À la même période l'année dernière, c'était 150. Merci au préfet de l'engagement qui est extrêmement important, qui est fait sur ces sujets.
Et puis juste un mot pour terminer, évidemment on s'intéresse de très près aux réseaux des passeurs, sous l'autorité de la police judiciaire de France, Monsieur le directeur de la police qui est chef de file en matière de criminalité organisée. Donc, il y a des réunions qui se tiennent, la prochaine est prévue dans quelques jours, pour mieux se coordonner dans la lutte contre la criminalité organisée autour des réseaux de passeurs, c'est-à-dire avoir les meilleures cartographies, mieux échanger les renseignements, travailler en interministériel, notamment avec les douanes. Et ça, évidemment, ce travail va se poursuivre.
Voilà, Monsieur le Premier ministre. Donc je remercie à nouveau l'ensemble des effectifs qui sont très engagés. 1) Bravo pour les résultats obtenus, et 2), on va continuer et on va renforcer les moyens.
Merci, Monsieur le Premier ministre.
Catherine VAUTRINMerci, Monsieur le Premier ministre. À mon tour, évidemment, de remercier l'ensemble de nos équipes et de dire que finalement, si nous sommes dans cette salle qui peut paraître un peu petite, c'est parce que cette salle est un véritable symbole du lien qui existe entre les forces de sécurité intérieure et nos armées, puisqu'on le sait, les forces de sécurité intérieure travaillent sur le territoire national et sur le littoral, et ce sont les armées qui accompagnent justement avec les moyens hauturiers et les avions spécialisés, et nous pouvons comme ça intervenir au large.
Et c'est cette capacité à travailler ensemble et l'assistance finalement qu'apportent les armées aux forces de sécurité intérieure qui nous permettent de nous mobiliser.
Je voudrais insister sur l'évolution des moyens. Mon prédécesseur, notre Premier ministre, a porté la loi qui était la loi de programmation militaire, qui déjà avait incarné des efforts pour l'ensemble de nos outre-mer et particulièrement pour Mayotte. Et avec l'actualisation que j'ai portée il y a quelques jours et qui a été promulguée le 18 août 2026, nous allons continuer dans ce sens. Et la volonté du Gouvernement, c'est que ce qui est programmé devienne réalité. Et si je regarde un premier exemple, celui des effectifs, dans ce régiment par exemple, nous avons d'ores et déjà 87 % des renforts qui sont affectés, alors que la programmation s'étendait de 26 à 30. Et l'idée, c'est d'aller plus vite parce qu'effectivement, ces moyens nous permettent là encore de mieux coordonner, de mieux accompagner.
De la même manière, je voudrais insister sur un deuxième élément important à Mayotte, qui est le service militaire adapté. 850 jeunes sont chaque année accompagnés par nos armées et trouvent par ce moyen une approche qui est une approche finalement vers une vie professionnelle. Maintenant, la volonté, évidemment, du Premier ministre, c'est la capacité du Minarm [ministère des Armées, ndlr] d'accompagner le ministère de l'Intérieur dans la lutte contre l'immigration clandestine.
Vous savez que nous avons mis en place deux types d'opérations : les opérations Requin, lutte contre le trafic illicite de migrants au large du canal du Mozambique. J'insiste sur l'importance du canal du Mozambique, parce qu'on voit que les conflits qui existent, notamment au PMO, ont apporté toute une partie non négligeable du trafic en mer vers le canal du Mozambique. Et donc, l'action de l'État en mer dans une zone, notre ZEE, qui est très importante, c'est 21 % de l'ensemble de nos ZEE : il y a là une capacité des armées de protéger le territoire et de démanteler les filières de passeurs.
Le deuxième type d'opération, c'est l'opération Nephila ; ce sont les patrouilles terrestres du 5e RE [régiment étranger, ndlr], avec là aussi une capacité à détecter des arrivées de migrants dans des zones difficiles d'accès et derrière, une capacité d'intercepter. Si je prends les chiffres de 2025 : 18 opérations, 441 étrangers interceptés. Nous avons souhaité renforcer les moyens du régiment. Quatre embarcations ont été livrées, là encore des embarcations qui disposent de radars qui améliorent bien évidemment la capacité de détection. Et on voit donc bien qu'il y a une nécessité d'effectifs, une nécessité de matériel qui permet de renforcer nos savoir-faire et notre approche. Je voudrais enfin dire combien nous sommes également engagés sur le nombre de jours de mer, parce que souvent, on nous dit : "Vous travaillez en zone régionale." Oui, c'est vrai.
C'est vrai ici, comme c'est vrai, par exemple, dans l'Hexagone, depuis Toulon, on rayonne sur l'ensemble de la Méditerranée (si je devais prendre un autre exemple). Eh bien ici, très concrètement, les patrouilleurs outre-mer : un a été livré en 2025, un second sera livré en 2027. Ils sont effectivement stationnés à La Réunion. Pour autant, nous avons eu 137 jours de mer en 2025 et au moment où je vous parle, nous sommes déjà à 126 jours de mer, ce qui montre bien notre capacité à déployer des unités qui sont des unités qui viennent autour de Mayotte.
Nous avons eu, en plus, l'année dernière, une mission Jeanne d'Arc, nous avons eu une frégate, et tous ont opéré au large de Mayotte dans cette complémentarité bien organisée avec le ministère de l'Intérieur. Nous avons maintenant une autre approche qui est le renfort d'un avion léger de surveillance et de reconnaissance à La Réunion qui arrive en septembre 2026, en parallèle des 3 ALSR qui sont affrétés par les forces de sécurité intérieure, ce qui nous permet d'avoir une alerte permanente à 45 minutes à Mayotte. Donc, vous voyez qu'il y a non seulement des moyens, mais il y a également une capacité de réactivité qui est tout à fait importante.
Dernier élément, celui qu'a évoqué Monsieur le Premier ministre concernant les infrastructures. Nous avons parlé de technologie avec les drones, les ballons. Dans l'actualisation de la loi de programmation militaire, nous avons pris un engagement de radars, de mise en place de nouveaux radars dans un délai d'un an après la promulgation, ce qui nous conduit à août 2027. Donc, on le voit bien que c'est extrêmement rapide. Nous nous sommes également engagés sur la modernisation du ponton de Petite-Terre avec une augmentation des capacités d'accueil. Nous avons une étude sur une capacité sommaire d'accueil sur Grande-Terre d'une unité élémentaire de l'armée de Terre : là encore, des moyens pour loger finalement nos militaires. Et également une étude sur le renforcement de la plateforme aéronautique militaire qui est adossée à l'aéroport. Donc on voit bien évidemment que tous ces travaux ont tous un sens : l'efficacité, la rapidité de l'action pour une protection des Mahorais, du territoire et de la souveraineté de notre pays.
Sébastien LECORNUMerci beaucoup. Merci à la presse. On va poursuivre.
Source https://www.info.gouv.fr, le 27 août 2026
La source —
vie_publique · nº 304438
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