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3 septembre 2026 · Gouvernement · discours Discours

Interview de M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale, à Ici Radio Armorique le 3 septembre 2026, sur son déplacement en Bretagne et l'apprentissage des langues régionales à l'école.

Édouard Geffray (auteur), Justine Sauvage (intervenant)

JUSTINE SAUVAGEBonjour Édouard Geffray. ÉDOUARD GEFFRAYBonjour. JUSTINE SAUVAGEAlors, pourquoi ce déplacement en Bretagne, monsieur le ministre de l'Éducation nationale ? ÉDOUARD GEFFRAYEh bien parce que je voulais venir au contact des élèves. Là vous voyez, je suis à l'internat, j'ai passé la nuit à l'internat du lycée Lesage. Donc je voulais voir d'abord les élèves de lycée, parce que pour eux c'est une rentrée importante. Et puis je crois à l'internat, et puis je voulais parler avec eux notamment de l'interdiction du téléphone. On en a parlé longuement hier soir. Et puis aujourd'hui je vais aller à l'école Kerniol et à l'école du Four à Pain à Locmaria pour parler aussi l'ensemble du breton. Voilà, donc en fait pour parler de tous les problématiques de la rentrée, la démographie, l'enseignement, le téléphone portable, etc. Mais au plus près du terrain, tout simplement. JUSTINE SAUVAGEEt vous avez bien dormi, bien mangé dans cet internat breton ? ÉDOUARD GEFFRAYOui, toujours. Les internats sont très confortables. D'ailleurs je recommande à ceux des parents ou des élèves qui se posent encore la question. C'est quand même extraordinaire qu'en France on ait des lycées ou des collèges qui puissent, comme ça, proposer des internats de qualité. JUSTINE SAUVAGEAlors, et vous l'avez déjà dit Édouard Geffray, effectivement ce matin vous allez vous rendre dans deux écoles bretonnes. L'école Kerniol de Vannes pour parler d'adaptation au réchauffement climatique. C'est une école qui a une cour végétalisée déjà. Et ensuite effectivement déplacement à Locmaria Grand Champ, à l'école primaire du Four à Pain qui vient d'ouvrir une classe franco-breton. Pourquoi soutenez-vous l'apprentissage des langues régionales comme le breton ? ÉDOUARD GEFFRAYParce qu'en fait les langues régionales ça fait partie de notre patrimoine. Vous savez, dans la constitution on dit que la langue de la République est le français. Ce qui est vrai, c'est qu'on partage tous une langue en commun. Mais en même temps, on est inscrit dans un territoire, on est inscrit dans une histoire. Et ce territoire ou cette histoire, ils se doublent souvent d'une langue régionale. Et donc l'apprendre c'est tout simplement transmettre une culture. Et on sait parfois que les langues régionales ont tendance, j'allais dire, par elles-mêmes, si on fait rien, un peu s'étioler dans le temps. Parce qu'on a des grands-parents qui parlent breton et puis soi-même, on ne l'a pas forcément pratiqué. Et donc l'idée c'est que l'école rende possible tout simplement l'apprentissage des langues régionales pour ceux qui veulent les apprendre. Une fois encore, ça fait partie d'un patrimoine commun qui est bon à transmettre. JUSTINE SAUVAGEMais tous vos prédécesseurs, Édouard Geffray, à ce poste de ministre de l'Éducation nationale, n'ont pas soutenu les langues bretonnes. Vous créez une mention langue régionale pour le bac. De quoi il s'agit ? ÉDOUARD GEFFRAYEn fait, mon idée elle est très simple, si vous voulez. C'est que je pars du principe… Aujourd'hui on a des élèves qui font ce qu'on appelle des parcours bilingues. C'est-à-dire qu'ils ont une partie de leurs cours dans une langue régionale. Et il y avait un truc assez paradoxal, c'était que quand ils arrivaient au baccalauréat, il n'y avait aucun élément du baccalauréat qui permettait de certifier qu'ils avaient suivi un parcours bilingue. Moi, ce que j'ai dit, c'est qu'à partir du moment où ils ont suivi un parcours bilingue, il faut qu'ils puissent passer une spécialité du baccalauréat, une des deux spécialités du baccalauréat, en langue, s'ils l'ont suivi évidemment en langue. Et puis s'ils ont la moyenne à cette spécialité et qu'ils ont la moyenne dans la langue régionale qu'ils apprennent, leur baccalauréat comportera la mention baccalauréat bilingue français-breton. Ce qui permet tout le monde de dire, j'ai suivi un parcours bilingue, c'est exigeant un parcours bilingue… Donc j'ai suivi un parcours bilingue, je suis reconnu scolairement comme l'ayant suivi, comme l'ayant validé. JUSTINE SAUVAGEAlors ces élèves qui apprennent le breton, ils ont besoin, en face d'eux, d'enseignants. Et ça, ça pêche même chez nous en Bretagne. On en parle régulièrement sur l'antenne d'Ici Armorique, des difficultés d'en recruter. Comment faire, Édouard Geffray ? ÉDOUARD GEFFRAYAlors d'abord, on a créé des postes. JUSTINE SAUVAGEIl y a des écoles qui n'avaient pas leurs enseignants bretons à cette rentrée, en Bretagne. ÉDOUARD GEFFRAYLa difficulté qu'on a, c'est que ce n'est pas parce qu'on crée des postes qu'on a forcément du monde à mettre dessus, du monde compétent. Tout simplement parce que historiquement, on a très peu de professeurs qui avaient une maîtrise suffisante du breton pour pouvoir enseigner en breton ou même l'enseigner comme une langue d'ailleurs. Donc ce qu'on fait, c'est qu'on crée des parcours post-bac, dès après le baccalauréat. Notamment un parcours professorat des écoles que j'ai créé à Rennes cette année, qui ouvre à Rennes cette année, et qui permet tout simplement de préparer les professeurs et en même temps de leur donner des cours de breton un peu renforcés à côté pour que lorsqu'ils seront professeurs dans une école, ils puissent passer assez facilement du français au breton selon les cours. Et donc ils puissent à leur tour, si je puis me permettre, fabriquer des futurs locuteurs à la fois en français et en breton. Mais c'est un processus de temps long, parce qu'aujourd'hui, on n'arrive pas à pouvoir tous les postes au concours. Donc l'objectif, c'est former une nouvelle génération et puis pourvoir les postes au concours après. JUSTINE SAUVAGERapidement, Édouard Geffray, pour terminer cette interview, vous êtes aussi en Bretagne pour parler cartes scolaires. On sait que la démographie française baisse. Forcément, ça commence à se voir dans les écoles. Les enseignants voudraient, eux, voir moins d'enfants dans leur classe. Ce n'est pas forcément les choix qui sont faits. Vous expérimentez une carte scolaire dans certains départements, notamment dans le Finistère et dans les Côtes-d'Armor. C'est quoi exactement ? ÉDOUARD GEFFRAYL'idée, c'est qu'on perd beaucoup d'élèves. Rien que pour la Bretagne, au cours des dix prochaines années, on va perdre 80 000 élèves. Donc c'est quand même assez considérable. Et l'idée, c'est de se dire, au lieu à chaque rentrée, si vous voulez, de découvrir les classes qui vont fermer au mois de mars pour le mois de septembre, c'est de se dire qu'on travaille avec les élus locaux autour d'une politique d'aménagement des territoires par l'école et autour de l'école. On travaille aussi autour de l'offre scolaire. Non seulement, je vais avoir moins d'élèves par classe avec la démographie, mais du coup, ça me donne des moyens pour, éventuellement, mettre des parcours renforcés. Vous voyez ici, par exemple, il y a une section internationale au lycée Lesage de Vannes. Et donc, c'est vraiment la question de se dire, à cinq ans ou à dix ans, comment je vais reconfigurer les moyens. JUSTINE SAUVAGEAnticiper, c'est ça ? ÉDOUARD GEFFRAYAnticiper et maintenir une vitalité territoriale de par l'école, même quand il y a moins d'élèves. Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304544
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304544-edouard-geffray-03092026-apprentissage-langues-regionales-l-ecole?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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