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1ᵉʳ septembre 2026 · Gouvernement · TF1 · discours Discours

Interview de M. David Amiel, ministre de l'action et des comptes publics, à TF1 le 1er septembre 2026, sur le budget pour 2027.

David Amiel (auteur), Alba Ventura (intervenant)

BRUCE TOUSSAINT7h37 avec Alba Ventura. Nous accueillons ce matin David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics. Bonjour. DAVID AMIELBonjour. BRUCE TOUSSAINTLa bataille du budget commence. Vous devez rendre votre copie le 30 septembre. Les oppositions vous attendent au tournant. PS qui parle déjà de censure. LFI bien sûr. Le RN n'exclut rien. Vous pensez vraiment que ça va passer ? DAVID AMIELJ'espère que ça va passer parce que s'il n'y avait pas de budget, ce serait, pour le pays, une catastrophe parce qu'on vivrait non pas quelques semaines comme ça avait été le cas en 2025 ou en 2026… Mais étant donné l'élection présidentielle, sans doute après l'élection présidentielle, des élections législatives, ça voudrait dire que pendant la majeure partie de l'année 2027, il n'y aurait pas de budget. Et s'il n'y avait pas de budget pendant la majeure partie de l'année 2027, ce serait un coût énorme pour les finances publiques.L'inspection générale des finances, dans un rapport indépendant, appuyait sur un avis du Conseil d'Etat, lui-même indépendant, le chiffre à au minimum 15 milliards d'Euros. C'est plus que le budget du ministère de la Justice et ce serait énormément de secteurs économiques qui seraient à l'arrêt depuis le logement jusqu'à industriel de la défense avec des dégâts considérables pour l'emploi sans même parler de la hausse massive des taux d'intérêt… ALBA VENTURAQuand vous dites “j'espère”, ça veut dire “j'espère un compromis politique”, c'est ce que vous avez dit. DAVID AMIELOui. ALBA VENTURAJe vous provoque un peu, vous croyez au Père Noël ? DAVID AMIELNon, je crois à ce qui s'est passé ces dernières années. ALBA VENTURAC'est-à-dire ? DAVID AMIELLe compromis politique, c'est ce qui a permis de doter la France d'un budget en 2025 et en 2026. ALBA VENTURAVous avez lâché sur la réforme des retraites l'année dernière, David Amiel. DAVID AMIELEt un budget… ALBA VENTURAAux socialistes. DAVID AMIELMais quand on regarde ce qui s'est passé en 2025, par exemple, le budget qui a été adopté par un compromis politique entre la droite républicaine, le bloc central et la gauche républicaine, il a quand même permis de réduire le déficit et le réduire de façon importante puisqu'on est passé de 5,8% de déficit public en 2024 à 5,1, c'est encore évidemment beaucoup trop élevé. Donc ce qui s'est passé depuis la dissolution, on est capables de… ALBA VENTURAVous tablez sur 5,1% de déficit ? DAVID AMIELNon, il faudra aller en dessous. Je parlais là du niveau de déficit de 2025. ALBA VENTURAVous pensez raisonnablement aller en dessous de 5% de déficit ? DAVID AMIELVous savez, on parle beaucoup dans le débat public… ALBA VENTURANon mais répondez-moi. Vous pensez aller raisonnablement en dessous de 5% ? DAVID AMIELMais il faut continuer à réduire le déficit. J'entends des gens qui parlent de règle d'or pour 2030. Moi, je propose qu'on se dote sans modifier la loi, sans modifier la constitution, d'une sorte de règle d'or tout de suite pour les trois prochains mois, c'est-à-dire de réduire le déficit. Et donc, oui, d'être en dessous des 5,1% de déficit, le maximum en dessous puisque c'était le chiffre de 2025. ALBA VENTURAVous êtes absolument honnête. J'entends plutôt parler de “entre 5,1 et 5,4% de déficit”. DAVID AMIELCe serait repartir en arrière. Regardez la situation dans laquelle on est. Les taux d'intérêt français sont à un niveau historiquement élevé. Ils sont au niveau de la crise financière de 2008-2009. La France emprunte plus cher que l'Italie, que l'Espagne, que la Grèce. Il faut se rendre compte de ce que ça veut dire non seulement pour nos comptes publics mais aussi pour les Français parce que derrière, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ceux qui ont besoin d'un crédit immobilier aujourd'hui, ça leur coûte beaucoup plus cher. Ça veut dire que les entreprises qui ont besoin d'investir, ça leur coûte beaucoup plus cher. Donc on doit continuer à réduire les déficits. ALBA VENTURAMais soyons honnêtes et je me permets d'insister. Vous dites ce matin, nous serons en dessous de 5%. DAVID AMIELJe dis que c'est l'objectif. Ensuite, ça dépendra des parlementaires puisque comme vous le savez, nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée nationale. ALBA VENTURADonc on peut être au dessus ? DAVID AMIELOn peut ne pas avoir de budget aussi. On l'évoquait à l'instant. Mais ce serait, je le dirais, criminel pour l'économie française et pour les emplois qui sont derrière. C'est la raison pour laquelle on va se battre. ALBA VENTURADavid Amiel, sur quoi vous pouvez négocier sur ce budget ? Est-ce que vous allez vous attaquer aux arrêts maladie ? DAVID AMIELOui, bien sûr, il faut faire des économies en matière d'arrêt de travail, des économies justes, évidemment. ALBA VENTURACombien on peut espérer ? DAVID AMIELDes économies qui doivent être discutées avec les partenaires sociaux, avec les organisations syndicales, avec les organisations professionnelles. Mais on voit bien qu'on a une augmentation très importante des arrêts de travail, que ça désorganise beaucoup. Et puis surtout que ça coûte très cher à la sécurité sociale. Donc je n'ai aucun doute. On peut et on doit mieux faire. On a d'ores et déjà pris des mesures. Vous le savez, en matière de renouvellement maximal des arrêts de travail. Il faut pouvoir continuer à avancer dans cette direction. ALBA VENTURAEst-ce que vous allez demander un effort aux collectivités locales territoriales ? DAVID AMIELIl faut évidemment un effort de tous ceux qui ont la charge de gérer l'argent public. Donc c'est d'abord valable pour l'État, puisque les dépenses de l'État, hors armée, hors charge de la dette, elles augmenteront quatre fois moins que l'inflation. Pour les collectivités locales, ça voudra dire un effort. Au passage, un effort moindre que celui de l'État, puisque celui que l'on demandera aux collectivités locales, c'est que leurs dépenses de fonctionnement n'augmentent pas plus que l'inflation. Mais oui, tous ceux qui ont la charge de l'argent public, depuis l'État jusqu'à la sécurité sociale, en passant par les collectivités locales, doivent faire un effort pour réduire les déficits. ALBA VENTURAOn a compris que vous allez maintenir la surtaxe sur les entreprises, mais vous allez la baisser. C'est ce que souhaite en tout cas le Premier ministre. Vous me le confirmez ce matin ? DAVID AMIELIl y a évidemment des demandes légitimes que j'entends de la part du patronat, des grandes entreprises, pour pouvoir baisser cette surtaxe qui, effectivement, est très décalée par rapport à ce qu'on observe dans d'autres pays. La question est ensuite de savoir où sont les financements. Et donc c'est une discussion qui devra avoir lieu avec la copie globale du budget. Et au fond, c'est le message que j'ai pour l'ensemble des partis politiques, l'ensemble des interlocuteurs avec qui j'échange. J'entends beaucoup de gens qui veulent moins d'impôts. J'entends beaucoup de gens qui veulent moins d'économies aussi. La question qui doit nous préoccuper, c'est où sont les financements et la réduction des déficits publics. ALBA VENTURAAlors c'est aujourd'hui que, monsieur le ministre, la facturation électronique devient obligatoire pour les entreprises, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de facture papier.En vérité, c'est fait pour simplifier, pour réduire les coûts et aussi pour lutter contre la fraude à la TVA. Ça veut dire que toutes les entreprises sont au point ? DAVID AMIELÇa veut dire qu'aujourd'hui, c'est d'abord une date de démarrage, de mise en route. Ce n'est pas la fin de la réforme. C'est son début. On lance le système aujourd'hui. C'est un décollage, pas un atterrissage. On a d'ores et déjà deux tiers des entreprises qui ont rejoint la facturation électronique. C'est considérable. C'est mieux que ce qu'on espérait à cette date. C'est très important. ALBA VENTURADeux tiers. DAVID AMIELC'est très important. Et ça va évidemment continuer à monter. C'est très important. Pourquoi ? Parce que c'est une très grande modernisation de notre vie économique. Derrière, ça veut dire moins de délai de paiement. Et on sait à quel point ça pénalise notamment les petites entreprises. Ça veut dire moins de paperasses. Ça veut dire aussi moins de contrôles tatillons de la part de l'administration puisqu'on aura des systèmes automatisés qui permettront de lutter contre la fraude sans aller embêter l'immense majorité des entreprises. Donc oui, c'est une réforme très importante. Évidemment, j'ai entendu les critiques. Mais vous savez, c'est les mêmes qu'on entendait au moment du prélèvement à la source. Monsieur Ciotti, par exemple, qui appelle à suspendre la réforme de la facturation électronique, déposait des amendements à l'Assemblée nationale pour empêcher... ALBA VENTURAParce qu'il y a beaucoup de petites entreprises qui, malheureusement, ne peuvent pas faire face… DAVID AMIELPour empêcher le prélèvement à la source. Cette réforme, elle a fonctionné en Belgique. Elle a fonctionné en Italie. Elle fonctionnera en France. Et tout le monde sera accompagné. Je le redis ici, il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise avant la fin de l'année 2026. Il faut accompagner tout le monde, à commencer par les plus petites. BRUCE TOUSSAINTDavid Amiel, dernière séquence de cette interview, le “j'y crois, je n'y crois pas”. Nous vous soumettons des hypothèses, des propositions, qui sont souvent des propositions de campagne, d'ailleurs. Vous devez nous dire - mais c'est la règle du jeu – “J'y crois ou je n'y crois pas” et vraiment faire la réponse la plus courte possible. J'y crois, je n'y crois pas. Le plan d'économie du Rassemblement national de 125 milliards. DAVID AMIELJe n'y crois pas. Mais en matière de finances publiques, je crois peu à ce que dit le Rassemblement national. D'abord, ce plan de 125 milliards, on n'en connaît pas le début du détail. Et puis si vous me permettez, j'ai l'impression que Jordan Bardella lui-même n'y croit pas, puisqu'en matière de réforme des retraites, on voit à quel point le RN lui-même est divisé. Et on parle là à minima d'un coût de réforme de 35 milliards d'Euros. C'est ce que dit l'Institut... ALBA VENTURAUne autre proposition du RN, sociétale cette fois. Sanctionner le port du voile dans l'espace public par une amende. J'y crois, je n'y crois pas ? DAVID AMIELJe n'en veux pas. Et donc c'est la raison pour laquelle je n'y crois pas. Aucune démocratie au monde ne fait cela. Et confondre… BRUCE TOUSSAINTNon mais certains disent que c'est irréalisable donc... C'est aussi ça de dire j'y crois, je n'y crois pas… Peut-être que c'est aussi “je n'y crois pas” parce que c'est… DAVID AMIELJe n'en veux pas et je n'y crois pas. Mais d'abord, je n'en veux pas. Aucune démocratie au monde ne fait cela. Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304568
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304568-david-amiel-01092026-tf1-budget-pour-2027?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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