geheim.land Recherche Politique
31 août 2026 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée à l'énergie, à BFM TV le 31 août 2026, sur le pouvoir d'achat, le budget, le détroit d'Ormuz et le prix des carburants.

Maud Bregeon (auteur), Apolline de Malherbe (intervenant)

MAUD BREGEONBonjour à tous. APOLLINE DE MALHERBEMerci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la porte-parole du Gouvernement, vous êtes ministre déléguée à l'énergie. De très nombreuses questions évidemment à vous poser, notamment sur la question du pouvoir d'achat et du budget. Mais d'abord après les frappes qui ont repris cette nuit en Iran, frappes américaines d'abord, réplique iranienne ensuite et sans doute des navires touchés. La question des mines dans le détroit d'Ormuz, c'est reparti ? MAUD BREGEONVous connaissez la position de la France, elle est constante depuis des mois maintenant. On appelle évidemment au calme, on appelle à la réouverture pacifique du détroit d'Ormuz et c'est ce à quoi travaille le Président de la République avec notamment nos alliés européens. Pour autant on n'est pas sans ignorer évidemment l'impact que ça a sur les Français, l'impact que ça a sur le prix à la pompe, l'impact que ça a pour nos entreprises. Donc on va sûrement en parler, mais la question de la reconduction des aides dans un moment difficile, dans un moment où on a du mal à dire ce qui va se passer, quelle sera l'évolution des prix, évidemment se pose et le Premier ministre l'a clairement mis sur la table chez vos confrères du Parisien dimanche. APOLLINE DE MALHERBEMais pardon, elle fait plus que se poser puisque ce soir c'est la fin de la possibilité de s'inscrire pour toucher ces aides au carburant. Ce sera prolongé ? MAUD BREGEONTout à fait, nous souhaitons poursuivre les aides sectorielles, notamment pour les entreprises les plus en difficulté. Nous souhaitons poursuivre ces aides. Nous allons encore discuter dans les jours à venir. APOLLINE DE MALHERBEMais je ne comprends pas pourquoi vous ne dites pas ce matin : "nous poursuivons ces aides". MAUD BREGEONJe vais terminer. Pardonnez-moi, je vais terminer. Nous avons encore des discussions à mener avec les secteurs les plus touchés pour réfléchir avec eux dans quelle mesure ces aides doivent être prolongées, à quelle échéance, dans quelle proportion. Maintenant on va se le dire très clairement, les entreprises les plus en difficulté qui font appel à ces aides pourront bien sûr dans les semaines à venir continuer à faire des demandes. Nous n'allons pas fermer les portails, nous n'allons pas fermer les guichets. Nous avons pris un engagement dès mars dernier, ne pas lâcher les entreprises encore une fois les plus en difficulté, les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs, le secteur du bâtiment et des travaux publics. APOLLINE DE MALHERBEVous dites ce matin, Maud Bregeon, que vous ne fermerez pas le guichet des aides. MAUD BREGEONNon, et nous voulons, nous voulons poursuivre encore une fois ces aides, parce que derrière ce sont des salaires et des emplois. APOLLINE DE MALHERBEPardon Maud Bregeon, je ne comprends rien. Je ne comprends pas pourquoi vous dites "nous souhaitons" et pas "nous prolongeons les aides". MAUD BREGEONNous aurons l'occasion de détailler dans les jours à venir l'ampleur, la durée de cette prolongation. Il y a encore quelques discussions, quelques réunions à mener avec les filières mais je veux, moi, rassurer tout le monde ce matin. Apolline de Malherbe, on peut jouer sur les mots. Je veux rassurer tout le monde. Nous ne lâcherons personne. Nous avons été aux côtés de ces secteurs d'activité, encore une fois, depuis le départ. Ces aides ne seront pas suspendues. Il y a quelques discussions à mener encore, je le dis, sur l'ampleur, l'organisation, mais ces aides ne seront pas suspendues. APOLLINE DE MALHERBEPour que les choses soient bien claires, effectivement, et que les gens puissent se projeter, les aides seront prolongées, dites-vous, mais on ne sait pas encore exactement dans quelle ampleur. C'est ça ? MAUD BREGEONDans quelle ampleur et à quelle échéance… APOLLINE DE MALHERBEMais elles seront prolongées ? MAUD BREGEONVous savez qu'on s'adapte au fur et à mesure, mois après mois, en fonction d'une situation, encore une fois, géopolitique, vous l'avez dit en ouverture de l'interview, qui est très évolutive, qu'on a du mal à anticiper, et c'est bien normal, mais notre cap, il est constant. APOLLINE DE MALHERBEJe vais vous reposer la question, Maud Bregeon ? Qu'est-ce qui coince ? Qu'est-ce qui doit être discuté ? C'est quoi ? C'est que vous n'avez plus de sous ? Bon, c'est sans doute une des raisons, mais est-ce que vous pouvez l'assumer comme telle ? Ou est-ce que c'est simplement que vous vous rendez compte que peut-être les aides n'étaient pas suffisamment précises ou pas ciblées sur les bonnes personnes ? Qu'est-ce qui pourrait changer ? MAUD BREGEONL'impact budgétaire existe et il est complètement assumé. Nous assumons, encore une fois, des aides qui sont des aides ciblées, qui ne sont pas des aides universelles, qui sont à destination de celles et ceux qui en ont réellement besoin, qui sont particulièrement dépendants de l'évolution du prix du gasoil, du gasoil non routier notamment, pour faire fonctionner leur activité, pour faire fonctionner leur appareil productif. Donc ça, on l'assume. APOLLINE DE MALHERBEEn fait, j'essaie de me mettre à la place ce matin, de ceux, vous évoquiez tout à l'heure, notamment les pêcheurs, les agriculteurs, qui sont des professions qui pensaient se lever ce matin en se disant jusqu'à ce soir minuit, on a les guichets.Bon, vous venez de dire les guichets ne vont pas être fermés, ils vont être prolongés. MAUD BREGEONJe veux rassurer tout le monde. APOLLINE DE MALHERBEMais comment doivent-ils se projeter ? MAUD BREGEONMes collègues, que ce soit pour le secteur de la pêche, de l'agriculture, des transports, continuent de discuter avec les secteurs concernés. Il y a probablement des ajustements à porter, peut-être certaines parties sectorielles qui n'étaient pas complètement couvertes. Est-ce qu'on peut les aider davantage ? APOLLINE DE MALHERBEVous pourriez élargir ? MAUD BREGEONOn le fera. APOLLINE DE MALHERBEPeut-être que certaines, encore une fois, modes organisationnels n'étaient pas parfaitement adaptés. Mais là encore, sans rentrer dans le détail ce matin, dans la mécanique… APOLLINE DE MALHERBEVous êtes la ministre de l'énergie. MAUD BREGEON…Sans rentrer dans la mécanique organisationnelle. Ce que je veux dire aux secteurs les plus touchés, c'est que nous ne les laisserons pas tomber. APOLLINE DE MALHERBEMaud Bregeon, ce matin, les prix du carburant, c'est 2,03 Euros pour le 95. C'est 2,20 Euros pour le gasoil. Le baril de Brent est passé au-dessus des 90 Dollars, à nouveau, après les frappes de cette nuit. Vous anticipez, j'imagine, que ça ne redescende pas ? MAUD BREGEONJe n'ai pas de boule de cristal. Et encore une fois, personne ne sait dire quelle sera l'évolution des prix des carburants dans les semaines à venir. Ça dépend notamment de la situation, évidemment, au Moyen-Orient. J'ai dit deux choses. J'ai dit d'abord, dans le budget 2027, le chèque énergie qui est versé en avril, entre 150 et 270 Euros, pour plus de 4 millions de foyers, 4,2 millions de foyers, de manière automatique, sera reconduit. Pourquoi je le dis ? APOLLINE DE MALHERBEDonc il n'y aura pas besoin de le demander ? MAUD BREGEONIl n'y aura pas besoin de le demander. Je le dis parce qu'il y a eu des discussions, ici ou là, sur un rabot de ce chèque énergie, sur une suppression de ce chèque énergie. Le Premier ministre – j'étais présente – dès juillet dernier, a arbitré de manière très claire au regard de l'évolution des prix de l'énergie et spécifiquement du carburant. Nous ne touchons pas à ce chèque énergie qui sera reconduit. APOLLINE DE MALHERBELe chèque énergie reconduit. Vous disiez d'ailleurs qu'il était versé de manière automatique. Ce n'est pas le cas des aides carburants. Vous aviez estimé qu'il y aurait 3 millions, en gros, de Français qui pouvaient prétendre en profiter. Combien de personnes ont véritablement fait la demande et obtenu cette aide ? MAUD BREGEON1,4 million. APOLLINE DE MALHERBEDonc c'est beaucoup moins que ceux qui pourraient y prétendre. MAUD BREGEON1,4 million de Français, aujourd'hui, ont fait cette demande. Encore une fois, nous on estime que c'est normal, légitime et compréhensible qu'il y ait un acte volontaire pour percevoir cette aide. Il y a certaines conditions à remplir. APOLLINE DE MALHERBEMais ça veut dire que 1,6 millions de Français qui pourraient y prétendre ne l'ont pas demandé ? MAUD BREGEONEncore une fois, c'est pour ça qu'on a prolongé… APOLLINE DE MALHERBEC'est-à-dire qu'au moins la moitié de ceux à qui ces aides normalement devraient arriver ne les toucheront pas ? MAUD BREGEONIls n'ont pas encore fait cette demande. C'est pour ça qu'on avait notamment poursuivi cette possibilité de faire cette demande d'aide au-delà de juillet. APOLLINE DE MALHERBEJe vais vous poser la question un peu différemment. Est-ce que vous n'aviez pas anticipé d'une manière, j'allais dire un peu faux-jeton, l'idée que sur les 3 millions qui pouvaient y prétendre, il y en aurait sans doute la moitié qui soit ne sauraient pas qu'ils pouvaient y prétendre, soit n'auraient pas le courage d'aller jusqu'au bout du formulaire à remplir et que donc ça vous ferait en fait des économies ? MAUD BREGEONNon, on avait calibré cette aide pour qu'elle soit, encore une fois, bénéfique aux Français, un, qui travaillent. Je le rappelle, c'est une condition qui est importante. Et deux, aux Français les plus en difficulté.Fin juillet, quand on s'est rendu compte qu'un peu plus d'un million de Français seulement avaient fait cette demande, on a décidé de prolonger le guichet jusqu'à fin août. Est-ce que ce guichet sera de nouveau prolongé ? C'est possible, on doit en discuter. APOLLINE DE MALHERBEVous venez de me dire qu'il serait prolongé, le guichet. MAUD BREGEONOn doit en discuter avec le Premier ministre. Là, on parle des aides gros rouleurs pour les Français les plus en difficulté. APOLLINE DE MALHERBEJe comprends qu'ils s'y perdent, les Français. Moi-même, je m'y perds alors que c'est mon job. MAUD BREGEONEt moi, j'appelle, et David Amiel le fait, Roland Lescure le fait à chaque interview, tous les Français, à faire cette demande. On a mis en place un portail en ligne le plus simple, le plus accessible possible de telle façon qu'encore une fois, cette aide puisse être versée de la manière la plus efficace pour les Français qui en ont besoin. Et donc, j'invite encore une fois, ce matin, celles et ceux qui y ont droit à faire cette demande. APOLLINE DE MALHERBEMaud Bregeon, le patron de TOTAL, monsieur POUYANNE, a prévenu, je cite : "S'il y a une taxation des superprofits, on en tirera les leçons. Il n'y aura plus jamais de plafonnement des prix de l'énergie." Qui tient qui ? Est-ce que c'est TOTAL qui tient le Gouvernement ? Est-ce que c'est le Gouvernement qui tient TOTAL ? MAUD BREGEONLa question ne se pose pas dans cet ordre-là. Nous, on a demandé depuis, encore une fois, le premier jour à l'ensemble des distributeurs… APOLLINE DE MALHERBEMoi, je vais vous dire pourquoi je pense qu'elle se pose comme ça. Lundi dernier, je reçois le ministre de l’Économie, ici même, Roland Lescure, qui laisse entendre que, oui, cette taxe sur les superprofits, elle va être prolongée parce que, de toute façon, vous n'avez pas le choix, vous avez besoin de sous. Entre-temps, Patrick Pouyanné dit : "Attention, s'il y a une taxe sur les super profits, je fais remonter les prix à la pompe." Et, troisième étape de la fusée, Sébastien Lecornu, qui, lui, dit hier, reproduire cette surtaxe à l'identique, enverrait un très mauvais signal. C'était un impôt exceptionnel. Il doit donc rester exceptionnel. Il a donc entendu l'appel de Patrick Pouyanné. MAUD BREGEONJe ne suis pas certaine qu'il parlait exactement de la même surtaxe. En l'occurrence, Roland Lescure parlait de surimpôt sur les entreprises, qui était chiffré à 7,5 milliards d'Euros l'année dernière, qui est un impôt qui doit être exceptionnel, qui a été mis en place d'abord en 2025, reconduit en 2026. C'est celui-là qui serait reconduit, alors ? Déjà en 2026, on avait diminué l'assiette. On avait exonéré les ETI de cette surtaxe sur les entreprises. Est-ce que la question de la prolongation se pose et est étudiée ? La réponse est oui. Est-ce qu'on s'était engagé à ce que cette surtaxe soit exceptionnelle ? La réponse est également oui.Donc, si on peut réduire l'assiette de cette surtaxe, bien sûr, on le fera. Mais pardonnez-moi, on ne le fera pas parce que Patrick Pouyanné ou d'autres nous le demandent. On le fera parce que permettre aux entreprises de payer un peu moins d'impôts que ce qu'elles payaient, je parle pour les très grandes entreprises de l'année dernière, c'est leur permettre d'investir, c'est leur permettre de créer des emplois. Vous avez reçu régulièrement des patrons sur vos antennes qui expliquent que trop d'impôts, c'est ce qui leur empêche de développer leur appareil productif, et notamment leur appareil productif en France, et donc de créer des emplois. C'est pour ça qu'on fait attention. Et ensuite, nous, on a demandé aux distributeurs, à TOTAL comme aux autres, d'être extrêmement vigilants.Que TOTAL, aujourd'hui, plafonne les prix en France, qu'on ait un grand pétrolier qui soit en capacité de faire ce geste-là, qui soit en capacité de nous aider, de nous assurer un approvisionnement suffisant. APOLLINE DE MALHERBE… Est-ce que c'est vraiment un cadeau ? MAUD BREGEONJe termine, même quand la situation était particulièrement tendue sur la question de l'approvisionnement, c'est une bonne chose pour la France. APOLLINE DE MALHERBEVendredi, la Bulgarie s'est financée moins cher que la France sur les marchés. MAUD BREGEONOn est dans une situation budgétaire, on va sûrement en parler. On arrive dans une période qui est la période de la construction du budget 2027, qui est très difficile à plusieurs égards. Il y a la question des taux, il y a la question du contexte au Moyen-Orient, on en parlait, qui pèse sur les Français, qui pèse sur l'activité économique. Il y a la question du déficit, qui est un déficit encore bien trop élevé. Et puis, je terminerai sur un point quand même, il y a le contexte politique national, qui pèse sur notre capacité à redresser les finances publiques. Et donc, ça va appeler des choix, ça va aussi appeler de la responsabilité de la part des uns et des autres. APOLLINE DE MALHERBEEst-ce que votre responsabilité n'est pas de dire que les objectifs ne seront pas tenus ? Je rappelle le contexte. Lorsque le budget 2026 a été écrit, en réalité, il était déjà, semble-t-il, faussé, mais il l'est encore plus aujourd'hui. L'objectif, c'était 1% de croissance et un déficit de 4,7% du PIB. Aujourd'hui, la croissance, le Gouvernement lui-même l'a revue à la baisse. À partir de 1%, on est passé à 0,9%, puis on est passé à 0,7%. Aujourd'hui, l'INSEE, et c'est vendredi qu'ils l'ont dit, estime que la croissance du PIB au deuxième trimestre était en réalité de zéro. C'est donc une stagnation. Alors que l'estimation était de plus 0,2. Ça veut dire que tout va être revu à la baisse. Ça veut dire que déjà, les 0,7% sur lesquels vous continuez à tabler, alors qu'ils étaient déjà bien moindres que ceux qui étaient prévus au départ, ne seront pas tenables. MAUD BREGEOND'abord, Apolline de Malherbe, je ne peux pas vous laisser dire que le budget tel qu'initialement adopté au Parlement était un budget faussé. APOLLINE DE MALHERBEC'était déjà un budget, alors on va le dire, très optimiste. Je ne vais pas dire que vous avez menti, mais qu'au moins vous avez fait preuve d'un optimisme un peu naïf peut-être. MAUD BREGEONJe voudrais être très claire pour les Français qui nous écoutent là-dessus, c'était un budget qui s'appuyait sur le contexte qui était celui de janvier. Entre-temps, on a connu la fermeture du détroit d'Ormuz, qui a considérablement ralenti l'économie mondiale, impacté la croissance française, pas uniquement, mais aussi française. On a vécu un été, là encore, extrêmement difficile : épisodes de canicule qui se sont enchaînés, sécheresse, impact aujourd'hui sur les filières, je pense notamment aux filières agricoles. Et donc tout ça, bien sûr, pèse sur l'économie française. APOLLINE DE MALHERBEMais on n'est déjà plus à 0,7. MAUD BREGEONJe ne ferai pas, ce matin, de prévision d'actualisation… APOLLINE DE MALHERBEEnfin, c'est mécanique. Si l'INSEE nous dit que c'était 0 au dernier semestre, on sait qu'on ne tiendra pas les 0,7. MAUD BREGEONJe ne suis pas ministre du Budget. Je ne vais pas actualiser, ce matin, les prévisions de croissance. Ce que je peux vous dire, c'est que tout est fait et que tout sera fait pour atteindre l'objectif que nous, nous sommes fixés. Le ministre de l'action et des comptes publics, David Amiel, avait déjà anticipé ces difficultés en annonçant des gels budgétaires à hauteur de 6 plus 3 milliards. Donc, ce sont des sommes qui sont extrêmement importantes et qui visent à atteindre cet objectif. Puis ensuite, il va falloir qu'on regarde devant nous. On a une année 2027 qui est charnière sur le plan économique, sur le plan politique, sur le plan international. Et là encore, dans quelques semaines, le Parlement va débuter les discussions budgétaires. Il serait inconcevable et irresponsable de commencer l'année 2027 sans budget pour le pays. APOLLINE DE MALHERBEAlors, le problème, c'est que vous l'avez sans doute entendu ce week-end. Les socialistes laissent entendre que la censure arrive et donc, ce budget ne pourra pas passer. MAUD BREGEONOui, alors, moi, je vous propose d'abord de repartir du contexte et d'un rapport de l'Inspection générale des finances qui dit une chose simple. Sans budget, c'est 15 milliards d'euros de coûts pour le pays et un déficit qui pourrait atteindre 5,9%. Le Premier ministre a dit une chose très juste chez vos confrères du Parisien dimanche. Il a dit que les petits calculs politiques s'arrêtent là où commence le risque financier. Je trouve cette phrase, encore une fois, particulièrement juste et particulièrement cohérente dans le contexte. APOLLINE DE MALHERBEIl y a un risque financier pour la France aujourd'hui ? MAUD BREGEONSi on prive ce pays de budget, si on continue à s'enliser dans un déficit dont on n'arrive pas à sortir, au regard du contexte international, au regard de la hausse des taux dont vous avez parlé, il y a un risque financier pour le pays si on ne fait rien. Qu'est-ce que vous dites aux socialistes ? Je dis aux socialistes, comme à l'ensemble des forces politiques, d'abord, vous ne pouvez pas refuser le débat. Il y a un point de méthode qui est très important. Nous, on va proposer une copie de départ. APOLLINE DE MALHERBEVous trouvez que le fait que cette idée de censure plane déjà, alors même que les discussions n'ont pas commencé. Ce n'est même pas joué le match ? MAUD BREGEONJe constate qu'annoncer une censure, alors même qu'on n'a pas lu le dossier, est à la fois irresponsable et très décalé par rapport à la situation, encore une fois, économique du pays. On ne peut pas avoir des responsables politiques qui se prétendent de partis de Gouvernement et, en même temps, avoir des censures annoncées avant même qu'on ait mis sur la table la copie budgétaire. APOLLINE DE MALHERBELe même Olivier Faure qui a été, en réalité, votre allié pour le dernier budget, aujourd'hui est celui qui laisse entendre qu'il n'y aura même pas de discussion. MAUD BREGEONNous, on va, encore une fois, tendre la main à toutes les forces politiques… APOLLINE DE MALHERBEToutes ? MAUD BREGEON…qui ont envie de discuter et qui ont envie de travailler. On ne négocie pas avec les uns ou les autres. Je pense notamment au RN ou à LFI. On fait avec l'Assemblée nationale et avec les élus que les Français ont choisis. Ensuite, il y aura des amendements, il y aura des modifications à ce budget. Ça va prendre du temps. Et nous, Apolline de Malherbe, on prendra tout le temps qu'il faut pour cette discussion budgétaire. Mais ce travail-là, il doit se mener. Et les parlementaires, la première prérogative d'un parlementaire, c'est de discuter et c'est de voter le budget. APOLLINE DE MALHERBEVous êtes toujours membre du Parti Renaissance ? MAUD BREGEONJe suis toujours membre du Parti Renaissance. APOLLINE DE MALHERBEEt pourtant, vous soutenez Édouard Philippe Horizons ? MAUD BREGEONOui. APOLLINE DE MALHERBEEt non pas Gabriel Attal, le candidat de Renaissance ? APOLLINE DE MALHERBEJe suis un peu perdue. MAUD BREGEONSans transition, moi, je me suis engagée il y a près de dix ans maintenant avec le Président de la République que je suis très fière de servir et qui a d'ailleurs fondé ce parti. J'ai une conviction profonde, c'est qu'on doit réussir à unir aujourd'hui la droite et le centre face à la montée de l'extrême-droite et à la montée de l'extrême-gauche. Il y a un candidat aujourd'hui, un candidat, qui est en capacité d'être au second tour et de gagner cette élection présidentielle à droite et au centre, c'est Édouard Philippe. APOLLINE DE MALHERBEVous dites à Gabriel Attal que c'est le moment de se retirer ? MAUD BREGEONJe dis aux Français qui nous écoutent, je dis à tous mes amis politiques, qu'ils soient de la droite, du centre, encore une fois, dans notre famille politique, il n'y a pas match. Il n'y a pas match. Édouard Philippe est le seul à pouvoir se qualifier au second tour et gagner l'élection présidentielle. APOLLINE DE MALHERBEVoilà, se qualifier au second tour ! Gagner, pour l'instant, ça ne fonctionne sous aucune des formules. MAUD BREGEONJe vois les différentes enquêtes d'Opinion publiées il y a encore deux jours sur BFMTV. Il est de très loin le mieux placé. Il fait le double de ses concurrents, encore une fois, au sein de la droite et du centre, au premier tour. Il est en capacité de rassembler avec un projet… APOLLINE DE MALHERBEDonc il n'y a pas match. Gabriel Attal doit se retirer ? MAUD BREGEONPardonnez-moi, je ne m'adresse pas qu'à Gabriel Attal. Je m'adresse àl'ensemble… APOLLINE DE MALHERBEC'est votre patron. C'est quand même le patron de votre famille politique. Vous êtes membre de Renaissance. J'ai quand même du mal à comprendre. MAUD BREGEONMon patron, c'est le Président de la République et le Premier ministre. Ensuite, je m'adresse à l'ensemble des forces politiques de la droite, du centre… APOLLINE DE MALHERBEDonc Gabriel Attal et Bruno Retailleau, dans ces cas-là ? MAUD BREGEONDe Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez… APOLLINE DE MALHERBEVous avez raison, il y en a beaucoup. MAUD BREGEONIl n'y a pas que les candidats supposés ou déclarés à la présidentielle, il y a aussi des responsables politiques importants. Je pense à Yaël Braun-Pivet, par exemple. Chez nous, il y a des femmes, on en parle moins, mais qui ont un rôle à jouer dans cette élection présidentielle. Moi, je dis une chose simple. Édouard Philippe, il a de la constance, de l'expérience et une vision claire pour le pays. C'est le plus à même d'être en capacité de rassembler. C'est le seul, aujourd'hui, qui peut éviter au pays le cauchemar d'un second tour entre le Rassemblement National et la France. APOLLINE DE MALHERBEEst-ce qu'il faut des primaires ? Est-ce que ça suffira que vous fassiez ce genre d'appel ? Est-ce qu'il faut, à un moment, une primaire ? Gabriel Attal dit "Pourquoi pas ?" Bruno Retailleau dit "S'il y en a une, j'y participerai." David Lisnard, ici même, disait "Faisons une grande primaire." Édouard Philippe dit non. MAUD BREGEONIl y a une forme d'hypocrisie dans les déclarations des uns et des autres. D'abord, parce que ceux qui disent "Pourquoi pas ?" disent non hier. Et ensuite, parce que quand vous rentrez dans le détail, et je sais que vous prenez le temps de le faire, ils ne placent pas tous le curseur de la primaire au même endroit. Entre ceux qui veulent une primaire du Parti socialiste à LR, ceux qui veulent une primaire de la droite à Sarah Knafo, ceux qui disent "J'accepte une primaire, mais je ne m'engage pas à soutenir le gagnant, ce qui est quand même un concept où vous en conviendrez, assez particulier." Donc, je crois que le temps est venu de parler aux Français. Je crois qu'encore une fois, le temps de la primaire est terminé. APOLLINE DE MALHERBEOui, mais comment vous allez les convaincre de partir s'il n'y a pas une manière de distinguer les uns des autres ? MAUD BREGEONLe temps de la primaire est terminé. Il n'y a, encore une fois, je le dis, plus match. Édouard Philippe est le seul à pouvoir faire ce rassemblement-là. Et je pense que les Français commencent à le voir. Et que l'heure est désormais à parler aux Français, non pas à parler entre partis politiques, mais à parler à l'ensemble, encore une fois, des Français de la droite, du centre, des Français qui doutent, qui ne se retrouvent pas forcément dans les partis politiques aujourd'hui, mais qui estiment, comme nous, que l'école doit être une priorité, que le redressement budgétaire du pays est la condition sine qua non… APOLLINE DE MALHERBEIl n'y a plus match et le temps de la primaire, c'est fini ? Ce n'est même plus un débat pour vous ? MAUD BREGEONIl faut avancer pour plus de fermeté, notamment sur le régalien, que la France ne se construit pas sans une union européenne forte. Voilà ce qu'on pense. APOLLINE DE MALHERBEMerci, Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement. Quand vous dites "voilà ce qu'on pense", ça veut dire que vous pensez que Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Édouard Philippe pensent à peu près la même chose et que donc autant se mettre derrière le gagnant. C'est ça ce que je comprends dans vos mots ? MAUD BREGEONJe pense qu'on peut avoir des différences de nuances, mais qu'on est d'accord sur l'essentiel. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on gouverne ensemble depuis des années maintenant. Bruno Retailleau était ministre de l'Intérieur de François Bayrou, qui lui-même a été un des premiers grands alliés du Président de la République. Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304548
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304548-maud-bregeon-31082026-pouvoir-achat-budget-carburants-detroit-ormuz?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé