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27 août 2026 · Gouvernement · discours Discours

Conférence de presse de M. Sébastien Lecornu, Premier ministre et du Gouvernement, sur les efforts de reconstruction après la catastrophe de Chido, l'eau potable, la santé, l'école et la lutte contre l'immigration clandestine, à Mayotte le 27 août 2026.

Sébastien Lecornu (auteur), Monique Barbut (intervenant), Stéphanie Rist (intervenant), Édouard Geffray (intervenant), Laurent Nunez (intervenant), Naïma Moutchou (intervenant)

Sébastien LECORNUBien, bonsoir, Mesdames et Messieurs. Je demandais juste aux collègues de bien vouloir se tenir. Je salue évidemment l'ensemble de la presse locale de l'archipel, mais aussi évidemment la presse nationale qui a accepté de faire le déplacement avec nous pour ce déplacement de deux jours. Alors, pourquoi une visite officielle à Mayotte ? À vrai dire, pour moi, là, la quatrième visite, en tout cas ma troisième visite ministérielle. J'étais dans les bagages du Président de la République comme ministre des Armées quelques heures, quelques jours après la catastrophe de Chido. Et puis, au regard des différents arbitrages budgétaires que nous sommes amenés à prendre dans les heures, jours et semaines, en tout cas plutôt les jours qui viennent, pour le projet de loi de finances pour l'année prochaine, il nous a semblé absolument indispensable d'avoir un moment ici pour nous rendre compte de ce que je redoutais, c'est-à-dire d'un retard beaucoup trop important sur les efforts de reconstruction. C'est bien pour ça d'ailleurs que je n'ai pas attendu notre arrivée ici pour dire aux maires dans une lettre avant le déplacement que nous en avions pleinement conscience, mais que ce n'était pas le tout que de le constater, encore fallait-il trouver des solutions. Souvent, on le sait, le problème parfois peut être budgétaire, manque de moyens. Là, c'est d'autant plus rageant que le problème n'est pas la disponibilité des crédits puisque ces crédits sont bel et bien sur la table et j'ai eu l'occasion d'ailleurs de le dire aux maires cet après-midi qu'en plus, ces crédits ont vocation à être reportés d'une année à l'autre puisque l'engagement s'est fait sur des projets et non pas évidemment sur des enveloppes annuelles, faut-il le rappeler. Donc ce déplacement avec un certain nombre de ministres, le ministre du travail, Jean-Pierre FARANDOU, est excusé puisqu'entre les rencontres CFDT et MEDEF, il a dû rester à Paris, mais il est aussi l'autre grand ministre, avec les collègues qui sont autour, qui sont largement en première ligne aussi des défis de la reconstruction. On a souhaité évidemment prendre du temps, changer un tout petit peu la méthodologie de gouvernance de la reconstruction, nouveau préfet, que je salue, que je remercie pour l'organisation de ce voyage officiel, avec aussi une nouvelle génération d'élus, puisque sur 17 maires, la majorité d'entre eux sont des nouveaux maires. Et donc on est au début du mandat municipal. Il nous semblait absolument indispensable de "recaréner", en quelque sorte, de refaire un temps zéro d'organisation de la gouvernance de la reconstruction au regard des difficultés. Elles sont connues, je n'y reviens pas. Alors, il y a les difficultés purement politiques. C'est sûr que les élections municipales, pendant ce temps-là, on a pris un peu de retard. Vous me direz : pendant le même temps, on ne peut pas dire que le budget de la nation était voté à l'heure, avec cette fameuse loi spéciale qui fait que les crédits ont été délégués très tard. Bon, ça, c'est malheureusement une contrainte sur laquelle le Gouvernement n'a pas la main. Mais enfin il y a quand même un certain nombre de difficultés sur lesquelles le Gouvernement, lui, a la main : les difficultés d'ingénierie locale, les difficultés d'organisation du territoire entre l'État et les collectivités locales, la responsabilité des maîtrises d'ouvrage. Et au fond, ce que je suis venu dire aux compatriotes mahoraises et mahorais, c'est que tout ça, ce sont des difficultés qui nous regardent, nous, la puissance publique, puissance publique locale, les collectivités locales, le département, les intercommunalités et les communes et l'État. Mais au fond, nos engagements doivent se faire sur du concret, c'est-à-dire de la mise en chantier réelle, notamment d'écoles, pas que, mais sur les reconstructions et sur les écoles, vous le savez, qu'il y a une énorme pression, avec évidemment la question démographique qui se fait jour, des questions de logement. Pendant pratiquement les trois heures de réunion que nous avons eues avec les maires, cela nous a permis également aussi de parler d'insertion, des politiques d'accompagnement de l'emploi, autant de sujets qui sont évidemment très importants ici, de finances communales, en objectivant évidemment tous ces sujets. On a plusieurs piliers. Je ne veux pas être trop long, parce qu'on va répondre à vos questions, et je vais demander aux collègues ministres, en deux ou trois minutes chacun, de redonner les grandes priorités et annonces qui correspondent à ce séminaire de travail, au fond, ce séminaire ministériel de travail qu'on a voulu ici sur place, avec la méthodologie que je vous ai déjà indiquée, réunions ministérielles mensuelles en lien avec le préfet, le corps préfectoral, l'équipe préfectorale qui va être considérablement renforcée, un nouveau sous-préfet va être nommé ici. Toutes les équipes, globalement, d'ingénierie vont être multipliées par deux, pour faire très, très vite, avec des détachements qui sont vraiment des détachements qui viennent de l'Hexagone et non pas de La Réunion. Donc c'est du vrai renfort, si je puis me permettre cette expression, les coups de main venus de La Réunion sont les bienvenus, mais enfin, là, je parle vraiment du renfort pour Mayotte. Et donc, évidemment, mois de novembre, mi-novembre, un moment important avec le Congrès des maires. L'ensemble des maires que nous avons vus pendant trois heures cet après-midi seront de nouveau invités à Matignon. Probablement d'autres visites ministérielles pour les ministres en charge dans les semaines et les mois qui viendront. Et au mois de février... Pourquoi le mois de février ? Parce qu'on sera pratiquement à un an de l'élection municipale. Donc je me remets vraiment sur le rythme des communes. Pour ce faire, on aura globalement, je pense, eu un effet très important de mise en chantier sur logement, surtout école, et un certain nombre de grandes infrastructures sur lesquelles je me suis exprimé hier en disant : on va les rendre irréversibles par des décisions juridiques qui sont attendues et importantes. La déclaration d'utilité publique, par exemple, pour le deuxième aéroport, une décision juridique pour faire du port de Longoni un grand port maritime, autant de sujets qui sont bien connus ici, mais qui vont commencer à prendre un virage plus positif, plus optimiste, parce que ce ne sera pas que de la paperasse. On va commencer à vraiment parler programmes, projets, y compris d'ailleurs pour l'avenir de ce site, c'est-à-dire ce qui sera un jour l'ancien aéroport de Petite-Terre, et être capable justement de se projeter. En tout cas, je pourrai y revenir en répondant à vos questions. Mais plusieurs piliers : sécurité, lutte contre l'immigration, lutte contre toutes les violences. Le ministre de l'Intérieur va en dire un mot dans un instant. Cet après-midi, en plus, il s'est rendu avec le préfet, mais il va vous le dire dans un instant. Mais enfin, il a multiplié les rencontres, les visites, les prises de contact avec des décisions qui sont importantes. Et je veux le dire comme ancien ministre de la Défense, enfin des Armées, c'est la première fois, je le dis parce que tout ça peut être regardé avec un peu de distance, c'est la première fois qu'on a un alignement aussi complet, Quai d'Orsay, Défense, Intérieur. Il aura fallu du temps, mais nous y sommes arrivés. Et notamment dans la complémentarité entre les forces armées et les forces de sécurité intérieure, beaucoup de choses ont été faites ces dernières années. Là, on va franchir un pas sans pour autant remettre en cause le rôle de chacun. Toute référence à une polémique entretenue virtuellement par des gens qui ne connaissent pas Mayotte serait fortuite. Enfin, c'est quand même une réalité, on a besoin de haute technologie, et ces hautes technologies, par définition, c'est de la maîtrise de la souveraineté. Mayotte, c'est la France, il n'y a aucune raison que les zones économiques exclusives françaises ne soient pas mieux protégées et c'est le rôle des forces armées, mais aussi du Quai d'Orsay. C'est ce que je vous ai dit hier sur la question de ce bonus-malus sur l'aide publique au développement. Bref, de l'amont à l'aval, on commence à avoir quelque chose qui fonctionne mieux, à droit constant, puisqu'évidemment, c'est dans ce cadre que nous nous situons, au regard tout simplement du manque de temps au Parlement. Beaucoup de lois Mayotte ont déjà eu lieu, en plus, ont été votées récemment. On ne va pas commencer à s'engager sur de nouvelles lois, personne ne nous croirait. De toute façon, nous avons peu de temps devant nous. Premier pilier. Deuxième pilier, c'est la reconstruction en tant que telle post-Chido. Je n'y reviens pas, j'en ai dit un mot. Mais enfin, les budgets sont là et nous continuerons évidemment de le tenir avec quand même peut-être un complément. Ce n'est pas qu'une affaire de communes, c'est aussi une affaire de monde économique. Il y a un monde agricole à Mayotte qui tient, qui s'organise bien, avec des coopératives qui fonctionnent. Il y a une culture de l'entrepreneuriat qui est quand même très, très importante et c'est pour ça que j'ai souhaité tout de suite clarifier une demande qui d'ailleurs est venue vraiment des maires et du monde économique sur tout l'accompagnement dans la convergence sociale, notamment sur Lodéom, exonération sociale, et le CICE, qui est en fait un véritable accompagnement. C'est 40 millions d'euros donc pour le seul monde économique mahorais. Et ça, la ministre en sait quelque chose pour y avoir travaillé, et je la remercie, Naïma. C'est vraiment un mauvais français, un game changer, en tout cas quelque chose qui va vraiment changer les choses et qui va pouvoir projeter le monde économique. Après, évidemment, la difficulté, c'est qu'il faut que nous ayons un budget. Pilier sanitaire avec des difficultés structurelles, la ministre va y revenir, et une crise en ce moment Ebola sur laquelle la ministre en dira un mot. Un pilier éducatif avec une actualité, la rentrée scolaire, des sujets plus structurels, la question démographique qui, d'ailleurs, n'est pas sans faire écho, je le dis pour la presse nationale, à ce qu'Édouard Geffray est en train de faire dans l'Hexagone pour une autre raison, qui est plutôt la chute de la démographie et comment on adapte notre carte scolaire en milieu rural ou dans certains centres urbains avec une démographie scolaire qui s'effondre. Et ici, comment on a une planification de notre carte scolaire avec une démographie qui augmente ? Tout ça étant dans le même budget, dans le même pays. Et donc ça dit aussi quelque chose d'intéressant pour nos travaux, me semble-t-il, pour l'avenir. Et puis le pilier environnemental, évidemment, où Monique a non seulement travaillé sur les sujets eau, mais avec aussi quelques têtes de chapitre sur la question des déchets, et non sans lien aussi avec notre politique énergétique par ailleurs, mais la ministre y reviendra. Voilà, je suis déjà trop long, j'en suis désolé. Je laisse juste les collègues compléter, comme à l'Assemblée nationale, deux minutes, autour de deux minutes en tout cas, mais pour aller à l'essentiel et redire à la presse, y compris à la presse locale que je remercie, de redonner des choses très précises, parce que je sais que la population nous attend, y compris sur des choses aussi urgentes, par exemple, que l'eau. Qui commence ? Monique. Monique BARBUTBonjour à tous. Effectivement, sur l'eau, deux séries de mesures. Des mesures structurantes et structurelles qu'on a réaffirmées et sur lesquelles on s'est engagés sur des délais. Alors, sur l'eau, par exemple, comme vous le savez, il y a un budget de 730 millions d'euros sur une période de 6 ans, 2025-2031. Et ces 730 millions, là-dedans, vous avez l'usine de dessalement qui va prendre finalement que quelques mois de retard malgré les recours qui ont été faits, puisqu'on y a répondu. Et donc elle pourra rentrer en activité d'ici un an. Et cette unité de dessalement, qui coûte à l'État français 110 millions d'euros, va pouvoir permettre de donner 10 000 mètres cubes supplémentaires. Par ailleurs, dans les mesures aussi structurantes, une troisième retenue collinaire qu'on est en train de mettre en œuvre et qui apparaîtra fin 2027, la sixième et septième campagne de forage qu'on a entamées. Donc ça, c'est sur un horizon de 18 mois, deux ans maximum. Mais n'empêche qu'on a une crise de l'eau immédiate, prégnante, et qu'il faut aussi des mesures de très court terme. Et donc, dans ces mesures de très court terme, on a mis en place, et le programme lui est achevé, des cuves pour toutes les écoles qui ne sont pas sur le trajet de l'eau et qui permettent donc d'assurer de l'eau au moins pour les toilettes, pour les lavages des mains, pour le lavage des cuisines dans toutes les écoles de Mayotte. Donc 90 cuves qui ont été installées ou réparées. Et donc, cette rentrée scolaire se fait dans l'ordre. Par ailleurs, à ce programme de cuves scolaires se rajoute un deuxième programme de cuves d'eau potable, cette fois-ci, pour les personnes les plus vulnérables. C'est un programme qu'on monte avec la Caisse d'Assurance sociale de Mayotte. Et là, il s'agit d'aider, à partir du 1er janvier 2027, 13 000 foyers à avoir de l'eau potable mise en place par des cuves que nous allons installer à partir du 1er janvier. Et là, c'est un programme de 8 millions d'euros qu'on va déployer tout de suite. Dans les mesures de court terme, il y a aussi les luttes contre les fuites d'eau, parce que ce n'est pas anecdotique ici, c'est 25% de la consommation d'eau qui est perdue. Et donc, sur ce programme, nous avons décidé de le mettre en œuvre immédiatement en nous appuyant avec les renforts du RSMA, donc le Service Militaire Adapté, qui va nous aider à mettre en place un programme de formation d'une part, mais nous aider sur les premières fuites à faire les réparations nécessaires. Enfin, toujours dans le même ordre d'esprit, je voulais dire qu'il y avait aussi un grand programme de mise aux normes des stations d'épuration parce que c'est un problème sanitaire aussi à Mayotte. Et là, même chose, le programme est en cours et se passe tout à fait normalement. Maintenant, quand on regarde cette situation, c'est vrai qu'on se dit que non seulement il y a un problème d'eau, mais il va y avoir certainement un problème d'énergie. Et donc l'idée, c'est de savoir aussi si on peut pas coupler énergie aux déchets. L'idée, c'est par exemple d'essayer d'imaginer une station de méthanisation qui traiterait un certain nombre de déchets et qui permettrait d'avoir de l'énergie, mais aussi de regarder peut-être pour la nouvelle unité de dessalement comment on fait pour la coupler avec la géothermie, par exemple, pour pouvoir l'alimenter avec une énergie plus propre que celle qui est utilisée aujourd'hui. Donc voilà, je préfère m'arrêter là et je répondrai bien volontiers à vos questions si vous en avez. Sébastien LECORNUMerci beaucoup. Stéphanie RISTMerci. Bonjour à tout le monde. Concernant la santé, trois points. Première, c'est reconstruction après Fido du centre hospitalier. On est… l'hôpital a complètement été reconstruit. Donc on a, on passe à la deuxième phase maintenant, qui est une phase d'amélioration de l'accès aux soins à Mayotte, d'une part en renforçant la capacité hospitalière et dans le CHM avec des extensions, notamment des blocs opératoires, pour la maternité, pour la néonatologie, aussi des programmes de santé mentale et de psychiatrie à Petite-Terre et le nouvel hôpital de Combani qui, premier trimestre 2027, aura ses plans validés pour une ouverture 2030. On appuie aussi, et j'ai beaucoup échangé avec les maires sur ce sujet, sur les centres médicaux de proximité. On renforce les hôpitaux, on renforce l'accès aux soins de proximité avec des labellisations France santé sur des centres médicaux à venir cette année 2027, donc une capacité qui va augmenter de 60% à Mayotte. Ensuite, pour l'accès aux soins, il faut aussi améliorer la formation des Mahorais sur la santé, leur donner envie de se former en médecine, en soins infirmiers, en soins de sage-femme. Pour la médecine, il y a des mesures des lycées option santé pour accompagner les jeunes qui souhaitent faire des études de médecine. On renforce la première année de médecine ici à Mayotte en nombre de places. On travaille à une école de sages-femmes qui devrait, dans les, j'espère en 2027, mais c'est 2027 ou 2028. Et puis il y a un renforcement du nombre de places infirmières, plus de 90 places cette année. Il faut remercier le département qui a engagé des mesures sur cela. Voilà pour l'accès aux soins. Le deuxième sujet, c'est Ebola. Depuis le mois de mai, apparition de l'alerte de l'OMS sur Ebola au Congo et depuis ce jour-là, préparation des équipes, anticipation. Notre rôle est d'anticiper une éventuelle arrivée de ce virus ici à Mayotte. Les équipes se sont donc préparées avec la préfecture, avec l'Agence régionale de santé. Il y a 2 300 personnes qui ont été formées, 2 300 soignants formés à prendre en charge ces patients. Nous allons aussi pouvoir avoir accès à une étude mondiale de traitement qui pourra se faire à Mayotte et ça, c'est vraiment important. Donc, les filières sont préparées. Évidemment, on espère que ce risque n'arrive pas, mais notre responsabilité est d'avoir anticipé et de pouvoir permettre une prise en charge la meilleure possible si jamais ce risque devait arriver. Voilà, je vous remercie. Sébastien LECORNUMerci, Édouard ou Laurent, puis on passera à la ministre de l'Outre-mer. Édouard GEFFRAYMerci, Mesdames et Messieurs. Rapidement sur l'école, trois points. Le premier, c'est l'accélération du processus de reconstruction. Pour vous donner un ordre de grandeur, entre 2019 et 2024, il y avait eu 52 constructions de classes planifiées. Nous serons à 308 rien que pour l'année scolaire 2026-2027. Ça veut dire que d'ici la prochaine rentrée, 308 classes seront sorties de terre à Mayotte, dont 89 qui seront sorties de terre d'ici les vacances de la Toussaint. Et évidemment, ce processus se poursuit au collège et au lycée. Là aussi, ordre de grandeur, c'est 3 600 places au collège, 6 400 places au lycée qui vont être créées d'ici 2030. Ça représente entre un et trois établissements par an qui vont ouvrir chaque année jusqu'en 2030. La deuxième chose, c'est évidemment aussi le renforcement, enfin l'accompagnement et l'augmentation de l'ambition et des conditions de poursuite d'études de nos élèves à Mayotte. J'ai inauguré aujourd'hui même l'internat de Kawini, un nouvel internat de 200 places, un drain d'excellence, qui vise précisément à permettre à nos élèves de poursuivre leurs études, notamment en post-bac. Je pense notamment aux BTS, aux classes préparatoires aux grandes écoles, que nous allons continuer à ouvrir à la prochaine rentrée, à la rentrée suivante, de manière à augmenter la poursuite d'études sur le territoire, sachant également que nous travaillons sur ce qu'on appelle la carte des formations, c'est-à-dire sur des formations qui correspondent effectivement aux métiers dont Mayotte a besoin. En 2027, le plus gros lycée de Mayotte ouvrira avec la Longonie. Ce sera un métier des lycées du bâtiment. Tout le monde, je pense, comprend pourquoi. Et nous sommes en train de poser les toutes premières pierres de la construction du lycée des métiers de la mer qui verra le jour d'ici 5 ans maximum. Et puis enfin, un petit élément qui n'est pas inutile à connaître pour la rentrée, c'est qu'en cette rentrée scolaire, c'est la première fois depuis au moins 10 ou 15 ans que le concours de recrutement de professeurs des écoles fait le plein à Mayotte, tout comme d'ailleurs nous avons réussi à augmenter la part des fonctionnaires dans le second degré. C'est un processus important. Vous savez qu'historiquement, il y avait beaucoup de contractuels parmi les professeurs de Mayotte. Nous sommes en train de… Nous sommes passés en deux ans de 70% de contractuels dans le second degré à peine plus de 50%. Donc il y a un processus de fonctionnalisation qui se traduit par une réussite importante au concours et qui donc consolide aussi l'avenir scolaire du territoire. Voilà ce que je pouvais partager avec vous. Sébastien LECORNUMerci beaucoup, Édouard. Ministre de l'Intérieur, puis le ministre des Outre-mer pour conclure. Laurent NUÑEZMerci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. Donc, pour ce qui me concerne, j'ai eu l'occasion lors de ces déplacements de faire le point avec les forces de la gendarmerie, de la Police nationale, de la préfecture, donc de l'action qui est menée par l'État en matière de sécurité, qui doit être entendue au sens large, dans la lutte contre la délinquance évidemment, la lutte contre l'immigration clandestine, évidemment, de la lutte contre les violences urbaines, les affrontements entre bandes, évidemment, la lutte contre l'économie informelle. Ce que je voudrais d'abord rappeler, c'est que depuis 2017, les effectifs ici à Mayotte, en police nationale comme en gendarmerie, ont crû de manière très forte. On est à +64% pour les gendarmes, +49% pour les policiers, ce qui fait qu'on a un total d'effectifs locaux qui dépasse les 1 200 effectifs sur ce territoire et on a 5 escadrons de gendarmerie mobile qui seront en permanence présents. C'est 350 effectifs de plus, ce qui permet de mener des actions extrêmement efficaces en matière de lutte contre l'immigration illégale, notamment. Ça a été un peu le cœur de nos discussions et des annonces que je vais vous faire. Vous dire quand même qu'en matière d'éloignement, nous avons ici à Mayotte des résultats qui sont en progression, il faut le dire. Évidemment, tout n'est pas parfait, mais ils progressent. Il faut savoir le dire quand on entend parfois dire le contraire. Depuis le premier semestre, j'en remercie évidemment Monsieur le préfet qui mène cette action, qui coordonne l'ensemble des forces. Depuis les débuts de cette année, nous avons réalisé 16 500 éloignements forcés. C'est en augmentation significative par rapport à la même période de 2025. 2025, où nous étions déjà en progression avec 23 000 éloignements forcés, de plus de 21%. Donc évidemment, ça, on va le poursuivre. Je ne suis pas en train de dire que c'est suffisant. On va poursuivre cette action. Et cette action, elle va se renforcer par un renfort d'abord de ce qu'on appelle l'interception en mer. Nous avons un certain nombre d'intercepteurs de la police, de la gendarmerie, qui sont des bateaux qui vont au contrôle notamment de ces bateaux qu'on appelle les kwassa-kwassa, qui amènent donc des migrants de manière clandestine. Nous avons augmenté le nombre d'intercepteurs, qui va augmenter de 6 et qui seront portés à la fin de l'année à 10 intercepteurs de la police et de la gendarmerie, qui nous permettront de réaliser encore plus d'interpellations et évidemment de reconduites. Ce dispositif va être renforcé, le Premier ministre l'a dit, par un renfort significatif des forces armées. C'est déjà le cas, on a déjà un concours des forces armées, mais il va être augmenté, notamment en termes de détection, en termes de radars, en termes de drones, pour pouvoir mieux anticiper l'arrivée des kwassa-kwassa et pouvoir procéder plus efficacement à des interceptions. Et puis nous allons… Donc 6 intercepteurs, une présence des forces armées, et puis le Premier ministre l'a dit, j'y reviendrai forcément puisque vous aurez forcément des questions sur les migrants qui arrivent de la Corne de l'Afrique, les migrants qui arrivent également donc d'Afrique de l'Est. Donc nous avons le projet évidemment de faire jouer le levier de l'aide au développement pour avoir des accords de réadmission avec un certain nombre de pays pour lesquels nous n'avons pas actuellement d'accord. Sur la lutte contre l'immigration clandestine à terre, nous allons renforcer les effectifs de la police aux frontières et notamment de ce qu'on appelle le groupe d'appui opérationnel, qui est une unité de la police nationale qui réalise énormément d'interpellations d'étrangers en situation irrégulière sur le territoire de Mayotte à terre. Et donc nous allons renforcer ce groupement d'appui opérationnel de manière à être encore plus efficaces dans les interceptions terrestres de personnes, d'étrangers en situation irrégulière. Voilà pour les quelques annonces importantes qui vont, vous voyez, dans l'objectif de renforcer les moyens, d'avoir une meilleure coordination. Et puis nous avons décidé, annoncé, donc avec Monsieur le Premier ministre, de réaliser une nouvelle opération d'ampleur de lutte contre l'immigration légale, l'économie informelle. Il y a une opération qui avait été réalisée en avril et en mai, qui s'appelait l'opération Kingia, qui avait permis d'obtenir d'excellents résultats en termes d'interpellations, d'interpellations de délinquants, d'étrangers en situation irrégulière. Nous programmerons une deuxième opération Kingia 2 à l'automne, qui permettra à nouveau de mobiliser des moyens et de lutter de manière extrêmement efficace contre la délinquance et l'économie informelle, en plus des opérations que mènent au quotidien le préfet avec les militaires de la gendarmerie nationale, les policiers, parce que je veux rappeler ici que les opérations de lutte contre l'économie informelle, il y en a eu 250 depuis le début de l'année. Sur la même période l'année dernière, en police et en gendarmerie, c'était 150. Voilà pour les mesures dont je voulais parler. Sébastien LECORNUMerci. Naïma MOUTCHOUBonsoir à tous. Je serai brève, chacun de mes collègues a pu s'exprimer sur le périmètre qui est le sien. Le Premier ministre a fixé le cap et le sens de ce déplacement qui consiste non pas à refaire le point des difficultés, on les connaît déjà, ou à refaire les constats que tout le monde connaît déjà, mais qui consiste à venir arbitrer, à venir trancher pour faire avancer la reconstruction. On est à un an plus tard de la promulgation de la loi Mayotte reconstruction refondation. Un an après, 4 milliards d'euros d'engagement de l'État, vous le savez, nous a permis de refaire le point avec Monsieur le préfet tout à l'heure. Nous faisions la liste des chantiers qui avaient avancé, près de 200 opérations qui sont des opérations très concrètes concernant à la fois des infrastructures, de la voirie, de l'éclairage public, de la reconstruction d'écoles. Et puis, nous sommes venus pour avancer sur ce qui reste à faire. Nous étions avec les maires tout à l'heure, une discussion qui a duré plus de trois heures pour que, projet par projet, quasiment ville par ville, nous puissions identifier les éléments de blocage, les freins pour ensemble les lever. Tout ce qui vous a été annoncé ici fera l'objet d'un suivi très attentif, un suivi très régulier, très rigoureux de notre part. Moi, je rentre à Paris et dès le lendemain, j'ai d'ores et déjà un certain nombre de rendez-vous avec l'ensemble des élus locaux qui l'ont souhaité. Le Premier ministre a annoncé un comité de suivi interministériel qui va nous permettre de refaire le point tous les mois. Et il a donné rendez-vous d'ailleurs en marge du Congrès des maires à la mi-novembre, rendez-vous aux maires, là aussi, pour faire un point d'étape. Donc, vous l'aurez compris, il y a des moyens financiers sanctuarisés, des moyens matériels et humains qui ont été annoncés, des projets qui sont identifiés, et puis un suivi qui va se faire dès maintenant, qui montre que Mayotte reste bien une priorité pour le Gouvernement. Sébastien LECORNUMerci beaucoup. J'aurai l'occasion d'écrire de nouveau aux maires une lettre de compte-rendu de la réunion de trois heures avec la formalisation par écrit de l'ensemble de ces engagements, la méthodologie qui va nous permettre d'avoir le tableau de suivi de tout cela pour nos affaires de réunion mensuelle. Avez-vous des questions ? Halda HAIDIBonsoir, Monsieur le Premier ministre. Halda HALIDI, Mayotte La Première. Alors effectivement, c'était la méthodologie qui nous intéresse ici à Mayotte. Les Mahorais qui vous suivent là en direct veulent avoir des résultats concrets. Vous vous êtes engagé à revenir d'ici début janvier 2027. Alors quels sont vos dossiers prioritaires d'ici là, parce qu'évidemment vous ne pouvez pas tout traiter. Est-ce que vous avez surtout un engagement précis avec quels soutiens matériels et humains pour les communes, les élus, pour les Mahorais. Sébastien LECORNUMerci beaucoup et je salue l'ensemble de celles et ceux qui nous regardent à travers vous. Matériels et humains, je pense qu'on a été suffisamment longs pour couvrir déjà ce rapport à la question. De manière globale, les moyens depuis 2017 quoi que l'on en pense, quoi que l'on en dise, n'ont cessé d'augmenter pour Mayotte. Et d'ailleurs, ça sera aussi une réflexion pour l'avenir. C'est, on voit bien que là, pour la première fois, on met de l'argent, on n'arrive pas à le dépenser. Si on nous avait dit ça il y a 10 ans, personne ne nous aurait crus, tout simplement parce qu'on a un problème d'organisation. Et là, ça s'appelle réformer, ça s'appelle restructurer, ça s'appelle clarifier la responsabilité de chacun. Et certainement pas pour se renvoyer la balle. Ah bah non, ça c'est les maires. Après tout, on pourrait le dire : l'eau, ça n'a jamais été une compétence de l'État, mais jamais à Mayotte, jamais dans l'Hexagone, jamais aux Antilles, jamais en Polynésie, jamais nulle part. Ce n'est pas du tout notre approche. C'est trop grave, c'est trop important pour les Mahoraises et les Mahorais pour qu'on puisse se permettre de dire : attendez ! Donnez-nous un peu d'argent en commune, puis elles vont se débrouiller. Non, c'est plus compliqué que ça. D'autant plus qu'à la différence, souvent à Paris, les gens qui ne connaissent pas bien Mayotte racontent un peu tout et n'importe quoi en disant : mais c'est comme en Guadeloupe, il y a des tours d'eau. Ah non, en Guadeloupe, il y a un problème de fuite et de réseau de distribution. Il n'y a pas de problème de production. À Mayotte, comme l'a dit la ministre, on a les deux. On a et le problème de la production de l'eau et le problème de la distribution, et avant le compteur et après le compteur. Bon, donc je vous réponds assez clairement ce que j'ai souhaité faire cet après-midi, notamment parce que les maires sont en plus d'autant plus, ils sont légitimes, mais ils sont d'autant plus légitimes qu'ils viennent tout juste d'être élus. Ils ont été élus après Chido, en plus. Ils ont été élus après les cycles des lois Mayotte en question. Donc, on a des partenaires là qui sont chacun légitimes. Et d'ailleurs, ils n'ont pas tous dit la même chose, pour être honnête avec vous, pendant ces trois heures, parce qu'en fonction de la situation géographique de telle ou telle commune, certains problèmes sont les mêmes, genre les sujets financiers, sont récurrents pour chacune des communes. Les questions de sécurité, de lutte contre la délinquance et l'immigration clandestine sont communes à toutes les communes. Sur les écoles, déjà, il y avait des approches qui pouvaient être complètement différenciées, parce que pour certains, déjà, c'était le primaire. Pour d'autres, l'enjeu était davantage sur collège-lycée. Donc, ce qu'on va essayer de faire, et à la rigueur, c'est peut-être ce qu'on a raté, le Gouvernement précédent et le mien depuis un an. Ça veut dire 4 milliards, un plan pour Mayotte. En fait, c'est trop général. La réalité, c'est qu'il y a 17 communes, il faut pratiquement 17 petits plans. Et c'est au fond ça, au bout de deux jours ici, je ne découvre pas Mayotte comme vous le savez, pour cause. Je pense que c'est ça qui a été raté dans l'approche originelle de la méthodologie de reconstruction. Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que vous voyez, le comité de suivi de la reconstruction de Mayotte, il y a tous les parlementaires, il n'y a pratiquement pas de maire. Pourquoi ? C'est les maires qui sont compétents. Donc ça, c'est une vraie réflexion dans le changement de gouvernance, qui est de dire : au fond, on ne va certainement pas faire n'importe quoi, on va au contraire se mettre aux côtés des élus locaux, à leur service. Et ça veut dire aussi que peut-être à la fin on aura 17 situations assez différentes. Là, pour le coup, ça sera encore autre chose comme débat. Donc là, moi, c'est véritablement cet engagement que je prends sur la forme. Ensuite, quelle est la priorité ? Alors, il y en a plusieurs, vous l'avez bien entendu. L'eau, vous l'entendez. Pour moi, je pense que l'eau, en plus, il y a quelque chose qui peut être spectaculaire. La situation est très, très dure. Et si les différents chantiers dont la ministre a parlé tout à l'heure se débloquent, d'un seul coup, ça ira mieux. Le problème, c'est la patience. Et "la patience", le mot, je mets des guillemets parce que quand on n'a pas accès à l'eau, c'est pas que de la patience, c'est terrible. Donc, c'est là où il faut qu'en plus on arrive à avoir des solutions de transition. Les écoles, parce que pour le coup, les écoles aujourd'hui, c'est l'exemple même d'argent qui est sur la table et qui n'est pas dépensé. Donc là, évidemment, il y a une priorité importante. Après, nous, on a, vous l'avez entendu, on n'est pas venu avec d'énièmes promesses, etc. On a juste dit tout ce qui a été promis, y compris avant mon Gouvernement. La parole de l'État doit être respectée. Et quand ça ne marche pas, il ne faut pas faire de la démagogie, s'agiter, crier, etc. Nous, on est candidat à rien. Les maires non plus d'ailleurs, ils viennent d'être élus. Après, il y a des élections législatives, tout ça, ça m'a pas échappé. Mais pour celles et ceux qui ne sont candidats à rien, en fait, on dira la vérité. Là, on a du retard sur telle école parce qu'on a un problème foncier, là, etc. Et pourquoi avec le maire de Mamoudzou, j'ai souhaité ce matin aller avec les ministres voir ce complexe sportif, cet internat d'excellence ? Il ne faut pas insulter celles et ceux qui ont travaillé quand même. Ce n'était pas rien ce qu'on a visité ce matin. Il n'y a rien de fait. Si vous n'arrêtez pas d'expliquer à tous les gens qui travaillent dans les mairies, dans les syndicats d'eau, à la préfecture, qu'en fait il ne se passe jamais rien, même quand il se passe quelque chose, à un moment donné, vous découragez tout le monde. Donc j'essaie tout simplement, et c'est ce que j'ai voulu faire par la lettre que j'ai envoyée aux maires, de dire la vérité. Quand on a réussi quelque chose, il faut le dire. Et il faut que certains, même ceux qui n'aiment pas le Gouvernement, aient l'honnêteté de le reconnaître. L'honnêteté. Le contraire, c'est la malhonnêteté. Ce n'est pas bien d'être malhonnête. Mais en revanche, nous aussi, il faut qu'on soit honnêtes. Quand ce n'est pas bien organisé, et de toutes les évidences, notre gouvernance de reconstruction n'est pas bien organisée, on s'est déplacés, on en avait l'intuition, on a vu, on a entendu, on corrige. La vie quoi, tout simplement, avec humilité et transparence et beaucoup de cœur et beaucoup d'humanité aussi. Parce que derrière tout ça, ce n'est pas que des affaires d'argent, de droit, de loi, de mécanismes techniques. Halda HAIDIDonc un engagement d'accompagnement technique aussi pour ces communes. Sébastien LECORNUDemandez aux maires. Le meilleur exemple que je puisse vous… ce n'est pas pour me défendre, mais il y a une réunion entre des ministres et des maires. Interrogez les maires qui sont sortis de cette réunion et puis surtout vous aurez la lettre que je vais adresser à ces 17 maires qui vont venir figer un certain nombre de choses par écrit. Mais pas de baguette magique. De toute façon, je crois que le coup de la baguette magique, plein de gens l'ont fait à Mayotte. JournalisteBonjour Monsieur le Premier ministre. Moi, ma question, c'est que toutes les annonces que vous avez annoncées sont des annonces attendues sur le territoire, mais vous n'avez pas dit aucun mot sur le camp migrant de Tsoundzou, sachant qu'aujourd'hui il y a 1600 Africains qui vivent dans des conditions de salubrité déplorables et qui détruisent pas que, mais l'environnement, parce qu'il y a le mangrove, et certains, quand la marée est haute, ils sont à pied dans l'eau. Donc pourquoi déjà vous n'avez pas dit aucun mot sur ce camp de migrants qui est tellement demandé par tous les élus locaux et parlementaires ? Sébastien LECORNUMerci pour votre question. Je propose que le ministre de l'Intérieur vous réponde, tout simplement parce qu'il s'y est rendu cet après-midi avec le directeur général de la police nationale. Monsieur le ministre. Laurent NUÑEZMerci, Monsieur le Premier ministre. Donc on n'en a pas parlé, enfin on y travaille, on y travaille. D'abord, le camp de Tsoundzou accueille essentiellement des ressortissants africains, vous venez de le dire, des personnes de la République démocratique du Congo, des Rwandais, des Burundais, des Somaliens. Et donc nous travaillons sur ce camp à reconduire ces personnes dans leur pays. Ça veut dire qu'il faut qu'on applique mieux qu'il n'est appliqué actuellement l'accord de réadmission que nous avons avec la République démocratique du Congo. D'ailleurs, il y a des contacts consulaires qui ont lieu actuellement, que nous appliquions l'accord que nous avons… que nous venons de signer, que nous venons de signer donc avec le Rwanda, et que nous appliquions pour les pays pour lesquels nous n'arrivons pas à avoir des accords de réadmission le levier dont a parlé le Premier ministre et qui portera sur l'aide au développement avec donc le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Mais le but, c'est bien de démanteler ce camp en reconduisant les personnes dans leur pays dès lors que leur demande d'asile a été déboutée, puisqu'une partie d'entre eux sont des demandeurs d'asile. On fait tout pour les instruire le plus vite possible, et quand la demande est refusée, ces personnes ont vocation à être reconduites dans leur pays. Il ne faut pas créer d'espoir. Il n'y a pas de bonne solution à venir à Mayotte pour espérer avoir l'asile, sauf évidemment quand on est menacé. Mais voilà, le but, c'est bien de démanteler ce camp par des reconductions des personnes qui sont présentes. Vous savez que les élus nous ont demandé, on a eu beaucoup de contacts avant de venir avec les élus ici du territoire, ils ne souhaitent pas évidemment que l'on réimplante ce camp quelque part. Ils souhaitent évidemment qu'il soit démantelé, qu'on puisse reconduire les personnes dans leur pays. C'est ce à quoi nous travaillons avec des perspectives qui sont plutôt bonnes. La majorité, une très grande partie des éloignements forcés que nous avons réalisés, concerne plutôt des Comoriens. Donc il faut améliorer également le taux de reconduite forcée ou volontaire d'ailleurs, puisqu'il y a un certain nombre de ressortissants des pays africains qui acceptent l'aide au retour volontaire. Mais il faut qu'on puisse augmenter les reconduites forcées et ça passe par l'amélioration des relations en termes d'accords de réadmission avec les pays africains dont j'ai parlé et le levier dont le Premier ministre a parlé. JournalisteNous avons un calendrier pour ça ? Laurent NUÑEZLe calendrier, c'est tous les jours que nous y travaillons. Donc l'accord avec le Rwanda, il a été signé en juin. Il y a une mission de la direction générale de la République démocratique du Congo qui s'est rendue ces jours-ci, ces jours-ci, à Paris pour améliorer la délivrance des laissez-passer, pour faire en sorte que les laissez-passer nous soient délivrés plus vite, pour que ces laissez-passer aient des durées de validité qui passent de trois mois à 6 mois. Voilà, je vais pas rentrer dans des détails techniques, mais tout ça, nous y travaillons avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de détermination. Et donc effectivement, comme vient de le dire le Premier ministre, je me suis rendu avec le directeur général de la police nationale, avec Monsieur le préfet, dans le camp pour voir quelle était la situation, mais aussi pour accompagner mes effectifs qui sont présents au quotidien pour sécuriser ce camp, sécuriser les abords et éviter qu'il y ait évidemment des troubles à l'ordre public. Et c'est le travail qu'ils font de manière remarquable et je les en remercie et félicite encore une fois. Sébastien LECORNUEt peut-être un mot sur le calendrier. Vous savez, il y a des problèmes auxquels nous sommes confrontés qui ne datent pas d'hier. Quand je dis qui ne datent pas d'hier, il y a certaines difficultés à Mayotte qui datent de bien avant l'élection d'Emmanuel MACRON en 2017, bon. Afrique des Grands Lacs, nous prenons ça très au sérieux parce que nous pouvons agir avant qu'il ne soit encore trop tard, voilà. Et c'est ça la méthode. Deuxième chose, je comprends, je comprends pour les journalistes mahorais, pour la population, en disant, mais qu'est-ce qu'ils font à Paris ? Mais pour que ça soit efficace, on ne dit pas tout, parce qu'une part de la négociation diplomatique, une part effectivement de ce qui a été dit à l'instant par le ministre de l'Intérieur sur la réadmission, passe par des discussions qui parfois sont un peu musclées. Si je suis venu moi-même dire comme Premier ministre qu'il y avait un bonus-malus sur l'aide publique au développement, ce n'est pas complètement le fruit du hasard. Ça va commencer à permettre aussi d'organiser les pays qui vraiment vont jouer le jeu. Parce que c'est trop facile de dire Afrique des Grands Lacs. Après, à un moment donné, vous allez avoir des pays qui jouent le jeu, puis des pays qui ne jouent pas le jeu. Donc on va commencer à objectiver les choses. Ce que je veux dire à nos compatriotes, c'est qu'on l'a pris à temps, même si la situation est spectaculaire sur le camp. Enfin, les forces de l'ordre nous l'ont dit, la question sanitaire est prise très au sérieux. Enfin, tout ce que vous dites est juste. Je dis juste, c'est que parfois il y a des problèmes qu'on a laissés… enfin, que des gouvernements précédents ont pu laisser filer, et parfois on arrive, c'est trop tard. Là, on est dans le moment dans lequel on réagit à temps, parce que le phénomène, par définition, de ce flux migratoire, il est particulièrement préoccupant. Je le disais hier aussi, on regarde la situation géopolitique ou sanitaire de l'Afrique des Grands Lacs. On voit bien ce qui se passe en République démocratique du Congo. Il ne faut pas être naïf, mais il faut le traiter avec beaucoup de sérieux, beaucoup de maturité et à temps. Et c'est ce qu'on cherche à faire. Shanyce MATHIASBonsoir, je suis Shanyce MATHIAS pour le Journal de Mayotte. Ma question va se porter sur l'eau. Du coup, vous reconnaissez une crise immédiate à Mayotte et appelez les Mahorais à patienter jusqu'à la mise en service des nouvelles infrastructures. Mais la population, elle, elle en a marre. Elle exprime un ras-le-bol face à cette situation répétée des coupures d'eau. Les mesures d'urgence qui ont été annoncées par Madame la ministre, notamment les cuves d'eau dans les écoles ou pour les personnes vulnérables, sont-elles suffisamment dimensionnées pour répondre aux besoins de l'ensemble de la population pendant cette période d'attente qui, on ne sait pas encore, va durer combien de temps ? Sébastien LECORNUMonique. Merci beaucoup. Monique BARBUTMerci beaucoup. Alors, ces installations qu'on a faites en urgence, on les a faites aussi parce que cette année, c'est assez dramatique puisqu'il y a 40% de moins de pluie qu'il n'y en avait l'année dernière, par exemple. Et donc c'est pour ça qu'on a accéléré ce programme d'urgence. C'est pour ça aussi qu'on va accélérer le programme sur les fuites. Et encore une fois, ce n'est pas anecdotique. On parle de 25% de toute l'eau produite à Mayotte qui se perd. Donc là, pour le moment, on a la situation sous contrôle. On va continuer à la vérifier parce qu'on ne va pas rentrer dans la saison des pluies avant un petit moment. Donc il faut voir si on va passer septembre, octobre, novembre. Et si on n'arrive pas à passer septembre, octobre, novembre, on prendra de nouvelles mesures. Nous avons par exemple discuté avec Monsieur le préfet et avec Monsieur le Premier ministre le fait, par exemple, de plafonner le prix des bouteilles d'eau, de faire des réquisitions sur de l'eau. Donc on regarde tout ça, mais on n'en est pas là aujourd'hui à date. Avec les mesures que nous mettons en œuvre, nous protégeons l'essentiel de la… enfin la totalité de la population dans ses besoins actuels. Mais c'est vrai que compte tenu de la faiblesse des précipitations, nous ne sommes pas sûrs que nous allons arriver à passer la saison sèche. JournalisteIl faut comprendre aussi le point de vue de la population qui en a marre… Monique BARBUTDes tours d'eau. Journaliste…de devoir remplir des bidons d'eau tous les soirs, tous les matins, avant d'aller dormir, avant d'aller au travail. Monique BARBUTJe le comprends tout à fait. Moi, je détesterais vivre avec des tours d'eau. Enfin, je veux dire, personne ne peut aimer ça, ne peut accepter ça. Malheureusement, l'eau, je veux dire, c'est une crise qui est récurrente à Mayotte. C'est vrai que ce n'est pas… elle ne date pas d'il y a 6 mois. Le problème qu'on a, et qu'on a aussi sur les écoles, c'est un peu la même chose, c'est que vous avez aussi une démographie. Je veux dire, quels que soient les investissements qu'on fait, on est dépassés trois mois après par la démographie. Et donc on a une situation où on court constamment après cette démographie qui est galopante ici. Et ça, c'est un vrai sujet. Je voudrais dire aussi que moi, par exemple, j'ai demandé à Monsieur le préfet de regarder, c'est annexe, mais ça a des effets. Mayotte a été très largement déboisée. Et ça aussi, ça a un impact sur le cycle de l'eau. Et moi, je voudrais aussi qu'on regarde cette question du déboisement de Mayotte de façon très sérieuse et qu'on commence à y mettre des solutions. Parce que si on reboise correctement, les ravines et d'autres petits cours d'eau seront alimentés de façon plus pérenne qu'on ne l'a aujourd'hui. Mais je reconnais volontiers avec vous que cette situation des tours d'eau est dramatique. Et donc ce qu'on fait — on n'a pas les moyens aujourd'hui, il est vrai, de les supprimer — mais tout ce qu'on fait en ce moment, c'est pour permettre à la population de quand même continuer à vivre, de continuer à avoir une économie qui fonctionne, une agriculture qui fonctionne, en sachant que la situation est extrêmement compliquée, je le reconnais. Mais franchement, l'unité de dessalement, premier trimestre 2028, ça va quand même beaucoup changer les choses ici. Sébastien LECORNUEt vraiment, j'insiste sur le point que la ministre vient de dire. Je vous rappelle non seulement le… Enfin, il n'y a pas de manque d'empathie ou de compréhension de ce que peuvent vivre nos compatriotes ici. Après, vous comprendrez bien qu'on agit avec respect des compétences locales. L'État n'est pas compétent sur l'eau. Ce n'est pas pour autant qu'on met pas de l'argent sur l'eau, qu'on met pas de l'ingénierie sur l'eau. La ministre l'a dit tout à l'heure, on va demander avec Naïma, aux militaires du régiment de service militaire adapté, on va faire de la formation pour que des métiers, comment dire, autour de la plomberie, la lutte contre les fuites, etc. On fait tout ce qu'on peut. Et pour être transparent, et ça sera dans la lettre que je vais envoyer aux maires, si le territoire le demande, seulement si les élus le demandent, je précise bien, à une recentralisation par l'État de la compétence eau pour 4, 5, 6 ans pour porter les investissements et redonner ensuite la compétence aux collectivités locales, si les collectivités le demandent, je ne m'y opposerai pas. Mieux que ça, je dirais oui. Mais vous avez entendu, je ne le propose pas non plus. Je suis moi-même élu local, je ne peux pas dire— On a fait la départementalisation, on a fait la convergence, on a tout fait, moi le premier comme ancien ministre des Outre-mer, pour que Mayotte soit un département français comme ailleurs. Ailleurs, les communes sont responsables de l'eau. Donc Mayotte est un département, les communes sont responsables de l'eau. Mais la situation est très grave. Donc comme ailleurs, si les maires et responsables des syndicats en question disent : "Oh là là, c'est trop dur pour nous, surtout après Chido", et on a besoin que l'État reprenne cette compétence pour un temps, ça prendra du temps, etc., je dirais oui. Voilà, je peux pas vous dire… Je l'ai dit, je l'ai dit aux élus, je vais l'écrire. Et alors vous me direz, les gens qui ont besoin d'eau ce soir, c'est la belle affaire. Mais au moins vous voyez qu'on se moque pas des gens, c'est… on vient avec des ruptures de méthode dans la manière de faire. Il y a quelques années, on vous aurait dit : "Bah écoutez, on met de l'argent maintenant, voilà..." Non, s'il faut qu'on prenne la responsabilité, de toute façon, je vais vous dire une chose, quitte à se faire engueuler, autant prendre la responsabilité et se faire engueuler pour une bonne raison. Bon, là, c'est vrai que pour les ministres, ce n'est pas facile parce que sur ces thématiques-là, bon... Mais je vous l'ai dit, avec les maires, on a plutôt décidé de faire un pacte et d'être alignés et d'avancer ensemble. Et le préfet en sera le garant comme représentant du Gouvernement et de l'État dans le territoire. Autre question ? Martin BAUMERBonjour, Monsieur le Premier ministre. Martin BAUMER, France Télévisions. Il y a quelques minutes, sur Franceinfo, Jean-Luc MÉLENCHON a dit de votre budget qu'il allait nous mener à la récession. Que lui répondez-vous, premièrement ? Et deuxièmement, pourquoi avez-vous décidé d'entamer une sorte de bras de fer avec certains Insoumis via les réseaux sociaux, Jean-Luc MÉLENCHON, et plus récemment, justement, sur la situation à Mayotte avec Mathilde PANOT ? Est-ce que c'est peut-être une façon pour vous d'entrer, de mettre les mains dans la campagne ? Merci. Sébastien LECORNUJe n'ai pas le sentiment d'entamer quoi que ce soit. Enfin, je pense qu'on a vu que dans l'Hémicycle, à l'Assemblée nationale, il y avait déjà des débats un peu vifs entre les représentants de la France insoumise et les membres du Gouvernement. Je pense que les ministres qui m'entourent en savent quelque chose. Je regarde en particulier Intérieur, Éducation nationale ou même Outre-mer. Je pense avoir déjà dit clairement quelques vérités à Madame Panot, même à Madame Chatelain, parce qu'elle est écologiste, mais enfin elle vire quand même de plus en plus Insoumise. Donc non, moi je ne veux pas que le Gouvernement se mêle de politique partisane, mais je ne peux pas me permettre d'avoir des forces politiques qui confondent déjà le Gouvernement et l'État, installent en permanence le doute, on l'a vu sur des polémiques surréalistes et parfois cyniques et nocives, sur les incendies, sur le Proche et le Moyen-Orient et sur l'action des forces armées ou de notre base industrielle et technologique de défense, sur la manière dont les feux ont été combattus en Gironde ou ailleurs, en ce moment sur Mayotte. Tout est bon. Je ne laisse pas faire. Et ce n'est pas tellement pour défendre la politique du Gouvernement, c'est parce que j'essaie de défendre l'État, j'essaie de défendre les services de l'État. Le tweet de Madame Panot hier qui dit : on va mettre des femmes et des enfants ou des gens à la mer. Mais qui peut penser un seul instant que, 1) on pourrait donner cet ordre-là, et qui peut penser un seul instant que des policiers, des gendarmes où des militaires de l'armée française peuvent faire cela, avec en plus la récidive surréaliste aujourd'hui, de toute façon, ils feront bien les ordres que vous leur donnons. On voit que Madame Panot ne connaît ni bien l'État et encore moins les forces armées. Moi, j'ai porté l'uniforme et j'ai eu l'honneur d'être ministre des Armées. Il n'y a pas de schéma dans lequel les militaires, les policiers et gendarmes répondent à des ordres qui seraient illégaux, qui plus est inhumains. Donc je vois bien, il y a une escalade de bordélisation qui est là. Il y a la vie politique, c'est une chose. Je protégerai les équipes de l'État, qu'ils soient pompiers en Gironde ou préfète de la Gironde, qu'ils soient policiers, gendarmes ou militaires à Mayotte, ou qu'ils soient magistrats dans ce qu'on a pu connaître. Je trouve que cette méthode qui consiste à, pour taper le Président de la République, taper le gouvernement tout emballé, est fascinante. On va reprendre la question de nos amis à l'instant. Il n'y a pas d'eau à Mayotte. Comme ça, on en profite, on tape les maires. Après, on n'a pas voulu taper les militaires, on n'a pas voulu taper les maires. Bah si, je veux dire, vous laissez Mayotte sans eau, c'est une attaque contre les maires de Mayotte. Ce n'est pas l'État qui est compétent sur l'eau potable. Ils le savent, ils le savent très très bien. Donc, ce n'est pas moi qui vais les chercher, vous ne m'avez pas vu tweeter beaucoup, enfin, ou aller moi-même comme ça intervenir dans le débat public. Donc ils font leurs affaires entre eux, tout ça, machin, c'est leur affaire. Si on parle de la vie de l'État, de la vie du pays, je ne laisserai pas faire et dire n'importe quoi. Ça vaut pour eux, ça vaut pour tous les autres, LFI ou autres. Je suis quand même le garant de ça, je suis chef de l'administration, je ne veux pas qu'il y ait une espèce de prise en otage généralisée où chaque crise fait l'objet d'une polémique. C'est la vie démocratique. Ça, ça peut être légitime. Qu'on ait des questions au Gouvernement, qu'il faille rendre des comptes, des commissions d'enquête, tout ça, c'est la vie normale. Des journalistes qui posent des questions, je suis un démocrate. Mais cette manière de mentir en permanence est surréaliste. Et je vais vous dire, à chaque fois que je fais un tweet ou que je prends la parole, je vois le ressenti chez celles et ceux qui rendent le service de l'État. Qu'ils disent au moins quand même : "on ne laisse pas dire n'importe quoi". Martin BAUMERSimplement sur le budget, récession de la déclaration… Sébastien LECORNUMais on n'a pas présenté de budget. Vous voyez que tout est fascinant. Le budget du Gouvernement va amener à la récession. On ne l'a pas présenté. Enfin, je veux bien. Vous n'avez même pas besoin de me poser la question si on dit la vérité. On ne l'a pas présenté. Puis deux, quand on leur a présenté, on va s'apercevoir comme chaque année que de toute façon le tendanciel est positif. Parce que même pour réduire le déficit public, c'est quand même un budget qui augmente. Après, ils vont dire qu'il y a des mesures d'économie parce que c'est récessif, c'est l'austérité. Tout est facile. Donc, j'ai envie de vous dire, ce n'est même pas à moi qu'il faut poser la question. Et plus on avancera, plus d'ailleurs, ils seront face, confrontés au réel, plus ils mentiront et plus ce sera n'importe quoi. Et moi, je laisserai faire. JournalisteBonsoir, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres. En 2022, à Mayotte, au premier tour de la présidentielle, Marine LE PEN était arrivée devant Jean-Luc MÉLENCHON. La présidentielle 2027 arrive et il se pourrait qu'il y ait un second tour Marine LE PEN-Jean-Luc MÉLENCHON. Pendant ce temps, votre camp, le bloc central, est divisé. Alors, vous allez peut-être nous redire ce soir que vous n'êtes pas candidat à cette élection présidentielle. On voit qu'en tout cas, chacun y va de sa proposition. Aujourd'hui, c'est Édouard PHILIPPE qui veut réduire les indemnités chômage à 12 mois pour les moins de 50 ans. On est quand même dans une rentrée politique qui est assez explosive. Quel est votre regard justement sur cette rentrée politique qui vous attend, vous aussi ? Sébastien LECORNUPrécisément, je n'ai pas envie de la commenter plus que ça. Je suis dans un déplacement ministériel avec plusieurs collègues. On est là pour parler de sujets qui tiennent à la vie de l'État. Donc, par définition, ce que nous faisons en plus est payé par le contribuable. Donc je ne vais pas commencer à parler du bloc central ou des je ne sais trop quoi dans un déplacement officiel. Donc, ça me permet plutôt de vous parler du Gouvernement à la rigueur. Enfin, pendant que tout le monde va débattre, pendant que tout le monde va faire ses propositions, il faut bien qu'une équipe tienne l'État. Ce n'est pas comme si la période était calme. Ce n'est pas comme si elle était calme à l'extérieur de nos frontières. Situation géopolitique, situation financière, un cycle électoral dans quelques pays, y compris les midterms aux États-Unis. On aura l'occasion d'y revenir, et puis, une vie domestique qui est difficile. Enfin, vous voyez quand même le nombre de crises et d'enchaînements de crises auxquels nous avons dû faire face. Donc c'est normal, c'est un temps démocratique qui démarre. Il y a des élections sénatoriales à la fin du mois de septembre. D'ailleurs, personne n'en parle, mais il y a la moitié des départements qui sont dans une élection qui est particulière. Mais enfin, les maires sont quand même, pour ces départements concernés, largement sollicités. Donc la vie politique et démocratique, elle continue, comme pendant les élections municipales que nous avons organisées et que nous avons connues. Mais pendant ce temps-là, il faut bien que des gens s'occupent de la vie du pays en ce moment. Et vous le voyez bien, je tiens toujours le fil, c'est-à-dire, je ne fais pas de grandes promesses, je ne m'engage pas dans des choses qu'on n'est pas capable de tenir parce qu'on n'a pas de majorité, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps, parce qu'on a des problèmes budgétaires. En clair, on ne ment pas. Et pour autant, on ne dit pas non plus : "on ne va rien faire". Je crois que l'agenda législatif qu'on a connu cette année, vous voyez le nombre de décisions que le Conseil constitutionnel a pu rendre encore au mois d'août, ce qu'on fait là sur Mayotte. Chaque jour doit être utile, comme dirait l'autre. C'est une phrase un peu entendue, déjà un peu éculée, j'en conviens. Mais voilà, on ne va pas faire comme si on était au début du quinquennat. C'est un Gouvernement de fin de quinquennat. Ce n'est pas parce que c'est un Gouvernement de fin de quinquennat qu'il n'y a pas des choses importantes à gérer. Et je crois que le déplacement et les questions de vos consœurs et confrères de Mayotte montrent bien. Je leur aurais dit : "écoutez, vous savez, ça va peut-être attendre le mois de mai prochain". Je pense qu'on nous aurait regardés bizarrement et les gens qui nous regardent diraient : "mais ils ne sont pas bien". Donc voilà, c'est le point d'équilibre tout simplement que je tiens avec le plus d'honnêteté possible. Emma BARRIERBonsoir Monsieur le Premier ministre, Emma BARRIER pour TF1/LCI. Juste un mot sur les catastrophes qui ont frappé le Népal. On n'a pas encore entendu Paris réagir sur ces crues meurtrières. Est-ce que vous connaissez le nombre de Français qui figurent parmi les victimes et est-ce que la France va envoyer de l'aide pour les secours népalais ? Je pense notamment à la sécurité civile, pour Monsieur le ministre de l'Intérieur. Sébastien LECORNUMerci beaucoup. Vous revenez vous-même aux crises. Encore une catastrophe qui est terrible, avec des familles qui, actuellement, attendent des nouvelles de leurs proches. Les renforts potentiels ou les aides potentielles de la France, évidemment, ont fait déjà l'objet, avec le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, d'un premier tour de piste, en quelque sorte, mais on ne le fait que si les pays en question nous le demandent, ce qui n'est pas le cas au moment où je vous parle. Mais la proposition a été faite, notamment par les canaux diplomatiques. La priorité, vous vous en doutez, c'est évidemment la mobilisation de notre réseau consulaire en lien avec les autorités locales. On a ce qu'on appelle le fil d'Ariane, vous savez, c'est le registre de tous les ressortissants français dans chaque pays. Je crois de mémoire que c'est 80 ou 90 Français qui doivent être sur ce fil d'Ariane. Et de fait, comme vous le savez, un certain nombre de nos ressortissants manquent à l'appel au moment où je vous parle. La situation est vraiment suivie de très, très près. Je ne veux pas en dire plus parce que des familles attendent, mais vous le savez, plus le temps passe en pareilles circonstances, plus évidemment, on peut être pessimiste. En tout cas, vraiment, je veux le dire, moi-même, j'en suis assuré tout à l'heure, il y a une mobilisation du réseau consulaire qui est totale pour avoir des nouvelles de nos ressortissants. AnimatriceMerci à tous, merci beaucoup. Sébastien LECORNUMerci infiniment, bonne soirée à toutes et à tous. Source : https://www.info.gouv.fr, le 14 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304541
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304541-sebatien-lecornu-27082026-reconstruction-eau-sante-ecole-immigration?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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