geheim.land Recherche Politique
16 septembre 2026 · None · transcription Radio

Présidentielle, carburants... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau

Bonjour Agathe et bonjour Bruno Retaillot. Bonjour Simon Lebaron, bonjour Agathe, bonjour Bruno Retaillot. Commençons par le grand sujet de préoccupation de beaucoup de Français en ce moment, c'est le prix des carburants. On voit que le prix du litre de samplons 95 a dépassé son record de juin 2022. Le litre de gasoil est à 3 centimes de son pic historique, mais le gouvernement s'en tient pour l'instant aux aides ciblées pour les gros rouleurs et les agriculteurs, les pêcheurs notamment et le BTP. Et est-ce que vous dites vous aussi, on ne peut pas se permettre de faire plus ? On ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. Mais là où les prix des carburants sont arrivés, c'est énorme. Et ça frappe d'abord, et c'est très injuste, la classe moyenne. Les gens qui travaillent, qui ont besoin chaque matin de leur voiture pour se déplacer, donc de faire le plein, ça frappe la France périphérique, celle que je connais bien, j'en viens. ou on n'a pas d'autre moyen d'avoir la voiture pour aller travailler. On n'a pas de transport en commun, par exemple. Je pense que ça n'est pas suffisant. – Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? – J'ai mis sur la table deux propositions. La première, c'est la suppression des certificats d'économie d'énergie. – Alors, on n'exprime pas ce qu'il s'est fait. – C'est à peu près, par plein, ça fait à peu près 8,50€. Et une autre proposition, c'est de déjeler. – 8,50€ par plein, vous dites. C'est ce que paient les fournisseurs d'énergie et ce qui sert à financer la transition énergétique. Mais dans la plus totale opacité, c'est ce que la Cour des comptes a dit par trois reprises depuis 12 ans. Un exemple, EDF, il y a quelques semaines dont on a appris que grâce à cette taxe cachée, il subventionnait des voitures électriques chinoises, BYD. Alors on va imposer les automobilistes pour faire ce genre de choses. Non, ça n'est pas un mécanisme qui est suffisamment transparent. Donc première proposition, je supprime les certificats d'économie, d'énergie, 8,50 euros par plein. Et ensuite, ce que je fais, c'est que je dégelent le barème fiscal qui permet à ceux qui travaillent de déduire de leurs impôts un montant qui est un montant kilométrique qui l'est gelé depuis peu près trois ans. C'est l'équivalent, ce dégel, c'est l'équivalent à peu près de restituer de plein par an. Et ça n'est pas rien. Ça n'est pas en moins, quel manque a gagné dans les caisses de l'État ? Ça ne fait pas, ça n'est pas un manque a gagné parce que les certificats d'économie d'énergie, ça n'est pas une ressource budgétaire. Et d'ailleurs, ça n'est même pas voté. C'est ce que je conteste aussi dans ce mécanisme-là. On peut trouver des crédits d'impôts, par exemple, pour isoler, bref. Mais là, c'est totalement opaque. Mais ça sert à financer la transition écologique. Non, mais franchement, très franchement. On ne peut pas financer sur le dos des travailleurs la transition écologique. Quand le gazole, quand l'essence sont à un tel niveau, ça, ça n'est pas possible. J'en ai marre, vous voyez, des écolobobos qui veulent que les pauvres, les modestes, les travailleurs financent la transition écologique. Mais en même temps, on parle de la solution de court terme, la Bruno Rotaillot. Est-ce que la solution de court terme, c'est pas au lieu de subventionner le carburant et de prendre l'argent qu'il sert à financer la transition écologique ? Est-ce que ce n'est pas plutôt d'aider les gens à se passer de leur ouai ? la solution de courte bien sûr d'ailleurs il y a une explosion vous savez que je crois que le mois dernier il y a à peu près sur les ventes de nouvelles voitures un tiers pratiquement pratiquement un tiers autour de 30% qui sont des voitures électriques les français sont pas fou mais ça coûte cher ça coûte trop cher notamment pour ceux qui ont des revenus modestes non ce qui est structurel est ce que je propose parce que le problème c'est pas seulement les carburants le problème c'est c'est que les carburants, ce problème-là vient sur des Français qui s'appauvrisent. On est, la France est en voie de tiers mondisation, de chiffres. On est le 16 septembre. Demain, c'est le 17. Eh bien, il y a un tiers des Français, chaque 17 du mois, qui se retrouvent dans le rouge pour leur compte. Un tiers des Français n'ont pas eu des soins qu'ils auraient dû avoir ou ont sauté des repas parce qu'ils manquent de pouvoir d'achat. Moi, ce que je propose, justement, c'est que le travail enfin paye. – Mais justement, tout ça est dû, notamment, à une situation budgétaire qui est catastrophique. Vous ne dites pas, vous n'avez pas répondu à la question tout à l'heure, combien coûtent les deux mesures-là que vous avez proposées sur les prix des carburants ? – J'ai dit, justement, que les... Alors, je redis... – Mais il y a le barème fiscal aussi, c'est dérentrer fiscal au moins ? – Ah mais, le barème fiscal, pardon, le barème fiscal, quand il y a un barème fiscal, il doit être dégelé. Ça, c'est la règle. Chaque année, d'ailleurs, en loi de finances, l'impôt sur le revenu, vous faites bouger le barème à proportion de l'inflation. Et ça c'est absolument naturel et je vous ai redis que la proposition que je faisais sur les certificats d'économie et d'énergie, ça n'était pas une ressource budgétisée, c'est absolument neutre vis-à-vis du déficit de l'État. Vous vous dites que c'est plus rentable que de baisser les taxes ou que de plafonner les prix comme le propose d'un côté national et de l'autre les insoumis. Non mais, la solution de M. Mélenchon, bloquer les prix, c'est la pénurie. La solution de Mme Le Pen, c'est 15 milliards, c'est plus de déficit et ce sera la crise. On est au bord de la crise, on est quasiment entré dans la crise. La dette désormais n'est plus soutenable. Il y a un effet de boule de neige quand les taux atteignent quasiment 4,5%. Dans 2 ans, la totalité de ce que rapporte l'impôt sur le revenu, on a parlé il y a quelques instants, sera dévorée seulement par le paiement, non pas de la dette, des intérêts de la dette. Ce que moi je propose, c'est que l'électricité soit moins chère. Et c'est possible en s'appuyant sur le nucléaire. Je me propose, moi, de restituer l'équivalent de deux mois d'une facturation, si on est raisonnable. Je le propose que sur le logement, vous savez que ce qui pèse de plus sur le pouvoir d'achat des Français, c'est le logement. Mais la crise du logement, on l'a fabriqué. C'est la faute, notamment, d'Emmanuel Macron. Il n'y a jamais eu autant. C'est la faute d'Emmanuel Macron, la crise de logement. Bien sûr, bien sûr. Absolument. Pourquoi ? Quand il est arrivé de 420 000 logements mis en chantier par an, aujourd'hui 270 000. Parce qu'il a multiplié les normes, que ce soit le Zahn en cas de remont déloyé. Il a découragé l'investissement. Vous rejoignez le programme Les mesures annoncées par Marine Le Pen il y a 2 jours sur le logement. On met à bas toutes les normes. Pardon, c'est tel qu'il m'a rejoint. C'est tel qu'il m'a rejoint. Et priorité nationale pour les logements sociaux ? ses priorités aux travailleurs. Je veux que le logement social aille en priorité aux travailleurs, à ceux qui travaillent et à leurs familles. Simplement, les propositions sur le logement, où je veux effectivement une déréglementation sur le ZAN, sur le DPE, sur les SRU, etc. Je les ai fait il y a quasiment 5 mois et chacun peut vous donner sur le site internet. – Bruno Roté, vous êtes dans Pompée. – Oui, la Pompée. C'est pas mal d'ailleurs d'être Ça veut dire que, temps en temps, on a raison, non ? Vous peignez à un tableau très sombre dans ce contexte. Il est sombre, il est sombre. Et le gouvernement cherche 30 milliards d'économies pour le boucler le budget 2027. Il rencontre les groupes politiques cette semaine. Vous dites que la situation est grave, quelle sera l'attitude des Républicains ? Est-ce que vous serez responsable ? Nous serons responsables et nous demanderons que nous puissions remettre dans le texte la réforme des retraites. Ce sont des milliards et des milliards. Donc revenir sur la suspension qui avait été accordée au socialiste. Vous savez que vous ne l'obtiendrez pas, là. Très rapide. Oui, mais vous me demandez d'être responsable. Je demande au gouvernement de l'être. La première dépense, un quart de la dépense publique, ce sont les retraites. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait comme le gouvernement, on veut taper les retraités, tout en sexonérant de la moindre responsabilité. Quand je suis né, il y avait 4 cotisans aujourd'hui pour un retraité, aujourd'hui il y a 1,6 cotisans pour un retraité, on va à la faillite. Et demain, on se prépare à un effondrement du système par répartition. Et donc, si ils ne remettent pas la réforme des retraites... Mais il est hors de question de voter... Comment vous comprenez les républicains ? Mais il est hors de question de voter, justement, un appauvrissement des retraités quand le gouvernement n'est pas, à l'heure et au rendez-vous, de sa propre responsabilité. Donc vous mettez sur la table une condition que vous n'obtiendrez pas pour... Et pourquoi je... Mais attendez, on est au bord d'une crise. Je pense même, d'ailleurs, que la crise a commencé. Quand on regarde l'attitude des marchés financiers, c'est-à-dire ceux qui nous prêtent l'argent, pas pour payer la dette, simplement aujourd'hui on emprunte pour rembourser des emprunts. C'est de la cavalerie. Voilà, explosion notamment des taux d'intérêt et un affaiblissement, un appauvrissement des Français. Aujourd'hui, le niveau de vie des Français, il est inférieur à la moyenne du niveau de vie des Européens. C'est ça qui se passe. La croissance cette année, trois fois moindre que la moyenne en Europe. Le chômage, nous sommes le seul pays où le chômage augmente autant. Est-ce que vous dites que Marine Le Pen, que vous préférez un budget imparfait à une loi spéciale, elle laisse entendre donc qu'elle pourrait ne pas censurer cette fois le gouvernement ? Je fais la proposition que j'ai déjà fait, il y a plusieurs mois au gouvernement, ce sont les ordonnances. Ce sont les ordonnances parce que il faut que le gouvernement mette sur la table un budget raisonnable, un budget responsable et puis, au bout de 70 jours, si le Parlement, conformément à la Constitution, ne l'a pas examiné, le gouvernement peut prendre ce budget par ordonnance. Si il y a une motion de censure, le gouvernement tombe peut-être, mais au moins on a un budget responsable. – Plusieurs catégories de français se mobilisent déjà, il y a des appels à manifester pour le mois d'octobre pour protester contre cette situation que vous dénoncez contre la vichère. Parmi les catégories, les professions qui se mobilisent, les policiers, vous étiez hier dans la manifestation, au côté du syndicat Alliance, ils réclament notamment des augmentations, est-ce qu'il faut les augmenter ? – Vraiment, je les connais bien, les policiers. Pendant plus d'un an, j'étais à leur tête, et l'une des plus grandes fiertés de ma vie aura été de commander les hommes et les femmes de Beauvaux, qui ont le sens de l'État, qui ont l'amour de la France chevillée au corps. – Et vous ne les avez pas augmentés, est-ce qu'il faut faire maintenant ? – Si, non, attendez, attendez. J'ai été un des ministres, d'ailleurs, dans une situation budgétaire très difficile, qui a respecté la LOP-1000, la loi de programmation, ça n'était pas rien. et j'ai été celui d'ailleurs qui a mis sur la table le problème de l'investigation. On en a parlé depuis l'affaire Liana, parce qu'il y avait une crise et pas suffisamment de moyens. C'est moi qui ai fait le plan justement pour pouvoir, notamment pour ceux qui travaillent sur l'investigation. Ça vous tombe en général une affaire, vous savez, criminel ou autre, ça vous tombe le week-end, vous restez des nuits pratiquement sans dormir le week-end, et notamment pour revaloriser la prime d'investigation. Il faut simplement aussi, il demande de la considération, il veut l'être soutenu. Ils veulent une chaîne pénale qui soit ferme. Ils ne veulent pas que... – Augmentation de salaire, oui ou non, juste ? – Attendez, non mais ponctuellement sur des prix, bien sûr, il faut les encourager. Simplement, ce qu'ils veulent avant tout, c'est de la considération et une réponse pénale qui soit à la hauteur. Il n'y a rien qui ne supporte moins que lorsqu'ils prennent dans la rue après des enquêtes parfois des délinquants et que la justice les relâche au bout de quelques jours et qu'il le retrouve dans la rue. – On en parlera tout à l'heure de ce que vous proposez C'est pas la photomagistra, c'est qu'on a construit franchement un droit qui est un droit laxiste. On va en parler dans un instant Bruno Rotaio mais d'un mot, on parlait des prix du carburant, la colère des policiers, les appels à manifester qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous redoutez un automne social ou est-ce que vous le souhaitez ? En tout cas, il y a une immense angoisse. Je ne sais pas si c'est angoisse-là avant quelques mois avant la présidentielle, parce qu'un vote et une présidentielle, c'est aussi une forme d'exutoire. On sait qu'on va pouvoir prendre la parole, essayer de renverser la table. Et moi, si je me présente justement, c'est pour renverser la table, c'est pour accomplir une rupture, parce qu'on a un système qui t'aboute souffle. Est-ce que vous soutenez potentiellement un retour des Gilets jaunes ? Fabien Roussel appelle lui à descendre sur les ronds-points. Olivier Ford dit je serai à leur côté s'il se soulève. Écoutez, être à côté des hommes et des femmes, justement, de la classe moyenne, des travailleurs. Moi, je ne suis pas à côté des profiteurs, je suis aux côtés des travailleurs et tout mon projet, ce sera de faire en sorte de donner plus à ceux qui méritent et moins à ceux qui profitent. On a développé une assistance aujourd'hui et un assistana qui est en train de tuer notre système social. – Est-ce que vous soutenez ce mouvement ? – Mais d'abord, il n'est pas arrivé. Et je pense que le rôle d'un homme ou d'une femme politique, c'est d'abord de faire des propositions. Voilà. C'est d'essayer de donner de l'espoir. – Ce n'est pas de dire que je vais accompagner, je vais soutenir ou sortir dans la rue. c'est de la démagogie, on peut parfaitement aller sur les ronds-points et j'ai toujours laissé ma porte ouverte, notamment aux gilets jaunes que je respectais profondément, lorsque ils n'ont pas été totalement infiltrés par l'extrême gauche française, avec des violences que j'ai toujours condamnées. Mais l'écoute, oui, mais quand on est en situation de responsabilité, on prend ses responsabilités, on met sur la table une rupture, on renverse la table. Et pas de soutien à l'appel à manifester, on l'a bien compris, juste une question Avant le fil info sur les policiers dont on parle beaucoup en mâle, en ce moment, notamment ceux de Carcassonne, après ces vidéos, la première dans laquelle on entend un policier municipal proférer une litanie d'un jurassiste complotiste, misogène, etc., la seconde dans laquelle on voit un policier national jeter très violemment à terre un SDF, à partir de quel moment Bruno Rotaio, ça devient systémique. Non mais ça n'est absolument pas systémique. Moi ce que je veux dénoncer, d'ailleurs ce que je dis aux policiers, aux gendarmes, c'est que j'inscrirai dans la Constitution un droit à la sécurité, pour que la jurisprudence puisse peser et mettre le curseur un droit à la sécurité pour faire en sorte qu'on prenne en compte il y a les libertés publiques, il y a la sécurité. Et ce que j'observe moi, c'est que trop souvent les jurisprudences, les décisions des tribunaux veulent d'abord préserver la liberté publique, c'est très bien, mais il faut aussi préserver la sécurité collective. et je dénonce toutes les violences de policiers, de gendarmes. Et à chaque fois, croyez-moi, j'étais au ministère de l'Intérieur, vous avez des milliers de gendarmes de policiers qui sont blessés tous les ans. Et vous n'avez que quelques dérives, quelques dérives individuelles qui, à chaque fois, sont sanctionnées. Pardon, ne mettez pas à les propos terriblement sexistes et racistes de ce chef de la police, donc qui est de Carcassonne. En l'occurrence, ça fait des mois et il n'avait pas été sanctionné dans un parti politique. Voilà. Non, mais c'est pas moi, c'est pas nous, et bien sûr. Donc, la sorption, c'est pas toujours très efficace. Mais je dis non. Moi, je suis pas le Parti des Insoumis, qui est un parti à la fois antiflique et anti-républicain. Avec Bruno Rotaio, président des républicains et candidat à la présidentielle, au cœur de votre programme pour 2027, ce que vous appelez un Big Bang constitutionnel, Vous proposez notamment de redonner la parole au Français pour, dites-vous, ce qu'il puisse censurer la censure du Conseil constitutionnel. On a demandé à l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, parce qu'il en pensait, il était à votre place. Je ne crois pas qu'on gagne quoi que ce soit, à instiler un rapport de défiance avec les juges. Il y a un Conseil constitutionnel, ne dénigreront pas un système qui a pour objectif de vérifier que le Parlement écrit bien la loi. Ce que je veux, c'est conserver ce qui fait la force de la Constitution de la Saint-Germain. On a bien entendu. Conserver la force de la Constitution de la Saint-Germain, qui aime d'Héloir Philippe, que lui répondez-vous ? Est-ce que c'est de la soupe centriste ? Ça aussi, pour vous, pour reprendre votre expérience ? Ben ça, il ressemble pas mal, c'est il ressemble pas mal. Que dit Édouard Philippe, en réalité, il dit qu'il faut que le Conseil constitutionnel fasse son travail. Oui, mais je suis d'accord, qui regarde notamment sur chaque loi si elle est conforme à la Constitution. Mais je veux que le Conseil constitutionnel ne fasse pas dire à la Constitution ce qu'elle n'a jamais dit. Oui mais parce que le pouvoir constituant n'appartient pas au Conseil constitutionnel. Il appartient au peuple de France. Et ce qui est intéressant d'ailleurs, et c'est là toute la différence que j'ai avec les candidats notamment Macronistes et notamment Édouard Philippe, que propose-t-il ? Il dit s'il y a des jurisprudence, des décisions du Conseil constitutionnel qui posent problème, il l'a dit si devant vous. Alors, on fait une sorte de comité avec des juristes. Ça, c'est typique, vous voyez, comme réaction de la haute administration. Il y a un problème... – C'est un truc de technocratique. – Démocratique, exactement. Il y a un problème démocratique. Vous lui apportez une solution technocratique. – Alors, vous dites qu'il est techno, mais vous... – Et moi, je veux rendre la parole aux Français tout simplement. – Oui, mais vous, quand vous dites que vous voulez redonner la parole aux Français, quand vous quittez le gouvernement des juges, en fait, vous jouez le peuple contre les juges, est-ce que c'est pas du populisme, ça ? Est-ce que vous assumez un discours populiste ? Vous savez, l'article 2 de la Constitution, le principe de la République, c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Ce que je conteste aujourd'hui, ce n'est pas l'état de droit. En rendant la parole... Si vous l'avez contesté, vous avez dit qu'il n'était ni intangible ni sacré. Oui, parce que certains ont pris en otage l'OTAT de droit, non pas pour lui donner un cadre juridique, une définition d'un cadre juridique, mais un contenu progressiste, un contenu idéologique. et je conteste des décisions, par exemple, dernière décision, moi-demain dernier du Conseil constitutionnel, qui dit voilà parce que dans la loi narcotrafic on avait dit, eh bien il faut que lorsque un narcotraficant est condamné, on puisse en même temps automatiquement saisir ses biens. C'est normal, on les tape aux portefeuilles. Il dit, ah mais non, parce que cette automaticité contrevient au principe de personnalisation des peines. On n'en peut plus de ça. Les juges interprètent et appliquent les textes. – Non, non, non, non, non. – Les juges sont les agents de la démocratie, car ils sont les garants de la règle, c'est ce que dit l'historien Pierre-Rosan Vallon. – Les garants de la règle commune pour le peuple. – Pierre-Rosan Vallon, dans le monde, l'article que vous citez très précisément, il confond le législateur et l'interprète le jus. Il dit, les juges, les magistrats, incarnent autant le principe de souveraineté populaire que les représentants du peuple. Non, ils confond tout. Et vous voyez, l'état de droit, c'est la séparation des pouvoirs. Je pense qu'il y a les représentants du peuple, les députés, les signateurs, ils font la loi. Et ensuite, il y a ce que Montesquieu appelait, les bouches de la loi, les interprètent. Mais aujourd'hui, le gouvernement des juges, c'est la confusion des pouvoirs. C'est certains magistrats qui font d'hérotexte ce qu'ils n'ont jamais dit et qui donc prennent en quelque sorte le rôle de législateur. Ça, ça n'est pas possible. Vous ne dites pas si vous assumez le terme populiste, juste. Non, mais je veux rendre la parole au peuple, le populisme ne gêne pas du tout, c'est la démagogie qui me gêne, c'est quand on fait de la démagogie, qu'on casse toujours le peuple dans le sens du poil, je suis capable de dire que dans les difficultés que nous allons connaître, chacun devra faire aussi des efforts. Ça c'est pas du populisme au sens de la démagogie. Vous venez de dire Bruno Otaio que Édouard Philippe faisait plus ou moins de la soupe centriste. C'est Agathe Lambrek, c'est Agathe Lambrek. Je reprends l'expression des requinistes. Mais je n'ai pas trouvé que l'expression était totalement dépourvue de bon sens. Voilà, le rassemblement de la droite est du centre. Bon, ça va être compliqué. Non mais comprenez-moi bien. Je pense d'ailleurs que cette élection présidentielle ne se gagnera pas au centre. Je pense surtout que le système est tellement épuisé que tous ceux qui représentent quelque chose et qui ont eu partilier avec Emmanuel Macron, qui sont responsables du bilan. Comme vous, par exemple. Non, parce que j'étais un ministre de Cohabitation. Je me suis opposé régulièrement, Simon Le Baron, vous le savez parfaitement, au président de République sur la question algérienne, sur la question migratoire, sur beaucoup d'autres sujets. – Est-ce que vous regrettez d'avoir accepté cette mission de leur être ministre d'Emmanuel Macron ? – Non, j'ai démissionné. – C'est une étiquette qui vous colle à la peau aujourd'hui. – Non, non, non, non. Quand on aime son pays, moi, je suis rentré au gouvernement de Michel Barnier, pas au gouvernement d'Emmanuel Macron, de Michel Barnier, parce que je voulais empêcher la gauche mélanchonisée de prendre le pouvoir en France. Et quand on est de droite, on fait barrage à la gauche. Vous expliquez aujourd'hui pourquoi vous avez été là ? Je n'ai jamais, comme Gabriel Attal, appelé à voter LFI au législatif. Pour moi, le réflexe, c'est qu'on doit faire barrage à la gauche. Au législatif en 2024. Bruno Rotaillot, vous avez séchement refusé la maintendue des doigts Philippe qui proposait de réunir les différents candidats de la droite et du centre début novembre pour discuter rassemblement, Mais dans les sondages face à Édouard Philippe, vous plafonnais en général autour de 7 %, vous êtes entre 6 et 9 %, est-ce que vous êtes dans le déni ? Dans un sondage, vous voyez, je suis même passée devant Gabriel à la table. Est-ce que vous êtes dans le déni Bruno Retailleau, parce que vous espériez faire 10 % à la fin de l'été, c'est pas le cas ? Vous tous, là, les journalistes, vous nous expliquez aujourd'hui, preuve à l'appui que seraient les sondages, que ça sera immuable. Mais vous oubliez toute l'histoire. Si moi je vous écoutais, Chirac n'aurait jamais été élu et Macron n'aurait jamais été élu, etc. Donc vous vous trompez comme les sondages à chaque fois. Vous vous pensez que vous pouvez déjouer tous les pronostics et que Édouard Philippe quand même a une base plus solide que vous. Il est devant vous dans tous les sondages. Et encore plus, Sygaïa Latal n'est pas là. Vous vous réinviterez dans quelques mois et vous regretterez vos propos. J'en suis persuadé parce qu'on est à l'heure de la grande rupture. Les propos que vous avez vous-même d'ailleurs soulignés. Naturellement, vous avez tout à l'heure pris un exemple qui est frappant avec Édouard Philippe. Il refuse de renverser la table. Moi je dis l'impuissance de l'État aujourd'hui. Le fait que l'État soit totalement ligoté, ça vient de cet état de chaud. C'est-à-dire qu'on passe des lois et malheureusement ces lois sont censurés. La justice des mineurs, censurés, etc. Tant de lois, l'immigration, censurés. Et bien lui, devant ce fait-là, il ne fait rien. Si ce n'est de créer un comité, moi je veux renverser la table. Je veux une rupture Franche et très, très nette et je serai une offre entre le bloc central qui en réalité porte malheureusement les reliques de ce quinquennat, ce double quinquennat désastreux de M. Macron et les démagogues que ce soit M. Mélenchon, M. Le Père. – Bruno Autagnon, si on vous parle des sondages, c'est parce que vous ne voulez pas, à la droite et au centre, vous départez par une primaire, donc il faut bien prendre une donnée et actuellement, selon les enquêtes d'opinion, il n'y a aucun scénario dans lequel vous vous ralliez à Édouard Philippe. – Mais vous croyez sincèrement que les gens qui me soutiennent et qui voteront pour moi, voteraient ou soutiendraient Monsieur Édouard Philippe ? – Oui, c'est pas une différence. – Il y a aujourd'hui une différence qui n'est pas seulement de degré, mais de nature dans l'approche des choses. – Vous êtes enregistré Bruno Rotaillot, vous nous dites, il n'y a aucun scénario où je rejoins Édouard Philippe. Est-ce que vous pouvez dire solennellement ? – Je ne sais pas quelle langue, quand je dis que… – Jamais, jamais. – Je ne sais pas quel mot, vous ne comprenez pas. – Vous avez dit que vous n'entreriez jamais dans un gouvernement d'Emmanuel Macron. Finalement, vous êtes devenu le ministre de l'Intérieur. – Non, je suis rentré, je suis rentré. – Certains se disent que vous vous rallirez de toute façon et qu'aujourd'hui vous vous dites que non, mais que vous le ferez entrer dans un gouvernement de Michel Barnier. Et j'étais le ministre de l'Intérieur le plus libre et sans doute le plus désaccord avec le Président de République. Quand j'ai vu que j'arrivais au bout du bout, j'ai quitté le ministère de l'Intérieur. Donc vous dites jamais, Edouard Philippe aujourd'hui, vous le dites, jamais. Mais vous ne vous rendez pas compte ce que veulent les Français. Ils ne veulent pas la continuité avec les héritiers des ménages Macron. Ils ne veulent pas poursuivre cette aventure-là. Ils ont payé pour savoir. Ils veulent autre chose. Et je suis justement cette alternance. Je serai le changement. Merci beaucoup Bruno Rotaio, candidat LR donc à l'élection présidentielle. Merci à vous. Agat, merci beaucoup et on se retrouve demain. À demain.
La source — radio_franceinfo · nº 2fa116c4-eab2-4233-b02e-0c21bea3c559
↗ https://www.franceinfo.fr/replay-radio/8h30-fauvelle-dely/le-8h30-franceinfo-de-bruno-retailleau_8172920.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé