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14 septembre 2026 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, à France 2 le 14 septembre 2026, sur le plan d'urgence en faveur des agriculteurs et l'accord avec le Mercosur.

Annie Genevard (auteur)

ANNIE GENEVARDBonjour. FRANCIS LETELLIERMinistre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Les syndicats agricoles estiment donc que les 1,3 milliard – c'est ça précisément – débloqués par le Gouvernement ne sont pas assez. Est-ce que ça veut dire qu'il va y avoir une rallonge ? ANNIE GENEVARDD'abord, cela traduit leur grande détresse. Ils ont vécu un été incroyablement difficile, ils ont vu des productions perdues, le fruit du travail d'une année quelquefois compromis, donc le traumatisme est grand. Mais l'effort auquel consent le Gouvernement est très important. Le Premier ministre a fait de l'agriculture une priorité. Moi, maintenant, je ne vais plus commenter le plan, je vais veiller à ce qu'il soit déployé très rapidement. FRANCIS LETELLIERPrécisément, c'est intéressant. quand arriveront les premières aides ? ANNIE GENEVARDDans quelques jours. J'ai demandé aux préfets qu'une partie de ce plan, qui s'appelle le fonds d'urgence – le fonds de réarmement alimentaire, qui est destiné à éviter que des fermes ne disparaissent et pour pouvoir relancer la prochaine production – doit être déployé dans les prochains jours, avant le 1er octobre. Enfin, il faut que d'ici à la fin du mois de septembre et début octobre, on puisse commencer à délivrer les aides d'urgence parce que les agriculteurs en ont vraiment besoin. FRANCIS LETELLIERAlors, vous ne dites pas qu'il y aura une rallonge ou pas, parce qu'on n'en est pas là pour l'instant. Pour l'instant, le Gouvernement cherche plutôt à trouver ce milliard pour les agriculteurs. ANNIE GENEVARDJe dirais plus précisément que réparer le présent n'empêche pas de préparer l'avenir. Et ça, ce sera le prochain budget. FRANCIS LETELLIERC'est ça, le prochain budget. Mais dans l'immédiat, il faut quand même trouver des économies, c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu et parmi les économies qui sont faites, il y en a sur le budget de l'écologie, 500 millions de budget de crédit qui sont gelés. Vous ne craignez pas qu'il y ait encore ce duel entre d'un côté l'écologie, de l'autre côté l'agriculture ? ANNIE GENEVARDJe voudrais dire que l'effort que suppose ce milliard trois, il porte sur l'ensemble des politiques publiques. Et pour le dégager, puisque le principe c'est que toute nouvelle dépense doit être gagée par une économie ou un gel ou un sous-gel. Ça montre aussi aux agriculteurs la puissance de l'effort qui est consenti. FRANCIS LETELLIERJ'entends bien, mais c'est sur le budget de l'écologie... ANNIE GENEVARDPas que. FRANCIS LETELLIEREssentiellement. ANNIE GENEVARDMais vous le savez, j'ai toujours porté la voix qu'opposer environnement et agriculture n'avait aucun sens. FRANCIS LETELLIERD'accord, mais là. ANNIE GENEVARDTout le monde, plusieurs ministères vont devoir faire des efforts effectivement pour pouvoir financer, puisque le Premier ministre a dit : "La priorité, c'est le soutien à l'agriculture". Il en va aussi de notre capacité à produire de l'alimentation pour les Français. FRANCIS LETELLIERDes Français qui voient l'alimentation augmenter. ANNIE GENEVARDJe voudrais d'abord dire que nous n'avons pas noté une augmentation généralisée de l'alimentation. L'effort qui est demandé, il est demandé à l'ensemble des Français, mais chacun doit en prendre sa part : les banquiers, les assureurs, la grande distribution, les collectivités territoriales et chaque Français dans son acte d'achat. FRANCIS LETELLIERC'est-à-dire que si ça coûte plus cher, il faut... bah tant pis, ça fait parfois partie de l'effort. ANNIE GENEVARDVous savez, j'ai coutume de dire que pour les agriculteurs, ce sont des centimes, et quelquefois cela se joue à quelques centimes. Donc cet effort il peut être modeste pour chaque Français, mais il est fondamental pour les agriculteurs. FRANCIS LETELLIERLes agriculteurs sont confrontés eux aussi à l'augmentation des carburants, y compris le GNR, le gazole non routier. Le Gouvernement a débloqué une aide de quinze centimes par litre. Est-ce que, de ce point de vue, il pourrait y avoir un coup de pouce ? ANNIE GENEVARDD'ores et déjà, dans le plan d'urgence que le Premier ministre et moi avons mis en oeuvre il y a deux mois d'aide supplémentaire pour le gazole non routier. Donc jusqu'à fin octobre. Après, les travaux des champs vont s'espacer. Et vous le savez, l'hiver est une saison qui est beaucoup plus calme en ce qui concerne les travaux des champs. Mais en tout cas, jusqu'à fin octobre, l'aide est garantie. C'est près de 106 millions d'euros supplémentaires, et ça, c'est de l'argent réel qui va être... FRANCIS LETELLIEREst-ce qu'au-delà de ça, il peut y avoir des aides ponctuelles dans certains secteurs ? ANNIE GENEVARDBien sûr, le fonds d'urgence va se concentrer sur les secteurs qui ont été les plus abîmés par la canicule et la sécheresse. C'est le maraîchage de plein champ, c'est la production de fourrage pour l'élevage, ce sont les céréales de printemps, par exemple le maïs. Mais tous les secteurs ont plus ou moins souffert dans des proportions différentes. FRANCIS LETELLIEREst-ce que, par exemple, pour les engrais, il pourrait y avoir des choses nouvelles ? ANNIE GENEVARDAlors j'ai fait une annonce à Terres de Jim ce week-end, qui est la grande manifestation agricole des Jeunes Agriculteurs. J'ai abaissé le plancher, ce qui permet d'élargir la cible des éligibles au plan engrais. Les engrais, avec les conflits dans le détroit d'Ormuz, ont beaucoup augmenté. Or, s'il faut des engrais pour la production agricole. Donc là, le plancher a été abaissé à 350 euros d'aide, ça permettra de rendre éligible un plus grand nombre d'agriculteurs. FRANCIS LETELLIERVous savez qu'il y a des appels à manifester qui apparaissent sur les réseaux sociaux autour des gilets jaunes, le 17 octobre. Vous ne craignez pas que les agriculteurs rejoignent ce mouvement ? ANNIE GENEVARDAlors pour l'instant, les agriculteurs sont concentrés. Il reste beaucoup de travail dans les exploitations. Et puis, il faut aussi que ce milliard trois, il se déploie et qu'ils en voient la traduction dans les cours de ferme. Et puis qu'on leur donne aussi des perspectives. FRANCIS LETELLIERC'est pour cela que vous ne craignez pas qu'ils rejoignent les mouvements de contestation ? ANNIE GENEVARDNous verrons bien. On sait que le monde agricole est un monde qui a une grande capacité à se mobiliser. Mais là, l'urgence est de sauver nos fermes, sauver la production et puis aussi de redonner de l'espoir. Nos lycées agricoles sont pleins de jeunes qui sont pleins d'enthousiasme et d'attrait pour ces métiers du vivant. Il ne faut pas les décourager en leur laissant penser que tout est foutu. FRANCIS LETELLIERUne question sur le Mercosur. Il est mis en place depuis quatre mois et demi. Et puis, quatre mois et demi après, ça y est, les importations de viandes ou de volailles brésiliennes sont à l'arrêt parce qu'il y a trop d'antibiotiques dedans. C'est ce qu'avaient déjà dit les anti-Mercosur. Est-ce que c'est l'échec du Mercosur ? ANNIE GENEVARDPourquoi croyez-vous que la France a voté contre le Mercosur ? C'est précisément parce qu'elle estimait qu'il n'y avait pas suffisamment de garanties sur le respect de nos propres façons d'élever et de produire en France, donc, l'Union européenne a pris une mesure que je pense juste et salutaire, parce qu'il en va aussi des conditions d'une concurrence loyale. Les éleveurs brésiliens utilisent des antibiotiques de croissance, des substances qui sont interdites sur notre sol européen. Il n'y a aucune raison qu'on les tolère chez eux alors qu'on les interdit chez nous. FRANCIS LETELLIERC'est suspendu pour l'instant. Vous pensez qu'éventuellement il faudra prolonger ? ANNIE GENEVARDIl faut prolonger tant que le Brésil, tant que les pays du Mercosur n'auront pas donné la démonstration qu'ils respectent nos propres normes. C'est une question de justice. FRANCIS LETELLIERÇa peut durer longtemps. ANNIE GENEVARDNous verrons bien. FRANCIS LETELLIERMerci Annie Genevard d'avoir accepté notre invitation dans Les Quatre Vérités, avant votre visite demain au SPACE, le Salon de l'élevage de Rennes. On verra comment vous y serez accueillie, comment les agriculteurs réagissent notamment à l'annonce que vous avez faite sur les aides aux engrais. Merci. À demain pour Les 4 Vérités. À vous, Maya. Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304575
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304575-annie-genevard-14092026-france-2-politique-agricole?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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