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3 septembre 2026 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de M. Sébastien Martin, ministre de l'industrie, à France 2 le 3 septembre 2026, sur l'augmentation du chômage, la situation de l'industrie en France, les prix de l'énergie et l'élection présidentielle de 2027.

Sébastien Martin (auteur)

FRANCIS LETELLIERMerci d'être sur ce plateau. En Gironde, fin juillet, après les incendies, 130 000 salariés se sont retrouvés au chômage technique. Est-ce qu'un petit peu plus d'un mois après, tout le monde a retrouvé son poste ? SEBASTIEN MARTINAujourd'hui, les gens sont à nouveau au travail. Si on regarde les chiffres, on a eu à peu près 4 000 demandes d'indemnisation au titre du chômage partiel. Et aujourd'hui, plus de deux-tiers sont déjà réglées et gérées ; et beaucoup pour simplement une période de deux semaines, qui correspond finalement à l'épisode d'incendie. Donc, cette question-là aujourd'hui, elle est prise en main. Je crois que ce qu'attendent aussi les Françaises et les Français, c'est qu'on se prépare aux prochaines saisons. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, moi, j'ai réuni toute la filière industrielle de l'incendie, et de l'incendie de feux de forêt, pour voir quelles sont les technologies qui sont en France, qui sont présentes en France, et qu'on doit développer dans les années qui viennent. FRANCIS LETELLIERÇa veut dire qu'aujourd'hui, du point de vue des gens qui étaient en chômage technique… Il y a encore des gens en chômage technique ? SEBASTIEN MARTINIl y a encore des gens qui sont en chômage partiel, mais pour des toutes petites périodes. FRANCIS LETELLIEREn cette rentrée, la mauvaise nouvelle, c'est le chômage qui augmente : 8,3% de la population active. Et de ce point de vue, l'industrie n'est plus épargnée. Est-ce qu'il y a des secteurs, quand même, qui s'en sortent ? SEBASTIEN MARTINOui, bien sûr qu'il y a des secteurs qui s'en sortent. Et ce n'est d'ailleurs, peut-être, pas un hasard. Vous savez, quand on dit qu'on fait le pari, et qu'on relance le nucléaire, vous allez dans le Cotentin, il y a 6 000 emplois industriels liés à la relance du nucléaire. Vous allez en Saône-et-Loire, chez moi, où Framatome recrute 200 personnes par an. Vous avez le secteur, bien évidemment, de la défense. Le plan de défense, de réarmement de notre pays fait que beaucoup d'usines dans le secteur de la défense, eh bien, évidemment, recrutent massivement. Et puis, il y a tout ce qui est lié à l'électrification. Le Premier ministre a annoncé un plan d'électrification. J'étais au salon des entreprises de l'électrification, il y a très, très, peu de temps. C'est 10 000 recrutements par an. Donc, je ne suis pas naïf. Il y a des secteurs qui sont en difficulté. FRANCIS LETELLIERLesquels ? SEBASTIEN MARTINPar exemple : la chimie. Par exemple : l'automobile. Ce sont des secteurs qui sont en difficulté. Et on a besoin de les accompagner. Ça, c'est évident. Et puis, il y a aussi, voilà, dans ce pays, un certain nombre de secteurs industriels qui tirent. Et l'aéronautique, j'ai oublié, mais tire notre croissance. FRANCIS LETELLIERUne entreprise en difficulté qui est dans l'actualité, c'est Fibre Excellence, avec l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, près de Toulouse, où il y a 270 emplois en jeu. C'est aujourd'hui que les repreneurs doivent déposer leur dossier de reprise. Est-ce que vous êtes confiant ? Est-ce que vous dites : " Ce site va être sauvé " ? SEBASTIEN MARTINMoi, je dis d'abord, contrairement à ce que j'entends, enfin, l'État a été extrêmement présent auprès de cette entreprise. Depuis 2020, on a injecté des dizaines de millions d'euros d'argent public. Et depuis le mois de janvier, on cherche des repreneurs. La région s'est associée et a aussi cherché des repreneurs. Mais finalement, c'est à peu près les mêmes qu'on a cherché à reprendre. Là, il y a cette demande de nationalisation qui, très honnêtement, arrive. FRANCIS LETELLIERAlors, c'est Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, qui demande la nationalisation du site. SEBASTIEN MARTINEt une fois encore, j'ai énormément de respect pour Carole Delga, qui est une élu locale. FRANCIS LETELLIERC'est une option ou ce n'est pas une option ? SEBASTIEN MARTINHonnêtement, je ne suis pas sûr que ce soit l'option la plus pertinente. FRANCIS LETELLIERDonc, c'est non ? SEBASTIEN MARTINIl faut qu'on reste autour de la table. Il faut qu'on apporte toutes les solutions possibles pour cette entreprise. Mais la nationalisation, je ne suis pas sûr que ce soit la solution la plus pertinente. FRANCIS LETELLIERMême temporaire ? SEBASTIEN MARTINÇa ne veut rien dire, même temporaire. FRANCIS LETELLIERSi, c'est 3 mois. Pour dire : l'État injecte de l'argent pour rassurer les repreneurs. SEBASTIEN MARTINMais en réalité, si on dit la vérité aux gens, ça fait quand même depuis janvier qu'on essaye de chercher des repreneurs. Et la région s'est mise à chercher des repreneurs cet été. Mais finalement, elle a contacté les mêmes que ceux que j'avais contactés au mois de mai, avec les mêmes résultats. Donc, il reste encore quelques jours. Moi, je suis prêt à me mettre autour de la table. Franchement, j'ai l'expérience de ce que c'est qu'un territoire qui subit un accident industriel. Chez moi… ça a été 2 500 personnes sur le carreau. Aujourd'hui, on a 9 usines qui sont sorties de terre. Donc, on peut toujours rebondir. FRANCIS LETELLIERTarascon a fermé cet été. Est-ce que le site de Saint-Gaudens, l'usine de pâte à papier, sera sauvé, oui ou non ? SEBASTIEN MARTINJe ne sais pas encore. On a encore quelques heures, quelques jours, pour trouver une solution. FRANCIS LETELLIERCe n'est pas sûr encore ? SEBASTIEN MARTINCe n'est pas sûr encore. Et c'est le tribunal qui le décidera. FRANCIS LETELLIERBien sûr. Ce n'est pas le ministre. SEBASTIEN MARTINNon, mais parce que dans ce pays, quand tout va mal, c'est la faute de l'État. Et quand ça va bien, c'est grâce aux autres. FRANCIS LETELLIERLes prix de l'énergie continuent d'augmenter. Ça, ça risque de peser aussi sur l'activité industrielle, non ? SEBASTIEN MARTINBien évidemment, l'énergie est quelque chose d'important. Alors, il y a beaucoup d'entreprises, quand même, qui ont des contrats d'approvisionnement de leur énergie, particulièrement dans l'industrie, parce qu'ils ont appris des leçons de la crise de 2022, de la crise énergétique ; donc, désormais, ont des contrats d'approvisionnement. Mais ces contrats d'approvisionnement, ils ont aussi des échéances. C'est pour ça, d'ailleurs, que le Gouvernement, jusqu'à présent, a toujours mis en place des mesures ciblées pour ceux qui en avaient le plus besoin, et notamment pour les entreprises qui en avaient le plus besoin. Aujourd'hui, dans le secteur industriel, on a des contacts. Le secteur industriel ne demande pas du quoi qu'il en coûte, il ne demande pas des chèques pour le moment. Pour le moment, ça tient dans le secteur industriel sur les questions énergétiques. Donc, il faut poursuivre le dialogue. FRANCIS LETELLIERAlors, du point de vue des aides, justement, ArcelorMittal, le groupe sidérurgiste, a reçu des millions d'aides, que ce soit de la France ou de l'Europe, pour décarboner sa production. Et les syndicats sont inquiets parce qu'ils voient, ils disent que les hauts fourneaux nouveaux, qui devraient être lancés ou relancés pour décarboner la production d'acier en France, ça prend du retard. Est-ce que vous… SEBASTIEN MARTINNon, mais attendez. ArcelorMittal a annoncé le 10 février dernier qu'il allait investir sur la décarbonation de son four à Dunkerque. Donc, le 10 février dernier. Il ne peut pas être ouvert, le nouveau four. Ça prend quand même un petit peu de temps. Mais cette annonce, elle est aujourd'hui claire, nette, précise. Elle a été conditionnée à plusieurs choses, et notamment le fait qu'on mette en place une protection européenne et des droits de douane au 1er juillet. Ces droits de douane, ils commencent à porter leurs fruits. D'ailleurs, au deuxième trimestre 2026, ArcelorMittal a augmenté sa production en Europe de plus 11%. En fait, on voit une baisse des volumes chinois ou asiatiques, d'acier, au profit des aciers européens. Donc, il y a plus de production d'acier européenne. C'est la raison qui a amené d'ailleurs ArcelorMittal à rouvrir un four à Fos. FRANCIS LETELLIERDonc, vous n'êtes pas aussi pessimiste que les syndicats d'ArcelorMittal ? SEBASTIEN MARTINComment vous dire ? Faire croire qu'un investissement de 1,3 milliard se fait en 6 mois, je ne suis pas certain. Je pense même tout le contraire. L'engagement a été pris. ArcelorMittal le tiendra. FRANCIS LETELLIERVous êtes l'un des ministres, Sébastien Martin, qui vient de la droite, des Républicains. SEBASTIEN MARTINAh oui, ça, c'est vrai. FRANCIS LETELLIERVous faites partie. Vous en avez été suspendu, d'ailleurs. C'est Bruno Retailleau qui vous en a suspendu. Bruno Retailleau, c'est quand même le candidat de votre parti à la présidentielle. SEBASTIEN MARTINC'est vrai. FRANCIS LETELLIERC'est toujours votre candidat à la présidentielle, pour vous ? SEBASTIEN MARTINC'est le candidat de LR. Et moi, je trouve ça très bien que LR affirme sa voix dans cette élection présidentielle. Vous voyez, je ne suis pas rancunier. Je ne suis pas rancunier. FRANCIS LETELLIERDonc, vous soutenez Bruno Retailleau ? SEBASTIEN MARTINDonc, je fais partie de ceux qui considèrent que c'est bien que Bruno Retailleau porte la voix des LR. Par contre, j'ai lu aussi ce qu'a dit Laurent Wauquiez il y a quelques heures ou quelques jours. La multiplication des candidatures, c'est très intéressant. Et les Français devront choisir. Mais ce que je veux dire, c'est que je pense vraiment, par contre, que les solutions aux problèmes de notre pays sont vraiment à droite. Et donc, il faut l'union de la droite. Et je pense qu'il va falloir que Bruno Retailleau et Edouard Philippe se parlent et trouvent une solution pour qu'on n'ait pas 36 millions de candidats à droite, parce que les gens attendent de la liberté d'entreprise, de l'autorité. C'est plutôt à droite qu'on a cette solution. FRANCIS LETELLIERVous ne mettez pas Gabriel Attal dans l'équation ? SEBASTIEN MARTINJe pense que la droite, ce sont plutôt les gens qui sont issus du RPR ou de l'UMP, comme moi. Ce n'est pas l'histoire de Gabriel Attal. FRANCIS LETELLIERIl est à gauche, lui ? SEBASTIEN MARTINIl n'est pas à gauche. Mais il a construit son parcours dans une autre histoire que celle de la droite républicaine. Et je le respecte. Et je pense qu'on aura bien évidemment besoin aussi du soutien de Gabriel Attal. Mais aujourd'hui, j'oeuvrerai plutôt au rassemblement de la droite. FRANCIS LETELLIEREst-ce qu'il faut absolument un candidat Les Républicains à la présidentielle ? SEBASTIEN MARTINIl faut absolument un candidat qui porte les idées d'un programme autour des idées de la droite. FRANCIS LETELLIERMais pas forcément Les Républicains, pas forcément estampiller Les Républicains ? SEBASTIEN MARTINIl faut un bon accord. Il faut une bonne solution. Et s'il estampillait Les Républicains, je serais le plus heureux des hommes, je vais vous dire. Si Bruno Retailleau trouve un accord avec Edouard Philippe, c'est super. Si Edouard Philippe trouve un accord avec Bruno Retailleau, c'est super parce qu'au moins, nos idées seront défendues dans cette campagne. FRANCIS LETELLIERMerci Sébastien Martin d'avoir accepté notre invitation dans les 4 Vérités, où vous nous avez dit, ce matin, que l'avenir de Fibre Excellence, à Saint-Gaudens, c'est encore en suspens. Tout va dépendre de ce qui va se passer dans les jours prochains, mais que l'Etat sera bien là pour soutenir les repreneurs. Merci et à demain pour les 4 Vérités. Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304596
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304596-sebastien-martin-03092026-france-2-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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