Interview de M. Philippe Tabarot, ministre des transports, à CNews le 4 septembre 2026, sur la polémique à France Inter avec la venue d'un nouveau journaliste, la crise migratoire à Ceuta, les cars scolaires, les accidents de voiture, le réseau ferré, le
Philippe Tabarot (auteur), Romain Desarbres (intervenant)
PHILIPPE TABAROTBonjour Romain DESARBRES.
ROMAIN DESARBRESMinistre des Transports. Merci beaucoup d'être avec nous sur Cnews et sur Europe 1. Beaucoup d'actualités à commenter. Et on voudrait vous entendre également sur tous vos sujets en tant que ministre des Transports. Je voulais vous entendre déjà, avant d'aller sur vos sujets, sur ce qui se passe à Radio France et à France Inter, Philippe TABAROT. Des salariés de France Inter menacent de faire grève parce qu'ils veulent chasser, il n'y a pas d'autre mot, un journaliste qu'ils trouvent trop à droite à leur goût. Il s'agit de Charles Sapin, qui est directeur adjoint du magazine Valeurs Actuelles. Qu'est-ce que ces méthodes vous inspirent ?
PHILIPPE TABAROTEcoutez, c'est un peu caricatural des débats qu'il y a eu sur le service public ces derniers temps, à travers un rapport, et puis chacun a eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet. Je pense que pour des gens, et c'est très bien, qui prônent la liberté d'expression en permanence, quelque part l'empêcher, c'est aller au contraire des grands principes qu'ils érigent en règle. Donc voilà, je trouve que ce n'est pas acceptable. En plus, c'est un journaliste de qualité qui a montré, là où il est passé, qu'il avait toutes les compétences pour pouvoir, une fois par semaine en l'occurrence, j'ai cru savoir, le dimanche matin, pouvoir parler d'un certain nombre de sujets, où il a une vraie expertise, une vraie compétence, et que les sujets ne soient pas monolithiques sur le service public quelque part, qui est le service de tous les Français, je le rappelle, puisque tout le monde finance le service public. Il est normal que tout le monde puisse se retrouver également dans ce qui est dit et raconté au niveau des différentes chaînes de notre service public.
ROMAIN DESARBRESIl faut expliquer aux salariés de Radio France que leur radio ne leur appartient pas, qu'ils ont une obligation de pluralisme, et qu'ils ne doivent pas simplement accorder du bout des lèvres un strapontin aux journalistes classés à droite, mais qu'il faut une vraie égalité.
PHILIPPE TABAROTIls se font du temps en ayant des positions comme ça, je pense. Le service public a évolué sur certains aspects de manière plutôt positive, mais en reprenant de vieilles positions, comme celles qui ont été prises à l'encontre de ce journaliste, je trouve que c'est totalement décalé.
ROMAIN DESARBRESVous avez déjà constaté que ça penchait à gauche sur l'antenne de France Inter, sur certains de vos sujets ?
PHILIPPE TABAROTMoi, je n'ai pas eu l'occasion de le vivre, j'ai eu la possibilité de m'exprimer là-dessus, et vous savez les transports ne sont en général ni des sujets de droite, ni des sujets de gauche, et on est dans l'esprit de pouvoir s'exprimer, même si quelques fois j'ai bien compris qu'il y a des sujets qui étaient traités de manière un petit peu caricaturale. Mais en tout cas, moi je ne me plains pas de ma liberté d'expression là, mais il faut qu'elle soit la même pour tout le monde.
ROMAIN DESARBRESPhilippe Tabarot, ministre des Transports, je voulais vous entendre également sur ce qui s'est passé à Ceuta cet été, une véritable invasion par de jeunes migrants marocains, quasiment que des jeunes hommes. Aujourd'hui les Espagnols qui vivent à Ceuta n'osent quasiment plus sortir de chez eux, comment est-ce que vous décririez ce qui est en train de se passer ?
PHILIPPE TABAROTCe sont des images choquantes. J'ai été il y a un certain nombre d'années à Ceuta. J'imagine ce que vivent, et je le vois à travers différents reportages, les habitants de Ceuta qui n'avaient pas demandé ça, qui travaillent pour différentes raisons sur ce territoire et sur cette enclave espagnole au sein du Maroc. Aujourd'hui clairement, et on le voit par rapport aux polémiques qu'il y a en Espagne, il y a la recherche de savoir ce qui s'est vraiment passé et où sont les responsabilités. Est-ce qu'il y a une responsabilité marocaine ou pas ? Il semble que le gouvernement espagnol dise que ce n'est pas le cas. Il semble que l'opposition espagnole ne soit pas exactement du même avis. Le plus important c'est aussi les conséquences que c'est susceptible d'avoir sur tout le continent européen, puisque je rappelle que c'est une porte d'entrée sur l'Europe. C'est là où je dirais les dispositifs de protection européenne, et je pense notamment à Frontex qui est très impliqué là-bas, sont indispensables. Et puis quand cela s'est passé, très rapidement avec mon collègue Laurent NUNEZ, on a échangé pour pouvoir mettre en place des dispositifs entre la France et l'Espagne et sur nos différentes frontières et notamment au niveau des transports, qu'ils soient routiers ou ferroviaires, pour éviter le cas échéant et si la situation se détériorait à Ceuta, qu'on puisse avoir une arrivée massive d'un flux migratoire dont nous ne souhaitons pas bien sûr en France.
ROMAIN DESARBRESÇa préfigure ce que certains redoutent de voir se produire en Europe et en France ?
PHILIPPE TABAROTNon, je ne le souhaite pas, en tout cas nous devons mettre tous les dispositifs nécessaires pour que cela n'arrive pas, parce que c'est quelque part choquant, parce que nous ne pouvons pas recevoir, comme l'ont dit autant de politiques à l'époque Michel ROCARD, toute la misère du monde, et que l'Europe n'a pas cette vocation et la France tout particulièrement, en ce qui nous concerne.
ROMAIN DESARBRESPhilippe TABAROT, puisqu'on parle d'immigration, Edouard PHILIPPE veut que la France continue à accueillir une immigration de travail, or il y a déjà 500 000 étrangers qui sont sans emploi en France, qu'est-ce que vous en pensez ?
PHILIPPE TABAROTJe ne vais pas commenter pendant ces huit mois les propositions des uns et des autres sur la campagne électorale, parce que je ne suis pas dans le commentaire, je suis dans l'action en tant que membre du Gouvernement. Je dis simplement que certains candidats ont des propositions qui sont réalistes par rapport à une situation. Ceux qui prônent l'immigration totalement zéro, quelque part sont très peu nombreux. J'entendais sur votre antenne mon collègue des Alpes-Maritimes, David LISNARD, qui parlait même d'une centaine de milliers d'immigrés dont on a besoin dans les métiers en tension. Mais comme vous l'avez justement dit, il ne faut pas que ce soit un, une immigration illégale, que ce soit spécifiquement sur les métiers en tension et qu'on arrive à prouver l'effectivité de ce travail. Et ceux qui ne travaillent plus et qui sont immigrés n'ont plus rien à faire sur notre sol.
ROMAIN DESARBRESPhilippe TABAROT, ministre des Transports, avec nous ce matin. Ce mardi 1er septembre, 12 millions d'élèves ont fait leur rentrée. Pour 4 millions d'entre eux, la journée commence par un trajet en car, c'est là que vous intervenez. Chaque année ce sont les mêmes témoignages qui affluent, arrêt de car supprimé, famille parfois livrée à elle-même. Vous avez promis dans votre discours de rentrée, aucun circuit annulé. Il manquerait 2 500 conducteurs ce matin aujourd'hui ?
PHILIPPE TABAROTIl en manquait 8 000 en 2022, et il en manque environ 2 000 à 2 500 aujourd'hui, pour autant avec la mobilisation des entreprises de transport, des fédérations également, à la fois de parents d'élèves et de transporteurs, et je salue la FNTV qui fait un travail remarquable sur ces sujets. Les circuits à l'heure où on parle, majoritairement, je ne dis pas qu'il ne peut pas avoir un problème à tel ou tel endroit, sont assurés, à la fois par rapport à un travail qu'on a fait avec le ministère du Travail, pour pouvoir permettre un recrutement plus rapide d'un certain nombre de chauffeurs, des équivalences, des cumuls emploi - retraite également. Bref, les circuits sont aujourd'hui assurés. Et puis ce que je souhaite surtout, c'est que ce soit dans les meilleures conditions possibles. J'ai lancé il y a quelques mois maintenant un plan du nom de Johanna, la jeune fille qui est décédée malheureusement dans un accident de car scolaire à Châteaudun au début de l'année 2025, un plan qui a été mis en place progressivement, mais sûrement, notamment un plan qui avait été proposé par ses propres parents. Et la priorité des priorités, c'est la sécurité dans le transport scolaire. C'est une responsabilité immense que de transporter des enfants. Il y a parmi les 36 000 conducteurs et chauffeurs dont nous avons parlé, une immense majorité de gens qui font bien leur travail. Par contre, il y a des contrôles à opérer. C'est ce que permet la loi. Des contrôles qui soient inopinés. Dans les entreprises, des milliers de contrôles tous les jours qui sont réalisés pour savoir si nos enfants vont dans les meilleures conditions possibles. Il faut utiliser les progrès technologiques aussi, je pense à la mise en place dès la rentrée prochaine des Stupotest pour que des conducteurs ne soient pas sous l'emprise de stupéfiants ou de produits comme le protoxyde d'azote, le port de la ceinture qui est obligatoire, et également des avancées technologiques qui font, je pense aux brises vitres en cas d'accident. Bref, on est sur ces sujets, c'est indispensable pour la sécurité, et on le doit notamment aux parents des enfants qui sont décédés par le passé dans ces accidents de car scolaire.
ROMAIN DESARBRESVous parlez des brises vitres, est-ce que ça devrait être obligatoire dans les voitures ? Et est-ce que c'est une piste que vous travaillez ?
PHILIPPE TABAROTOui, tout ce qui peut tendre à la sécurité au niveau de nos véhicules, qu'ils soient véhicules collectifs, véhicules légers, c'est indispensable. On en parlera peut-être dans un instant. Moi, le combat que je mène sur ces sujets automobiles avec le ministre de l'Intérieur, puisque nous avons un partage sous ces sujets, c'est de se dire que 3 500 morts environ par an d'accidents de voiture, c'est trop. Et les chiffres ne sont pas bons, ils sont en augmentation. Donc je veux prendre toutes les mesures nécessaires avec mes collègues de l'Intérieur pour qu'on puisse mettre en sécurité. Je reçois quotidiennement sur mon téléphone des notifications d'accidents de personnes de tous âges, et ça me tord les boyaux de voir ces accidents. Et si à la fois les progrès technologiques à travers notamment les véhicules autonomes peuvent apporter quelque chose, tout ce qu'on peut mettre en place pour la sécurité et pour le comportement des conducteurs est indispensable. Un petit mot aussi pour les personnes qui travaillent pour sécuriser nos routes et qui sont souvent les premières victimes, je pense aux patrouilleurs sur les autoroutes, et je pense aux agents de la direction des routes qui viennent sécuriser un accident, et qui sont ensuite impliqués dans des accidents par rapport à des automobilistes qui ne ralentissent pas, c'est un fléau.
ROMAIN DESARBRESMessage aux automobilistes, on lève le pied quand on voit un accident au loin, et quand on voit les salariés des autoroutes et des routes. La sécurité dans les transports, 1 780 agressions contre des chauffeurs de bus en 2025, près de 5 agressions de chauffeurs de bus par jour, un record en hausse de 300 par rapport à 2024. Un an après votre loi Sûreté, votre loi dans les transports, la violence continue de progresser, mais les chauffeurs de bus ont le droit de porter des caméras aujourd'hui ?
PHILIPPE TABAROTOui, c'est une avancée considérable sur la base du volontariat. Et ils sont volontaires, les chauffeurs, les conducteurs ont maintenant la possibilité de porter cette caméra qui permet très rapidement de faire baisser les tensions, de pouvoir rétablir un climat beaucoup plus apaisé. Et puis ils se sentent protégés, et ils peuvent également indirectement protéger les passagers. C'est une des nombreuses mesures de la loi que j'ai portée. Vous savez la loi que j'ai portée dès le Sénat et que j'ai mise en place quand j'ai été ministre, elle ne va pas tout résoudre du jour au lendemain. Il a fallu d'abord avoir tous les décrets d'application, et c'est un combat, je dirais, permanent, mais on a beaucoup avancé. Il y a les caméras piétons, on va avoir les taser également pour les agentes de la SUGE et du GPSR. On a la possibilité de multiplier les palpations. Depuis le décret d'application, on est environ à 160 000 palpations à l'entrée des gares, qui peuvent permettre de pouvoir détecter un certain nombre d'armes qui n'ont rien à faire dans les gares, de pouvoir également immédiatement appeler les services de police. Donc tout ça se met en place le plus rapidement possible, et sont en augmentation sur les interpellations et sur la saisie par les fouilles de près de 20% en plus. Donc voilà, c'est un combat permanent qu'on mène. Je n'ai aucun triomphalisme sur ces sujets, mais en tout cas je peux vous dire qu'à travers les moyens supplémentaires qu'on a donnés aux agents qui travaillent dans ces services, et également aux personnes qui sont censées apporter la sécurité, on les protège, on protège leurs collègues de travail, et on fait tout pour essayer de protéger les usagers des transports en commun.
ROMAIN DESARBRESPhilippe TABAROT, ministre des Transports, avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1. La canicule, il a fait très chaud cet été, je ne vous apprends rien, un mercredi de canicule, 1 000 trains ont été supprimés sur 15 000. Les suppressions de trains ont bondi de 38% en un an. Le réseau SNCF, il est obsolète ou pas ?
PHILIPPE TABAROTNon, il n'est pas obsolète, il est vieillissant. Par contre, si ça se matérialisait par une personne, je la remercierais, il a tenu bon. On va fêter l'année prochaine les 200 ans de l'existence des chemins de fer dans notre pays, à travers la ligne Saint-Etienne-Andrézieux qui a été la première il y a 200 ans. Ce réseau, certes, n'a pas de 200 ans et a été entretenu, mais probablement pas suffisamment, il a une moyenne d'âge de 30 années.
ROMAIN DESARBRESC'est quoi le point fait du réseau ? Ce sont les rails ou c'est le système électrique ?
PHILIPPE TABAROTUn peu des deux. A la fois la signalisation. On investit sur sa modernisation et la régénération, que ce soit des ballasts, que ce soit également des caténaires, mais globalement, le réseau a tenu, et à chaque fois qu'il a été mis en difficulté cet été, c'était par rapport à des incendies à proximité qui sont arrivés ensuite et ont fait qu'on a dû changer un peu le plan de transport. Il y a la question du matériel, et c'est une grande année qui s'annonce pour nous, avec l'arrivée du TGV M, qui en dehors du fait qu'il soit beaucoup plus confortable, va faire qu'à travers ces batteries, on n'aura plus des trains qui vont tomber en race campagne en cas de problème d'alimentation électrique, mais qui iront par ces batteries jusqu'à la prochaine gare, pour éviter les scènes qu'on a pu voir… Mais je rappelle quand même, je ne me satisfais pas de tous ces incidents qu'on a pu connaître. Mais qu'environ 30 millions de voyages en train ont pu se faire pendant l'été, que c'est environ 15 000 trains qui circulent quotidiennement dans notre pays. D'autres exemples aussi pour vous montrer la masse, c'est 1,5 milliard de trajets en métro par an qui sont assurés dans notre pays. Ce sont pour les mois de juillet, août, 10 millions pour chaque mois de personnes qui sont dans nos aéroports. C'est une remise en question permanente. C'est pratiquement un exploit quotidien de pouvoir permettre à autant de personnes de se transporter. C'est 5 à 8 millions, on en parlait, d'automobilistes, les grandes journées de chassé-croisé sur nos autoroutes. Donc oui, ce n'est pas simple. Oui, des personnes, et elles doivent m'entendre et se dire, moi, je suis resté en rade tant d'heures dans mon train, le ministre, qu'est-ce qu'il a fait pour moi, ou le président de la SNCF, ou le président de la RATP ? Mais c'est très réduit par rapport à cette situation. Et pour se battre, et pour éviter que ces situations soient le plus nombreuses possible, il faut investir dans le réseau, c'est la mer des batailles, je porte une loi cadre là-dessus, et il faut livrer de nouveaux équipements. On aura l'occasion de livrer, dans le courant de la saison, la ligne 18 qui est attendue depuis des années dans le Grand Paris, le Charles de Gaulle Express qui va permettre de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle de rapprocher la gare de l'Est à 20 minutes. D'autres réalisations comme l'autoroute A69 également qui a été symbolique.
ROMAIN DESARBRESEt qui va ouvrir le 15 octobre prochain.
PHILIPPE TABAROTOui. Enfin qui montre que dans notre pays, malgré certains défaitistes, on arrive encore à faire de grandes infrastructures de transport. On peut en être fier sur le pays, mais également à l'étranger, où nos entreprises de transport continuent à gagner des marchés. Je serai dimanche en Egypte pour le métro du Caire. Tout récemment, hier soir, Alstom a gagné un contrat considérable pour le métro au Canada. C'est le cas également en Australie, en Afrique du Sud. Les entreprises françaises de transport font aussi notre fierté hors de France, et nous aident dans le cadre de notre balance commerciale.
ROMAIN DESARBRESVous êtes le ministre des Transports, Philippe TABAROT, est-ce qu'il faut faire la chasse aux voitures dans les villes, quitte à tuer les centres-villes ? Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est un gros sujet ?
PHILIPPE TABAROTNon, moi je pense que tout le monde doit pouvoir trouver sa place dans nos villes, que ce soit les piétons, que ce soit les automobilistes, que ce soit les cyclistes, tous les modes de déplacement doux. On travaille sur un partage de la route. J'ai reçu un rapport là-dessus particulièrement intéressant. J'essaie au fur et à mesure de mettre en place les préconisations de ce rapport. Ce n'est pas simple parce que…
ROMAIN DESARBRESAujourd'hui c'est le grand foutoir dans les villes, et quiconque se déplace dans les grandes villes peut s'apercevoir qu'aucun cycliste, je dis bien aucun cycliste, ne respecte le code de la route. Il y a donc une rupture d'égalité entre ceux qui se déplacent en voiture et les cyclistes qui ne s'arrêtent jamais au feu rouge. Est-ce que c'est un problème ?
PHILIPPE TABAROTC'est un sujet, c'est un sujet comme les automobilistes peuvent devenir un sujet de temps en temps également. Il y a des accidents de vélo alors quelquefois qui sont probablement de la responsabilité des personnes qui ne respectent pas le code de la route. Mais également sciemment et encore tout récemment des cyclistes qui ont été renversés par des automobilistes. Sincèrement il faut que tout le monde puisse revoir son rapport avec la route différemment. Et ce que je vous dis en partage de route ne sont pas des mots, ça a du sens, ça doit passer par des aménagements routiers, mais je le dis également aux différents maires. On en a beaucoup parlé avec la prédécesseur de monsieur GREGOIRE à la mairie de Paris, il ne faut pas que les plans de transport soient totalement impossibles à mettre en oeuvre et totalement contradictoires aussi par rapport à ce qu'on souhaite, que ce soit réservé je dirais au niveau des flux, pour qu'il y ait moins de flux dans certains quartiers, pour développer une activité commerciale ou autre, je l'entends. Par contre on ne peut pas mettre en danger les cyclistes par des aménagements routiers ou des pistes qui soient totalement insensées et qui les mettent eux-mêmes en danger.
ROMAIN DESARBRESPhilippe TABAROT, 2027, la présidentielle, qui sera votre candidat ?
PHILIPPE TABAROTEcoutez, on a eu des consignes très claires du Premier ministre de ne pas s'engager dans l'immédiat dans cette campagne. On s'engage sur notre budget. On a besoin de donner un budget à la France. Pour le reste, il sera grand temps, le moment venu, il reste encore huit mois, j'ai l'impression que les candidats sont dans un tour de chauffe aujourd'hui, on ne sait même pas qui seront les candidats définitifs.
ROMAIN DESARBRESEst-ce que vous pourriez l'être ?
PHILIPPE TABAROTNon, non, non. Ecoutez, j'ai renoncé à quelques ambitions, je n'ai jamais eu l'ambition présidentielle, j'ai même renoncé à me représenter au Sénat dans mon département des Alpes-Maritimes, parce que je pense qu'on ne peut pas tout faire et tout essayer de bien faire. Je suis à fond sur mes responsabilités ministérielles, je dois travailler sur mon budget, on doit avancer. Vous avez vu tous les défis qui sont les miens ce matin, et je vais m'y consacrer parce que c'est ça aussi, servir son pays.
ROMAIN DESARBRESPhilippe TABAROT, ça sera ma dernière question, vous avez échangé cette semaine en visio avec Elon MUSK, autour du dispositif FSD. Alors FSD c'est Full Self Driving. En clair, les taxis sans conducteur.
PHILIPPE TABAROTNon. Pas les taxis sans conducteur.
ROMAIN DESARBRESLes voitures sans chauffeur.
PHILIPPE TABAROTLes voitures sans chauffeur, il y a différents types. Enfin pas sans chauffeur, avec un chauffeur qui reste et qui garde le contrôle, mais où à certaines périodes du trajet, il peut laisser l'intelligence artificielle et la technologie continuer.
ROMAIN DESARBRESC'est pour quand en France ?
PHILIPPE TABAROTOn doit prendre une décision au niveau européen dans le courant du mois d'octobre. On fait les tests en France. On a été voir les expérimentations également dans les Pays-Bas. Mais l'idée ce n'est pas un gadget. C'est par rapport au sujet dont on a parlé de sécurité routière, je pense notamment par rapport à l'utilisation du téléphone, on en parlait par rapport à la vitesse, ça peut améliorer un certain nombre de choses. Et moi, c'est dans cet esprit que je le fais, pas pour un gadget, mais pour encore sécuriser et faire baisser le nombre d'accidents dans notre pays.
source : Service d'information du Gouvernement, le 17 septembre 2026
La source —
vie_publique · nº 304631
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