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4 septembre 2026 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, à France 2 le 4 septembre 2026, sur les conséquences de la canicule, la lutte contre les arrêts maladies abusifs, l'augmentation des franchi

Stéphanie Rist (auteur), Francis Letellier (intervenant)

FRANCIS LETELLIERBonjour Mélanie, bonjour à tous, bienvenue dans "Les 4 Vérités". La canicule revient dans le sud alors que la France a connu son été le plus chaud jamais enregistré. Une surchauffe qui a fait des morts. Mon invitée est la ministre de la Santé. Stéphanie Rist, bonjour. STÉPHANIE RISTBonjour. FRANCIS LETELLIERMerci d'être avec nous aujourd'hui. Trois mois que ça dure, cette canicule. Est-ce que ça tient dans les hôpitaux et les EHPAD ? STÉPHANIE RISTAlors, ça fait trois mois qu'on souffre des chaleurs à répétition. On a effectivement des constatations qu'on peut faire. Un, que les hôpitaux tiennent. Notre système de santé tient. On a une surmortalité. Les chiffres étaient de 7 000 personnes décédées fin juillet, surtout des personnes dans des milieux isolés qui habitent seules dans des grandes villes. Et donc, un hôpital qui tient des personnes isolées sur lesquelles on doit progresser. Quand on se compare avec nos voisins, si je pense à l'Allemagne, on est nettement en dessous de surmortalité, même si un mort de plus et un mort de trop, bien évidemment. Mais je crois que notre système tient, oui. FRANCIS LETELLIERAlors, vous disiez, les chiffres de la canicule seront connus un petit peu plus tard, dans quelques jours, quelques semaines. En 2003, il y avait eu 15 000 décès liés à la canicule. Il y a, malheureusement, de fortes probabilités qu'on s'en rapproche, voire qu'on dépasse ce chiffre. STÉPHANIE RISTEn 2003, il y a eu 15 jours de canicule. On sera dans un nombre de jours bien supérieur. Ce qu'on peut dire à ce stade des analyses, puisque Santé publique France va continuer d'analyser cette surmortalité pour être bien sûr que ce soit lié à la canicule, mais ce qu'on peut déjà dire, c'est qu'il y a probablement moins de décès supplémentaires dans les EHPAD qu'il y a eu des apprentissages depuis la canicule 2003, avec des professionnels mieux formés, des pièces rafraîchies. Donc on a encore des choses à faire, notamment, comme je le disais, chez les personnes les plus isolées à domicile. FRANCIS LETELLIERDonc des progrès dans les EHPAD, dans les hôpitaux ? STÉPHANIE RISTDes progrès qui constatent. FRANCIS LETELLIEREt dans les hôpitaux, où il y a eu plus de 30 000 climatiseurs commandés en urgence, vous craignez une surmortalité ? STÉPHANIE RISTLa promesse du Premier ministre a été tenue. On est à plus de 33 000 climatiseurs installés dans les établissements, dans les hôpitaux, 16 000 dans les EHPAD aussi. FRANCIS LETELLIERIl faudra accélérer l'année prochaine. STÉPHANIE RISTIl faut de toute façon continuer l'adaptation climatique. Vous savez qu'on a rénové plus de 40 % des hôpitaux ces dernières années. Nous en avons d'autres à rénover. Il faut continuer les investissements. FRANCIS LETELLIERLe Gouvernement, on le sait, est à la recherche d'économie. Vous vous souvenez qu'en 2003, après la première grande canicule historique, il y avait eu un jour de solidarité qui avait été créé. La question d'un deuxième jour de solidarité, elle est relancée régulièrement. Le Gouvernement l'a-t-il en tête ? STÉPHANIE RISTAlors ce qui est sûr, c'est qu'il y a deux choses pour moi. Il y a notre modèle de sécurité sociale, notre modèle de protection sociale dont la question du financement doit être posée. Et nous sommes dans un moment très bien pour ça, puisqu'en campagne présidentielle… Donc le financement de notre protection sociale, notamment de l'assurance-maladie, doit être posé. Ça peut être une des mesures comme cela. Mais en responsabilité sur le budget… FRANCIS LETELLIEREn clair, Stéphanie Rist, la question d'une deuxième journée de solidarité n'est pas exclue ? STÉPHANIE RISTCe que je pense, c'est qu'il faut deux choses… Nous avons à court terme… FRANCIS LETELLIERSi je vous entends, vous dites que ça peut être une piste. STÉPHANIE RISTJe pense qu'il faut que nous ayons collectivement dans la société ce débat de comment on doit financer notre modèle de protection sociale. FRANCIS LETELLIERDonc la deuxième journée de solidarité, ce n'est pas tabou. C'est ça que je veux dire. STÉPHANIE RISTIl y a eu cette piste-là. Il y a des gens qui proposent des augmentations de cotisations. Il y en a d'autres… Les Français feront leur choix en 2027. FRANCIS LETELLIERLes Français feront leur choix mais le Gouvernement, à l'heure actuelle, ne dit pas non à une deuxième journée de solidarité. STÉPHANIE RISTC'est la deuxième partie de ma réponse. Le Gouvernement proposera dans ce budget des mesures de maîtrise des dépenses d'assurance maladie pour que notre système tienne. FRANCIS LETELLIERAlors justement, ça a commencé puisque depuis le 1er septembre, les arrêts maladie sont limités à un mois renouvelable avant d'être renouvelé donc éventuellement. Combien d'économies vous en attendez ? STÉPHANIE RISTJe suis ministre de la Santé. Ce qui est important pour moi, c'est que les gens aillent mieux et qu'ils aient donc besoin de moins d'arrêts maladie. C'est ce que nous mettons en place avec des mesures de prévention, d'accompagnement que nous faisons avec le ministre du Travail. Et nous luttons aussi contre les abus, parce que nous devons maîtriser. Vous savez combien c'est ? FRANCIS LETELLIERL'open bar, comme dit Édouard Philippe ? Est-ce qu'il y avait l'open bar des arrêts maladie ? STÉPHANIE RISTJe ne crois pas à l'open bar. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas renforcer la lutte contre les abus. C'est ce que nous faisons. Les arrêts maladie, c'est 18 milliards d'Euros de dépenses l'année dernière. C'est 7 % d'augmentation tous les ans. Nous devons le maîtriser. FRANCIS LETELLIERPuisque vous sortez un chiffre… Le maîtriser ou le baisser ? STÉPHANIE RISTNous devons essayer de diminuer cette augmentation de 7 %. FRANCIS LETELLIERIl y a un objectif ? STÉPHANIE RISTL'objectif pour moi en tant que ministre de la Santé, je le redis… FRANCIS LETELLIERIl y a un objectif chiffré, je veux dire. STÉPHANIE RISTC'est de mieux prescrire les arrêts maladie en rapport avec les recommandations de la Haute Autorité de Santé. C'est de limiter les abus, voire les faire disparaître. C'est un objectif d'engagement. Et nous prenons des mesures. Il y a des décrets en cours. FRANCIS LETELLIERDonc chiffré aussi. Vous savez que ça fera des économies. STÉPHANIE RISTOui, mais quand vous luttez contre les abus, vous vous donnez des objectifs et vous espérez les atteindre. FRANCIS LETELLIEREt quels sont les objectifs chiffrés, justement ? STÉPHANIE RISTC'est ce qu'on fait avec des décrets qui sont actuellement en consultation aux caisses d'assurance maladie pour notamment les abus sur les arrêts maladie courts qui sont très handicapants pour les entreprises notamment. Et donc nous avons des décrets, des mesures que j'ai déjà prises, certaines qui ont été votées l'année dernière, qui sont mises en place depuis le 1er septembre. Vous savez qu'on ne peut pas maintenant prescrire un arrêt maladie de plus d'un mois. Il faut revoir le médecin au bout d'un mois si on ne va pas bien. Et donc toutes ces mesures vont permettre évidemment de diminuer les dépenses. FRANCIS LETELLIEREt à partir du 1er octobre, il y a les franchises médicales sur les consultations et les médicaments ensemble qui vont passer à 140 Euros - ce sera le plafond - contre 100 aujourd'hui. Vous avez expliqué que c'était pour suivre l'inflation depuis 2005. Donc c'est plus 40 % d'un seul coup. Le pli est pris. Ça veut dire que tous les ans maintenant, ce plafond augmentera au fil de l'inflation. STÉPHANIE RISTC'est ce que nous proposons. L'indexation sur l'inflation, c'est une mesure plus juste. Vous savez, ce plafond était à 50 Euros depuis 2005. En moyenne, pour les Français, ça va être une augmentation de 10 Euros. C'est vrai que c'est un effort. C'est un effort mais nous devons maîtriser nos dépenses. Sinon, nous ne pourrons plus protéger autant que le fait. Vous savez, on a le système le meilleur au monde en termes de protection. Ma responsabilité, c'est de regarder la réalité en face dans un moment de vieillissement de la population. FRANCIS LETELLIERL'idée, Stéphanie Risse, c'est bien d'aligner ce plafond tous les ans sur l'inflation. STÉPHANIE RISTOui. Nous voulons l'indexer sur l'inflation. FRANCIS LETELLIERC'est très clair. C'est très net. Donc ça veut dire que les mutuelles et les complémentaires santé vont devoir prendre le relais et augmenter leurs tarifs. Dans le dernier budget, vous aviez fait écrire dans la loi – même si c'est un peu bizarre – que les mutuelles ne devaient pas augmenter leurs tarifs. Ça n'est pas le cas. Elles augmentent. Vous saviez que ce n'était pas tenable. STÉPHANIE RISTAlors je rappelle que ce n'est pas le Gouvernement qui avait fait écrire dans la loi. C'est un amendement du député Guedj qui a été voté dans la loi actuellement. FRANCIS LETELLIERTout le monde savait que ce n'est pas tenable. STÉPHANIE RISTMais surtout, il y a une question de constitutionnalité dont je n'ai pas la réponse, puisque le Conseil constitutionnel a été saisi par une question de constitutionnalité. Nous verrons comment ça sera tranché. Mais ma responsabilité, c'est de travailler avec les complémentaires pour éviter ces augmentations des mutuelles et des complémentaires. FRANCIS LETELLIERToute dernière question. Aujourd'hui, c'est la conférence nationale du handicap. Vous allez rejoindre Emmanuel Macron dans quelques minutes. Est-ce qu'il y a eu progrès, par exemple - puisqu'on est en rentrée scolaire - dans l'accueil des enfants à l'école, des enfants handicapés ? STÉPHANIE RISTC'était une forte volonté du Président de la République de changer la méthode et d'accélérer l'inclusion des personnes en situation de handicap depuis 10 ans. Depuis 10 ans, nous avons donc ces conférences nationales de handicap qui permettent tous les 3 ans de travailler avec tous les acteurs pour avoir des politiques publiques qui s'améliorent. FRANCIS LETELLIEREst-ce que ça s'améliore, par exemple, pour les enfants à l'école ? STÉPHANIE RISTPour les enfants, c'est plus de 62 % des enfants qui ont fait une rentrée scolaire. Mais c'est aussi, vous savez… FRANCIS LETELLIERQui ont pu être accueillis dans une école. C'est ça que vous voulez dire ? STÉPHANIE RISTExactement. Qui ont fait la rentrée scolaire des enfants en situation de handicap. Plus de 62 % depuis ces 10 dernières années. Mais c'est aussi les fauteuils roulants remboursés à 100 %. source : Service d'information du Gouvernement, le 17 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304639
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304639-stephanie-rist-04092026-canicule-arrets-maladies-franchises-medicales?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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