geheim.land Recherche Politique
2 septembre 2026 · Gouvernement · discours Discours

Interview de Mme Catherine Pégard, ministre de la culture, à Ici TV Normandie Caen le 2 septembre 2026, sur l'ouverture au public de l'exposition consacrée à la tapisserie de Bayeux à Londres, son transport, et la consolidation des trois immeubles fragil

Catherine Pégard (auteur), Jean-Baptiste Marie (intervenant)

JEAN-BAPTISTE MARIEBonjour Catherine Pégard. CATHERINE PÉGARDBonjour. JEAN-BAPTISTE MARIEVous nous accueillez ce matin dans votre bureau au ministère de la Culture ce matin. Merci de prendre le temps pour ici Normandie, la radio locale. Alors, est-ce que vous êtes impatiente, madame la ministre, comme le sont les Britanniques, que cette exposition inédite historique de la tapisserie de Bayeux à Londres ouvre au public ? CATHERINE PÉGARDBien sûr, je suis très impatiente de découvrir enfin cette tapisserie de Bayeux installée à Londres sur cette table créée pour elle et que l'on va découvrir pour la première fois cet après-midi. J'avais eu la grande joie et l'honneur de pouvoir assister à l'arrivée de cette tapisserie au premier moment où on a commencé à la déployer sur cette table. C'était déjà une très intense émotion et je crois qu'aujourd'hui nous allons être tous à la fois très heureux et très heureux d'être arrivé au bout d'une aventure commune avec les Anglais pour que cette tapisserie de Bayeux qui raconte leur histoire leur soit enfin présentée chez eux au British Museum. JEAN-BAPTISTE MARIEOn va en reparler mais cette inauguration très officielle tout à l'heure, c'est un soulagement pour vous, j'imagine pour les acteurs de la culture aussi impliqués par ce prêt parce que le dossier était compliqué, notamment son transport ? CATHERINE PÉGARDBien sûr, c'était un dossier compliqué et il ne faut pas du tout le nier. On a eu beaucoup d'émotions successives parce qu'il fallait réussir ce transport de la tapisserie de Bayeux à Londres mais maintenant nous sommes tous soulagés. Et vous savez, comme toujours dans ce genre d'épopée, lorsque les travaux sont terminés, on est heureux de voir le résultat et on oublie tous les incidents, toutes les contrariétés, toutes les réticences, tout ce qui a pu se passer pour empêcher que le projet se réalise. Encore une fois, je pense surtout aux équipes qui ont permis et en Grande-Bretagne et en France de réaliser cet exploit. C'est un exploit, c'est un transport hors normes, d'un chef-d'œuvre hors normes et donc je pense à eux parce qu'ils ont fait un travail extraordinaire, ils l'ont fait ensemble. Pour beaucoup d'entre eux, ils ne se connaissaient pas évidemment avant d'avoir commencé à travailler ensemble autour de cette tapisserie. Ils ne se sont pas quittés pendant des mois. Ils vont d'ailleurs continuer parce qu'il faudra rapporter cette tapisserie en France et ce sont les mêmes équipes qui s'en chargeront et je trouve que c'est à la fois une prouesse humaine avant d'être bien sûr aussi une prouesse technologique et évidemment de rassembler tout ce que l'on pense de ce que doit être la relation entre la Grande-Bretagne et la France. JEAN-BAPTISTE MARIEMais est-ce que vous avez compris les inquiétudes de certains quant à la fragilité de l'œuvre au risque de la transporter outre-manche ? CATHERINE PÉGARDBien sûr, on ne pouvait que comprendre les craintes et les réticences. C'est pour ça qu'il y a eu un travail très précis d'expertise minutieux pendant des mois et des années même pour étudier la faisabilité du transport de cette tapisserie. Personne n'aurait souhaité que cette tapisserie puisse voyager si elle n'était pas en état de voyager donc il fallait faire ce travail. Ce travail a été fait avec toutes les compétences requises et mobilisées autour de la tapisserie de Bayeux et je crois que maintenant le résultat est de se réjouir de ce qu'on la voit, de ce que les Anglais puissent la découvrir, de ce que les enfants britanniques puissent retrouver leur histoire autrement que dans un livre. Ils vont voir cette immense bande dessinée en vrai et ils vont être émerveillés comme nous l'avons été. JASON GRÖNERTIl est 7h49, invitée d'ici le matin la ministre de la Culture, Catherine Pégard. JEAN-BAPTISTE MARIEVous nous garantissez, madame la ministre, qu'il n'y aura pas de problème, pas de dégradation pendant cette année quasiment d'exposition jusqu'en juillet 2027 ? CATHERINE PÉGARDOn ne peut jamais rien garantir mais je ne vois pas ce qui pourrait se passer maintenant que cette tapisserie est installée, qu'elle repose sur cette table, sous cette vitrine qui a été faite pour elle, tout a été fait pour cette tapisserie depuis qu'elle a commencé à imaginer qu'elle allait voyager et maintenant cette tapisserie est posée et nous, nous n'avons plus qu'à l'admirer. JEAN-BAPTISTE MARIELe Gouvernement britannique en tout cas assure, si mes souvenirs sont bons, ce transfert, ce prêt pendant la durée d'exposition. CATHERINE PÉGARDAbsolument, ce sont toujours les emprunteurs qui assurent les œuvres qu'on leur prête. JEAN-BAPTISTE MARIEDe toute façon il fallait que ce prêt réussisse, Catherine Pégard, parce que cette tapisserie, ce prêt aux Anglais, c'est politique, diplomatique aussi, avec un pays qui est intimement lié à notre histoire mais qui a toutefois quitté l'Union Européenne en 2020. CATHERINE PÉGARDBien sûr, cette tapisserie raconte l'histoire des Anglais, elle raconte notre histoire, elle raconte notre histoire commune et c'est tout à fait symbolique que cette histoire se raconte, alors que l'ombre du Brexit a pesé pendant ces années sur nous. Et là, c'est un nouvel épisode de notre histoire qui illustre cette tapisserie de Bayeux, c'est ce que souhaitait le Président de la République, c'est ce que souhaitaient les Anglais et je crois qu'on sera très heureux aujourd'hui de vivre ce moment de l'entente cordiale, comme on disait naguère, ou de l'entente amicale, comme disent aujourd'hui les équipes qui ont travaillé autour de cette tapisserie. JEAN-BAPTISTE MARIEVous le disiez aussi tout à l'heure, cette tapisserie reviendra à Bayeux, avec un nouveau musée qui est en cours de construction. Là aussi ça sera un défi et l'État sera là pour accompagner notamment la ville qui anime aussi ce musée toute l'année ? CATHERINE PÉGARDAbsolument. Nous sommes aux côtés de Bayeux depuis le début de cette aventure et il se passe beaucoup de choses en Normandie en ce moment. Nous allons vivre, l'année prochaine, le millénium. Nous nous en réjouissons déjà, et l'État évidemment accompagnera les musées qui vont se charger des expositions qui vont être le miroir de cette exposition qui se déroulera au British Museum. Je pense évidemment à l'exposition du trésor de Sutton Hoo à Caen et à l'exposition qui aura lieu aussi à Rouen. JEAN-BAPTISTE MARIEUne dernière question, Catherine Pégard, ministre de la Culture, vous êtes venue aussi dans notre région il y a quelques semaines au chevet d'Honfleur, ce port magnifique connu à travers le monde, très fréquenté par les touristes, puisque plusieurs immeubles du Quai Saint-Catherine menaçaient de s'effondrer. Quelles sont les dernières informations que vous disposez en tant que ministre ? On l'a vu, un certain restaurant rouvert pendant cette période de l'été, mais d'autres sont encore fermés. On voit encore aussi les travaux qui ont lieu. Où en est ce dossier ? CATHERINE PÉGARDNous sommes déjà soulagés d'avoir pu consolider, sécuriser les trois immeubles qui étaient fragilisés sur le Quai Saint-Catherine. Et comme vous l'avez rappelé, les commerçants ont pu rouvrir début août. Alors pour eux, c'était évidemment déjà une tristesse d'avoir dû attendre le début août et le milieu de la saison d'été pour pouvoir ouvrir leurs commerces, mais c'était l'engagement qu'on avait pris. Là aussi, je dois remercier les services de l'État et en particulier l'architecte en chef des Monuments Historiques, madame Hubert, qui s'est chargée de ces travaux, et qui nous avait garanti qu'elle pourrait consolider les immeubles plutôt que de penser à les détruire comme quelques-uns l'avaient envisagé au début. Et alors maintenant, c'est une nouvelle phase qui s'ouvre, puisque nous rentrons dans une longue étude pour étudier la centaine d'immeubles du quai d'Honfleur. Ces immeubles le méritent, méritent qu'on s'attache à eux ; c'est un lieu historique, comme vous l'avez rappelé, magnifique, et donc bien sûr on donne rendez-vous l'an prochain, quand l'étude sera terminée, et on espère qu'on pourra retrouver le quai dans toute sa splendeur. Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304592
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304592-catherine-pegard-02092026-tapisserie-de-bayeux-immeubles-honfleur?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé