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9 septembre 2026 · Gouvernement · BFM Business · discours Discours

Interview de Mme Sabrina Roubache, ministre déléguée, chargée de l'enseignement, de la formation professionnels et de l'apprentissage, à BFM Business le 9 septembre 2026, sur le niveau des élèves français au classement PISA et la baisse du nombre de cont

Sabrina Roubache (auteur), Brigitte Boucher (intervenant)

BRIGITTE BOUCHERAvec Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Bonjour. SABRINA ROUBACHE, MINISTRE DÉLÉGUÉE CHARGÉE DE L'ENSEIGNEMENT, DE LA FORMATION PROFESSIONNELS ET DE L'APPRENTISSAGEBonjour. BRIGITTE BOUCHEREt merci d'être avec nous ce matin. Le classement PISA a été dévoilé et le niveau des petits Français n'a jamais été aussi mauvais. Décrochage inquiétant : 34e en maths, 28e en compréhension de l'écrit. Un décrochage de la lecture aussi. C'est le bilan d'Emmanuel Macron ? SABRINA ROUBACHENon, pas du tout. Parce que déjà, c'est un effet global. C'est quand même… enfin le classement PISA, c'est une étude faite sur les pays de l'OCDE. Donc on voit, on observe une baisse dans tous les pays, pas uniquement en France. Donc ça, je pense que c'est important de le dire. Et non, ce n'est pas le bilan Macron. Parce que, figurez-vous que les enfants qu'on a évalués, ce sont des enfants qui n'ont pas encore eu toutes les mesures que justement le président de la République a pu prendre : le dédoublement des classes dès la maternelle, maternelle, grande section, CP, CE1. On ne voit pas encore les effets puisque ces enfants-là n'étaient pas encore… n'avaient pas le bon âge. Parce que, juste pour rappeler, ce sont des enfants qui, pendant le Covid, ont été évalués, étaient à peu près au CE2. Donc nous, on arrive, et le président de la République a eu raison de dire : il faut dédoubler les classes, notamment dans les quartiers prioritaires. BRIGITTE BOUCHEREffectivement, cela, ils ne l'ont pas… SABRINA ROUBACHEAbsolument. Et si vous voulez, l'impact de toutes les mesures qui ont été prises, vous le savez, on le sait tous, il faut des années, il faut des années pour pouvoir en évaluer… BRIGITTE BOUCHERPour autant les chefs d'entreprise s'inquiètent de ce niveau des élèves pour l'avenir. Et un spécialiste nous disait ce matin, dans la matinale, que si on était dans les dix meilleurs dans les classements PISA, eh bien, on aurait une productivité qui serait au moins 2,5 %… SABRINA ROUBACHEIl a raison. Mais on oublie aussi que, dans cette étude PISA, c'est la première fois où deux éléments très importants se voient. La première chose : le désengagement des parents. 62 % des parents, là, disent être moins engagés dans la scolarité de leurs enfants. Deuxième chose : l'impact des réseaux sociaux, des écrans. Et rappelez-vous, le président de la République qui quand même très fort l'interdiction des réseaux pour les enfants de moins de 15 ans, et maintenant, il a eu raison de lancer un appel européen parce que vous voyez bien que ce sont plutôt… BRIGITTE BOUCHERAvec Ursula von der Leyen hier. Oui. SABRINA ROUBACHEAbsolument. Mais ce sont plutôt les enfants de l'Occident qui sont touchés et impactés par les réseaux sociaux. Et l'interdiction du téléphone au lycée, moi, je voyais, j'ai fait cette rentrée et, de partout où je vais, où la mesure est appliquée, parce que la mesure est appliquée très largement, vous voyez des enfants dans les cours qui se parlent : moins de téléphones, plus de concentration. Donc cela veut dire moins de notifications et moins de possibilités de se déconcentrer de son travail. Je rappelle une chose aussi : notre rapport à l'effort, notre rapport Et je parle des adultes en premier, parce que le désengagement des parents ne vient pas uniquement… et je le pense vraiment, je suis moi aussi maman. Ne vient pas seulement du fait qu'on travaille. Moi, vous savez, papa, maman travaillaient, mes parents travaillaient, et ce n'était pas les mêmes conditions de travail que maintenant. Mais pourtant, ils nous suivaient à l'école et ils étaient hyper intransigeants avec nous parce que, comment dire, ils étaient plus qu'impliqués dans notre scolarité. Parce que l'école, c'est le meilleur moyen de s'élever socialement. Ne pas oublier que l'Occident, globalement, a bénéficié de justement l'école pour tous, l'égalité pour tous, l'accès à la connaissance. Mais encore une fois, l'école, ça ne s'arrête pas à la sortie de l'école. Alors l'école, ça doit continuer à la maison, avec des révisions, du travail et du sérieux. BRIGITTE BOUCHEREffectivement. Et il faut que les parents accompagnent aussi. Les candidats à la présidentielle et même le patron de l'Institut de l'entreprise préconisent une augmentation des salaires des profs, plus 25 %. Est-ce que c'est une des clés aussi ? SABRINA ROUBACHEBah écoutez, nous, on l'a fait. Rappelez-vous que, quand même, enfin permettez-moi de rappeler une mesure sur le salaire de base des professeurs, donc de ceux qui arrivent en tout début de carrière. Nous sommes passés de, il me semble, 1 469 euros à maintenant 1 869 euros. Donc l'augmentation des salaires, on n'a pas attendu, bien sûr, une étude. Évidemment qu'on doit toujours mieux payer nos profs. Et je vais vous dire, cela doit être parmi la population, avec les médecins, ce que l'on doit payer le mieux. Donc ce n'est pas la seule… Vous savez, vous pouvez payer les meilleurs profs du monde, vous pouvez les payer autant que vous voulez. Si derrière… enfin c'est un sujet de société. Je ne veux pas réduire l'école uniquement au salaire des profs, qui est très important et qui a été fait justement parce que vous me parliez des deux quinquennats du président de la République. BRIGITTE BOUCHERMais il n'y a pas que cela qui fera la réussite des élèves, c'est ce qu'on comprend. SABRINA ROUBACHEMais évidemment que non, puisque les parents… Mais enfin, excusez-moi, la place des parents et l'effort de l'élève, le goût de l'effort, le goût de se dire : il faut être exigeant. Regardez, globalement, c'est pour ceux qui ont des enfants et je sais que beaucoup vont se reconnaître, arrêtez de penser qu'un enfant qui ne travaille pas bien à l'école est forcément HPI, par exemple. Sinon, parfois, les enfants, c'est aussi : on ne travaille pas assez. Et je pense que c'est pourquoi c'est un sujet de société. C'est vraiment notre rapport à l'effort et notre rapport à l'exigence qui est en cause. BRIGITTE BOUCHERAlors ça, on le retrouve dans l'entreprise. Vous avez récemment donné une interview au Parisien pour interpeller directement les chefs d'entreprise, en leur disant d'investir dans notre jeunesse, car, pour la première fois depuis dix ans, le nombre de contrats d'apprentissage a baissé de 5 % en 2025. Mais il faut voir que les aides à l'apprentissage ont été rabotées. Elles sont passées de 5 000 à 2 000 euros pour les grandes entreprises de plus de 250 employés. C'est la conséquence de la politique étant donné… SABRINA ROUBACHENon, c'est conjoncturel. Alors je vais vous dire, on a une augmentation. Je vous donne un chiffre, toutes les deux, je sais qu'on aime beaucoup les chiffres. On a cette année plus 15 % de demandes des jeunes pour l'apprentissage. Donc cela veut dire que la politique a été conduite par le président de la République. Depuis 2017, nous sommes passés de 250 000 apprentis à pratiquement 1 million d'apprentis. Donc on ne peut pas dire : c'est une politique publique qui a fonctionné et qui fonctionne. BRIGITTE BOUCHEREt vous êtes en train de casser cette dynamique, non ? SABRINA ROUBACHENon, pas du tout, parce qu'on a préservé les plus petites entreprises. Donc les aides, elles sont restées à 5 000 euros pour les boîtes de moins de 250 employés. Et je rappelle aussi que les aides de 6 000 euros pour les jeunes en situation de handicap, quelle que soit la taille de la boîte, n'ont pas été touchées. Et je vais vous dire, c'est conjoncturel, parce qu'on a 15 % de plus de jeunes qui veulent rentrer en apprentissage et on a 2 % d'offres en moins chez les entreprises. Pourquoi j'ai lancé cet appel ? BRIGITTE BOUCHERDonc vous dites aux grandes entreprises : faites l'effort, vous pouvez le faire. SABRINA ROUBACHEEt vous savez par qui est porté l'effort ? 48 % des apprentis sont recrutés dans des boîtes de moins de dix salariés. Vous voyez. C'est un chiffre important. BRIGITTE BOUCHERDonc les petites le font, mais pas les grandes ? SABRINA ROUBACHENon, les grandes le font moins. Mais je dis aux grandes entreprises, et je le redis, je profite de ce plateau-là : faites confiance à nos jeunes. On a tous été jeunes, soyez patients. La formation professionnelle, notamment chez les plus jeunes, elle est fondamentale. Et je rappelle aussi un chiffre : 500 000 emplois créés chez les jeunes depuis 2017. Donc cela veut dire que lorsqu'on met les moyens et que les entreprises jouent le jeu… BRIGITTE BOUCHEREt ce sera préservé dans le prochain budget ce… SABRINA ROUBACHEAbsolument, l'apprentissage le Premier ministre l'a dit, on préserve l'apprentissage. Bien sûr, le logement social, il l'avait annoncé lui-même chez vos confrères du Parisien. BRIGITTE BOUCHERMais pas le CPF, le contrat de formation. SABRINA ROUBACHESi. BRIGITTE BOUCHER300 millions vont être économisés sur le CPF. SABRINA ROUBACHEVous savez, le CPF, le compte personnel de formation, quand on gouverne et quand on est aux responsabilités, on fait des choix. Nous avons décidé de préserver une politique pour notre jeunesse, qu'est l'apprentissage, qui est fondamental. Parce que le ministère, justement, de l'Enseignement, de la Formation professionnels et de l'Apprentissage, c'est le ministère des compétences que nous donnons à nos entreprises. J'ai besoin que nos entreprises aussi jouent le jeu. Pensez qu'un chef d'entreprise a besoin d'argent public pour fonctionner. C'est une fausse idée. Un chef d'entreprise, il a besoin d'avoir un carnet de commandes plein. Et là, on parle de productivité et de former nos jeunes, de leur permettre de rentrer quand ils le souhaitent, mais tôt dans l'entreprise. C'est tout le jeu et toutes les réformes qui ont été portées sur la voie professionnelle. Je vous donne un chiffre, juste Brigitte Boucher, c'est très important : 667 200 lycéens professionnels qui représentent un tiers de nos lycéens en France. C'est le seul Bac, cette année, qui est en augmentation de 4,2 %. Donc vous voyez, et là où on voit le Bac général et le Bac techno baisser, on voit plus d'élèves arriver en pro, notamment aussi grâce à l'apprentissage, mais aussi grâce aux réformes qui ont été portées. BRIGITTE BOUCHEREt après dans l'Enseignement supérieur. SABRINA ROUBACHEOui. Que je continue de porter sur la voie professionnelle. source : Service d'information du Gouvernement, le 18 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304644
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304644-sabrina-roubache-09092026-classement-pisa-contrats-d-apprentissage?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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