Persistance des actes antisémites et protection de la communauté juive en France
· Réponse publiée
Ministère de l'intérieur (repondant)
Les actes antireligieux portent atteinte à la liberté de conscience et à la liberté d'exercice du culte, protégées par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et par l'article 1er de la loi du 9 décembre 1905. Pour mieux comprendre et endiguer ce phénomène, le ministère de l'intérieur a publié au printemps 2026 un premier bilan national détaillé des actes antireligieux. Il dresse un état des lieux précis des actes antireligieux recensés entre 2010 et 2025, explicite les grandes tendances, leurs caractéristiques et leurs évolutions notables, réalise un état détaillé des actes antireligieux commis en 2025 et présente les différents leviers d'action du ministère de l'intérieur. En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés, marquant une baisse de 16 % par rapport à 2024, mais restant à un niveau historiquement élevé, notamment depuis l'attentat du 7 octobre 2023. Pour y répondre, le ministère a renforcé la sécurisation des lieux de culte juifs grâce à des dispositifs de surveillance coordonnés avec les responsables cultuels, les élus, les polices municipales et les militaires de l'opération Sentinelle. Les responsables des lieux de culte bénéficient par ailleurs des conseils des référents sûreté de la police et de la gendarmerie, sans obligation ni contrepartie. En outre, le ministère de l'intérieur a déployé en 2025 un module de formation visant à acculturer les responsables locaux des lieux de culte aux enjeux de sûreté et de sécurité. Plus de 260 sessions de sensibilisation ont été organisées, touchant près de 2000 représentants de toutes confessions. Sur le plan financier, le ministère soutient annuellement des projets de sécurisation via le programme « sécurisation des sites cultuels » (SSC), qui a alloué près de 35 millions d'euros entre 2015 et 2025 aux édifices et écoles de la communauté juive. En parallèle, la plateforme Pharos agit contre les contenus illicites en ligne, en collaboration avec des acteurs comme la LICRA, le CRIF ou le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ). L'objectif est clair : ne tolérer aucun propos antisémite en ligne et engager des poursuites judiciaires chaque fois que possible. Le ministère utilise également des outils de police administrative, tels que la dissolution d'associations, la fermeture de lieux de culte ou l'expulsion de personnalités propageant des discours antisémites. Face à la complexité de ce phénomène, une approche interministérielle est privilégiée. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), placée sous l'autorité du Premier ministre, coordonne un plan national de lutte contre l'antisémitisme. En 2025, les Assises de lutte contre l'antisémitisme ont abouti à un rapport dont les recommandations sont en cours de déclinaison opérationnelle. Enfin, lors de ses vœux aux cultes le 12 janvier 2026, le président de la République a annoncé le lancement des Assises nationales et territoriales sur la lutte contre les actes antireligieux. Ces assises sont en cours. Elles réunissent des universitaires, chercheurs et experts, des représentants des cultes ainsi que des représentants des administrations compétentes (intérieur, éducation nationale, justice, culture…) pour élaborer une stratégie nationale de lutte contre les actes antireligieux. Le ministère de l'intérieur y prend toute sa part pour renforcer encore la mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés et identifier des pistes nouvelles pour mieux prévenir et réprimer ces actes graves et intolérables.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE12229
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