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21 septembre 2026 · Gouvernement · CNews · discours Discours

Interview de M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur, à CNews le 21 septembre 2026, sur les violences urbaines à Saint-Pierre-des-Corps, les rodéos urbains, la loi instituant une présomption d'usage légitime des armes par les policiers, le prix du car

Laurent Nunez (auteur), Marie Chantrait (intervenant)

MARIE CHANTRAITBonjour Laurent Nunez. LAURENT NUNEZBonjour. MARIE CHANTRAITMerci beaucoup d'avoir accepté cette invitation ce matin. Vous êtes le ministre de l'Intérieur. Nuit calme, cette nuit, donc, à Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, qui tranche très clairement avec les événements très violent de ce week-end : des affrontements qui se sont déroulés après la collision entre une voiture de police et une moto en plein rodéo urbain. J'imagine que vous vous satisfaisiez avec prudence de cette nuit, de ce retour au calme. Et est-ce que les dispositifs policiers que vous avez, en partie, ordonnés vont rester en place dans les prochains jours dans la ville ? LAURENT NUNEZOui, bien sûr. D'abord, je voudrais dénoncer évidemment ces violences urbaines qui ont eu lieu dans la nuit d'avant-hier, suite à un accident entre un véhicule de police et un jeune motorisé, dans un secteur de Saint-Pierre-des-Corps qui s'appelle La rabatterie, où il y a énormément de rodéos urbains qui créent énormément de désagréments. MARIE CHANTRAITC'était connu ? LAURENT NUNEZC'était connu. Et les policiers interviennent régulièrement pour faire cesser ces rodéos urbains. C'est quand même dans ce cadre-là que ça s'est passé. Quand j'entends les parlementaires, notamment hier, lors de manifestations, des parlementaires de La France insoumise, parler de choc volontaire, de mise au sol de ce jeune, c'est absolument inacceptable. Il y a une enquête judiciaire qui fera toute la lumière, évidemment, sur cette affaire, mais il y a surtout des rodéos urbains qui perturbent la vie de nos concitoyens. Des forces de l'ordre qui font leur travail, qui interviennent. Il y a eu cet accident, il y a eu des violences urbaines. En lien très étroit avec le préfet d'Indre-et-Loire, j'ai immédiatement fait renforcer les effectifs pour ramener le calme, très vite, dans la nuit MARIE CHANTRAITL'arrivée notamment de la CRS 8. LAURENT NUNEZVoilà. Il y avait des CRS qui sont arrivés et qui étaient encore présents hier soir. La nuit a été plutôt calme. On déplore malheureusement un jet de mortier sur un véhicule de police. Mais les incidents d'avant-hier soir ont été très graves. On a deux véhicules de police qui ont été incendiés : et donc, une vingtaine de véhicules qui ont été incendiés entre Saint-Pierre-des-Corps, Joué-lès-Tours, Tours, dans le quartier Sanitas. MARIE CHANTRAITEt on entendait d'ailleurs le témoignage de ces habitants dont leur voiture, en effet, a été incendiée. Vous évoquiez les propos de parlementaires, notamment de La France insoumise. Le député, notamment, Thomas Portes dit : " Une fois de plus, je le cite, une voiture de police a tamponné un jeune homme à moto : des méthodes d'intervention qui tuent. La police de ce pays doit être rénovée de la cave au grenier. " Que vous inspire… LAURENT NUNEZC'est totalement irresponsable de sa part. Il ne connaît rien à cette affaire. C'est une prise en charge dans le cadre d'un refus d'obtempérer. Je veux rassurer monsieur Portes : les refus d'obtempérer continueront d'être pris en charge par les forces de sécurité. On continuera d'essayer d'interpeller les auteurs qui créent des nuisances qui sont insupportables pour nos concitoyens. Il n'y a pas du tout de choc volontaire. Encore une fois, il y a une enquête judiciaire. Il ferait bien d'attendre le résultat de cette enquête judiciaire avant de se prononcer. Tout ce qu'il fait, c'est de mettre de l'huile sur le feu, d'une part. Et d'autre part, c'est vraiment jeter le discrédit total sur les policiers. Et on sait le peu d'intérêt, vraiment, que porte La France insoumise à nos policiers et nos gendarmes dans ce pays. MARIE CHANTRAITEt on reviendra d'ailleurs sur la manifestation à laquelle ils ont participé hier, notamment dans les rues de Paris. Juste, Laurent Nunez, vous évoquiez, et j'évoquais, les propos des Insoumis. De l'autre côté du spectre politique aussi, à chaque fois, ces événements suscitent des commentaires politiques. Je pense, là, au président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Parce qu'en effet, le policier conducteur du véhicule a été placé en garde à vue. Selon nos informations, il a été déféré, placé sous statut de témoin assisté. Il parle, lui, d'une garde à vue qui n'avait pas lieu d'être, une mesure vexatoire inutilement. Là aussi, vous dites : " Finalement, la justice fait son travail. " Et le fait que ce policier soit mis en garde à vue, c'est la procédure normale. Et il faut que ça aboutisse à, peut-être, une enquête un peu plus longue. LAURENT NUNEZIl y a une procédure normale qu'il faut respecter dans un certain nombre de circonstances. Moi-même, je le regrette. Comme ministre de l'Intérieur, évidemment, j'ai toujours beaucoup de mal à voir un policier placé en garde à vue. Mais c'est aussi un moment où il peut s'expliquer, expliquer le contexte de l'intervention. Voilà. Je crois savoir que les choses se sont quand même bien passées. Il a pu s'exprimer. Ce qu'il faut vraiment condamner, s'il faut que Monsieur Bardella condamne, et je pense qu'une grande partie de la classe politique le fait, ce sont ces violences urbaines. Et rien ne justifie qu'on brûle les véhicules, qu'on s'en prenne à partie des policiers, qu'on se réunisse à plus de 200 jeunes et qu'on s'en prenne aux forces de l'ordre. Il n'y a rien qui justifie ça dès lors qu'elles ne font que leur travail, qui est de mettre un terme aux rodéos urbains, j'insiste, qui sont insupportables pour nos concitoyens. MARIE CHANTRAITInsupportables pour les citoyens, en effet. Vous nous confirmez donc ce matin que ce dispositif policier va continuer d'être mis en place dans les prochains jours à Saint-Pierre-des-Corps. LAURENT NUNEZBien sûr. On va rester extrêmement vigilants dans les prochains jours à Saint-Pierre-des-Corps. J'ajoute que les jours de ce jeune garçon, qui se livrait à un rodéo urbain sans casque, ils étaient plusieurs, hein, il y avait plusieurs motos en même temps dans le quartier de la rabatterie, ses jours ne sont absolument pas en danger. Je tiens vraiment à le préciser. MARIE CHANTRAITGravement blessé à la jambe. LAURENT NUNEZEt on me disait hier, mais le procureur le confirmera ou pas, qu'il ne souffre d'aucune fracture, par ailleurs. Donc, le procureur le confirmera ou pas, mais ce sont les informations qui m'ont été remontées. MARIE CHANTRAITLaurent Nunez, parlons à présent de ce qui s'est passé ce week-end également, dans les rues de Paris, je le disais, mais aussi un peu partout en France : des appels à se rassembler pour manifester contre cette loi instituant une présomption d'usage légitime des armes, renommée par certains de vos opposants politiques, et évidemment, je pense à La France insoumise, " permis de tuer ". Une centaine de rassemblements étaient organisés. Vous aviez demandé une vigilance toute particulière aux préfets. Des débordements minimes ont été observés. Je tiens à préciser, et BFM TV le condamne avec la plus grande vigueur : une de nos équipes a été menacée verbalement, et a dû être exfiltrée du rassemblement pour des raisons de sécurité. Que répondez-vous, Laurent Nunez, à ces accusations d'un recul d'un État de droit avec cette nouvelle loi pour les policiers ? LAURENT NUNEZD'abord, je voudrais remercier l'ensemble des Préfets et des forces de sécurité intérieure qui ont encadré ces manifestations, qui n'étaient pas simples à encadrer. Il y a eu dans pas mal d'entre elles une infiltration de la mouvance d'ultra-gauche qui visait à commettre des dégradations. Il y a eu des incidents limités, vous l'avez souligné, à Paris, à Rennes, à Toulouse et à Nantes. Et systématiquement, conformément… MARIE CHANTRAITEn fin de cortège, à la fin LAURENT NUNEZParfois pendant. Il y a eu, conformément aux instructions que j'avais passées, des interventions systématiques pour y mettre terme. Donc, ces manifestations avaient pour but de dénoncer une proposition de loi qui est en cours de discussion au Parlement, qui a le soutien du Gouvernement, que j'ai soutenu, que j'ai même amendée. MARIE CHANTRAITQui a été votée à l'Assemblée, qui doit être désormais étudiée au Sénat. LAURENT NUNEZQui a été votée à l'Assemblée, et qui doit être instruite au Sénat. Et qui vise à instaurer une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre. Ce n'est pas une présomption de légitime défense, contrairement à ce qu'on raconte ici ou là et ce que raconte La France insoumise. Ce n'est absolument pas un permis de tuer. C'est simplement un texte qui considère que quand un policier fait usage de son arme administrative, on présuppose, on suppose, on présume qu'il est dans des cas autorisés par la loi. C'est une présomption simple qui peut être renversée très rapidement et qui évite, ce qu'on a constaté à Saint-Pierre-des-Corps, que des policiers se retrouvent placés en garde à vue quand ils n'ont fait que leur travail et qu'un usage légitime de l'arme, comme ils le font systématiquement. Et quand j'entends La France insoumise dire que… Alors, cet usage légitime des armes, il est autorisé depuis 2017, accessoirement. Moi, je ne fais que créer une présomption. Il existe depuis 2017. MARIE CHANTRAITMais des contrôles vont continuer de subsister, encore une fois, notamment avec des enquêtes de l'IGPN, la saisine du parquet. LAURENT NUNEZÉvidemment. La France insoumise vous explique que les tirs d'armes, les morts par armes à feu, du fait de la police ou de la gendarmerie, ont explosé. C'est faux. Les chiffres sont stables, voire en baisse, d'une part. D'autre part, il y aura évidemment, toujours, des contrôles ; à commencer par le contrôle de la hiérarchie. Les premiers qui regarderont ce qui se passe dans ce genre d'incidents, quand il y a un usage d'armes, c'est la hiérarchie. Et c'est nous qui demandons à voir un certain nombre de choses. Et si la présomption doit être levée, elle sera levée. Il y aura évidemment le parquet qui peut la lever, mais il y aussi la hiérarchie, tout simplement. Vous savez, quand il se passe ce qui s'est passé à Saint-Pierre-des-Corps, la hiérarchie de ce policier, auquel, d'ailleurs, j'apporte mon soutien, qui a été placé en garde à vue, la hiérarchie de ce policier regarde tout de suite les faits, vérifie les circonstances. Voilà. On fait notre travail. On n'est pas dans une logique de couverture absolue et totale des forces de l'ordre, comme le dit madame Panot quand elle parle de moi, du ministre de l'Intérieur. MARIE CHANTRAITEt si des policiers doivent être condamnés, ils le seront s'il y a un usage disproportionné de leur arme. LAURENT NUNEZMais bien sûr. Bien sûr. MARIE CHANTRAITJuste, il y a La France insoumise, il y avait d'autres associations qui appelaient à manifester hier. Je pense notamment à Amnesty International qui soutient notamment que sans vidéo, le tir ayant tué le jeune Nahel, il y a quelques années, aurait pu être jugé légal. Que répondez-vous là-dessus ? LAURENT NUNEZIl y aurait eu une enquête. MARIE CHANTRAITIl y aurait eu une enquête ? LAURENT NUNEZLa vidéo est sortie très vite. Il y aurait eu une enquête, l'angle de tir. Il y énormément de choses qui sont regardées. Donc, voilà. Donc, je conteste fermement cela. Tout cela, ça traduit quand même une espèce de discrédit, ou défiance même, vis-à-vis des forces de sécurité intérieure dans notre pays, des différentes structures et groupuscules qui manifestent. MARIE CHANTRAITQui ne le supportent plus et qui vous ont fait, je crois, l'écho ces derniers jours. LAURENT NUNEZVous savez, les policiers sont blessés régulièrement quand ils interviennent. Ça a été le cas à Saint-Pierre-des-Corps, où il y a eu dix policiers blessés, un gendarme blessé. Cette nuit, il y a eu des prises à partie à Vernon, où il y a eu trois policiers blessés. Hier, en fin de journée, à Colombes : refus d'obtempérer, poursuite, il y a eu trois policiers blessés. Donc, voilà. Donc, je crois que les policiers payent un lourd tribut, et il est légitime de leur accorder par anticipation notre confiance quand ils doivent faire usage de leurs armes. Et les premiers, évidemment, à déplorer l'usage des armes, ce sont les policiers et les gendarmes eux-mêmes. Vous croyez que c'est facile pour un policier ou un gendarme d'avoir à faire usage de son arme dans des conditions qui sont tellement, tellement, encadrées, qu'il sait qu'il devra, de toute façon, rendre des comptes sur la proportionnalité et la nécessité de cet usage ? MARIE CHANTRAITLaurent Nunez, vous participez dans, je crois, un peu plus de deux heures maintenant, à une réunion à Matignon, deux réunions précisément, deux volets sur un éventuel prolongement des aides pour les rouleurs, pour les foyers modestes. C'est sur la table. Cela vous concerne moins. Mais ce qui vous concerne plus, c'est l'approvisionnement. Et on l'a vu dans nos journaux, encore ce matin, combien, dans certaines stations-services, il est difficile de se procurer du carburant. Des dépôts pétroliers ont été bloqués quelques heures la semaine dernière. Le spectre d'une colère sociale n'a jamais été aussi grand. Quand vous entendez certains responsables politiques encourager ces blocages, je pense récemment à Fabien Roussel, le patron du Parti communiste français, appelant à des barricades, comment qualifiez-vous ces appels ? LAURENT NUNEZJe trouve que ce sont des appels qui sont très graves et qui... Ce sont des appels qui sont déconnectés du monde réel en réalité. MARIE CHANTRAITMais vous entendez également cette colère monter ? LAURENT NUNEZJe vais vous dire. Le monde réel, c'est que nous sommes confrontés à un choc géopolitique qui est exogène à la volonté de la France. Ce n'est pas la France qui a attaqué l'Iran. Elle n'est pas responsable de cette guerre. Donc, nous avons des données exogènes qui font que nous avons cette tension : évidemment, le blocage du détroit d'Ormuz, cette montée des prix. Et donc, ce sont des éléments exogènes. Et le Gouvernement français a prévu tout un tas d'aides ciblées, qui seront effectivement discutées aujourd'hui, plutôt cet après-midi, de ce que j'ai compris. Moi, je serai plutôt à la réunion sur la sécurité des approvisionnements. MARIE CHANTRAITAvec des aides, donc, prolongées, là aussi ? LAURENT NUNEZLe Premier ministre a demandé au ministre de les prolonger jusqu'à la fin de l'année, et au 30 septembre pour l'aide aux grands rouleurs. Mais donc, voilà, ce sont des appels qui sont irresponsables. Et quant à la colère sociale, il y a effectivement un certain nombre d'appels à manifester. D'abord, vous dire qu'il n'y a pas de tension sur les stations-services. Il y a des tensions ponctuelles. Il n'y a pas de problème de logistique, d'acheminement. Il peut y avoir des problèmes ici ou là, qui sont très ponctuels… MARIE CHANTRAITMais quand vous voyez des dépôts pétroliers, la semaine dernière, qui ont été bloqués. LAURENT NUNEZLiés notamment la fréquentation accrue des stations Total, et qui créent parfois des manques d'approvisionnement très ponctuels. Il n'y a pas de problème à ce stade. Il faut qu'on reste très vigilant. MARIE CHANTRAITLe ministre de l'Intérieur que vous êtes nous dit " Il n'y a pas d'inquiétudes particulières sur l'approvisionnement " ? LAURENT NUNEZA date, il n'y a pas d'inquiétude, mais il faut y veiller, il faut rester attentif. Tout ça est très ponctuel. Après, vous me parlez de la colère sociale. Il y a effectivement un certain nombre d'appels à manifester. Il y a des appels sectoriels. On a vu les pêcheurs qui ont bloqué un certain nombre de ports la semaine dernière. Il y a les agriculteurs qui mènent un certain nombre d'actions. Et puis, il y a des appels plus populaires, on va dire, à des manifestations qui, pour l'instant, mobilisent assez peu de personnes. Je pense qu'une partie de nos compatriotes ont aussi intégré cette dimension exogène du conflit, d'une part, mais on va évidemment rester très attentif aux appels à mobilisation sur la voie publique. MARIE CHANTRAITOn le sait, que vous êtes attentifs. LAURENT NUNEZIl y en a un, notamment pour le 17 octobre. MARIE CHANTRAITAvec cette résurgence du mouvement des gilets jaunes. Il y a le 29 septembre, je crois, l'appel des fonctionnaires. Encore une fois, les renseignements territoriaux qui travaillent en direct avec vous vous font des remontées d'information. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites inquiets des nébuleuses, des mouvements par qui, on ne sait pas, qui sont totalement pilotés, ou vous dites " C'est totalement sous contrôle " ? LAURENT NUNEZIl y a des appels auxquels ne se joignent pas forcément les grandes organisations syndicales. Ce sont des appels, plutôt, sur les réseaux sociaux qu'on observe avec beaucoup d'attention. MARIE CHANTRAITMais qui sont compliqués pour vous, finalement, de fait. LAURENT NUNEZPour l'instant, je le redis, pour l'instant, on ne rassemble pas énormément de monde. Il y a eu des appels pour le 19 septembre, il y eu des appels samedi, le samedi précédent. Et on aura pour ce week-end, qui, pour l'instant, réunissent quelques dizaines de personnes. Mais on va rester évidemment très attentifs. Il y a un appel qui semble un peu plus important pour la journée du 17 octobre. Voilà. On va rester extrêmement attentif. MARIE CHANTRAITAttentif, mais pas forcément inquiet ? LAURENT NUNEZPas forcément inquiet. Toujours très serein et très déterminé. Moi, je suis le ministre de l'Intérieur. Je ne suis pas là pour… Je suis là pour encadrer les mouvements quand ils se déroulent, éviter qu'ils débordent, procéder à des déblocages quand il y a des blocages. C'est ce qui s'est passé sur certains ports la semaine dernière, dans d'excellentes conditions, d'ailleurs, ou dépôts pétroliers. Et ça s'est passé dans d'excellentes conditions. MARIE CHANTRAITD'excellentes conditions. Après, des images ont pu aussi heurter, choquer, les CRS qui, face à des pêcheurs, ont fait usage de leurs matraques. LAURENT NUNEZBien sûr. MARIE CHANTRAITLà, vous dites aussi : " Attention à la ligne de crête " ? LAURENT NUNEZQuand je dis que ça se passe dans d'excellentes conditions, c'est qu'il n'y a pas énormément de débordements. Les choses se sont bien passées pour l'instant. Et on va veiller à ce que ce soit le cas, à ce que ça continue. MARIE CHANTRAITLaurent Nunez, revenons à présent sur cette réunion majeure qui s'est tenue en fin de semaine, vendredi précisément, à l'Élysée, avec le président, donc, et les chefs de parti et les candidats à la présidentielle. Il a insisté, Emmanuel Macron, sur ces risques d'intensification de la guerre hybride russe en France. Nul n'est à l'abri. Et le Gouvernement qui est appelé à préparer un plan de protection, je le cite, de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones et les attaques cyber. De quoi parle-t-on précisément, Laurent Nunez, quand on parle de ces infrastructures critiques ? De quoi est-il question ? LAURENT NUNEZD'abord, on parle d'une menace qui est réelle, qui est une menace qui est documentée, qui est la menace de guerre hybride que livre la Russie. J'entends ici ou là certains responsables politiques qui disent que le président surestime, exagère. MARIE CHANTRAITFait de la com. C'était Eric Ciotti… sur ce plateau hier. LAURENT NUNEZCe n'est pas de la com. Monsieur Ciotti, il devrait savoir, encore que ces choses sont couvertes par le secret, mais il devrait savoir que la majorité des services de renseignement de tous les pays européens, et bien évidemment, nos services français, ont pointé, ont caractérisé cette menace de guerre hybride russe. L'attaque qui a eu lieu à Leipzig, en Allemagne, n'a pas été inventée. Les survols autour de certains aéroports européens ne sont pas inventés. Il y en a encore eu ce week-end, pour lesquels, d'ailleurs, nous sommes souvent appelés à contribution en matière de lutte anti-drones. MARIE CHANTRAITCes survols ont-ils déjà été constaté en France, Laurent Nunez ? LAURENT NUNEZLes actes de sabotage ne sont pas inventés. Il n'y en a pas eu de constatés en France. On n'a pas eu de sabotage majeur. Maintenant, des attaques cyber, nous en avons. Et ce qui se passe en Europe nous interpelle également. Donc, cette menace, elle est réelle, elle est documentée. Et l'ensemble des services de renseignement européens convergent tous dans le même sens de ce point-vue-là. Donc, il est irresponsable de minimiser cette menace. Ensuite, ce que l'on fait, c'est qu'on décline le plan de protection de nos infrastructures, c'est-à-dire qu'on sait que la guerre hybride, et notamment celle qui est menée par les Russes, vise à s'attaquer à nos réseaux d'infrastructures, à notre base industrielle de défense, celle-là même, qui vient au soutien de l'Ukraine. Et donc, les plans que nous déclinons sur les territoires, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai réuni la semaine dernière, à la demande du président de la République et du Premier ministre, l'ensemble des préfets de zone, des officiers généraux de défense, avec madame Catherine Vautrin. Nous déclinons... MARIE CHANTRAITAvec des sites déterminés à protéger ? LAURENT NUNEZBien sûr, bien sûr. Il y a une cartographie des sites à protéger. Il y a des mesures de protection qui sont prises par les opérateurs eux-mêmes. Il y a des rondes et patrouilles par les forces de sécurité intérieure. Il y a des contacts qui sont établis entre les services de renseignement et ces opérateurs. Il y a toute une planification. MARIE CHANTRAITIl y a un vrai virage, quand même. On parlait d'attaque cyber. Là, on parle d'attaques possibles de sites stratégiques. Juste une question rapide. Un TER reliant Caen à Rouen a déraillé la semaine dernière. Un morceau de rail aurait été déposé sur les voies. Est-ce que vous excluez totalement, aujourd'hui, la piste, justement, d'une attaque hybride russe ? Ou ça reste encore une question posée ? LAURENT NUNEZL'enquête est toujours en cours là-dessus. Donc, voilà. Il n'y a aucune piste qui est exclue. Et le procureur de la République de Seine-Maritime communiquera le moment venu. MARIE CHANTRAITLa visite du pape, événement majeur cette semaine, à partir de vendredi. Pour vous, au service de sécurité, là aussi, c'est un défi, je le disais. Combien d'hommes et de femmes sont mobilisés sur le terrain pour cette visite, qui va durer quatre jours à Paris, mais ailleurs en France aussi ? Je pense notamment à la ville de Metz. LAURENT NUNEZCes quatre jours, on va avoir, au total, énormément de policiers et de gendarmes qui sont mobilisés. Il y en aura environ 13 000 chaque jour à Paris. Ce sera, ensuite, 7 000 à Lourdes. 5 000 policiers et gendarmes qui seront mobilisés à Metz. Oui, c'est un très gros dispositif de protection du public, des fidèles, des périmètres ; et puis, évidemment ; de protection rapprochée du pape, bien évidemment. Oui, oui, c'est un gros dispositif. MARIE CHANTRAITEt pour vous, tout va se passer dans les meilleures circonstances, pas d'inquiétude majeure ou particulière ? LAURENT NUNEZLa France a l'habitude d'organiser ce genre de grands événements. Voilà. Il y a des vérifications qui sont faites. Il y a des moyens spéciaux qui sont déployés, au-delà des policiers et des gendarmes qui sont là pour sécuriser le public. Vous avez des tireurs pro en haut, des vols de drones, des vols d'hélicoptères, des équipes de déminage, des équipes fluviales. On mobilise énormément de monde, et c'est bien normal, pour assurer la sécurité de cette visite importante. MARIE CHANTRAITPas de remontée particulière de grève de vos effectifs ? LAURENT NUNEZAucune menace. MARIE CHANTRAITParce qu'on le sait : ils sont aussi remontés, les policiers, parce qu'ils demandent des primes supplémentaires. De ce point de vue-là, tout le monde sera au rendez-vous ? LAURENT NUNEZTout le monde sera au rendez-vous, je n'en doute pas. Vous savez, j'ai une grande confiance dans les policiers et les gendarmes de notre pays. Il y effectivement des demandes catégorielles, vous avez raison de le dire. MARIE CHANTRAITEt vous reviendrez sur ce point. LAURENT NUNEZNous avons veillé à appliquer le protocole de 2022 dans le contexte budgétaire très contraint, soit 154 milliards d'économies. Le budget de l'Intérieur continue à progresser. On continue à investir dans l'immobilier, dans les véhicules, dans les hélicoptères, dans les moyens aériens pour la sécurité civile. Donc, on continue à investir. On applique d'ailleurs un certain nombre de mesures du protocole pour les ressources humaines. Effectivement, les policiers me demandent un effort supplémentaire. MARIE CHANTRAITLaurent Nunez, le 3 avril dernier, vous étiez à cette même place, face à moi. Je vous interrogeais sur la garde à vue terminée de Rima Hassan, l'eurodéputée de La France insoumise. A l'époque, à ce même micro, vous déploriez les fuites dans cette affaire. Sauf que selon nos confrères de France 2, du magazine Complément d'enquête, vous auriez contribué à ces fuites. Le ministre de l'Intérieur que vous êtes, en personne, a, en partie, contribué à la diffusion d'une fausse information, voilà ce qu'expliquent nos confrères, sur une supposée détention de drogue qui, en fait, n'a jamais existé. Rima Hassan porte plainte contre vous devant la CJR, la Cour de justice de la République, pour violation du secret de l'enquête. Lui présentez-vous vos excuses et répondrez-vous à la Cour de justice de la République ? LAURENT NUNEZNon, non, non. D'abord, je me suis exprimé là-dessus à l'Assemblée nationale, interrogé au moment de la commission spéciale sur la proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Moi, je me suis exprimé, j'ai expliqué le contexte de cette intervention, où j'ai été interrogé par des journalistes, que j'ai invité à la plus grande prudence, des journalistes qui avaient un certain nombre d'informations, qui étaient quand même, je trouve, assez troublantes. Je note d'ailleurs dans cette affaire qu'au début, La France insoumise m'a accusé, suite à cette diffusion, de ce documentaire de Complément d'enquête, d'avoir organisé ces fuites, puis après d'y avoir participé, maintenant c'est de les avoir commentées. Donc, j'attends le moment où La France insoumise va me présenter des excuses pour ce procès qui m'est fait et cette polémique totalement stérile. MARIE CHANTRAITJe pense qu'on en est loin. Ils demandent même votre... On en est très loin, je pense. LAURENT NUNEZOn en est loin. Quant à ce qui est de la plainte, évidemment, moi, je réponds à la justice de mon pays, pour laquelle, je suis très respectueux. MARIE CHANTRAITA ce moment-là, aucune demande d'audition n'a été formulée ? LAURENT NUNEZNon, non, non, non, non. Voilà. Donc, on me prête des propos que je n'ai pas tenus. J'ai incité à la prudence, comme toujours, sur ce genre d'affaire qui touche au secret des enquêtes. MARIE CHANTRAITLaurent Nunez, dernière question : êtes-vous persona non grata sur l'antenne de CNews avec vos propos suite à l'expulsion de Ksenia Fedorova ? LAURENT NUNEZCette information est sortie, pas de mon fait, je le regrette. Mais je devais effectivement aller commenter le mouvement des policiers, puisque j'avais reçu les policiers la veille, et commenter ce qu'on s'était dit, les avancées qu'il y avait eu. Et effectivement, j'avais été annoncé, j'ai été déprogrammé, me dit-on, parce qu'il y avait un programme présidentiel, il y avait un candidat qui... Il y avait un engagement qui avait été pris par la chaîne. Je regrette évidemment d'avoir été annoncé et déprogrammé. Bon, c'est comme ça. Je ne veux quand même pas croire que c'est parce que le ministre de l'Intérieur que je suis lutte et protège les intérêts fondamentaux de son pays qu'un média me déprogramme. Je ne veux pas l'imaginer 30 secondes. Je ne peux pas l'imaginer 30 secondes. Tout le monde est très attaché à la protection et à la défense des intérêts fondamentaux de notre pays. source : Service d'information du Gouvernement, le 22 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304685
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304685-laurent-nunez-21092026-cnews?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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