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18 septembre 2026 · Gouvernement · France Inter · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, ministre chargée de l'énergie, à France Inter le 18 septembre 2026, sur les carburants, les pêcheurs, les aides, les retraités et le budget

Maud Bregeon (auteur), Eva Roque (intervenant), Quentin Lafay (intervenant)

MAUD BREGEONBonjour à tous. QUENTIN LAFAYBonjour. EVA ROQUEMerci d'être sur France Inter ce matin. Nous avons beaucoup de questions à vous poser avant de parler du budget et des annonces du Premier ministre. Cette semaine a été marquée par des blocages de raffineries, des blocages de dépôts de carburant, par la mobilisation des pêcheurs, des rassemblements de gilets jaunes qui sont prévus notamment à Marseille, samedi. Et ce matin, à 10h30, Emmanuel Macron réunit à l'Élysée les chefs de parti et les candidats à l'élection présidentielle, avec un objectif : évoquer la dégradation rapide du contexte international et ses conséquences en France sur la sécurité et l'énergie. Mercredi, le président de la République demandait au Gouvernement une totale mobilisation sur l'approvisionnement et les prix des carburants. On a l'impression, on sent en tout cas une urgence inédite dans ce discours. Comment vous qualifiez, vous, aujourd'hui cette situation ? MAUD BREGEONÉcoutez, beaucoup de Français vivent une situation qui est très difficile. Très difficile, parce que les prix sont hauts. Très difficile, parce que cette situation dure depuis mars maintenant, et que petit à petit, l'usure se fait sentir sur le pouvoir d'achat, sur les fins de mois. Donc, je pense qu'il faut aborder, encore une fois, cette situation, ce contexte avec beaucoup de compréhension. Il faut aussi leur rappeler que cette situation ne tombe pas du ciel. C'est la conséquence directe de ce qui se passe au Moyen-Orient, du blocage du détroit d'Ormuz, dit autrement, de décisions prises par d'autres, ce qui nous ramène au coût de notre dépendance. Et pour autant, ces difficultés, elles sont bien là. On en parlera peut-être tout à l'heure, mais nous, on a fait le choix de ne laisser personne sur le carreau. Parce que les pêcheurs, on en parlait, les pêcheurs, le prix du carburant, c'est jusqu'à 20, 25% de leur chiffre d'affaires. Et donc, ça pèse sur leur activité, ça pèse sur leurs emplois, ça pèse sur leurs salaires. QUENTIN LAFAYLa situation aujourd'hui, concrètement, Maud Bregeon, c'est un choc pétrolier qu'on vit ? MAUD BREGEONC'est une crise énergétique. D'abord, parce que ça ne touche pas uniquement le pétrole ; ça touche les prix du carburant. Les Français le voient bien quand ils passent devant une pompe à essence. Ça touche le gaz, par exemple. Et donc, c'est sur l'ensemble de ces fronts, si je puis dire, qu'on se doit d'apporter des solutions ; dans un contexte budgétaire qui nous amène, particulièrement, lorsque vous êtes en responsabilité, à de la lucidité. QUENTIN LAFAYAlors, on l'a dit : aujourd'hui, Emmanuel Macron réunit à l'Élysée les chefs de parti et les candidats à l'élection présidentielle. Notamment un représentant du Rassemblement national, Jordan Bardella, et Marine Le Pen ont déclaré ce matin que la solution, c'était nécessairement de baisser les taxes sur le carburant. Il n'y a que cela à faire, dit-elle sur ICI Gironde. Est-ce que cela signifie qu'Emmanuel Macron est ouvert à ce type de propositions ? MAUD BREGEOND'abord, le président de la République, il a fait le choix, et ce n'est pas la première fois, de réunir les forces politiques pour échanger avec elles et leur transmettre les informations qui sont en sa possession sur la situation internationale. Parce que dans un moment exceptionnel, en démocratie, on estime normal que ceux qui représentent les Français, quelles que soient leurs sensibilités, puissent être informés. QUENTIN LAFAYDonc, c'est pour transmettre des informations ? Par pour s'inspirer des propositions des autres partis ? MAUD BREGEONUne fois qu'on s'est dit ça, on a fait un choix : c'est celui des aides ciblées. Plus de 1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise pour les pêcheurs, les agriculteurs, le secteur du BTP, les transports, pour les Français qui travaillent, pour les Français les plus précaires. On en parlera peut-être tout à l'heure, mais on continuera à le faire. On a annoncé la prolongation de ces aides jusqu'au 31 décembre. Et je peux vous dire ce matin que nous travaillons à un nouveau dispositif d'aide pour les Français qui travaillent à compter du 1ᵉʳ octobre. EVA ROQUEQuel type de dispositif ça pourrait être ? MAUD BREGEONEncore une fois, on aura l'occasion de préciser les modalités dans les jours à venir. Il y a un dispositif qui est le dispositif "grand rouleur", qui est en place jusqu'au 30 septembre : c'était 100 euros, pour 3 millions de Français. On voit que les difficultés perdurent. On a toujours dit qu'on adaptera les dispositifs en fonction d'une situation géopolitique qui évolue. De toute évidence, les prix restent hauts, ça peut durer plusieurs semaines, cela peut durer plusieurs mois, et donc, nous proposerons aux Français, encore une fois, avec l'objectif de ne pas laisser tomber les Français les plus précaires qui travaillent, pour les aider au quotidien. QUENTIN LAFAYÉdouard Philippe, que vous soutenez dans la campagne à l'élection présidentielle, propose, lui, le doublement des aides ciblées pour compenser la flambée des prix des carburants. Est-ce que c'est, par exemple, une option qui vous semble intéressante ? MAUD BREGEONEn tout cas, on se rejoint parfaitement sur la philosophie d'aides ciblée. QUENTIN LAFAYMais sur le doublement alors, est-ce que vous le soutenez ? MAUD BREGEONOn a augmenté, par exemple, les aides pour les pêcheurs. Vous savez qu'ils ont manifesté ces derniers jours. EVA ROQUE10 centimes, hein. MAUD BREGEONC'était 25 centimes. Ça passer à 30 centimes. Et ça sera indexé, en quelque sorte, sur l'évolution des prix du carburant. Si les prix du carburant augmentent, nous les aiderons davantage. Moi, je voudrais revenir sur ce que vous avez mentionné, sur la proposition de Madame Le Pen et de la baisse des taxes. Madame Le Pen, elle, propose la baisse des taxes sur l'énergie, sur tous les produits énergétiques, de 20 à 5,5%. Ça coûte 15 milliards d'euros. C'est plus que le budget de la justice. Pour que vos auditeurs comprennent. Avec quel argent Madame Le Pen finance les aides qu'elle propose ? Elle n'en a pas elle-même la moindre idée. Et puis, si je regarde de manière plus générale la philosophie qui est la sienne : quand on s'oppose au Gouvernement sur la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie, qui vise à sortir des énergies fossiles ; lorsqu'on demande la suppression des CEE, qui sont des contributions payées par les énergéticiens pour financer la transition énergétique vers l'électricité des particuliers. On a en fait une politique qui va à l'encontre de la sortie des dépendances aux énergies fossiles. QUENTIN LAFAYOn va en parler. MAUD BREGEONQuand Madame Le Pen propose de subventionner le gaz, le pétrole, mais d'arrêter les éoliennes et le photovoltaïque, elle promeut indirectement le gaz algérien, IR, le gaz russe, le GNL américain et le pétrole importé du Moyen-Orient. C'est extrêmement grave, et ça va à l'encontre des intérêts français. EVA ROQUEJe voudrais juste vous demander une petite précision, parce que vous évoquiez les aides ciblées, notamment pour les grands rouleurs, jusqu'au 30 septembre. Au-delà du 30 septembre, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que vous prolongez ces aides jusqu'à la fin de l'année, notamment ? MAUD BREGEONNous proposerons un nouveau dispositif d'aide à destination des Français qui travaillent. Le dispositif "grand rouleur" tel qu'il existe aujourd'hui fait partie des pistes étudiées. Il y en a d'autres. Encore une fois, on est dans une situation exceptionnelle et on s'adapte. Mais moi, je veux dire ce matin aux Français qui nous écoutent que nous ne les laisserons pas tomber. QUENTIN LAFAYSur le budget, Sébastien Lecornu a annoncé hier après-midi, dans un entretien au Figaro, un effort budgétaire de 54 milliards d'euros tout en garantissant, je cite, que les ministères de la Justice, de l'Intérieur, de la Recherche et de l’Écologie afficheront des crédits en hausse. Et il précise, je le cite : "Nous sommes très, très, loin de l'austérité". Ce n'est pas ce que pensent, ce que déclarent notamment les partis de gauche, comme La France insoumise, ou le Parti socialiste. Alors, est-ce qu'on est dans un état d'austérité, Maud Bregeon ? MAUD BREGEONEn tout cas, on est lucide. Ce n'est pas un budget d'austérité ou un budget de rigueur, comme ce que j'ai pu entendre ici ou là. En revanche, c'est un budget difficile dans une situation difficile, avec un contexte international qui s'impose à nous. Ce qui se passe au Moyen-Orient impacte l'économie internationale et impacte l'économie française. Ce que nous avons vécu cet été avec les sécheresses, qui impactent, encore une fois, les récoltes agricoles, pèse sur notre production de richesse, sur le pouvoir d'achat des Français. Et donc, face à ça, on est amené à prendre un certain nombre de décisions, à proposer un certain nombre de choix. On a un déficit qui, de toute évidence, en 2026, sera supérieur à 5%. On vise un déficit inférieur ou égal à 5% l'année prochaine. QUENTIN LAFAYC'était exactement le même objectif que vous aviez affiché l'an dernier. On a le sentiment, pardonnez-moi, en vous écoutant, que du fait de la situation internationale, du fait des sécheresses en France, vous subissez en permanence, et au fond, la réduction de ce déficit que vous appelez de vos vœux n'avance pas année après année. MAUD BREGEOND'abord, il y a une situation internationale qu'on ne maîtrise pas complètement. Mais il faut avoir l'humilité de le dire. Ce qui se passe au Moyen-Orient n'était pas parfaitement prévisible il y a 12 ou 14 mois. Les sécheresses de cet été et leur impact, leur amplitude, ce qu'on a vécu en Gironde et dans les Landes notamment, s'est également à nous. Donc, il est normal qu'on y fasse face. Il faut expliquer en quoi ça impacte l'économie française. Et ça amène des dépenses de crise. QUENTIN LAFAYMaud Bregeon, quand on regarde les dépenses qui augmentent sur le long terme, c'est d'abord et avant tout les dépenses de santé, les dépenses liées au système de retraites. Tout cela a peu à avoir avec la situation internationale et les sécheresses. MAUD BREGEONOui et non, puisque si vous regardez les dépenses de cette année, les aides pour le carburant, c'est 1,4 milliard, les aides déployées pour les agriculteurs suite à ce qu'on a vécu cet été, c'est 1,3 milliard. Ça pèse dans le budget de l'État. Et donc, on va avoir à faire des choix pour, effectivement, réduire ce déficit. Pourquoi est-ce qu'on veut réduire ce déficit ? Pas par dogmatisme, mais parce que c'est ce qui nous permet, d'une part, à long terme, d'investir dans les secteurs tels que l'école, la sécurité, la santé, vous en parliez. Et puis, ce sont des choix qu'on fera ensemble avec les parlementaires. Nous, nous avons un cap, nous avons une doctrine, j'espère qu'elle sera partagée. Ce n'est pas l'augmentation d'impôts : c'est la stabilité fiscale. EVA ROQUEAlors, parmi les choix que vous faites, 2,5 milliards en moins au ministère du Travail, qu'est-ce qui disparaît ? MAUD BREGEONLà, encore une fois, ce sera précisé dans les jours et dans les semaines à venir. Je ne vais pas présenter le budget avant que ce soit le cas lors du Conseil des ministres de début octobre. Mais c'est un effort qui est important, qui est demandé à l'ensemble des ministères. Au total, il faudra une stabilité sur le budget des ministères entre l'année 2026 et l'année 2027. Il y a des ministères qui sont mis à contribution. Le ministère du Travail est un exemple. Vous savez qu'on a fait une réforme, en lien avec les partenaires sociaux, de l'assurance chômage, sur les ruptures conventionnelles, qui rapportera plusieurs centaines de millions d'euros l'année prochaine. Je voudrais aussi dire ici qu'il y a des budgets qui sont préservés. Et c'est important. Je voudrais en citer notamment deux. L'apprentissage, ça concerne le travail, ça concerne les jeunes : les crédits à l'apprentissage seront préservés. Et je cite un deuxième sujet qui est important, c'est le Fonds vert. Après ce qu'on a vécu cet été, le Fonds vert sera en augmentation. Et donc, c'est ça un budget, aussi : c'est faire des choix dans l'investissement pour les travailleurs, dans les secteurs d'avenir. QUENTIN LAFAYEt parmi les choix que vous faites, 6 milliards d'euros d'efforts devraient être portés par les retraités. Qu'est-ce que vous allez leur demander concrètement aux retraités ? MAUD BREGEOND'abord, ce que je veux leur dire ce matin, c'est que les retraités ne seront pas la vache à lait ou le bouc émissaire de ce budget. QUENTIN LAFAYQu'est-ce que ça veut dire, ça, concrètement ? MAUD BREGEONIl y a un débat qui me met un peu mal à l'aise, et qui s'est installé depuis quelques semaines, consistant à faire croire aux retraités qu'ils porteraient l'effort central de ce budget. QUENTIN LAFAY6 milliards d'euros, en l'occurrence. MAUD BREGEONEt qu'ils seraient, au fond, désignés, par le Gouvernement ou d'autres, comme une cible. Ce n'est pas le cas. Les retraités, certains, pas tous, notamment pas les retraités les plus modestes, seront probablement, dans la copie présentée par le Gouvernement, amenés à contribuer à l'effort national, à l'effort globale. QUENTIN LAFAYMais de quelle façon ? Par la désindexation des retraites sur l'inflation ? Par quel moyen, concrètement, contribueront-ils ? MAUD BREGEOND'une part, ils ne seront pas les seuls. D'autre part, ils ne porteront pas l'effort central. L'effort central sera porté par l'État. QUENTIN LAFAYD'accord. Mais comme on parle des retraités, alors. MAUD BREGEONVous citiez par exemple le ministère du Travail. Il y a différentes pistes qui sont encore à l'étude, là, encore une fois, qui seront précisées. Vous savez que ce budget, il est présenté et déposé au Parlement début octobre. Nous sommes le 17 ou le 18 septembre. Donc, il y a encore un cheminement à porter. David Amiel, le ministre de l'Action et des Comptes publics, est en lien avec les formations politiques pour trouver le dispositif, encore une fois, le plus adéquat, mettre le curseur au bon endroit. Mais je crois que chacun comprend aujourd'hui que, face aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés, la question centrale, au fond, c'est celle de la répartition de l'effort. Il y a les retraités, il y a les entreprises, il y a les actifs. Est-ce qu'on estime normal que les actifs supportent l'ensemble de l'effort au détriment des autres ? Probablement pas. Est-ce qu'on estimerait normal que les entreprises supportent l'intégralité de l'effort au risque de mettre en péril l'emploi et la production de richesses ? Non plus. Et donc, c'est cette équation qu'il faut qu'on arrive à résoudre. QUENTIN LAFAYL'autre question centrale, Maud Bregeon, concerne la méthode et les voies et moyens de faire voter ce budget. Là aussi, comment est-ce que vous y prendre, très concrètement ? On a vu que la gauche était vent debout contre ce budget. Marine Le Pen et le Rassemblement national, on ne sait pas encore s'ils le voteraient. Alors, voilà, quelle sera la méthode et la voie de passage ? MAUD BREGEOND'abord, ce qu'on proposera, ce sera une copie de départ, pas un point final. On discutera. Il y aura des semaines au Parlement ou à l'Assemblée nationale et au Sénat, comme on l'a vécu l'année dernière. Nous prendrons tous le temps nécessaire. Il n'est pas question d'imposer brutalement un 49.3 dès les premières semaines de débat. Nous prendrons tout le temps nécessaire pour discuter avec les forces politiques. QUENTIN LAFAYCe n'est pas ce que veut dire le Premier ministre, qui incite notamment, de manière indirecte, la France insoumise, à aller un peu vite, à ne pas discuter trop longtemps. Il utilise le terme d'obstruction parlementaire. Il aimerait éviter l'obstruction parlementaire. MAUD BREGEONLe Premier ministre, au contraire, dit la chose suivante : il dit "Nous prendrons tout le temps nécessaire, nous souhaitons aller au vote". Pour ça, bien sûr, il faut que le dépôt, ce qu'on appelle le dépôt d'amendements, que les débats puissent se tenir dans les temps impartis. Vous savez que tout ça est jalonné : vous avez 70 jours pour le projet de loi de finances et 50 pour le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. À la fin, ce que je veux vous dire, sans rentrer dans des débats de procédure qui n'intéressent probablement pas beaucoup vos auditeurs, nous présenterons une copie de départ, nous sommes ouverts à la discussion avec toutes les forces politiques qui souhaitent trouver un compromis. Ce n'est pas dans l'intérêt des Français de priver ce pays d'un budget l'année prochaine. Ce n'est pas dans l'intérêt des partis politiques. QUENTIN LAFAYDonc, l'objectif, c'est : pas d'ordonnance, pas de 49.3 ? MAUD BREGEONCe n'est pas dans l'intérêt des candidats à la présidentielle. Je vous renvoie vers le rapport de l'Inspection générale des finances, qui expliquait qu'en l'absence de budget, c'est 15 milliards d'euros que coûterait cette absence de budget, pardonnez-moi, à la France, et un déficit qui avoisinerait les 6%. Voilà. C'est ça qui est en jeu. EVA ROQUECe que vous dites fait évidemment réagir nos auditeurs et nos auditrices. On a notamment un message de Jean-Baptiste sur l'application de Radio France qui nous dit : "Est-ce que le réchauffement climatique n'est pas plus urgent que la dette ?". MAUD BREGEONLa lutte contre le réchauffement climatique passe en partie par des mesures de soutien, des mesures budgétaires. Et tout ça se réfléchit dans le cadre des discussions qu'on a en ce moment. Donc, je crois que l'un ne s'oppose pas à l'autre. Quand on décide par exemple d'augmenter le Fonds vert à hauteur de plus d'un milliard d'euros l'année prochaine pour adapter les écoles, pour adapter, encore une fois, tous les dispositifs qu'on a besoin de mettre en place, c'est une réponse concrète à la question qui est posée. QUENTIN LAFAYUn mot, Maud Bregeon, sur la campagne, évidemment. Dans son interview au Figaro hier, Sébastien Lecornu déclarait que ceux qui souhaitent participer activement à une campagne devront partir. Vous avez déclaré soutenir Édouard Philippe. Alors, est-ce que vous allez partir ? MAUD BREGEONAlors, d'abord, vous savez, en politique, on n'est jamais propriétaire de son mandat, et encore moins de son portefeuille ministériel. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que, comme l'ensemble de mes collègues… QUENTIN LAFAYQuelque chose va partir, en revanche, s'agissant justement du poste ministériel. MAUD BREGEONJe vous réponds. D'abord, on n'est pas propriétaire ni de son mandat, ni de son portefeuille ministériel. Donc, il faut être extrêmement humble. Ensuite, j'ai fait un choix : je souhaite soutenir Édouard Philippe, parce que je considère que, sur votre plateau, d'ailleurs, c'était ici même, je considère que c'est le plus à même de mener le pays dans la bonne direction, de rassembler notre famille politique, celle de la droite et du centre. Parce que je pense que le combat contre un second tour RN-LFI n'est pas juste un sujet de parti. Ça concerne l'avenir du pays. Quand on aime la politique, quand on aime l'État, on se doit de s'intéresser à ce sujet-là. Et ce n'est pas contradictoire avec ce qu'on fait au Gouvernement. Ça ne m'empêche pas, comme je le fais ce matin, comme je le fais chaque jour, de porter mes dossiers, de travailler sur les sujets énergétiques, sur les sujets de porte-parole. QUENTIN LAFAYDonc, vous ne suivrez pas la demande du Premier ministre ? MAUD BREGEONDonc, je n'aurai pas de rôle opérationnel dans la campagne, et je pense que Sébastien Lecornu a raison de poser des règles, encore une fois, parce que ce n'est pas la même chose d'être ministre, d'être parlementaire, ou d'être militant. Pour autant, j'estime que ce qui se joue l'année prochaine, c'est l'avenir du pays, et que l'avenir du pays, c'est plus grand que nous. EVA ROQUEAlors, justement, vous êtes membre de Renaissance, le parti de Gabriel Attal. Ce dernier propose un vote pour départager les deux candidats, ce qu'Édouard Philippe refuse. Plus de 200 élus réclament une primaire ouverte de la droite et du centre. Est-ce que cette guerre entre Gabriel Attal et Édouard Philippe n'a pas duré trop longtemps ? Pourquoi mettez-vous autant de temps à choisir votre candidat ? MAUD BREGEONMoi, je considère qu'elle dure trop longtemps. EVA ROQUEIl faut choisir. Il faut choisir. C'est ça. MAUD BREGEONJe considère que le rassemblement créera notre force et créera de la dynamique, et que le plus tôt, il arrivera, le mieux ce sera. QUENTIN LAFAYDonc, attendre l'hiver pour les départager, c'est bien déjà trop tard ? MAUD BREGEONJe l'ai toujours dit : je pense qu'Édouard Philippe est aujourd'hui, indéniablement, le mieux placé pour rassembler nos familles politiques, pour rassembler les Français, pour rassembler les Français de droite, de gauche, du centre, les Français qui doutent. Il parlait hier de transition écologique, par exemple, un sujet qui est important, je crois, dont on en a parlé ce matin. Voilà. Donc, ensuite, si les débats doivent perdurer un peu, qu'ils perdurent. Mais je le redis : il y a un risque majeur. Ce risque, c'est celui de laisser aux Français le choix d'un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise. QUENTIN LAFAYGabriel Attal a déclaré, Maud Bregeon, qu'il avait le sentiment d'être le seul aujourd'hui à faire campagne. Est-ce que vous avez le sentiment, vous-même, qu'Édouard Philippe ne fait pas campagne actuellement ? MAUD BREGEONCe n'est pas mon impression. Mais encore une fois, je n'ai pas à commenter les sentiments de Gabriel Attal. QUENTIN LAFAYNon, mais comment qualifiez-vous la campagne d'Édouard Philippe ? C'est une campagne discrète, c'est une campagne de soutien ? On n'a pas le sentiment, effectivement, qu'il est toujours aux avant-postes de cette campagne. MAUD BREGEONÉcoutez. Moi, je vois un homme d’État qui, sujet par sujet, département par département, rencontre après rencontre, et ce non pas depuis quelques semaines, mais depuis des mois, pose une vision, déroule petit à petit son programme. Vous savez, une campagne, c'est long, ça va prendre du temps. Les Français commencent à s'y intéresser. Et moi, je sais à quel point il est, encore une fois, motivé, ou, en tout cas, pleinement déterminé à porter les idées qui sont les siennes. Mais comme, je crois, tous les candidats, et en fait, c'est sain, y compris ceux avec qui je ne suis pas d'accord, ça fait partie d'un moment démocratique important. EVA ROQUELà, vous avez raison : c'est que les Français s'intéressent effectivement à cette campagne. On le voit au nombre de messages qu'on reçoit ce matin. Dans les mesures que vous avez annoncées, du moins que Sébastien Lecornu a annoncées, il a évoqué le gel du point d'indice des fonctionnaires, on a une réaction d'Anne-Marie, qui nous demande, par exemple : "Certains fonctionnaires ne pourront plus aller travailler. Est-ce que vous avez conscience du salaire des catégories C ? S'ils ne peuvent plus mettre d'essence dans leur voiture, comment feront-ils ?". MAUD BREGEONIl y a deux choses. D'abord, je le redis, le soutien au carburant, l'aide grand rouleur, ces dispositifs-là seront d'une manière ou d'une autre prolongés après le 30 septembre. Ensuite, on a parfaitement conscience de l'effort qui est demandé avec cette proposition, qui n'est qu'une proposition du gel du point d'indice des fonctionnaires. Ça nous ramènera au débat parlementaire. Tout effort est difficile à supporter. Et on en a bien conscience. Pour autant, il y a cette nécessité absolue, dans un contexte économique, dans un contexte géopolitique, très difficile, d'arriver à réduire progressivement ce déficit. Et c'est le débat qu'on aura au Parlement. Tout ça n'est pas figé. QUENTIN LAFAYTout ça n'est pas figé, mais c'est tout de même une proposition politique du Gouvernement que de geler ce point d'indice des fonctionnaires. Donc, c'est bien un choix. Vous décidez de faire porter cet effort sur les individus, les particuliers, plutôt que sur les entreprises, par exemple, qui, elles, verront, c'est encore une proposition, leur niveau de fiscalité diminuer dans ce budget. MAUD BREGEONEt vous verrez que dans quelques semaines, on nous reprochera de trop faire contribuer les entreprises. La surtaxe d'impôt sur les sociétés, qui devait être exceptionnelle, sera en partie prolongée à hauteur de 4,5 milliards d'euros. C'est une somme importante qui ne concerne, par ailleurs, que 300 grandes entreprises. Donc, c'est une somme importante, répartie sur un petit nombre d'entreprises. Les entreprises contribueront, et vous le verrez, à ce budget. Nous proposerons une contribution, qu'on estime acceptable, des retraités. Nous proposons une contribution, qu'on estime acceptable, dans la fonction publique. Et nous, je le redis, commencerons, d'abord et avant tout, par baisser les dépenses de l'État. Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304664
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304664-maud-bregeon-18092026-france-inter-carburant-pecheurs-retraites-budget?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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