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23 septembre 2026 · Gouvernement · Public Sénat · discours Discours

Interview de M. Sébastien Martin, ministre délégué, chargé de l'Industrie, à Public Sénat le 23 septembre 2026, concernant l'impact de la hausse des prix du carburant sur l'industrie, les aides de l'État, les raffineries, les batteries électriques et la

Sébastien Martin (auteur), Oriane Mancini (intervenant), Julien Lecuyer (intervenant)

ORIANE MANCINILa hausse des prix du carburant impacte-t-elle l'industrie ? La situation économique peut-elle s'aggraver ? On va vous poser ces questions. Sébastien Martin, bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le ministre délégué chargé de l'Industrie. Interview en partenariat avec la presse régionale, représentée ce matin par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien. JULIEN LECUYERBonjour Oriane. Bonjour, Monsieur le ministre. SEBASTIEN MARTINBonjour. ORIANE MANCINILe Gouvernement a donc annoncé hier de nouvelles aides pour faire face à la hausse des prix du carburant, des aides nouvelles, des aides élargies aussi, des aides prolongées. Est-ce que vous pensez vraiment qu'elles seront suffisantes pour calmer la colère des Français ? SEBASTIEN MARTINBah écoutez, en tout cas, elles sont utiles et nécessaires. Elles sont utiles et nécessaires parce qu'effectivement, quand vous passez à la pompe et que votre plein parfois dépasse les 120 euros, eh bien on a forcément non seulement un sentiment de choc, d'une part, et d'autre part aussi, c'est une atteinte au pouvoir d'achat de nombre de nos concitoyens. Donc, la reconduction et l'élargissement, par exemple, de la prime grand rouleur, c'est une aide très claire et très directe au pouvoir d'achat de nos concitoyens. Il faut regarder un peu. D'ailleurs, vous savez, cette prime de grand rouleur, lorsqu'elle a été mise en place, moi, j'ai regardé sur six mois ce que ça voulait dire. Finalement, quand vous touchez un chèque de 100 euros, je rappelle qu'effectivement le prix du carburant, il a augmenté, il a baissé, il a augmenté sur les six derniers mois. Grosso modo, cette aide de 100 euros pour quelqu'un qui fait son plein sans-plomb 95 deux fois par mois, 100 euros, ça a couvert la moitié de la hausse du carburant. Là, on remet 100 euros uniquement pour trois mois. Donc cela veut dire que cela va couvrir quand même, je ne sais pas quel sera le prix de l'essence demain, je ne sais pas, mais ça couvrira quand même une grande partie de la hausse du carburant que l'on a constatée depuis l'avant-crise. Donc ça, c'est quand même quelque chose d'important et puis ensuite, vous voyez, on regarde profession par profession. ORIANE MANCINIC'est une aide qui n'est pas adressée à tous les Français, c'est à dire qu'il y a des Français qui travaillent, des classes moyennes qui ne sont pas éligibles à cette aide. SEBASTIEN MARTINOn a aujourd'hui effectivement des aides ciblées, c'est-à-dire jusqu'à 2 000 euros, un peu plus de 2 000 Euros net, quand vous êtes seul, quand vous êtes un ménage à deux, c'est à peu près 4 000. Et puis quand vous êtes un ménage avec deux enfants, c'est à peu près 6 000 euros net. Donc ça veut dire quand même qu'on étend le dispositif aux classes moyennes. JULIEN LECUYER5,5 millions millions de personnes en déca, et d'autres pays ont fait le choix de baisser les taxes. C'est notamment le cas de l'Allemagne. Pourquoi la France ne réussit pas à faire la même chose ? SEBASTIEN MARTINVous avez vu les propositions sur les baisses de taxes ? Moi je veux bien. Tous ceux qui nous proposent les baisses de taxes, c'est les mêmes qui, dans le même temps, vont nous expliquer que les finances publiques dérapent, donc avec des coûts qui peuvent être démesurés. JULIEN LECUYEROn n'a pas les moyens, c'est ça que vous dites ? SEBASTIEN MARTINCe n'est pas qu'on n'a pas les moyens, c'est que je pense qu'il faut passer un peu d'une logique d'euro facile à une logique d'euros utiles. Et la logique d'euros faciles qui consiste à aider absolument tout le monde exactement de la même manière, y compris les personnes qui arrivent à passer ce moment et qui ont les moyens de passer ce moment, ou qui peuvent s'organiser parce qu'ils n'ont pas l'obligation de prendre leur voiture tous les jours, notamment pour aller travailler, parce qu'on a fait ce choix. Mais gouverner, c'est choisir et on a fait le choix d'aider en priorité les gens qui sont dans l'obligation d'utiliser leur voiture pour aller travailler, car effectivement, nous ne faisons pas le choix… ORIANE MANCINIVous pensez que c'est entendable par les Français qui ne bénéficient pas des aides, mais qui sont des classes moyennes, qui ne sont pas non plus des Français ultra-riches, mais qui voient qu'il y a 60 % de taxes, que nos voisins baissent les taxes et à eux on leur dit : "Vous, vous avez les moyens de payer". SEBASTIEN MARTINParce que si on fait le choix de baisser les taxes de manière indistincte, nous aidons tout le monde exactement de la même manière. Je croyais entendre que la politique du quoi qu'il en coûte aujourd'hui n'était pas la politique non plus qui était forcément souhaitée. Donc on a fait un autre choix. Je ne souhaite pas la politique des aides généralisées, qui touchent aussi les gens qui ont largement les moyens d'absorber cela. Ce n'est pas juste. Donc, on fait aussi un dispositif qui va vers les Français qui en ont le plus besoin, là où la solidarité nationale doit s'exprimer clairement. Et puis, pour ceux qui ont les moyens de passer cette crise, qui ont les moyens de ne pas utiliser leur voiture et qui ne sont pas en situation de l'avoir à utiliser pour aller au travail, eh bien, pour ceux-là, on considère qu'ils peuvent peut-être faire un petit effort. JULIEN LECUYERMonsieur le ministre, est-ce qu'il y aura des mesures spécifiques pour votre secteur ? Vous êtes ministre de l'Industrie, il y a des sites électro-intensifs comme la métallurgie, la chimie, les imprimeries qui réclament beaucoup d'énergie. Est-ce qu'ils vont recevoir une aide ? SEBASTIEN MARTINLors du premier plan d'aide qui avait été annoncé à la fin du printemps, au printemps dernier, on a annoncé notamment, pour le secteur de la chimie, le secteur de la chimie, qui est un secteur qui est, comme vous l'avez dit, très consommateur d'énergie, un plan spécifique, une aide spécifique autour de 150 millions d'euros pour ce secteur de la chimie. Je passe sur les détails. Ça s'appelle un mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone, qui est une aide directe à l'achat d'énergie pour ce secteur de la chimie, parce que le secteur de la chimie est fragile. Sur le continent européen, aujourd'hui, les plateformes industrielles chimiques tournent, allez, entre 50 et 60% de leur capacité. Elles ont été frappées, elles sont toujours frappées d'ailleurs, d'une concurrence asiatique extrêmement agressive et c'est toujours le cas. Ce dispositif de 150 millions d'euros d'aides, le guichet vient juste d'être ouvert. Il y a une semaine ou dix jours, et elle permet aux sites industriels chimiques d'en bénéficier. ORIANE MANCINIAllez-y. JULIEN LECUYERJe rebondis simplement sur la question de l'approvisionnement parce qu'on a vu des pénuries d'essence dans certaines stations. On se pose, on peut se poser la question de savoir si on va avoir suffisamment d'énergie aussi durant l'hiver. Est-ce que vous, vous pouvez nous confirmer qu'il n'y aura pas de pénurie ? SEBASTIEN MARTINAlors, le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, l'a confirmé hier : nous n'avons pas de problématique d'approvisionnement pour les mois qui viennent. Cela a été redit hier par Roland Lescure à l'occasion de la conférence de presse. Il est vrai qu'on a vu des stations-service. ORIANE MANCINIOn n'en met pas parce qu'on a entendu effectivement cette phrase, Sébastien Martin. Roland Lescure, il dit : "On a une prévisibilité sur deux mois". Sur les deux mois qui viennent, il n'y a pas de problème d'approvisionnement. On regarde la une de L'Est Républicain, par exemple, ce matin, c'est une file interminable de voitures à la pompe avec ce titre "Carburant : de plus en plus de ruptures". Qu'est-ce que vous leur dites à ces Français ? Il n'y a pas de problème d'approvisionnement ? SEBASTIEN MARTINJe leur dis simplement : je vais donner quelques explications. Vous savez très bien qu'il y a une grande marque de distribution qui s'appelle, par exemple, Total, qui plafonne ses prix, et il est certain que la plupart des ruptures sont plutôt situées dans des stations Total, puisqu'elles ont des prix plafonnés, et plus bas. Chez moi, à Chalon-sur-Saône dimanche soir, effectivement, les deux stations Total, il n'y avait plus d'essence parce que, d'abord, elles ne sont pas approvisionnées pendant le week-end. Et ce qui se passe, c'est qu'effectivement, tant qu'on n'a pas réapprovisionné, en général le lundi, eh bien ces stations sont très vite prises d'assaut, entre guillemets, par les automobilistes. Mais l'approvisionnement en matières, que ce soit de pétrole brut ou des matières raffinées, aujourd'hui, il est assuré pour un pays comme la France. JULIEN LECUYERLe plafonnement des prix chez Total, encore une fois, La France insoumise propose de bloquer les prix. Vous vous dites non, on a du mal à comprendre pourquoi. SEBASTIEN MARTINMoi je veux bien qu'on impose de bloquer les prix à quelqu'un qui les bloque déjà. JULIEN LECUYERNon mais attendez, la France insoumise dit Total, mais elle le dit à tout le monde. SEBASTIEN MARTINAllons au bout du raisonnement deux secondes. Bloquons les prix pour tout le monde. D'abord, je précise en fait, Total en France vend à perte. Donc, si je fais ça, nous faisons la même chose pour tout le monde, je me mets à la place de la petite station-service qui est en milieu rural. Je m'éloigne un peu des villes, mais la petite station-service qui est en milieu rural, qui ne fait pratiquement pas de marge et à qui vous allez dire demain : "Vous vendez à perte", qu'est-ce qu'elle fait ? Elle s'arrête, elle s'arrête. JULIEN LECUYERTout n'est pas pris sur la marge de la station d'essence, il y a une partie qui est prise par l'Etat. SEBASTIEN MARTINLes ruptures d'approvisionnement, les prix qui sont administrés, moi, ça me rappelle bien certaine économie post-1989, mais en général ça aboutit plutôt à des catastrophes économiques. Donc on va essayer de faire les choses de manière raisonnable. On a un grand, un grand opérateur qui joue le jeu. On a une surveillance des marges qui est extrêmement attentive. Roland Lescure l'a encore appelé hier. Et troisième élément, on a toujours un décret qui est prêt à être sorti si les gens se comportaient mal en matière de marges et de marges abusives. Le Premier ministre l'a rappelé et Roland Lescure l'a encore rappelé hier. Donc, aujourd'hui, on a un système, qui est en terme d'approvisionnement... ORIANE MANCINIDonc, le carton rouge, il est dans la poche, et vous être prêt à le sortir. SEBASTIEN MARTINLe carton rouge, il est prêt à être sorti. Mais, en tout cas, le système, en termes d'approvisionnement, ne pose pas de difficultés majeures, sauf sur certaines stations qui parfois sont très tendues. ORIANE MANCINIUn mot sur les raffineries qui tournent actuellement à plein régime. Le problème, c'est qu'il n'y a plus que six raffineries dans le pays. Il y en avait 24 dans les années 70, 160 millions de tonnes de produits raffinés produits à l'époque, 58 millions aujourd'hui. Est-ce que notre dépendance vient aussi de mauvais choix ? Est-ce qu'on n'a pas trop tardé à prendre conscience de notre souveraineté ? Est-ce que finalement on paye aujourd'hui une forme de mondialisation heureuse ? SEBASTIEN MARTINIl y a certaines raffineries qui, effectivement, se sont délocalisées, sont parties ailleurs, on le sait très bien. Et finalement, la raffinerie, c'est de la chimie. Donc tout à l'heure, quand je vous parlais de la question de la chimie, on voit bien la fragilisation de ce secteur. C'est vrai qu'à court terme, on peut effectivement s'interroger. Maintenant, si on voit les choses à un petit peu plus long terme sur ces questions-là de raffineries, on ne peut pas, dans le même temps, si vous voulez, se dire qu'il faut essayer de sortir d'une dépendance aux énergies fossiles comme celle-là et se dire : "On pourrait toujours avoir 24 raffineries." Il y a aussi quelque part une question de cohérence dans la trajectoire. On a besoin de raffineries, notamment parce que, y compris pour la chimie, il y a certaines molécules qui sont issues de ces raffineries. JULIEN LECUYERIl y a un problème de liaison, c'est-à-dire qu'en fait les raffineries, elles ont disparu trop vite par rapport à l'émergence de l'électrification. SEBASTIEN MARTINLa vérité, c'est qu'il y a un problème d'absorption de choc. Avant le choc du détroit d'Ormuz, je ne vous ai pas entendu faire un papier sur le fait qu'il y avait six raffineries en France. Bon, sauf que là, aujourd'hui, on est face à un choc majeur auquel il faut essayer de s'adapter. Donc, il y a des raffineries auxquelles on demande de produire plus, notamment à Notre-Dame-de-Gravenchon, pour essayer de produire plus, de s'adapter et essayer de trouver les solutions. ORIANE MANCINIMais pardon, pour dire plus, elles peuvent encore produire plus, elles ne sont pas, elles tournent à plein régime aujourd'hui, ces raffineries ? SEBASTIEN MARTINElles peuvent encore produire un peu plus que ce qu'elles ne font puisque… Parce qu'on a tendance à oublier qu'un outil industriel, vous n'appuyez pas sur le bouton et puis, du jour au lendemain, comme ça, il double sa production. Donc, il y a une montée en puissance de cette raffinerie et avec des volumes supplémentaires qui en sortent. Mais tout ça prend un peu de temps quand même, parce qu'un outil industriel tel que c'est, du jour au lendemain, vous ne pouvez pas sur le bouton et vous ne doublez pas votre volume. JULIEN LECUYERUne question sur… puisqu'on parlait de l'électrification, nous, on a un dossier dans les Hauts-de-France qui commence à inquiéter. SEBASTIEN MARTINBelle région industrielle. JULIEN LECUYERBelle région industrielle, je vous rejoins totalement là-dessus. Il y a la start-up Tiamat qui était censée créer une usine sodium-ion près d'Amiens pour créer des batteries. Finalement, ce projet n'a pas lieu faute de financement et j'allais dire que c'est un nouveau signal d'alerte quand même sur la filière des batteries. Parce qu'on a aussi Vercor qui a des soucis de production. On a une autre entreprise qui s'est installée aussi dans le Nord, qui a renoncé à des projets de gigafactories en Allemagne et en Italie. Est-ce qu'il n'y a pas des inquiétudes à avoir sur cette vaste stratégie de la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France ? SEBASTIEN MARTINIl y a trois ans, on ne produisait pas une batterie en France. Il y a trois ans, on a l'impression que c'était il y a longtemps. On a l'impression que c'est il y a longtemps qu'on a des gigafactories en France. Mais il y a trois ans, on ne produisait pas de batterie en France. On a une filière qui émerge. Donc quand vous avez une filière qui émerge, au début, c'est difficile parce qu'il faut apprendre la technologie, parce qu'il faut implanter un process industriel, parce qu'effectivement, au début, c'est l'expression, vous consommez. Certains disent : vous brûlez du cash. JULIEN LECUYERMais la question, c'est surtout de savoir si la France est en capacité de rattraper son retard sur la Chine. SEBASTIEN MARTINVous avez raison, c'est la bonne question. Et vous savez, les Chinois, ils ont mis quinze ans à apprendre à savoir faire des batteries. Pour moi, il n'y a aucune raison, au regard, un, de la qualité de nos ouvriers en France et de la qualité de nos ingénieurs en France, qu'on mette quinze ans à apprendre à savoir faire des batteries JULIEN LECUYEREux, ils prennent de l'avance, donc ils ont quinze ans toujours d'avance sur nous pour l'instant. SEBASTIEN MARTINOui, mais ça, ça s'appelle le discours qui refuse de se battre. La vérité, c'est que je ne vois pas pourquoi nos salariés, nos ingénieurs français ne seraient pas capables de faire ce qu'ont réussi à faire les Chinois. Ils ne sont pas plus bêtes, ils ne sont pas moins compétents. ORIANE MANCINIOui mais ce que dit Julien, c'est qu'on aura toujours un train de retard. SEBASTIEN MARTINNon, c'est ce qu'on veut dire, c'est que... On reviendra toujours à la question européenne Ce que ça veut dire c'est que pour des filières émergentes comme celle-là, qui sont absolument indispensables à notre tissu industriel européen et notamment notre tissu industriel automobile, on a besoin, pendant la période où elles émergent, d'avoir les mesures nécessaires d'accompagnement. Et c'est ce qu'a fait le Gouvernement avec France 2030. En 2030, on a mis des moyens financiers. Maintenant, il y a un dispositif au niveau européen qui a annoncé le vice-président, Stéphane Séjourné. Ça s'appelle le Battery Booster, c'est-à-dire que l'Union européenne va mettre 1,5 milliard sur la table pour accompagner ces gigafactories qui ont besoin de traverser ce moment. Parce qu'en fait, on est dans un moment d'apprentissage de la technologie et il faut accepter que les Chinois nous apprennent. C'est ça, la vérité. Mais remarquez, il y a 20 ans, on a appris aux Chinois à faire des choses, donc maintenant on va faire en sorte d'apprendre un certain nombre de choses et de passer un moment qui est la montée en puissance de cette industrie. ORIANE MANCINIUn mot juste sur le financement parce qu'il y avait hier David Amiel aussi à cette conférence de presse, 450 millions d'euros, c'est le montant annoncé de ces aides. Juste, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur la manière dont c'est financé ? SEBASTIEN MARTINDavid Amiel l'a très bien expliqué sur l'enveloppe globale qui a été décidée au printemps de 1,4 milliard. Il y a eu ce qu'on appelle beaucoup de gens qui n'y ont pas eu recours. Voilà, vous voyez, tout à l'heure, vous m'interrogez sur le fait : est-ce que c'est assez ? Est-ce que ce n'est pas assez ? Il y a aussi des Françaises et des Français, alors peut-être certains considèrent que c'est trop compliqué. C'est pour ça qu'on simplifie le guichet d'accès à la prime grand rouleur. Ceux qui ont déjà bénéficié de la prime grand rouleur vont bénéficier automatiquement. Vous n'avez rien à faire, si vous avez déjà bénéficié de la prime grand rouleur, vous allez automatiquement recevoir la nouvelle prime grand rouleur. Mais il y a aussi sans doute une partie des gens à qui, voilà, sans doute par esprit civique, se dire : "Moi, j'y arrive, je ne suis peut-être pas obligé d'aller demander à l'État un chèque". ORIANE MANCINIMais donc les financements, il repose sur le nombre. Qu'est-ce que vous faites pour que tout le monde ait droit à ces aides ? SEBASTIEN MARTINDonc, on était sur 1,4 milliard. Aujourd'hui, on a un besoin de financement qui est estimé à peu près 450 millions d'euros. Et les choses ont été très claires, soit ça tient dans cette enveloppe d'un milliard quatre, soit nous irons trouver quelques économies ailleurs dans les ministères. C'est assez simple. C'est comme ça qu'on a fonctionné jusqu'à présent et qu'on fonctionnera encore jusqu'à la fin de l'année 2026. Et après, je vous rappelle qu'il faut qu'il y ait un budget qui soit voté pour pouvoir mobiliser des aides. Et là, il reviendra aux parlementaires de le voter. ORIANE MANCINISur le non-recours, est-ce que ceux qui n'y ont pas eu recours et qui hier se rendent compte qu'il aurait pu y avoir un pouvoir ou pas le droit, ils vont pouvoir ? SEBASTIEN MARTINAh oui. ORIANE MANCINIEt de manière rétroactive ou pas ? SEBASTIEN MARTINNon. Quand vous rentrez dans le nouveau dispositif, à partir de maintenant, vous faites un dépôt, vous déposez votre dossier et vous pouvez bénéficier de l'aide grand rouleur. JULIEN LECUYERJ'ai une petite question, puisque demain... SEBASTIEN MARTINJe rappelle que c'est à partir de 8 000 kilomètres par an. JULIEN LECUYEROui, c'est ça, 15 kilomètres par jour de domicile-travail. Demain, le président de la République va s'exprimer, il va reparler des menaces hybrides. Moi, je voulais vous entendre sur le plan de protection des infrastructures. SEBASTIEN MARTINVous savez exactement ce que va dire le président de la République ? JULIEN LECUYERIl va en reparler. S'il ne parle pas de la situation internationale. SEBASTIEN MARTINIl va parler de la situation internationale, je pense… JULIEN LECUYEROui, je pense qu'on devrait être là-dessus et notamment. SEBASTIEN MARTINC'est d'ailleurs le rôle du président. JULIEN LECUYERSur les menaces hybrides. Est-ce que vous savez nous dire combien de sites industriels seront concernés par ce plan de sécurisation des infrastructures ? SEBASTIEN MARTINOn a en France un certain nombre de sites industriels qui sont classés Seveso seuil haut notamment, ou Seveso seuil bas, sur tout le territoire national, d'autres qui sont stratégiques. Si je commence à vous les lister, j'ai peur que l'effet qui est celui d'une forme de secret autour de ces questions-là. JULIEN LECUYERMais la vraie question : "Est-ce que ces sites industriels sont prêts à affronter des menaces hybrides de la part de Russie ou d'autres qui pourraient…" SEBASTIEN MARTINCe sont déjà des sites. D'ailleurs, on l'a vu au moment des incendies de cet été. Vous savez que ce sont déjà des sites qui font l'objet de mesures de sécurité extrêmement particulières. Si on prend également, par exemple, nos centrales nucléaires, nos centrales nucléaires ont des systèmes de défense qui existent et qui sont extrêmement pointus et extrêmement particuliers. Donc, il y a déjà des manières de protection. Ensuite, il y a des protections cyber aussi qui doivent être renforcées parce qu'on peut aussi fragiliser un site industriel, pas simplement avec un drone. JULIEN LECUYEROn n'est pas les meilleurs élèves, concernant cela. SEBASTIEN MARTINPas forcément avec un drone, mais peut-être mais vous savez, dans le secteur privé, ils n'ont pas attendu le public parfois pour faire des choses. Donc voilà. Et ensuite, on peut revenir sur le sujet de la menace cyber. En fait, la menace cyber aujourd'hui, ce qui est préoccupant, c'est qu'en fait on n'est plus vraiment sur… On n'est pas sur une menace, ce qu'on appelle de haut de spectre, c'est-à-dire les Etats qui attaquent et qui vont chercher des informations extrêmement importantes, extrêmement confidentielles. On est plutôt sur des petits hackers qui sont là pour fragiliser, qui sont là pour dire : "Regardez, le système, il est un peu perméable, mais ils vont donner des... Quand ils sont allés chercher le revenu fiscal en référence, excusez-moi, je suis parent d'élèves, notre revenu fiscale de référence, quand vous inscrivez vos enfants à la cantine et pour avoir le quotient, vous le donnez. Ce ne sont pas des informations stratégiques qui ont été prises cet été, mais ce sont des opérations qui visent à fragiliser le système. ORIANE MANCINIVous avez rassemblé hier des centaines d'industriels venus de toute l'Europe. Est-ce qu'une réelle préférence européenne verra le jour ? SEBASTIEN MARTINEn tout cas, ça s'achemine plutôt positivement. Parce qu'il y a eu un texte qui a été posé par la Commission européenne, qui a posé ce principe de la préférence européenne, qui est quelque chose dont on ne pouvait pas parler… De préférence européenne. En deux mots, c'est quoi ? C'est de faire en sorte que les subventions, par exemple subvention pour acheter un véhicule électrique, subvention pour acheter une pompe à chaleur, soient vraiment des subventions qui vont privilégier le made in Europe, d'une part, et d'autre part, ce sont les marchés publics et les marchés publics… et ce public eux… D'orienter l'achat public vers les productions européennes. C'est cela, la préférence européenne. C'est assez logique. Les gens se disent : "L'argent public, c'est quand même bien qu'ils aillent vers des ouvriers, vers des usines européennes." ORIANE MANCINIC'est assez logique mais ce n'est pas encore mis en oeuvre. SEBASTIEN MARTINNon, ce n'est pas encore mise en oeuvre parce que derrière ça, vous savez, il y a beaucoup de gens qui disent : " Oui, il faut le faire " et puis après ils disent : " Ah oui, il faut le faire, mais en fait, c'est bien Shein parce qu'on achète notre T-shirt 3 euros. " Oui, mais enfin, si nous sommes cohérents et qu'on veut soutenir l'industrie européenne, on ne fait pas du Shein, on fait du made in Europe. Donc parfois, vous avez cette contradiction à arriver à mener dans le débat, mais peu importe. Cette préférence européenne est inscrite dans le texte. Deuxièmement, les rapporteurs au Parlement européen confortent la position française d'avoir un vrai made in Europe. Parce qu'il y a un débat en ce moment. Il y a ceux qui disent : "Oui, mais nos chaînes de valeur, nos approvisionnements sont mondiaux. Donc il faut que le made in Europe, ce soit le made in Europe plus tous les pays avec lesquels on a nos accords de libre-échange." En fait, ça fait un made in the world. Je suis totalement opposé à ça. Le Gouvernement français est opposé à cela. On veut un made in Europe à 27 qui conforte notre industrie européenne, et c'est ce que font les Américains. C'est ce que font les Asiatiques. ORIANE MANCINIDernière question. JULIEN LECUYERJ'ai une dernière question parce que ça intéresse là aussi notre région. Je voulais vous parler de Valdune, la dernière usine française de roues et essieux ferroviaires. Europlasma avait promis des investissements, ils ne sont pas là. Les salariés s'inquiètent à Trith-Saint-Léger et Leffrinckoucke. Est-ce que vous pouvez les rassurer ? Dire que l'Etat sera aux côtés de Valdunes et est en train d'étudier un peu la manière dont on peut régler cette situation avec Europlasma. SEBASTIEN MARTINL'Etat est déjà aux côtés des salariés de Valdunes, tout simplement parce que cet été, j'ai décidé du versement d'un soutien d'un peu plus de 2 millions d'euros qui a permis de payer les salaires. JULIEN LECUYEROui, on en est là. SEBASTIEN MARTINQui a permis de payer les salaires parce qu'on a un acteur qui doit sortir du jeu, qui s'appelle Europlasma et qui n'est pas fiable. La vérité, c'est que c'est un acteur qui n'est pas fiable. Donc notre travail en ce moment avec les équipes de Bercy, c'est de faire en sorte que d'autres acteurs industriels s'intéressent à ce projet et s'intéressent à cette entreprise. On travaille aussi en lien avec le Conseil régional des Hauts-de-France. J'ai eu Xavier Bertrand au téléphone il n'y a pas longtemps sur ce sujet-là, parce qu'il faut qu'on trouve un nouvel industriel intéressé par cette production de roues. JULIEN LECUYERVous avez bon espoir ? SEBASTIEN MARTINIl y a déjà des gens qui s'intéressent, maintenant il faut qu'ils formalisent une offre. ORIANE MANCINIMerci, Monsieur le ministre. Merci Sébastien Martin d'avoir été notre invité. La une de La Voix du Nord. Julien, le repas à 1 euro victime de son succès. JULIEN LECUYERLes étudiants, oui, ils viennent en masse. source : Service d'information du Gouvernement, le 24 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304728
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304728-sebastien-martin-23092026-public-senat?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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