Interview de M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités, à LCI le 24 septembre 2026, sur les aides aux gros rouleurs, l'impact de l'inflation sur les entreprises, les arrêts maladie, la proposition de désindexation des retraites, le
Jean-Pierre Farandou (auteur), Amélie Carrouër (intervenant), Nicolas Doze (intervenant)
AMÉLIE CARROUËRBonjour, bonjour à tous. Merci beaucoup, monsieur le ministre, d'avoir accepté notre invitation ce matin. On a beaucoup à faire ensemble. Vous, vous trouvez que c'est suffisant, monsieur le ministre, 100 Euros versés pour les gros rouleurs sur trois mois quand, pour certains cela représente surtout 300, 400, 500 Euros supplémentaires par mois. Vous, si vous étiez dans cette situation, vous trouveriez cela suffisant ?
JEAN-PIERRE FARANDOUD'abord, moi, j'ai parfaitement conscience que c'est difficile pour les Français. Cette hausse inédite des carburants pose des problèmes à des gens qui doivent prendre la voiture tous les jours pour aller travailler. Bien évidemment, cette prise de conscience, elle est réelle. Après, le choix qu'on a fait depuis le début, et on est constant, c'est d'aider au maximum le monde du travail : les entreprises et les salariés et les gros rouleurs. Et sur les gros rouleurs, on a décidé de renouveler l'aide. Donc c'est 100 Euros, mais pas sur 6 mois, sur 3 mois. Et quand vous faites des calculs de consommation, à peu près les kilométrages qu'on peut estimer, on arrive à 40 centimes du litre. Donc c'est quand même conséquent. Et je rappelle que ce n'est pas le plein total qu'on compense, c'est le delta de prix. Donc cet effort, il est fait, et on a élargi la base. Deuxièmement, c'est que maintenant, on va aider les ménages. Par exemple, les ménages avec 2 enfants, le foyer jusqu'à 6 000 Euros. Donc ce n'est plus seulement les salariés modestes, c'est même la classe moyenne qu'on vient aider.
AMÉLIE CARROUËRMais monsieur le ministre, est-ce que de nouvelles aides sont possibles ? Est-ce que ce sont les toutes dernières cartouches ? Est-ce que vous dites aux téléspectateurs que ça s'arrêtera là, quoi qu'il en soit, quel que soit le scénario, alors que le ministre de l'Économie lui-même a commencé sa conférence de presse en disant que oui, la situation pouvait possiblement s'aggraver ?
JEAN-PIERRE FARANDOUIl faut voir que le choix aussi qu'on a fait, c'est un choix de sérieux. Parce que comment on finance ? On veut absolument que toutes les mesures que nous faisons depuis le début de l'année. Parce qu'il y a eu Ormuz en février, dont le premier système d'aide. Puis il y a eu les canicules, il y a eu les pompiers, il y a eu les incendies. Il y a eu aussi les agriculteurs. Vous savez qu'on a fait un plan spécial agricole, vu l'état de sécheresse incroyable qui vient de taper les agriculteurs. Et maintenant, c'est un deuxième plan d'aide au carburant. A chaque fois, on finance cela sur le budget de l'État, par des économies sur le budget de l'État.
AMÉLIE CARROUËREt ça s'arrêtera là, quoi qu'il en soit ? Quoi qu'il se passe ?
JEAN-PIERRE FARANDOUÇa commence à être très difficile. C'est-à-dire qu'on racle vraiment les fonds de tiroir. On se sert tous. Tous les ministères se serrent. Et ça fait plusieurs coups de serrage de ceinture qu'on a fait tout au long de cette année. C'est encore quasiment 500 millions d'Euros qu'il va falloir trouver pour financer les nouvelles aides au carburant. Oui, c'est très tendu, parce qu'on ne veut faire ni des impôts ni de la dette. Ça veut dire quoi, financer ? Ça veut dire augmenter les impôts. Dans ce cas-là, vous reprenez d'une main ce que vous avez donné. Et la dette, c'est les impôts de nos enfants ou de nos petits-enfants. Donc on est dans le sérieux budgétaire. On finance ces aides. Et donc c'est vrai que c'est de plus en plus difficile pour dégager des ressources.
AMÉLIE CARROUËRSur le financement des aides, ce qu'on a compris, c'est qu'à la base, il y avait une enveloppe de 1,4 milliard et que vous en utilisez 450 millions supplémentaires depuis les annonces de cette semaine. Il ne reste plus rien ? Il n'y a pas de solde pour ajouter un peu plus pour les Français ? Ou au contraire, il reste quelques cartes à jouer ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMoi, je pense qu'il ne reste pas grand-chose. En tout cas, je peux vous dire pour mon ministère, mais tous mes collègues vont dire la même chose. On a serré, serré, serré. Donc ça devient compliqué, maintenant. Ça veut dire quoi ? Par exemple, on va arrêter toutes les aides aux chômeurs ? On va arrêter toutes les formations ? On va arrêter l'apprentissage ? Vous voyez, c'est ça. On en est là, maintenant. C'est-à-dire que maintenant, on vient taper d'autres politiques publiques, parce que pour trouver de l'argent pour les gros rouleurs, il faut serrer d'autres politiques publiques. Donc il faut faire très attention aux moyens que sont les nôtres pour financer ce genre d'aide.
AMÉLIE CARROUËRMais il y a un gros sujet. C'est qu'il y a des aides qui existent depuis un moment maintenant. Mais il y a beaucoup de Français qui témoignent auprès de nous. Ils ne les ont pas reçues. Ils ne les reçoivent pas. Beaucoup de retard à l'allumage. Je vous propose d'écouter ce témoignage d'un patron. C'est une entreprise de transport. Et il appelle devant nous pour demander de l'aide. "Où sont mes aides ?" Regardez.
INTERVENANT, PATRON D'UNE ENTREPRISE DE TRANSPORTNous n'avons touché que le mois d'avril. Et depuis, nous n'avons rien touché.
INTERVENANTELà, il faut attendre le traitement. Ça ne va pas tarder.
INTERVENANT, PATRON D'UNE ENTREPRISE DE TRANSPORTOK. Voilà. C'est ça. Parce que je ne vous cache pas qu'en termes de trésor, depuis le mois de mai, ça devient dur.
INTERVENANTEJe comprends bien.
AMÉLIE CARROUËRJe crois qu'il parle de 60 000 Euros par mois, ce patron. Que se passe-t-il ? Comment vous l'expliquez ? Et surtout, comment vous allez régler ça ?
JEAN-PIERRE FARANDOUAlors sur les trésoreries, moi, je vous parle du ministère du Travail. Moi, j'ai les URSSAF chez moi donc on a donné des décalages de versement des cotisations en termes de trésorerie. On l'a fait aussi d'ailleurs en Gironde. Vous savez, avec les entreprises touchées par les incendies, tout de suite, on a déclenché des décalages qui donnent des aides aux trésoreries. Après, les remboursements, ça peut varier. Il y a différents systèmes de remboursements. Ils sont en train d'arriver. Certains se font avec un délai d'un mois, d'autres sont un peu plus longs. Voilà. La machine se met en place et les remboursements arrivent maintenant dans les entreprises.
AMÉLIE CARROUËRUtilisons les mots forts. Est-ce qu'il y a aujourd'hui… Est-ce que vous êtes même prêt au sein du Gouvernement à l'assumer ? Est-ce qu'il y a un risque de récession ? Moins de consommation, moins de croissance, donc impact sur les entreprises, des secteurs au ralenti. C'est la récession qui nous attend ?
JEAN-PIERRE FARANDOUAh, on n'en est pas là. Les chiffres ne disent pas ça. On est encore en petite croissance en moyenne. Il y a aussi des secteurs qui vont bien. Tout l'export va bien. Il faut faire attention à l'analyse. On peut voir ce qui ne va pas. Il faut voir aussi ce qui va. L'export se porte bien, l'aéronautique, l'industrie de la défense, par exemple, ça va bien. On a tous les programmes nucléaires qui portent. Alors c'est vrai que le contexte est compliqué. Cette crise de rembourse qui dure, qui rend bien sûr le coût des carburants très élevé, le coût de l'énergie très élevé, finit par ralentir la croissance, finit par ralentir la consommation. Les patrons - moi, j'étais chef d'entreprise - dans ces moments-là, lèvent un peu le crayon en matière d'investissement, en matière de projet. Ce n'est pas la meilleure période pour le développement économique. Une fois qu'on a dit tout ça, on est toujours en croissance positive. Donc attention à ce qu'on dit. On n'est pas en récession. On est en croissance positive. Petite croissance, mais croissance.
AMÉLIE CARROUËRDonc pas de catastrophisme. Malgré tout, Patrick Martin, le patron du MEDEF, le dit, les entreprises, elles aussi, sont sévèrement impactées par l'inflation. On parle beaucoup des pêcheurs. On parle des infirmières. Mais quels sont les secteurs qui, aujourd'hui, souffrent ? Je sais que vous nous parlez de ce qui va bien. Mais on s'intéresse aussi à ceux qui ne vont pas fort. Quels sont les secteurs, là, qui vont mal aujourd'hui à cause de la crise ?
JEAN-PIERRE FARANDOUSur la crise, vous en avez parlé, il y a les secteurs directement impactés, qui reposent à beaucoup de carburant. C'est ceux-là qu'on aide. On a ciblé les aides sur eux, dont les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP.
AMÉLIE CARROUËRMais est-ce qu'il y a d'autres secteurs, aujourd'hui, qui commencent à être franchement à la peine ?
JEAN-PIERRE FARANDOUAlors après, vous avez tous les secteurs qui vivent de la consommation des ménages, dont les services, la grande distribution… Voilà. On sait bien que là, les Français font attention à leur pouvoir d'achat. Ils consomment moins. Donc effectivement, voilà, tous les secteurs qui vivent de la consommation des Français, c'est tendu en ce moment, bien évidemment. Les vêtements, etc. Oui, tout ça est tendu, parce que les Français font attention. Les Français doivent consacrer un peu plus de leur budget au carburant. Et tout ça tend la consommation.
AMÉLIE CARROUËREst-ce que le chômage va augmenter ? On est à 8,3%. J'ai regardé, l'INSEE prévoit 8,6% fin 2026. Ce sera pire ?
JEAN-PIERRE FARANDOUNon. On a des prévisions récentes qui sont à 8,4%. Alors c'est vrai que là encore, le chômage, ça vient de quoi ? On a beaucoup de gens qui demandent des emplois et tant mieux. Et les emplois augmentent, mais pas suffisamment pour faire face au volume de la demande. Ça vient de là. On n'a jamais eu autant de personnes dans l'emploi dans ce pays. Le taux d'emploi a progressé de 5 points en quelques années. Donc il y a un mouvement sur l'emploi.
AMÉLIE CARROUËROui, mais compte tenu de la crise, est-ce que ce mouvement ne va pas s'arrêter net ? Et est-ce que la situation ne va pas se dégrader sérieusement ? C'est ça, la question.
JEAN-PIERRE FARANDOUS'arrêter net, non. Heureusement, l'économie française est résiliente. Et c'est vrai que là encore, de la même manière que pour les entreprises, ce n'est pas la meilleure période en matière d'économie. La conséquence de ça, ce n'est pas non plus la meilleure période en matière d'emploi, bien évidemment. Pour autant, ça résiste pas si mal. Moi, les prévisions que j'ai, ce n'est pas 8,6, c'est plutôt 8,4, les dernières prévisions. Donc au moins, il y a une légère dégradation. Je rappelle que pendant longtemps, le chômage en France était à plus de 10%. Bon, là, on est autour de 8-8,5%, un peu plus. Bien évidemment, là encore, la période économique n'est pas la plus facile en matière de création d'emploi.
AMÉLIE CARROUËRPour les salariés et pour les entreprises. Et pourtant, vous dites aux entreprises, au sein du Gouvernement : "Entrepreneurs, entreprises, réveillez-vous, aidez les salariés". Vous appelez au versement de primes, les primes carburant défiscalisées. Là encore, je vais citer le patron du MEDEF, Patrick Martin, qui dit : "Oui, les entreprises, attention, elles ne répercutent pas entièrement l'inflation pour le moment sur leurs prix. Et donc elles réduisent leurs marges et elles ont moins de possibilité de les verser, ces primes. Attention aux entreprises." Et plus fort encore, il y a eu monsieur Chasseray, qui représente 40 millions d'automobilistes sur ce plateau, qui disait - le mot est fort – "Lâcheté ! Le Gouvernement ne fait pas le travail. On demande aux entreprises de le faire alors qu'elles ne vont pas fort."
JEAN-PIERRE FARANDOULe Gouvernement, ce n'est pas lui qui fait des politiques salariales dans les entreprises. Ça, ce n'est pas nouveau. C'est une règle éternelle. Le Gouvernement, là-dessus, il peut agir sur le SMIC, on l'a fait. Cette année, on a augmenté le SMIC. Donc ça, on a fait notre travail. Il faut que les branches… Après, on remonte tous les minimas conventionnels branche par branche. C'est en cours. Je crois qu'il y a une soixantaine de branches, déjà, qui ont remonté les minimas au moins au niveau du SMIC. Et ce travail, il va se continuer. Ensuite, les entreprises ont une réalité diverse. Il y a celles qui peuvent, il y a celles qui ne peuvent pas. Celles qui ne peuvent pas, elles ne peuvent pas, bien évidemment. Et ce n'est pas le ministre du Travail qui va décréter qu'elles peuvent. Mais il y a aussi d'autres entreprises qui vont pas mal. Là, attention. Il ne faut pas être catégorique.
AMÉLIE CARROUËRVous pensez à quelles entreprises ?
JEAN-PIERRE FARANDOUIl y a des secteurs. Je vous l'ai dit, les secteurs de l'armement, ils vont très bien. Ils recrutent énormément. Le secteur du nucléaire, il va très bien. Le secteur de l'aéronautique, il va très bien.
AMÉLIE CARROUËREux pourraient faire plus ? Ces secteurs pourraient faire plus pour leur salaire ?
JEAN-PIERRE FARANDOUC'est à eux de voir. Je ne vais pas décider à leur place. On leur donne la possibilité de faire. Là, pour le coup, on entend beaucoup salaire brut, salaire net. Eh bien cette prime carburant jusqu'à 1 000 Euros, c'est le salaire brut égale le salaire net net, puisqu'il n'y a même pas d'impôt. Donc c'est un instrument très puissant qui permet à un patron, quand il donne 1 000 Euros à un salarié, d'être sûr que le salarié touchera 1 000 Euros. Il n'y a pas de cotisation, il n'y a pas de fiscalité.
AMÉLIE CARROUËRVous avez une journée noire - elle est promise comme ça - qui vous attend. Elle est promise par la CGT, Sophie Binet. C'est le 29 septembre prochain. A la base, c'était pour la fonction publique. La CFDT s'est jointe au mouvement. Mais le carburant s'invite, bien sûr. Et plusieurs candidats à l'élection présidentielle font savoir que oui, éventuellement, ils pourraient se tenir aussi à leur côté, aux côtés de ces grévistes. Est-ce que vous redoutez une forte mobilisation ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMoi, je le redis. Je suis conscient que les Français ne sont pas contents.
AMÉLIE CARROUËRMais est-ce que vous redoutez une forte mobilisation le 29 septembre ?
JEAN-PIERRE FARANDOUOn verra bien. Mais vous savez, moi, le social… J'ai l'habitude. J'étais patron de la SNCF donc ça me connaît, le social.
AMÉLIE CARROUËRJustement.
JEAN-PIERRE FARANDOUMoi, je ne trouve pas anormal que les salariés manifestent, que les salariés expriment leur mécontentement. C'est la vie démocratique sociale. Donc il est normal. Donc c'est le syndicat. Les syndicats font leur travail. Ils écoutent ce que disent les salariés. Ils le transforment en revendication. Ils peuvent organiser des manifestations, des mouvements sociaux. C'est le jeu normal.
AMÉLIE CARROUËRMais ce sera une grosse journée ? Vous pouvez dire à nos Français, aux Français qui nous regardent : "Oui, préparez-vous. Dès mardi, mercredi, ça va être très compliqué." ?
JEAN-PIERRE FARANDOUCe n'est pas à moi de faire des pronostics.
AMÉLIE CARROUËRNon, mais forcément, vous connaissez ces baromètres-là. Vous savez évaluer…
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, mais on verra bien. Enfin c'est très difficile à prévoir, parce que vous avez le mécontentement qui est réel. Ça, oui, je peux vous dire. Je suis parfaitement conscient. Le mécontentement est large. Comment ça va se transformer par exemple en acte de grève, je n'en sais rien du tout.
AMÉLIE CARROUËRVous n'en savez rien à ce stade ?
JEAN-PIERRE FARANDOULà encore, c'est entreprise par entreprise.
AMÉLIE CARROUËRMais vous dites : "Je vais écouter, c'est normal, c'est légitime de se mobiliser contre…" Oui, mais il y a écouter et il y a répondre. Est-ce que vous aurez des réponses à apporter à ceux qui seront dans la rue, des réponses supplémentaires ?
JEAN-PIERRE FARANDOUÇa dépend ce qu'on nous demande. Si on nous demande de baisser la TVA sur les carburants, c'est non.
AMÉLIE CARROUËRC'est non. Et sur les salaires, par exemple ?
JEAN-PIERRE FARANDOULes salaires, on vient d'en parler. Ce n'est pas le Gouvernement qui fait les salaires, c'est les entreprises. Les entreprises, elles verront qu'est-ce qu'elles peuvent faire. Vous avez des clauses de revoyure, parfois, dans les négociations annuelles obligatoires. Est-ce qu'elle les déclenche ? Voilà, etc. Ça, c'est le jeu normal du dialogue social dans les entreprises.
AMÉLIE CARROUËREt si vous n'avez pas de réponse à apporter, est-ce que vous êtes prêt à assumer un bras de fer jusqu'au bout ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMais ce n'est pas un bras de fer. Il n'y a pas de bras de fer. Il n'y a aucun bras de fer. C'est une discussion, c'est un partage des faits. C'est identifier le champ du possible en mettant toutes les contraintes sur la table.
AMÉLIE CARROUËRAlors il y a un autre sujet qui pourrait s'inviter. C'est la question des arrêts maladie. Vous avez vous-même annoncé il y a quelques jours le lancement d'une discussion avec les partenaires sociaux sur cette question des arrêts maladie. Il y a un rapport publié là, ces dernières heures, que vous avez forcément vu dans Le Figaro, qui propose de confier les premiers jours d'arrêt maladie aux employeurs. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça : faire peser les premiers jours d'arrêt maladie aux entreprises, sur les épaules des entreprises ?
JEAN-PIERRE FARANDOUNon, mais les arrêts maladie, il faut poser le problème. D'abord, les Français le ressentent. Quand on fait des sondages, c'est ni de droite ni de gauche. Tous les Français ressentent bien quelque chose qui ne va pas. Ils voient plutôt les arrêts courts, d'ailleurs. Vous savez, les gens qui ne viennent pas au dernier moment. Ce qu'on peut considérer comme un petit abus. On s'est tordu le pied pendant le week-end en jouant au tennis. Pouf, on a un arrêt maladie.
AMÉLIE CARROUËRAlors justement, sur ces petits arrêts, est-ce qu'il faut dérembourser ces petits arrêts ? C'est ce que demande le patron du MEDEF. Il dit en plus que ça aurait un impact comportemental sur les salariés et les entreprises.
JEAN-PIERRE FARANDOUIl est important de peser le pour et contre. Ce ressenti, il est largement partagé. Il y a aussi les arrêts longs. Les arrêts longs, les gens ne font pas exprès d'avoir un cancer, les gens ne font pas exprès d'avoir une dépression. Les gens ne font pas exprès… Voilà. Ce n'est pas la même chose.
AMÉLIE CARROUËRMais sur les arrêts courts, est-ce qu'on dérembourse les petits arrêts ?
JEAN-PIERRE FARANDOUAlors sur les arrêts courts et les arrêts longs, nous, on propose justement… Je vais bientôt saisir les partenaires sociaux. Je l'ai déjà préavisé pour une réforme de fonds. En fait, quand on se compare par rapport à d'autres pays européens, j'ai le sentiment qu'on protège trop les arrêts courts. Il n'y a pas assez d'incitation, justement, dont les gens peuvent abuser des arrêts courts. Et peut-être qu'on ne protège pas assez les arrêts longs.
AMÉLIE CARROUËRDonc on pourrait dérembourser des arrêts courts ? Pardon. J'insiste lourdement. Mais est-ce que vous pourriez envisager de dérembourser des arrêts courts ?
JEAN-PIERRE FARANDOUJe veux surtout que les partenaires sociaux s'en occupent. Si le patronat a des idées, qu'il en discute avec les syndicats, parce que moi, je suis d'abord partant pour du dialogue social. On va proposer aux partenaires sociaux, dont patronat et syndicat, de travailler sur ces sujets. Moi, je serais ravi qu'ils nous fassent des propositions.
AMÉLIE CARROUËRMais vous allez arriver avec une copie aussi, vous-même, une proposition, j'imagine, au sein du ministère. Qu'est-ce que vous allez préconiser ?
JEAN-PIERRE FARANDOUNon mais nous, il y a un cadre constant et puis il y a changer la loi, en gros. Changer la loi, c'est ça. Arrêts courts, arrêts longs, c'est un changement profond. Donc il faut que les partenaires sociaux travaillent sur le sujet et en fonction de nos résultats, on sera capable d'engager une transformation profonde. Après, nous, ce qu'on peut faire, c'est travailler par décret. Bon, on peut le faire, mais c'est plutôt budgétaire, ça ne change pas le fond. Voilà. Donc moi, j'espère que les partenaires sociaux seront en capacité de retravailler sur le fond la manière dont, en France, on couvre les arrêts maladies.
AMÉLIE CARROUËRVous voulez économiser combien sur les arrêts maladies ?
JEAN-PIERRE FARANDOUSur les arrêts maladies, ce qu'on a mis dans le budget, c'est 600 millions d'Euros, l'économie de 600 millions d'Euros.
AMÉLIE CARROUËRD'accord. Ça, c'est l'objectif ?
JEAN-PIERRE FARANDOUC'est l'objectif. Exactement
AMÉLIE CARROUËRD'accord. Et donc cette idée… Pardon, j'y reviens. Mais je ne suis pas sûre d'avoir saisi la réponse, de faire peser sur les entreprises, de pousser sur les entreprises le financement des premiers jours d'arrêts maladies ?
JEAN-PIERRE FARANDOUJe vous dis, il faut que le patronat s'en empare.
AMÉLIE CARROUËROn s'en remet aux consultations.
JEAN-PIERRE FARANDOUQuand on dit le mot "entreprise", vous voyez, le mot "entreprise" renvoie aux organisations patronales et aux concertations. Et je souhaite que les partenaires sociaux s'emparent du sujet très vite.
AMÉLIE CARROUËRBon, je vais tenter ma chance sur les retraites, monsieur le ministre.
JEAN-PIERRE FARANDOUAllez-y !
AMÉLIE CARROUËRAllez-vous geler les pensions de base pour les retraités touchant au moins 2 034 Euros par mois, comme on l'a vu émerger depuis quelques jours maintenant ?
JEAN-PIERRE FARANDOUNon. L'objectif, ce n'est pas tellement la modalité. La modalité va être discutée au Parlement. Je me souviens l'année dernière, j'arrivais, d'ailleurs, je découvrais tout ça. Vous savez, le Gouvernement lance une copie initiale mais le Parlement s'en empare. Il y a des amendements dans tous les sens.
AMÉLIE CARROUËREt donc quelle est votre copie initiale à vous ? Que propose le Gouvernement ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMais c'est une copie initiale. En fait, ce qu'on propose…
AMÉLIE CARROUËRAllez-y. Mais c'est 2 034 Euros.
JEAN-PIERRE FARANDOUCe qu'on propose, c'est en fait d'ouvrir deux pistes. En fait, l'amont. L'amont, c'est quoi ? C'est qu'il y a des efforts à faire. La Sécurité sociale, ça dérape gravement. On est en train de s'installer dans un déficit structurel de 20 milliards par an. Ce n'est pas normal. La Sécurité sociale devrait être équilibrée. Et nous, le projet qu'on va présenter, c'est une baisse drastique du déficit. On veut le baisser de 10 milliards. Vous avez deux grands champs dans la Sécurité sociale, la santé et les retraites. Les retraites, c'est chez moi et on veut gagner à peu près moins de 6 milliards. Le Premier ministre a donné le quantum, autour de 6 milliards. Il y a deux moyens pour le faire. Est-ce qu'on revalorise moins les retraites ? Tout le débat sur l'indexation, les seuils, etc. Mais les seuils, c'est un poteau de départ. Moi, je ne rentre pas dans le débat. Et deux, il y a l'abattement aussi sur les retraites.
AMÉLIE CARROUËRMais c'est intéressant pour savoir d'où on part, justement. Le poteau de départ, c'est lequel pour le Gouvernement ? Quelle est votre préconisation à vous ?
JEAN-PIERRE FARANDOUOn en discutera. On en discutera. Je veux dire, moi, je suis très ouvert sur le sujet, donc je vous réponds. Ma préconisation à moi, c'est discutons au Parlement pour voir comment, ensemble, on peut faire un effort autour de 6 milliards. Je rappelle que l'effort qu'on demande aux retraités… Parfois, on me dit que vous visez les retraités. Non. Non. L'effort, tout le monde doit le faire. Les retraités, c'est un quart de la population, en gros 25% de la population. On leur demande un effort de l'ordre de 10% de l'effort global. Voilà. Donc je trouve que c'est proportionné et raisonnable.
AMÉLIE CARROUËRMais est-ce qu'avec 2 000 Euros, on vit correctement ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMais moi, je ne rentre pas dans ce sujet.
AMÉLIE CARROUËRLe ministre de l'Économie est rentré dans ce sujet. Il a, lui, répondu et estimé qu'avec 2 000 Euros, on vit correctement.
JEAN-PIERRE FARANDOUJe vous donne ma réponse.
AMÉLIE CARROUËRD'accord.
JEAN-PIERRE FARANDOUÇa vous va que je vous donne ma réponse ?
AMÉLIE CARROUËROui.
JEAN-PIERRE FARANDOUJ'ai dit que ça dépend. Ça dépend. C'est pour ça que c'est compliqué. Si vous avez votre maison, vous avez zéro frais de location, ça peut aller. Si vous devez payer une location d'appartement, vous voyez bien que ce n'est pas la même chose. Donc moi, je dis que ça dépend. Et je n'ai pas de réponse abrupte à ce genre de questions.
AMÉLIE CARROUËREt quant à baisser à 3 000 Euros le plafond d'abattement fiscal pour les retraités, je sais, je tente tout. J'y vais. Je suis dans mon rôle. Est-ce que vous…
JEAN-PIERRE FARANDOUNon mais celui-là, il m'intéresse davantage, parce que…
AMÉLIE CARROUËRAh ! Parce que… ?
JEAN-PIERRE FARANDOUMoi, j'aime bien les principes, vous voyez, avant les modalités. Abattement pour frais professionnels, quand vous êtes à la retraite, ça ne vous fait pas un peu bizarre, professionnels-retraite ? Vous voyez ? Donc c'est le fondement même de cet abattement qui questionne. Voilà. Donc je trouve que se poser la question en disant : "Mais est-ce qu'on a les moyens, au fond, d'avoir un abattement professionnel pour les retraités ?", je trouve que ça, c'est une grande question et ça mérite d'en débattre.
AMÉLIE CARROUËREt abaisser à 3 000 Euros, ça vous semble être le bon seuil ?
JEAN-PIERRE FARANDOUC'est un seuil. Et puis après, il y aura des combinaisons entre les deux mesures. Mais moi, j'aime bien revenir au fond des mesures, le sens des mesures. Mettez-nous d'accord sur le sens et je suis sûr que si on y arrive, vous verrez qu'on trouvera les modalités.
AMÉLIE CARROUËRBon. Est-ce que vous êtes pour le fait de travailler 30 minutes de plus par jour ? C'est une proposition de Bruno Retailleau. Il veut sortir des 35 heures, laisser les entreprises déterminer la durée du travail. Et il propose notamment que 30 minutes de travail supplémentaire par jour soient mises en place pour permettre à un salarié de gagner un peu plus.
JEAN-PIERRE FARANDOUVoilà. Là, vraiment, il faut être très prudent, parce que là, pour le coup, c'est presque un totem. Vous savez, le temps de travail, les acquis sociaux sur le temps de travail, c'est quelque chose de très profond. Et moi, je recommanderais vraiment d'en discuter. Je pense que le problème, c'est peut-être celui-là. Mais c'est surtout comment les jeunes travaillent davantage, comment les seniors travaillent davantage. Je crois que c'est plutôt ça. Oui, il faut travailler davantage dans la population française. Mais ce n'est pas forcément les travailleurs qui travaillent. C'est plutôt comment on met dans l'emploi plus vite les jeunes, comment on garde dans l'emploi le plus longtemps possible les seniors.
AMÉLIE CARROUËRParfait, parce que je crois qu'il y a une question de Français sur ce sujet dans quelques instants. Mais je découvre avec vous la première question. Elle est là. C'est Daniel, qui est à Montluçon : "Je comprends que les Français vont devoir faire des efforts. Et les députés, les ministres, ils vont aussi en faire ?" Alors je dois dire que cette question, elle revient très régulièrement dès qu'on reçoit un membre du Gouvernement sur le plateau.
JEAN-PIERRE FARANDOUNon, mais c'est une bonne question. C'est qu'on doit montrer l'exemple bien évidemment. L'État doit montrer l'exemple dans les budgets de l'État. Et vous savez que le budget de l'État va vraiment être en dessous de l'inflation. Moi-même, en dessous en niveau. C'est la première fois qu'on va présenter un budget de l'État qui va être en dessous du budget de l'année d'avant. Donc vous rattrapez non seulement l'inflation, mais vous faites encore des économies. Donc globalement, le budget et les ministres… Vous savez que le Premier ministre a lancé le débat "Est-ce qu'il faut ne pas réfléchir à une baisse du salaire des ministres ?". Moi, j'y suis prêt.
AMÉLIE CARROUËRVous êtes prêt ?
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, j'y suis prêt.
AMÉLIE CARROUËRLargement ?
JEAN-PIERRE FARANDOULargement, qu'est-ce que vous appelez "largement" ?
AMÉLIE CARROUËRJe ne sais pas, parce que je ne sais pas combien vous gagnez.
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, on gagne 10 000 Euros brut par an.
AMÉLIE CARROUËREt donc vous seriez prêt à…
JEAN-PIERRE FARANDOUA voir, à voir.
AMÉLIE CARROUËRPar mois, pas par an. Vous ne gagnez pas 10 000 Euros brut par an.
JEAN-PIERRE FARANDOUPar mois, par mois.
AMÉLIE CARROUËRNon, non, mais je vous en prie. Et donc du coup, jusqu'où vous êtes prêt à…
JEAN-PIERRE FARANDOUOn décidera. Là encore, je veux dire… Mais je pense qu'il y a le montant, mais il y a le symbole. Je pense qu'effectivement… Et moi, j'y suis prêt. Ce n'est pas que ça me fait plaisir. Moi, je suis comme tout le monde, mais si symboliquement, c'est important de montrer qu'on est prêt à faire des efforts, il faut le faire, parce que ce n'est pas la somme qu'on va gagner. On va gagner 450 000 Euros donc ce n'est pas avec ça qu'on va sauver le budget de la France. Mais si symboliquement, les Français ont besoin de le voir, moi, je suis prêt à m'inscrire dans cette histoire-là.
AMÉLIE CARROUËROn découvre l'autre question qui concerne effectivement les retraites. "Les dispositifs de retour à l'emploi pour les seniors sont-ils adaptés ?" Donc pas pour les retraites, le retour à l'emploi des seniors. Pardonnez-moi, Xavier, Montpellier, je vous en prie.
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, mais c'est une très bonne question. Il faut se battre là-dessus. Alors en France, on est bon dans l'emploi jusqu'à 60 ans, quand on se compare aux autres pays européens. Après 60 ans, c'est la catastrophe. On a un taux d'emploi des seniors qui baisse, ce qui est un peu paradoxal, d'ailleurs, avec la volonté de les faire travailler davantage. Là, on a un problème spécifique à la France. Alors ça bosse là-dessus. Il y a eu un accord interprofessionnel pour amener des nouveaux outils dans les entreprises. Il y a même une loi qui est passée. Moi, je suis en train de voir comment le renforcer. Moi, ce que je voudrais, je voudrais deux choses. Je voudrais que dans chaque entreprise, il y ait une vraie politique RH pour les seniors, pour garder les seniors et pourquoi pas en recruter. Et deuxièmement, je voudrais que chaque salarié, à partir de 45 ans, 50 ans, se dise : "Ce n'est pas fini, ma vie professionnelle. J'ai un projet devant moi dont j'ai une dynamique, j'ai une envie. Je veux me former, je veux me développer, je veux peut-être changer de métier. Et là, on va les aider." Voilà. Et on va d'ailleurs proposer deux outils de type application, l'une dirigée vers les entreprises, l'autre vers les salariés, pour stimuler un peu cette envie des seniors à travailler et cette envie des entreprises à garder les seniors.
AMÉLIE CARROUËRBon, allez, on prend la question de Sophie. Alors Sophie, je découvre avec vous. Sophie, bonjour. Vous êtes à Tours. "Est-ce que l'intelligence artificielle va bousculer le monde du travail ?"
JEAN-PIERRE FARANDOUAh oui, oui. On ne sait pas encore exactement comment, mais oui, la réponse est oui. Et d'ailleurs, pas plus tard qu'hier, j'ai lancé un grand plan Impulsion IA 2027. Le premier objectif, c'est former tous les salariés de France. On voit bien qu'il y a une peur et des questions. Et la question est très bonne, elle est pertinente.
AMÉLIE CARROUËREt on se demande si on est prêts. On a l'impression que ça va beaucoup plus vite que nous.
JEAN-PIERRE FARANDOUVoilà. Et c'est pour ça que je veux accélérer. Donc dès l'année prochaine, on va proposer à tous les salariés de se former. Alors il y a des entreprises qui le font. Mais nous, on aura vraiment une capacité à former tout le monde. C'est 30 millions de salariés qui pourront se former. Donc c'est un plan très massif. On va aussi mettre des aides aux petites entreprises, parce que les grandes entreprises, elles débrouillent. Les petites, on va les aider, notamment avec France Travail, qui leur proposera du consulting, j'allais dire, autour des sujets de l'intelligence artificielle. Et puis, on fait le dialogue social. Par rapport aux craintes qui sont derrière, il n'y a qu'une solution, c'est absolument nécessaire, c'est parler, dialoguer, notamment avec les organisations syndicales.
AMÉLIE CARROUËRNicolas Doze, bonjour.
NICOLAS DOZEBonjour. Je vais faire comme Amélie. Je vais être dans mon rôle, Jean-Pierre Farandou. Les économies attendues du ministère du Travail, je lis qu'on sera sur un montant totalement historique de 2,5 milliards d'Euros en 2027. Vous me confirmez que le ministère du Travail, dans sa globalité, signera 2,5 milliards d'Euros d'économies ?
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, exactement, exactement. Mais rappelons quand même que j'ai obtenu les arbitrages sur des priorités, on a le choix. Vous savez, vu la période actuelle, on fait du rabot. Moins 10% à tout le monde, ce n'est pas toujours très mal.
NICOLAS DOZEOui, 2,5 milliards, c'est du jamais-vu.
JEAN-PIERRE FARANDOULà, j'ai convaincu le Premier ministre. J'en suis très heureux de dire qu'il faut des priorités. Enfin, une priorité générique, c'est la jeunesse. La jeunesse, deux dispositifs : l'apprentissage, dont l'apprentissage est préservé au niveau national à la fois les aides aux entreprises comme l'argent qu'on donne aux centres de formation des apprentis pour les former. Deuxièmement, c'est moins connu du grand public. C'est les contrats d'engagement jeune, c'est les missions locales au plus près du terrain, c'est France Travail. Des jeunes en difficulté, 18 ans, décrochage scolaire, encadrement familial un peu incertain, on leur tend la main, on leur fait passer un contrat, on leur donne des sous et on les aide à se former et à trouver du travail. Et ça, ce dispositif sera maintenu. Donc deux priorités, et le reste… Et oui, on va faire des économies sur le reste.
NICOLAS DOZEAutre question. On sait que le RSA, le minimum vieillesse, l'allocation adulte handicapé seront préservés en 2027. On n'a pas beaucoup d'éléments concernant la prime d'activité, ce supplément de rémunération pour les petits salaires qui avait été considérablement rehaussé après les Gilets jaunes. Il continue sa vie normale en 2027, indexé sur les prix ou pas ?
JEAN-PIERRE FARANDOULa réponse est en creuse. On a dit qu'on garantissait l'index à 100% sur RSA, adulte handicapé et minimum vieillesse. Et donc que les autres, ce n'est pas 100%.
NICOLAS DOZEDonc de facto, si la prime d'activité n'est pas citée, elle fait partie des éléments qui pourraient être plutôt gelés.
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, certainement. CQFD.
NICOLAS DOZEDans mon rôle toujours, un autre chiffre…
AMÉLIE CARROUËRCe sera quand, pardon ?
JEAN-PIERRE FARANDOUA l'occasion du débat parlementaire, tout ça va se…
NICOLAS DOZEProbablement, ça sera une sous-indexation, voire une non-indexation de la prime d'activité.
JEAN-PIERRE FARANDOUÇa peut être une variable, d'ailleurs, par rapport à la clôture du budget. Vous voyez, comme on le fait par décret, on a un peu le temps pour décider. Donc on va se donner… On va voir comment le budget avance, et on va voir jusqu'où il faut aller dans le gel, pas-gel, le gel partiel de la prime d'activité.
NICOLAS DOZEDernière question, très rapidement, toujours dans mon rôle. Le compte personnel de formation, il est question qu'un ticket modérateur, qui était de 150 Euros, dans certains cas, soit de 350 Euros. La formation est un peu décalée par rapport aux objectifs professionnels réels, vous confirmez qu'effectivement, on passera à 350 Euros de sa poche pour cette formation. ?
JEAN-PIERRE FARANDOUOui, ce qu'on a voulu, alors. Ça fait partie, d'ailleurs…
NICOLAS DOZEOui, donc c'est confirmé.
JEAN-PIERRE FARANDOUNon, non, attendez. Je vous réponds d'abord un peu dans l'ensemble, quand même. Laissez-moi un peu poser les choses. En fait, ce qu'on a voulu, c'est revenir aux sources du compte personnel de formation, qui est quand même l'insertion professionnelle. C'est un projet de formation pour faire un parcours professionnel. On a constaté que ça a divergé pas mal. Alors ça reste toujours individuel, mais si vous voulez apprendre l'italien, si vous avez un projet professionnel pour faire de l'export en Italie, OK. Mais c'est juste pour vous faire plaisir, pourquoi pas. Mais on n'a pas à soutenir ou autant soutenir ce type de formation. Donc oui, il y aura des tickets modérateurs. Ils seront à zéro quand il y a un cofinancement ou quand c'est vraiment pour une formation professionnelle. Pour l'IA, par exemple, ça sera zéro. Et puis il y aura des tickets qui vont monter. Là encore, il y a des seuils. On verra jusqu'où. Mais l'idée quand même, c'est vraiment de dire l'argent public, l'argent du ministère du Travail, c'est vraiment pour aider les gens dans des projets professionnels.
NICOLAS DOZE350 Euros, c'est un chiffre à retenir ?
JEAN-PIERRE FARANDOUIl y a des tickets à zéro, à 150 et peut-être à 350, quand on est très, très, très éloigné d'un projet professionnel.
source : Service d'information du Gouvernement, le 25 septembre 2026
La source —
vie_publique · nº 304742
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