geheim.land Recherche Politique
23 septembre 2026 · Gouvernement · France Info · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, ministre déléguée chargée de l'énergie, à France Info le 23 septembre 2026, sur les aides de l'État et la crise des carburants.

Maud Bregeon (auteur), Agathe Lambret (intervenant), Simon Le Baron (intervenant)

AGATHE LAMBRETBonjour Maud Bregeon. SIMON LE BARONLe chèque de 100 euros dit gros rouleurs reconduit est désormais accessible à 5,5 millions de Français qui ont le plus besoin de leur voiture pour aller travailler, dont désormais les aides à domicile. Le chèque énergie 150 à 277 euros pour 4 millions de ménages modestes, renouvelé l'an prochain si le budget est voté. Le plafond de la prime carburant défiscalisée qu'un employeur peut verser à ses salariés, relevé de 600 à 1 000 euros. Voilà pour les principales annonces du Gouvernement hier dans cette crise des carburants. Est-ce que c'est suffisant, Maud Bregeon, pour répondre à la colère et aux inquiétudes des Français ? MAUD BREGEONÇa répond à la méthode et à la philosophie qui est la nôtre depuis le début de cette crise. D'abord, il y a des millions de Français aujourd'hui pour qui il est de plus en plus dur de faire le plein quand ils ont encore les moyens de le faire, pour qui l'utilisation de leur voiture est devenue un fardeau au quotidien. On le sait, on les entend. Dès le premier jour de cette crise, on a fait le choix d'être aux côtés des secteurs les plus en difficulté, des Français les plus précaires qui travaillent, et j'insiste, qui travaillent. Et on a adapté ces dispositifs avec le temps. Il y a de l'usure aujourd'hui. Cette crise dure depuis six mois. SIMON LE BARONIl y a des déçus aussi ce matin, on les entend. MAUD BREGEONIl y a des prix qui continuent à être très élevés, qui ont augmenté ces dernières semaines. Et donc, on a fait un choix, tout en maintenant des mesures ciblées, augmenter cette aide et surtout la verser à davantage de gens. AGATHE LAMBRETSachant que tout le monde ne l'avait pas réclamé la dernière fois, sur les 3 millions, seule la moitié en avait fait la demande. Là, vous élargissez à plus de 5 millions de personnes. Mais qu'est-ce qui vous dit que cette fois, ce sera différent et que les gens la demanderont ? MAUD BREGEONToutes celles et ceux qui l'ont d'ores et déjà demandé pour la première version la recevront… SIMON LE BARON1,2 million de personnes, à peu près. MAUD BREGEON1,2 million de personnes la recevront de manière automatique dans les semaines qui viennent. Pour les autres, il y a toujours cette démarche à faire. Pourquoi ? Parce que dans les critères exigés pour pouvoir la toucher, il y a notamment la distance que vous effectuez par jour pour aller au travail. 30 kilomètres par jour, 8 000 kilomètres par an. Et ça, c'est par principe déclaratif puisque l’État ne sait évidemment pas combien vous faites de kilomètres pour aller au travail. Et je crois qu'on comprend qu'on n'aurait pas bien envie que le Gouvernement puisse avoir une vision extrêmement claire, automatique de tout ça. SIMON LE BARONMaud Bregeon, effectivement, comme le dit Agathe, certains disent que ce sont des aides à peu de frais puisque finalement, un tiers, un peu plus de ceux qui pouvaient bénéficier de cette aide d'ores et déjà l'ont demandé seulement. Qu'est-ce que vous répondez par exemple au délégué général de 40 millions d'automobilistes, cette association ? Il s'appelle Pierre Chasseray et il dit "Une aide de presque rien pour presque personne payée par presque tout le monde. Un mépris terrible envoyé aux automobilistes pour ne pas dire un immense bras d'honneur." Qu'est-ce que vous lui dites ? MAUD BREGEONJe lui dis que quand on gagne 1 500, 1 700, 1 900 euros pour une personne seule, 100 euros, ce n'est pas presque rien. Et il faut revenir à la réalité des choses. AGATHE LAMBRET100 euros, ça revient à un plein ? MAUD BREGEONPardonnez-moi, 100 euros, ce n'est pas rien. 100 euros pour 5,5 millions de Français éligibles, ce n'est pas rien. Après, il y a une réalité. AGATHE LAMBRETVous savez, Maud Bregeon, que certains dépensent plus d'un mois de salaire dans le carburant. Donc 100 euros versus un mois de salaire… MAUD BREGEONJe sais que c'est extrêmement difficile, Agathe Lambret. Mais dire que 100 euros, ce n'est rien, c'est faire fi de la réalité, aujourd'hui, je pense, de ceux qui sont vraiment dans les galères. SIMON LE BARONC'est 100 euros en une fois, je rappelle pour ceux qui nous écoutent. C'est un chèque une fois pour les trois prochains mois. MAUD BREGEON100 euros en une fois et c'est la deuxième aide. Donc non, non, ce n'est pas rien. Après, on peut discuter du seuil, du nombre de personnes éligibles, mais ce n'est pas rien.Et puis, il y a une situation qui est celle des finances publiques. Je suis désolée d'en revenir là, mais il y a aussi une réalité budgétaire. On a aujourd'hui une crise internationale, une situation nationale qui, sur le plan politique, sur le plan économique, est extrêmement contrainte. AGATHE LAMBRETDonc vous dites : "on ne peut pas faire plus" ? MAUD BREGEONSi on se mettait à faire n'importe quoi, c'est rajouter des impôts et probablement rajouter de la crise à la crise. Non mais c'est important, pardonnez-moi d'insister là-dessus, quand vous êtes aux responsabilités, vous n'avez pas le luxe de faire des grandes déclarations avec des demandes de baisse de taxes à 10 ou 15 milliards d'euros aujourd'hui. SIMON LE BARONC'est ce que réclame Marine Le Pen. AGATHE LAMBRETEt peut-être qu'il y a un juste milieu, parce que ce que disent les transporteurs aujourd'hui, c'est presque nous pousser à descendre dans la rue. C'est ce que dit la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers, puisque le Gouvernement a annoncé la fin des aides sur le carburant pour la profession. Qu'est-ce que vous leur dites à ces transporteurs ? Ils ne méritaient pas d'être aidés ? MAUD BREGEOND'abord, on les a aidés pendant des mois, et cette décision a fait suite à des discussions entre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et le secteur concerné. Pourquoi est-ce que cette décision a été prise ? Elle a été prise parce que le secteur des transports a l'obligation de répercuter la hausse des prix du carburant. AGATHE LAMBRETC'est ce que vous dites, répercuter sur les factures, sauf que eux, ils vous répondent "Répercuter quoi, répercuter comment, c'est vraiment se foutre du monde, c'est incroyable." Voilà ce que dit le président de la Fédération Nationale des Transporteurs. MAUD BREGEONVous avez en pied de facture la possibilité de répercuter la hausse des prix du carburant. Maintenant, je vais vous le dire, Agathe Lambret, nous, on n'a jamais fermé de portes par principe. On est aux côtés des pêcheurs, des agriculteurs, du secteur du BTP, des infirmières, par exemple, qui auront pour celles qui roulent particulièrement beaucoup une prime supplémentaire par rapport à ce qui a été annoncé. Si on doit discuter avec d'autres secteurs concernés, on est bien sûr ouvert à le faire. Mais notre philosophie… AGATHE LAMBRETÇa veut dire que vous en gardez sous le coude, Maud Bregeon, parce que par exemple… MAUD BREGEONNon, Agathe Lambret, pardonnez-moi, quand vous avez plus de 5% de déficit, comme ça va être le cas cette année, vous n'en gardez pas sous le coude. AGATHE LAMBRETMais vous aviez une somme déjà provisionnée qui n'a pas été utilisée intégralement, et c'est là-dessus que vous prenez ces nouvelles aides. MAUD BREGEONEt tout ça est financé par des gels portés par d'autres ministères. Ça a été le cas, ça a été le cas. Pour toutes les aides carburantes, je rappelle que c'est 1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise. C'est le cas pour les aides aux agriculteurs. On en parlera moins ce matin… AGATHE LAMBRETMais vous êtes sûre que vous n'en gardez pas sous le coude ? Parce que par exemple, aujourd'hui, vous aidez les infirmières libérales… MAUD BREGEONQui seront, je vais terminer, supportées par des efforts supplémentaires sur d'autres ministères. Donc, tout ce qu'on dépense en plus, on le gage de l'autre côté. C'est-à-dire qu'on demande à d'autres secteurs de faire des efforts. Donc non, on n'en a pas sous le coude. Et c'est précisément parce qu'on n'en a pas sous le coude qu'on doit faire attention aux finances publiques. AGATHE LAMBRETEt pourtant, Maud Bregeon, aujourd'hui…enfin, vous annoncez régulièrement de nouvelles rallonges. Et aujourd'hui, pour les infirmières libérales qui entrent dans l'assiette de l'aide aux gros rouleurs, vous ne découvrez pas la situation des infirmières libérales aujourd'hui. Ça fait depuis des mois que vous savez que c'est difficile pour elles. MAUD BREGEONLes infirmières libérales n'ont jamais été exclues du dispositif "grands rouleurs" par principe. Une infirmière libérale, mais comme toute autre profession qui rentre dans les critères de nombre de kilomètres roulés par jour et de revenus mensuels, peut évidemment la toucher. Je rajoute une chose, ma collègue Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé hier pour 25 000 – c'est beaucoup 25 000 – 25 000 infirmiers libéraux qui rouleraient plus d'une centaine de kilomètres par jour, et il y en a notamment dans les territoires ruraux, une aide supplémentaire de 80 euros qui sera versée par la Caisse nationale d'assurance maladie.Donc, on a encore une fois une attention évidemment particulière au métier du soin. Mais je le redis, on maintient cet équilibre entre des aides ciblées, vers celles et ceux qui en ont le plus besoin, vers les entreprises les plus en difficulté, pour ne pas qu'elles mettent la clé sous la porte, créer du chômage et derrière impacter encore davantage le pouvoir d'achat des travailleurs. Et en même temps, on doit faire attention aux finances publiques, parce que ceux qui vous réclament des milliards d'euros de dépenses aujourd'hui seront les mêmes qui voteront de nouveaux impôts demain. SIMON LE BARONVous dites : "celles et ceux qui en ont le plus besoin". Il y a toujours des publics qui estiment, on était par exemple avec le représentant des auto-écoles ce matin, qui estiment, eux, qu'ils font partie des publics qui en ont le plus besoin. Ils disent, on va devoir augmenter le prix de l'heure de conduite de 3 à 4 euros. Est-ce que c'est finalement l'équation impossible pour le Gouvernement ? Quand on annonce des aides, il y a toujours des déçus. MAUD BREGEONVous savez, il y a 3 ou 4 ans, on a mis en place des boucliers tarifaires sur le gaz, sur l'électricité, on a fait des chèques carburants. Ça a coûté au bas mot 70 milliards d'euros sur 3 ans, c'est-à-dire une somme absolument colossale. Aurions-nous de nouveau les moyens de faire cet effort-là ? Aujourd'hui, la réponse est évidemment non. Donc, on prend en compte la contrainte budgétaire qui est la nôtre et on aide autant que possible sans les laisser sur le carreau les entreprises les plus en difficulté, les Français qui travaillent. Et moi, je le redis, on adapte les dispositifs en fonction de la situation. Je ne sais pas vous dire quelle sera l'évolution de la situation au Moyen-Orient, mais on restera bien sûr ouvert à discussion. AGATHE LAMBRETVous faites des choix, et notamment dans cette crise, vous avez choisi d'épargner les superprofits de TOTAL, les bénéfices exceptionnels qu'il engrange du fait de la hausse des prix de l'énergie. Raphaël Glucksmann était à votre place il y a quelques jours. Il reproche à la France de bloquer une initiative de plusieurs pays européens qui appellent à agir, justement, Raphaël Glucksmann. RAPHAËL GLUCKSMANN, DÉPUTÉ EUROPÉENLe Gouvernement socialiste espagnol propose cette taxation des superprofits. Le Gouvernement conservateur allemand est d'accord. Et qui bloque ? Eh bien, c'est le Gouvernement Français. Parce que le Gouvernement Français ne veut pas heurter monsieur Pouyanné. Et nos partenaires européens s'étonnent. Pourquoi notre pays, qui est dans une situation si difficile budgétairement, s'obstine à bloquer les initiatives européennes ? AGATHE LAMBRETPourquoi la France bloque cette initiative, Maud Bregeon ? MAUD BREGEONJe sais que Raphaël Glucksmann est actuellement en campagne pour la primaire socialiste et visiblement en conflit ou en compétition avec Olivier Faure et ses amis. Ce n'est pas une raison pour commencer une campagne présidentielle en assénant de tels mensonges. AGATHE LAMBRETCe n'est pas vrai qu'il y a des pays européens qui réclament une taxation des profits des pétroliers ? MAUD BREGEONLa France ne bloque pas cette initiative. Le Premier ministre, lui-même, devant la représentation nationale en réponse, d'ailleurs, de mémoire à un député socialiste, a affirmé que la France n'y était pas opposée et que s'il y avait des superprofits avérés et une manière d'y répondre à l'échelle européenne, ce qui a toujours été notre position, une réponse européenne, évidemment, on était prêts à y travailler. SIMON LE BARONIl n'y a pas de superprofits avérés ? Vous dites "S'il y a des superprofits avérés", c'est 5 milliards de plus au deuxième trimestre, ou je crois plus de 10 milliards au premier semestre 2026 pour TOTAL. Attendez, je vais simplement terminer. Même le patron des magasins U, Dominique Schelcher, qui, lui, ne participe pas à la primaire socialiste, dénonce les marges stratosphériques de TOTAL et des raffineurs. MAUD BREGEONJe vous cite une réponse du Premier ministre qui date d'il y a, me semble-t-il, 3 ou 4 mois. Pour vous dire une chose simple, c'est que ce qu'a dit Raphaël Glucksmann sur votre plateau est un mensonge. La France ne bloque en aucun cas cette initiative. SIMON LE BARONEst-ce que vous dites ce matin, il faut taxer les superprofits de TOTAL ou pas ? MAUD BREGEONOn a été les premiers à dire que si une taxation devait être mise en place, ça devait évidemment se faire à l'échelle européenne. SIMON LE BARONMais vous ne voulez pas dire que la France soutient cette initiative ? MAUD BREGEONJ'ai dit que la France était évidemment prête à y travailler avec ses partenaires européens. AGATHE LAMBRETMême si Patrick Pouyanné dit que s'il y a une taxation des superprofits, il n'y aura plus jamais de raffinement des prix à la pompe ? Même s'il dit ça, ça ne vous arrête pas ? MAUD BREGEONNe laissons pas croire, comme ce que dit monsieur Glucksmann, que le Gouvernement aurait peur des réactions, ici ou là, de monsieur Pouyanné. AGATHE LAMBRETCette réaction de Patrick Pouyanné ne vous arrête pas ? MAUD BREGEONC'est très grave et pas au niveau d'un candidat à la présidentielle que d'asséner ce genre de choses. Encore une fois, la primaire socialiste n'excuse pas tout. AGATHE LAMBRETDonc quand Patrick Pouyanné dit : "S'il y a une taxation des superprofits, on arrête le plafonnement", vous dites que ce n'est pas grave et qu'on ne cède pas au chantage ? MAUD BREGEONNous, on ne rentre pas dans un jeu de chantage, ni avec monsieur Pouyanné, ni avec personne d'autre. Vous savez, Agathe Lambret, l'année dernière, on a mis en place 7,5 milliards de surtaxes d'impôts sur les sociétés. Ça nous a été très durement reproché par les entreprises touchées. C'était les 250 plus grandes entreprises, avec des patrons qui n'ont pas manqué de défiler sur les plateaux télé. Pour autant, on l'a mis en place parce qu'on a estimé que c'était un partage de l'effort qui, au regard de la situation budgétaire, était juste.Maintenant, est-ce qu'on demande à TOTAL ? Est-ce qu'on estime que ce plafond est une bonne chose ? La réponse est évidemment oui. Ce n'est pas pour rien, aujourd'hui, qu'on a la queue dans les stations TOTAL et des difficultés de réapprovisionnement sur ce réseau. C'est parce que c'est un plafond qui fonctionne et, quoiqu'en dise monsieur Glucksmann, qui bénéficie au pouvoir d'achat des Français. On essaie d'avancer et de travailler de manière intelligente. Mais renvoyer les uns et les autres face à une situation si complexe, à des caricatures, je le dis encore une fois, ce n'est pas au niveau. Je terminerai en disant une chose. Il y a un mot qu'on n'a pas évoqué depuis le début de cette matinale, c'est Ormuz. On n'a pas parlé du Moyen-Orient. On n'a pas parlé des 4 millions de barils qui ne circulent plus chaque jour dans le pipeline… AGATHE LAMBRETJustement, c'est l'alerte du Président français ? MAUD BREGEONDans le pipeline saoudien et qui ont encore aggravé la situation. Tout ça pour dire, quand même, que cette situation ne vient pas de nulle part. Elle ne vient pas de la France ou de TOTAL. Elle vient d'une situation internationale et on y répond aussi par des réponses à l'international. AGATHE LAMBRETEt Emmanuel Macron dit que les prix risquent d'augmenter. Du fait de ces 4 millions de barils en moins par jour, Emmanuel Macron alerte et il a envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne. Il dit : "À cause de cette réduction, une forte hausse des prix est possible". C'est-à-dire que, voulait dire le Président, est-ce que ça veut dire qu'un litre à 3 euros, 3,50 euros à court terme, c'est possible ? MAUD BREGEONMoi, je ne me lance pas dans ce genre de projections et le Président ne l'a pas fait non plus. AGATHE LAMBRETSi, c'est lui qui dit "une forte hausse des prix possible". MAUD BREGEONEn revanche, ce qui est vrai, évidemment, c'est que la fermeture du détroit d'Ormuz et, plus récemment, la mise à l'arrêt de cet Oléoduc en Arabie Saoudite impactent la hausse des prix et spécifiquement la mise à l'interview de Mme Marrêt de ce pipeline est une des raisons qui justifient la hausse des prix récentes, si je puis dire, la reprise de la hausse des prix récentes. Donc, comment est-ce qu'on y répond ? D'abord, il y a tout le travail diplomatique pour demander la réouverture pacifique le plus rapidement possible – le Président l'a encore fait à l'ONU – du détroit d'Ormuz, c'est une évidence. Ensuite, il y a la sécurisation des stocks. C'est ce qu'on fait avec l'Irak, c'est ce qu'on fait avec le Canada, par exemple, pour garantir un approvisionnement en volume. Chacun comprend bien pourquoi. Et puis, troisièmement, il y a les demandes formulées à la Commission européenne pour avoir plus de flexibilité. SIMON LE BAROND'assouplir les règles, pour avoir plus de carburant… MAUD BREGEONPourquoi on le fait ? Parce qu'en fait, il faut, aujourd'hui, si on veut détendre le marché, pouvoir raffiner davantage. Et pour pouvoir raffiner davantage, il faut pouvoir donner certaines autorisations aux raffineries. Vous pouvez parler de normes, de passage de normes été à normes hiver. Il y a la question de l'injection des biocarburants. Tout ça est très technique. SIMON LE BARONTout ça, on en a parlé ces derniers jours. MAUD BREGEONMais ça permet de gagner en marge de raffinage. Et donc, c'est ce que fait le Président de la République. SIMON LE BARONEt éviter la pénurie. MAUD BREGEONMais ça, c'est les réponses les plus efficaces. Elle réside là-dedans. SIMON LE BARONOn a bien compris que ça joue au niveau géopolitique. C'est le message que vous voulez faire passer ce matin. Vous restez avec nous, bien sûr, Maud Bregeon. (…) AGATHE LAMBRETAvec Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement. On parle maintenant du budget et parmi les pistes qui ont fuité, in va en citer trois : économie sur les énergies renouvelables, délai de carence avant que les étrangers touchent des allocations qui ne dépendent pas du travail, comme les aides au logement, et tentative de diminuer la contribution de la France au budget de l'Union Européenne. Tout ce que demande le RN. C'est quoi, Maud Bregeon ? C'est la danse du ventre au RN ? MAUD BREGEONVous reprenez, et c'est bien dommage, la rhétorique de la France Insoumise, Agathe Lambret. Parce que quand vous regardez en détail quelles sont ces mesures, ce sont en réalité des mesures justes. AGATHE LAMBRETLe Rassemblement National crie victoire, Maud Bregeon, aujourd'hui. Il parle de victoire idéologique, notamment sur la contribution du budget de l'Union Européenne. Marine Le Pen dit, j'ai été critiquée, ridiculisée, et aujourd'hui ma demande est reprise par le Premier ministre en personne. MAUD BREGEONMadame Le Pen, visiblement, n'a pas bien regardé la proposition du Gouvernement, soit parce qu'elle s'en fiche, soit parce qu'elle ne l'a pas comprise, mais enfin, ça n'a rien à voir avec la demande de rabots et de baisses de contributions globales, dans le cadre du CFP, du contrat de financement avec l'Union Européenne. AGATHE LAMBRETC'est un autre type de rabot. MAUD BREGEONCe qu'on fait cette année, c'est ce qu'on a fait déjà l'année dernière, on demande notamment dans le budget rectificatif que soit intégrée l'amende imposée à Google. Cette amende n'était pas prévue, n'avait pas été intégrée dans le premier budget, et donc on comprend bien que maintenant qu'elle a été actée, il faut pouvoir la prendre en compte dans l'ensemble des calculs… SIMON LE BARONÇa, c'est du budget supplémentaire pour l'Union Européenne et donc vous voulez verser moins. MAUD BREGEON…de telle sorte que ça diminue les appels de fonds, mais pas uniquement pour la France, pour l'ensemble des Etats membres. Ça n'a rien à voir avec les propositions eurosceptiques posées sur la table par Madame Le Pen depuis des années. Nous, on a une position qui est très claire. AGATHE LAMBRETLes énergies renouvelables, le délai de carence pour les étrangers ? MAUD BREGEONJe vais vous répondre point par point. Les énergies renouvelables, de quoi on parle ? On parle de contrats qui ont été passés il y a plusieurs années. Quand vous développez, vous, en tant que porteur de projet, une installation par exemple de panneaux photovoltaïques, vous contractualisez avec l’État à un prix fixe, et dès lors que le prix de marché est inférieur à ce prix, l’État vous verse la différence. Il se trouve qu'un certain nombre de ces contrats ont été contractualisés à des prix très hauts, et donc l’État surcompense les porteurs de projet de panneaux photovoltaïques, notamment. SIMON LE BARONDonc ce n'est pas une remise en cause du développement des énergies renouvelables ? MAUD BREGEONÇa coûte, pardonnez-moi, ça coûte beaucoup d'argent. Ce sont des contrats qui ont été mis en place il y a, pour certains, 15 ou 20 ans, et donc il est normal et juste au regard du prix de l'électricité et du prix de l'énergie de revoir ces contrats. Moi, je l'assume tout à fait, et je l'assume d'autant plus que je lance des appels d'offres pour l'éolien offshore, ça m'est durement reproché, pour l'éolien terrestre et pour le photovoltaïque, donc on continue de déployer des énergies renouvelables. Et moi, je continuerai à militer pour ce déploiement parce que je considère que c'est absolument nécessaire pour atteindre la neutralité carbone, et pour autant, quand il y a des contrats qui coûtent trop cher a posteriori, alors qu'ils ont été, encore une fois, mis en place il y a 10 ou 15 ans, il est normal pour le pouvoir d'achat des Français de pouvoir les renégocier. SIMON LE BARONDonc vous dites, malgré tout, Agathe a cité ces sujets sur lesquels le Rassemblement National, Thomas Ménagé, porte-parole du groupe RN, était à votre place hier matin ici même dans ce studio, il parle de victoire idéologique. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ce n'est pas en cédant au Rassemblement National qu'on le combat et qu'on le vainc ? MAUD BREGEONMais je leur réponds que je suis parfaitement d'accord avec eux. Encore une fois, on développe les énergies renouvelables, il ne me semble pas que ce soit exactement les idées du Rassemblement National. SIMON LE BARONLes délais de carence. MAUD BREGEONQui a davantage défendu la construction européenne qu'Emmanuel Macron… ? Certainement pas Madame Le Pen. Et quant à la question des délais de carence, c'est des dispositifs qui d'abord existent déjà pour les Français qui vivent à l'étranger et qui reviennent en France. SIMON LE BARONPas s'ils ont un emploi en revenant. MAUD BREGEONEt donc on applique un droit similaire aux étrangers et aux Français qui reviennent en France alors qu'ils habitaient à l'étranger. Encore une fois, je crois que c'est des mesures de justice et j'invite chacun… AGATHE LAMBRETVous ne comptez pas sur l'abstention du RN pour éviter la chute du Gouvernement ? MAUD BREGEONJ'invite chacun, je le redis, à ne pas reprendre la rhétorique de la France insoumise qui grosso modo considère que tout ce qui est à la droite de Raphaël Glucksmann est d'extrême droite aujourd'hui. Nous on va discuter avec tous les parlementaires. AGATHE LAMBRETEt notamment avec le Rassemblement National. MAUD BREGEONAvec les 577 parlementaires qui acceptent de se mettre dans une démarche pour doter ce pays d'un budget pour les 4 prochains mois. AGATHE LAMBRETMaud Bregeon, le 6 septembre, vous avez appelé Gabriel Attal et Bruno Retailleau à se ranger le plus tôt possible derrière Édouard Philippe. Nous sommes plus de 15 jours après. C'est raté ? MAUD BREGEONDe toute évidence, je n'ai pas été entendue. Je vais vous dire, Agathe Lambret, je suis très inquiète. Trêve de plaisanterie, je suis très inquiète parce que je vois monter dans le pays la probabilité d'un second tour entre le Rassemblement national et la France insoumise avec tout ce que ça implique de conséquences dramatiques à court, moyen et long terme pour le pays dans un contexte qui est déjà particulièrement crisogène. Je suis inquiète de laisser aux Français à mes enfants, à mes parents le choix de ce second tour entre madame Le Pen et monsieur Mélenchon. SIMON LE BARONEst-ce que vous êtes inquiète de ce que dit Gabriel Attal ? MAUD BREGEONLe seul antidote au duel RN-LFI c'est le rassemblement de la droite et du centre. Édouard Philippe est le mieux placé pour être au second tour, pour gagner ce second tour et pour avoir une majorité. Ce n'est pas Maud Bregeon qui le dit, c'est l'ensemble des enquêtes d'opinion avec une grande clarté. SIMON LE BARONCe n'est pas que son concurrent Gabriel Attal qui disait ceci sur France Inter pas plus tard que dimanche, il y a trois jours, à la question, y aura-t-il un bulletin Gabriel Attal dans l'urne en 2027 ? GABRIEL ATTAL, ANCIEN PREMIER MINISTREBien sûr, parce que le rassemblement se fera derrière moi. Si je considérais qu'on était interchangeable avec Édouard Philippe, je ne serais pas candidat dans cette élection présidentielle. Édouard Philippe est candidat depuis trois ans, je suis candidat depuis trois ou quatre mois. Personne n'a de dynamique aujourd'hui. SIMON LE BARONOn entend votre inquiétude, Maud Bregeon, mais qu'est-ce que vous lui répondez à Gabriel Attal qui, manifestement, n'a pas l'intention de s'arrêter et de se ranger derrière Édouard Philippe ? MAUD BREGEONMoi je suis convaincue que Gabriel Attal a le sens de l'intérêt général. Je pense que jamais Gabriel Attal, je pense que jamais Bruno Retailleau ne prendront le risque de laisser aux pays et aux générations futures une France gouvernée par monsieur Mélenchon ou madame Le Pen. Et je sais qu'aujourd'hui, encore une fois, le mieux placé pour être au second tour, gagner le second tour et avoir une majorité aux élections législatives, c'est Édouard Philippe. SIMON LE BARONDonc tout ça c'est du bluff, il n'y a pas au bout, Gabriel Attal ? MAUD BREGEONC'est encore une fois extrêmement factuel. Je pense qu'on est face à un péril qui, à mon avis, inquiète beaucoup de Français. Moi, je l'entends dans ma circonscription, je l'entends autour de moi. AGATHE LAMBRETGabriel Attal dit que personne n'a de dynamique. Il dit qu'il n'y a pas de favori. Est-ce que vous l'entendez ? MAUD BREGEONJ'ai confiance, encore une fois… AGATHE LAMBRETOn a l'impression qu'il y a deux trains qui avancent chacun de leur côté. MAUD BREGEONJe comprends qu'on ait cette impression, mais je pense que beaucoup de Français ont cette impression. Moi je veux miser sur l'intelligence collective. Je pense qu'à la fin, le destin du pays est plus important que les destins individuels. Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304726
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304726-maud-bregeon-23092026-france-info-aides-de-letat-carburants?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé