Déclaration de M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur, sur la sécurité à l'occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, à Paris le 22 septembre 2026.
Laurent Nunez (auteur)
Madame la ministre, chère Marie-Pierre,Monsieur le secrétaire général, cher Etienne,Monsieur le préfet de police, cher Patrice,Monsieur le chef de l'inspection générale pour l'administration, cher Charles,Monsieur le directeur général de la police nationale, cher Louis,Madame la directrice générale de la sécurité intérieure, chère Céline,Monsieur le directeur général de la gendarmerie nationale, cher Hubert,Monsieur le directeur général des étrangers en France, cher Laurent,Monsieur le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, cher Julien,Mesdames et messieurs les préfets,Mesdames et messieurs les directeurs et chefs de service,Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités,
" Nous venons de contribuer à ce qui restera un moment d'éternité ". Ce sont les mots que j'avais prononcés, sans les avoir vraiment préparés, devant mon équipe rapprochée de la Préfecture de police – certains s'en souviennent ici - le matin du 27 juillet 2024. Paris, la France et le monde se réveillaient au lendemain de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Cette cérémonie de tous les défis, de toutes les grandeurs, de tous les risques, aussi. Ce sont les mots qui débordaient d'un cœur fier, sans doute un peu soulagé également, et surtout très reconnaissant pour toutes celles et ceux qui, depuis des années, avaient travaillé à la sécurisation de cet événement historique.
Plus de deux ans après, je ressens toujours autant de fierté en repensant à cette période – peut-être le moment le plus marquant de ma carrière. Car pour beaucoup d'entre nous ici, ce fut la mission d'une vie. Ma reconnaissance, elle aussi, est intacte et voilà pourquoi j'ai un plaisir tout particulier, teinté d'une certaine émotion, à vous remettre ce soir la médaille de la sécurité intérieure, agrafe « Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ». C'est ainsi : la flamme olympique ne s'éteint jamais.
Cet été-là, nous savions que nous étions scrutés par la planète entière, que le moindre incident serait amplifié. On nous avait dit que c'était impossible, mais nous l'avons fait. Certains disaient que c'était " folie criminelle ", mais ils n'ont récolté que la liesse populaire. On nous avait demandé de travailler à des plans B, C et D. Mais nous avons réussi sur le plan A et la " CER 1 " - telle qu'on l'avait baptisée dans notre jargon – comme le reste des Jeux ont été couronnés de succès. Et soudain les critiques se sont tues, et le French bashing ambiant a laissé place à une immense fierté française.
Vous êtes aujourd'hui une centaine de récipiendaires mais vous représentez, en réalité – et c'est important pour moi de le rappeler – un collectif deux mille fois plus nombreux au ministère de l'intérieur à avoir contribué à la réussite éclatante de ces Jeux. Ou disons-le plus simplement encore : à avoir permis que ces Jeux puissent avoir lieu. Je veux redire avec force que cette réussite, plus que toute autre, fut le fruit d'un travail collectif : à ce titre, le mérite qui peut en être tiré est indivisible. Il n'y a dans le succès des Jeux aucune victoire individuelle.
C'est la raison pour laquelle il y a parmi vous ce soir des chefs et des subordonnés ; il y a des policiers, des gendarmes, des pompiers, des personnels, administratifs, techniques et scientifiques, des contractuels, et même des bénévoles associatifs. Quels que soient votre corps, votre statut, votre grade, quels qu'aient été les services dans lesquels vous serviez, vous avez été, chacun à votre mesure, l'une des chevilles ouvrières de l'immense chantier des Jeux de Paris 2024. Or, je le dis : dans cet ouvrage hors-norme, il n'y avait pas de petites pierres à l'édifice.
Je n'oublie pas non plus que, pour réussir ce défi, le ministère de l'intérieur a pu compter sur l'appui constant de très nombreux partenaires quotidiens, devenus au fil de ces années de préparation de véritables co-équipiers, au premier rang desquels : la DIJOP, le COJO, la Ville de Paris ou encore la Préfecture de la région Ile-de-France. Ces Jeux ont aussi été un formidable accélérateur pour le continuum de sécurité qui n'avait jusque-là jamais trouvé d'incarnation aussi large et aussi forte : militaires, policiers municipaux, agents de sécurité privée, agents de sécurité des opérateurs de transports, renforts internationaux, volontaires du service national universel, bénévoles… La sécurisation des Jeux de Paris fut indéniablement un sport collectif, et ce continuum de sécurité renforcé n'est sans doute pas la plus petite récompense du ministère de l'intérieur.
Oui, à cet égard et à bien d'autres, il y aura eu - je crois - un avant et un après les Jeux de Paris 2024. En somme : c'est cela " l'héritage des Jeux ", et c'est vous qui en avez été les généreux donateurs. Par votre travail acharné à sécuriser un événement séculaire ; par votre endurance dans cette préparation longue de plusieurs années ; par votre expertise qui a permis de rendre techniquement faisable ce que d'autres avaient idéalement imaginé ; par votre abnégation qui, au détriment de vos familles, vous a fait renoncer à vos congés d'été pour que d'autres puissent avoir le cœur à la fête.
Pas de doute : la médaille que vous recevez aujourd'hui, vous l'avez plus que méritée. Vous l'avez arrachée comme les sportifs de haut niveau décrochent leurs titres de champion, d'or, d'argent et de bronze : à la force du travail, de la concentration, de la patience. A force d'y avoir cru.
Nous avions connu d'abord la " CER 1 " et la " CER 2 " - puis les " CER 3 " et 4 lorsque les Jeux paralympiques avaient pris le relais. Nous avions joué les prolongations en accueillant nos sportifs français avec une parade des champions qui avait pris le nom de " CER 5 " dans les services du ministère. C'est donc un peu ce soir la " CER 6 " : cette cérémonie n'est certes ni retransmise à la télévision, ni suivie par des millions de spectateurs à travers le monde. Mais elle revêt pour moi une importance égale : la très juste reconnaissance que la République en général, le ministère de l'intérieur en particulier, doit à celles et ceux qui ont permis à la France d'offrir aux yeux du monde le spectacle olympique que d'aucuns considèrent comme le plus époustouflant de tous les temps.
source https://www.interieur.gouv.fr, le 25 septembre 2026
La source —
vie_publique · nº 304745
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