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25 septembre 2026 · Gouvernement · France Info · discours Discours

Interview de M. Serge Papin, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et de pouvoir d'achat, à France Info le 25 septembre 2026, concernant le voyage du pape en France, les concerts de Céline Dion, les taxes sur les carburants et l'aide

Serge Papin (auteur), Antoine Comte (intervenant)

DJAMEL MAZIIl est 7 h 45. On va vivre évidemment le départ du pape Léon XIV en direct, évidemment. Et puis, sans oublier notre invité ce matin, l'invité du 7 h 40 France info, Antoine, votre invité politique. Vous recevez ce matin Serge Papin, ministre des PME, du Commerce et du Tourisme. ANTOINE COMTEOui, Djamel. En effet, Serge Papin, ministre du Tourisme, du Commerce, des PME, qui est avec moi sur ce plateau. Monsieur le ministre, on va suivre, bien évidemment, le décollage en direct de cet avion, avec le pape qui est à bord, et qui va arriver à Paris, qui sera accueilli à Paris par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron. Après, il se rendra à l'Élysée. Et on va bien évidemment parler de ce week-end historique, bien sûr, avec la venue du pape sur quatre jours en France. C'est vraiment un événement. Il y a au moins plus de 1 million de personnes, en tout cas, attendues entre aujourd'hui et lundi pour la visite du pape Léon XIV. Avec cette veillée géante qui est prévue au Stade de France. Vous avez cette grande messe aussi, prévue du côté de la place de la Concorde, demain. Beaucoup de monde, donc, aussi qui va consommer dans les restaurants, dans les hôtels. Est-ce que vous avez une idée, Serge Papin, vous êtes ministre, en effet, du Tourisme et du Commerce, des retombées économiques liées à la visite du pape en France ? SERGE PAPINOui. D'abord, je suis très touché que ce pape vienne dans notre pays, évidemment. Alors, ça a des retombées économiques importantes. Et c'est plusieurs centaines de millions d'euros, vous l'avez dit : c'est la restauration, c'est le commerce, c'est le commerce de proximité. Lourdes, deuxième ville hôtelière en France, et tous les hôtels sont pleins depuis la fin août. Et puis, voyez ce pape qui est né à Chicago. Il va voir beaucoup de monde, notamment les jeunes, les jeunes au sein de la France. Mais il va aussi dans un petit centre d'intégration dans le 18ᵉ, le centre Bakhita. Il sera sans caméra. Ça a du sens. Et il va à Metz. Pourquoi il va à Metz ? Parce qu'il va saluer aussi Schuman. Schuman qui est le fondateur de l'Europe. Et moi, je trouve que ce pape né aux États-Unis, à Chicago, vienne saluer l'Europe, parce que, voilà, c'est un continent démocratique. Moi, je trouve que ça a du sens. Et je suis très heureux, évidemment, en tant que membre de ce Gouvernement, de pouvoir être, voilà, à l'Élysée, un peu une petite souris pour voir le pape. ANTOINE COMTEVous allez le rencontrer à l'Élysée, d'ailleurs, le pape. Au moins le saluer. SERGE PAPINJ'espère, ouais. ANTOINE COMTEEst-ce que finalement, ces retombées économiques, elles sont un peu comparables à celles-ci de Céline Dion, qui fait 25 concerts à Paris, qui pourrait rapporter jusqu'à 1 milliard d'euros, nous dit-on ? Est-ce qu'on a le pape d'un côté, on a Céline Dion de l'autre ? SERGE PAPINParis est la capitale du monde, parce qu'effectivement… Alors, Céline Dion, c'est du jamais-vu, qui fait 24 concerts à La Plénitude Arena, c'est 700 000 personnes qui vont voir ses concerts, 1 milliard de retombées économiques, 300 000 étrangers. Donc, voilà. Le pape fait un peu mieux sur une journée, mais voilà. Chez nous, sur l'arrière-saison touristique qui était déjà bonne, eh bien, sur cette fin de saison, on est sur les chapeaux de roues avec cet événement. Et ça dit aussi que la France, au fond, eh bien, c'est un pays aussi où on a beaucoup d'événements qui sont là et qui font que notre pays aussi est très attractif. ANTOINE COMTESerge Papin, on voit ces images en direct, avec l'avion du pape qui va décoller depuis Rome pour se rendre donc à Paris, la capitale française. Et donc, Emmanuel Macron qui va l'accueillir sur le tarmac dans quelques heures, même pas, quelques minutes. SERGE PAPINBah, oui, quelques minutes pour venir d'Italie. ANTOINE COMTECe n'est pas très loin de paris, en effet. Le souverain pontife, donc, qui sera en France dans quelques minutes, accueilli par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, Serge Papin, qui a décidé, lui, de ne pas assister à la grande messe prévue du côté de la Place de la Concorde demain. Il avait assisté à la messe du prédécesseur de Léon XIV, le pape François. C'était, on s'en souvient, une grande messe au stade Vélodrome à Marseille. Cette fois-ci, il décide de ne pas le faire. Pourquoi ? Est-ce qu'il a raison ? SERGE PAPINNon, mais le président de la République est à la tête d'une nation laïque. Evidemment, ça ne s'oppose pas au fait que notre histoire est liée aussi au catholicisme. Bon, la France, fille aînée de l'Eglise. Mais il représente, lui, une nation laïque. Et donc, à ce titre-là, eh bien, il accueille le pape. C'est lui qui sera personnellement à l'aéroport avec son épouse pour accueillir le pape. Il vient, le pape. Il le reçoit à l'Elysée. Après, voilà. ANTOINE COMTEC'est adossé au nom de la loi de 1905, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, d'une Église. Cette fois-ci, il a décidé de plus la respecter ? SERGE PAPINIl est président d'une nation qui est laïque. Ça ne l'empêche pas, il a ses convictions personnelles par rapport à ça. Mais en tant que représentant de l'Etat, voilà, il fait la part des choses. ANTOINE COMTELa visite du pape, on l'a dit, donc, c'est une bonne nouvelle : pour l'hôtellerie, pour le commerce. Ça fait du bien en ces temps durs, avec des Français qui souffrent, notamment liés aux conséquences de la crise en Ukraine, mais aussi au Moyen-Orient, bien sûr, avec la flambée des prix du carburant, bien évidemment, des prix à la pompe. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, toujours lui, s'est exprimé hier soir. Et pour la première fois, il n'exclut pas de baisser les taxes sur les carburants. Ça veut dire quoi ? C'est un peu le retour du "quoi qu'il en coûte", Serge Papin ? SERGE PAPINNon. Alors, moi, je ne change pas une virgule à ce qu'il a dit, mais il a dit : "Si le conflit dure, s'il y a une trajectoire, il faudra qu'on se repose la question." Mais il a, en même temps qu'il disait ça, il a dit : "Ça va coûter 1 milliard par mois". Et évidemment ça va gonfler la dette et ça va obliger à le faire payer par le contribuable. ANTOINE COMTEÇa coûterait 1 milliard d'euros de plus pour l'Etat si on baissait les taxes. SERGE PAPINVoilà. Donc, il dit deux choses. Il dit qu'il faudra se reposer des questions, en effet, si la crise dure. Mais en même temps, il dit, comme certains, comme ça, le disent à l'ancon, il dit : voilà les conséquences que ça aurait. C'est pour, aussi, poser le sujet vis-à-vis des Français. ANTOINE COMTEC'est un peu le retour du "quoi qu'il en coûte" ou pas ? Est-ce qu'il va ouvrir la boîte de Pandore, à nouveau, là, Emmanuel Macron ? SERGE PAPINNon, ce n'est pas du tout ce qu'il a dit. Il a pesé, il a dit : "S'il y a une continuité, il faudra le faire, mais voilà ce que ça va coûter". Et finalement, il dit aussi une chose que l'on fait aujourd'hui avec le Premier ministre… regardez, 0,40 euro d'aide, et j'invite, je profite de ma présence à votre antenne pour dire : tous ceux qui y ont droit, il y a 5,5 millions de Français qui y ont droit, jusqu'à un salaire net de 2 050 euros, précisément. Allez-y, c'est très simple, sur impots.gouv.fr. Vous y avez droit. ANTOINE COMTEVous passez ce message, parce que de nombreux Français n'ont pas… SERGE PAPINOui, ne l'ont pas pris, oui. Oui, bien sûr. Il n'y en a qu'un million et demi ou 2 millions qui l'ont prise, déjà, sur la première vague. Parce qu'après, on a cru aussi un moment, en juillet, que la crise allait s'arrêter. Mais bon, ça va aller mieux. Là, ça dure un peu. Mais attendez, parce que j'en profite, Antoine Comte. Aujourd'hui, on a un prix politique du gasoil à 3 euros. J'entends là. Ouais, 3 euros. Et la réalité que je dis, c'est qu'aujourd'hui, si on peut acheter le prix le plus bas, bloqué, du carburant en diesel, il est à 2,25 euros, 1,99 euros en essence sans plomb, 2,25 euros moins 0,40 euro pour ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui vont au travail, qui font 30 kilomètres par jour et qui ont des salaires pas plus de 2 050 euros. Eh bien, ceux-là, ils peuvent payer le gasoil avec 0,40 euro enlevé, de 2,25 euros, à 1,85 euro. La réalité, c'est celle-là. Ce n'est pas les 3 euros. ANTOINE COMTECe n'est pas 3 euros : c'est 1.85 euro. SERGE PAPINBen oui, moi, je ne comprends pas. Il y a un discours, là, des politiques qui nous parle de 3 euros tous les jours. Je l'entends, hein. Mais où est-ce qu'ils en sont rendus ? Pour l'instant, 2,25 euros moins 0,40 euro pour 5,5 millions de personnes. En plus, il y a les chèques énergie, je le dis au passage, qui vont être versés au mois de janvier. Ça concerne 4,5 millions de personnes, ça peut aller de 50 à 250 euros. Là, c'est automatique. Mais mois de janvier plutôt que le mois d'avril. Vous voyez qu'il y a des amortisseurs quand même. ANTOINE COMTEOuais, bien sûr. Mais quand vous parlez de ce plafonnement, donc, à 2,25 euros. C'est donc pour Total, hein, les stations Total ? SERGE PAPINPour Total, oui. Ça, c'est Total. ANTOINE COMTEPourtant, les oppositions continuent à critiquer monsieur Pouyanné, donc le PDG de Total. On parle d'un profiteur de crise. Mathilde Panot de La France insoumise a encore réagi hier, en disant que, en gros, Emmanuel Macron devrait lui imposer le blocage total des prix. Quelle est votre réaction par rapport à ça ? SERGE PAPINMoi, je ne veux pas panthéoniser monsieur Pouyanné. Mais honnêtement, il est à la tête d'une major française. Et donc, il fait des résultats. Il fait des résultats sur le monde entier. Il a dit que ses résultats, donc, il en donnait bien sûr une partie en France en bloquant les prix. Donc, moi, je n'ai pas envie, bien sûr, de m'opposer, comme le font les politiciens, là, qui ne sont pas conscients économiquement. ANTOINE COMTEC'est un patriote, comme le dit Emmanuel Macron, monsieur Pouyanné ? SERGE PAPINMoi, je trouve qu'en bloquant les prix tant que dure la crise, a-t-il dit, je trouve que c'est vraiment quelque chose qui aide. En tant que ministre du Pouvoir d'achat, moi, je salue ça. Et puis je vais vous dire, le problème, les taxes... On ne va pas taxer à chaque fois. J'entends ça, cette petite musique, dire : je suis effaré, moi, sur l'économie. J'écoutais hier soir, il y en a qui disent : en décompte, il fait 11 milliards de bénéfices. ANTOINE COMTEOuais. Mais c'est énorme. Quand les Français entendent ça, ils se disent : est-ce qu'il n'y a pas besoin de redistribuer un petit peu. SERGE PAPINIl le fait sur le monde entier. Il le fait sur le monde entier, ces 11 milliards. Et il en renvoie, effectivement, en bloquant le prix du carburant. Et je vais vous dire : beaucoup d'entreprises font du bénéfice. Si vous achetez un iPhone : Apple fait plus de 40 milliards de bénéfices. Si vous achetez un pot de yaourt : Danone fait des bénéfices. Et ce bénéfice, il sert nos comptes publics, parce que c'est de la fiscalité, c'est de la TVA. Je suis effaré, moi, de voir un peu cette espèce de procès qui sont faits aux entreprises, qui sont faits à l'économie. Et moi, qui vais en province souvent, quand je discute avec les gens, ils sont contents malgré tout, pas complètement satisfaits, mais d'avoir au moins un prix qui soit bloqué. ANTOINE COMTESerge Papin, on parle du pouvoir d'achat des Français, et des Français qui souffrent, on l'a dit, notamment avec ces prix à la pompe. Il y a une proposition de loi, je cite, visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement des titres-restaurants, qui a été inscrite à l'Assemblée nationale pour le 12 octobre prochain. En gros, le but c'est qu'on puisse utiliser les tickets-restaurants après le 31 décembre 2026 dans les supermarchés, dans les grandes surfaces, dans la grande distribution. Est-ce que vous n'avez pas peur, quand même, qu'il y ait une fronde des restaurateurs par rapport à ça ? SERGE PAPIND'abord, il faut que la loi passe, parce qu'autrement, en effet, le ticket dans son utilisation actuelle disparaîtrait. C'est comme ça. Donc, c'est intéressant pour qu'il y ait le prolongement. Après, moi, je vais vous dire : il faut qu'on trouve un compromis. Et ça va être intéressant. Donc, c'est le Député, le président de Liot, Christophe Naegelen, qui m'a proposé le projet de loi. ANTOINE COMTEQui porte ce texte. SERGE PAPINDonc, du coup, on va trouver le compromis pour essayer justement de faire en sorte que les Français soient contents d'utiliser le ticket-restaurant comme un outil de pouvoir d'achat, et voir aussi ce qui peut être fait aussi pour les restaurateurs, je sais, qui ont eu une saison un peu plus difficile, notamment à cause du contexte climatique. J'ai beaucoup de discussions avec eux sur ce sujet, et on en a beaucoup discuté avec leurs représentants. ANTOINE COMTESerge Papin, je reviens toujours dans le cadre de cette crise qui frappe les Français. Marine Le Pen, hier, chez nos confrères de Politico, a dit : "La France n'a plus les moyens d'aider financièrement l'Ukraine." C'est un discours qui peut être entendu auprès des Français qui souffrent. Qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce que vous lui répondez ? SERGE PAPINBah, écoutez. D'abord, la France n'est pas le seul pays qui aide l'Ukraine. Il y a un engagement européen pour l'Ukraine, dans laquelle la France est, en effet, un peu en avance. Moi, je réponds à Marine Le Pen : on a un budget qui tient compte de notre défense, bien sûr, au plan global. D'ailleurs, au passage, vous savez, le budget, il est à 5 – 5,18% du PIB. S'il n'y avait pas les efforts que l'on a faits pour notre défense, il serait à 4%. ANTOINE COMTEDonc, il faut qu'on continue à aider l'Ukraine ? SERGE PAPINNon, mais Antoine, par les temps qui courent, est-ce que vous ne trouvez pas un peu rassurant qu'on ait une armée efficace avec toute la protection, aussi, nucléaire qu'il y a ? Vous savez, parce que... ANTOINE COMTEÇa, ce n'est pas à moi de le dire. SERGE PAPINNon, mais moi, je vais vous dire : c'est quand même rassurant. Et je trouve, moi, que ce choix stratégique qui a été fait, qui demande un effort, bien sûr, à la France... Ben regardez, on va être content peut-être, enfin, actuellement, on est content qu'on puisse savoir se sentir protégé par les temps qui courent. C'est quand même quelque chose. Moi, je suis, en tant que citoyen, je suis assez fier qu'on ait une armée. Et puis ce parapluie, comme on dit, parapluie nucléaire, d'ailleurs, au passage, où toute l'Europe se rapproche de nous pour dire : "Écoutez, ça nous intéresse aussi." Donc, voilà. ANTOINE COMTEDonc, il faudrait continuer à aider financièrement l'Ukraine ? SERGE PAPINOui. Puis, si on n'aide pas l'Ukraine, c'est gentil de dire ça, mais on voit bien, ils commencent à... C'est ce qu'a dit le président de la République hier. Il a dû le dire d'une façon un peu solennelle : l'attaque qui a eu lieu à Leipzig, en Allemagne, ça peut aussi se passer en France. Donc, on voit bien qu'il y a des tentations de déstabilisation de la Russie vers les pays d'Europe. On ne va pas laisser faire. Ce n'est pas possible. source : Service d'information du Gouvernement, le 28 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304769
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