geheim.land Recherche Politique
25 septembre 2026 · Gouvernement · TF1 · discours Discours

Interview de M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur, à TF1 le 25 septembre 2026, sur la sécurité autour du voyage du pape et la menace russe.

Laurent Nunez (auteur), Elizabeth Martichoux (intervenant)

ELIZABETH MARTICHOUXBonjour Laurent Nuñez. BRUCE TOUSSAINTEt vous me permettrez d'ajouter ministre de l'Intérieur et des Cultes aujourd'hui, en cette visite papale. Mais la toute première question concerne la sécurité autour de cette visite du souverain pontife. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin combien de membres de forces de l'ordre, au total, sont mobilisés ? LAURENT NUÑEZOui, au total, ça dépendra des jours, en fait. Mais aujourd'hui, c'est 14 000 forces de sécurité intérieure. Demain, ce sera 12 000. Et puis sur la séquence à Lourdes, 7 000. Et puis 5 000 à Metz ensuite. Sur les 4 jours, ça fait donc un volume de forces de sécurité intérieure qui est tout à fait considérable et réparti sur tous les sites. Parce que vous vous doutez bien qu'avant même que le Saint-Père n'arrive à Lourdes ou à Metz, il y a déjà un dispositif qui est en place, qu'il y a les mesures préparatoires, préliminaires, comme on dit, qui sont en cours de confection et de préparation. ELIZABETH MARTICHOUXAlors, c'est un événement considérable. L'enjeu sécuritaire, on l'a compris, est très important. Vous dites qu'il n'y a pas de menace caractérisée. Je reprends votre mot. Ça veut dire qu'il n'y a pas de menace tout court ? LAURENT NUÑEZNon, ça veut dire qu'il n'y a pas de menace ciblée. Les services de renseignement n'ont pas identifié de menace ciblée contre le Saint-Père ou contre l'événement d'une manière générale. Mais ça ne veut pas dire qu'on n'est pas… On est toujours dans un contexte de menace terroriste extrêmement élevé. Ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir de mouvements revendicatifs qui s'expriment à un moment ou à un autre. Ce dont je parle, c'est la menace caractérisée contre le Saint-Père ou contre l'événement lui-même. Il n'y a pas de menace identifiée. Mais dans le contexte qui est le nôtre actuellement, d'une menace terroriste extrêmement élevée, la vigilance des forces de sécurité intérieure est maximale, évidemment. ELIZABETH MARTICHOUXCombien de personnes sont interdites d'accès au site ? Parce que vous surveillez depuis des semaines certains individus, précisément en amont de la visite du pape. Combien de personnes sont interdites ? LAURENT NUÑEZJe ne pense pas qu'on donne le chiffre. C'est quelques dizaines de personnes. Ce qu'il faut que vos téléspectateurs comprennent, c'est que tout ça se passe dans un cadre légal. Il y a un dispositif juridique qui avait déjà été mis en place pour les Jeux au travers des mesures individuelles administratives de surveillance, les fameuses MICAS, qui avaient déjà été mises en place à l'époque des Jeux olympiques. Et puis depuis la loi, une loi du début de l'année, nous avons aussi la possibilité de prendre des arrêtés que prend le ministre de l'Intérieur, des interdictions de paraître pour des individus dont on pense qu'ils sont susceptibles de constituer une menace pour l'ordre public et qu'on peut interdire de paraître sur le secteur des grands événements. Manifestement, nous sommes dans cette situation. Donc effectivement, quelques dizaines de mesures ont été prises pour des individus connus et dont on considère qu'il est préférable qu'ils n'accèdent pas au périmètre de cette visite. ELIZABETH MARTICHOUXOn s'entend bien, mais est-ce que vous confirmez une information d'Europe 1 selon laquelle plusieurs imams et figures islamistes justement sont visés, ciblés par cette interdiction ? LAURENT NUÑEZNon, je ne confirme pas cette information. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a quelques dizaines de personnes qui peuvent être connues à divers titres, dont celui de l'islamisme radical, oui, effectivement. Mais il y a aussi d'autres thématiques qui peuvent être concernées comme celle de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite. C'est tout ce que je peux vous dire. Ce sont des mesures qui sont évidemment extrêmement confidentielles, qui sont prises sur proposition des services de renseignement par le ministre de l'Intérieur. ELIZABETH MARTICHOUXEt donc, il concerne plusieurs dizaines de personnes. Vous ne donnez pas le chiffre. Premier grand rendez-vous public, en termes d'enjeux sécuritaires, c'est cette déambulation sur 2,5 kilomètres à Paris, entre Notre-Dame et Saint-Michel. Là, on peut y accéder sans s'être inscrit préalablement. Quel conseil vous donnez aux Français parisiens qui se réveilleraient ce matin et qui se diraient : " Tiens, je vais voir passer le pape ". LAURENT NUÑEZC'est surtout de se prêter aux mesures de contrôle qu'il y aura. ELIZABETH MARTICHOUXDes fouilles ? LAURENT NUÑEZParce qu'il n'y a pas de préinscription pour voir le pape déambuler dans la papamobile. Il n'y a pas de mesure de préinscription. Mais il y a quand même un périmètre de sécurité avec des fouilles, des palpations, des mesures de sécurité, un barriérage. Donc, le conseil que je donne comme ministre de l'Intérieur, c'est évidemment de se prêter de bonnes grâces à ces mesures. ELIZABETH MARTICHOUXEt de venir à l'avance. Parce que justement, il y a ces fouilles qui vont... LAURENT NUÑEZBien sûr. ELIZABETH MARTICHOUXCombien de temps ? Je ne sais pas… LAURENT NUÑEZJe crois que les fidèles viendront en avance. Il y a une déambulation en véhicule de 2,5 kilomètres. La préfecture de police d'ailleurs a communiqué sur le parcours. J'invite les téléspectateurs d'ailleurs à aller sur le site de la préfecture de police où il y a toutes les informations utiles. ELIZABETH MARTICHOUXIl y a beaucoup d'événements. C'est considérable. Il y a la veillée à Saint-Denis. Demain, 600 000 personnes sur les Champs-Elysées. Il y aura les gendarmes du Vatican et aussi les gardes suisses. Ils vont arriver avec leurs costumes bariolés à rayures ou pas les gardes suisses ? LAURENT NUÑEZIls seront présents pour les missions de protection autour du Saint-Père mais en lien très étroit avec les fonctionnaires de la préfecture de police ou les fonctionnaires de police de protection des personnalités. Tout ce travail s'effectue en grande coordination. ELIZABETH MARTICHOUXMais ils seront dans leurs tenues qu'on connaît bien avec le… Vous savez, la hallebarde au Vatican. Non ? LAURENT NUÑEZNon, je ne pense pas. ELIZABETH MARTICHOUXIls seront en costume comme vous. Ils se fonderont dans la foule. LAURENT NUÑEZEvidemment. Le but, c'est de constituer une bulle autour du Saint-Père pour éviter qu'il ne soit attenté à son intégrité physique. BRUCE TOUSSAINTNous voyons, au moment où vous exprimez, les images de l'avion du pape qui est sur le point de décoller de Rome pour ensuite se diriger vers Orly où il sera accueilli par le Président de la République. Décollage dans quelques minutes pour le pape, direction Paris. ELIZABETH MARTICHOUXEncore une question avant d'en venir à la menace russe. A Metz, vous accueillez le pape. C'est lundi. Il y aura des chefs d'Etat. Combien de chefs d'Etat viendront à Metz ? LAURENT NUÑEZJe n'ai pas le... ELIZABETH MARTICHOUXVous ne l'avez pas. LAURENT NUÑEZOnt été invités les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Européenne. Je n'ai pas encore le retour complet de la liste. ELIZABETH MARTICHOUXEst-ce que Volodymyr Zelensky sera là ? LAURENT NUÑEZNon, je ne crois pas. Je me réfère à la communication de l'Elysée qui a procédé aux invitations. Ce sont les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Européenne à ma connaissance. ELIZABETH MARTICHOUXMonsieur Nuñez, Emmanuel Macron a confirmé hier soir sur TF1 la menace russe qui s'ajoute aux attaques cyber qui est déjà opérée par Moscou sur notre territoire. Une attaque possible d'un drone russe sur un avion. La question lui a été posée par Gilles Bouleau. Il a dit oui, c'est possible. Vous confirmez ? LAURENT NUÑEZBien sûr que je confirme. Ça fait déjà quelque temps que cette menace est évoquée. Une menace de guerre hybride que nous mène la Russie. Vous l'avez cité. Il y a les attaques cyber, mais pas que. Il y a les ingérences informationnelles aussi, cette manipulation de l'information permanente à laquelle se livrent en réalité les services russes par l'intermédiaire de sites, de proxys et qui vise à nous diviser, à diffuser de mauvaises informations. Et puis, plus récemment, il y a eu l'attaque à Leipzig qui inquiète beaucoup. Un drone chargé d'un explosif pour détruire un aéronef. Et donc, évidemment, il n'y a aucune raison que nous ne soyons pas sur nos gardes aussi ou si sur le territoire national. ELIZABETH MARTICHOUXAlors, il vous a chargé d'une mission. Il nous l'a dit hier soir sur TF1. LAURENT NUÑEZBien sûr. ELIZABETH MARTICHOUXIl vous a chargé personnellement d'une mission. Plus de vigilance région par région sur les sites sensibles. Ça se traduit par quoi cette mission ? Concrètement, vous faites quoi ? LAURENT NUÑEZTrès concrètement, ça se traduit par... J'ai remis les préfets de zone, mais sur un travail qui est mené depuis déjà plusieurs mois, voire plusieurs années, sur ce travail qui est mené et qui vise à décliner dans chaque zone, grande zone. Il y a des préfets de zone qui visent à décliner les mesures de protection. La mesure de protection, c'est quoi ? C'est d'abord sensibiliser sur la menace, que nos compatriotes comprennent bien la réalité de cette menace. Et puis ensuite, c'est identifier les sites sensibles. Je pense évidemment à nos industries de défense, nos grandes infrastructures. Et prendre des mesures de protection en renseignement, des mesures de protection physiques, et d'être en capacité de réagir. ELIZABETH MARTICHOUXTout ça, nous sommes visés parce que nous sommes les alliés de l'Ukraine ? LAURENT NUÑEZBien sûr. ELIZABETH MARTICHOUXMarine Le Pen, candidate à la présidentielle, a affirmé à Politico : " Nous n'avons plus les moyens d'aider l'Ukraine. " Ça, effectivement, réduirait la menace, si c'était le cas ? LAURENT NUÑEZLe sujet ne se pose pas en ces termes-là. Il y a une action diplomatique de la France qui a lancé, qui est un acteur majeur de la coalition des volontaires. Donc voilà, on n'a pas ce genre de questions à se poser. Ce qu'il faut, c'est qu'il y a une action diplomatique qui est menée par la France. Et puis, évidemment, nous sommes ciblés de ce point de vue. Mais encore une fois, ça n'est pas nouveau. ELIZABETH MARTICHOUXQu'est-ce que vous lui dites à Marine Le Pen ? LAURENT NUÑEZLe Président de la République a rappelé hier soir qu'en 2017, il a aussi été victime d'une attaque cyber. ELIZABETH MARTICHOUXIl l'a dit, mais qu'est-ce que vous lui dites, maintenant ? LAURENT NUÑEZJe dis aux responsables politiques, qu'a réuni d'ailleurs le Président de la République, ce qu'il leur a dit, c'est-à-dire que la menace, c'est une réalité, il ne faut pas la négliger. Tous les services de renseignement de tous les pays de l'Union Européenne convergent pour avoir caractérisé cette menace. Dans certains de nos pays voisins, parfois, vous avez encore... Ça s'est produit il y a dix jours encore... Enfin, le week-end dernier, pardon, le week-end dernier, sur un grand aéroport européen, vous avez des drones qui sont venus perturber le fonctionnement... ELIZABETH MARTICHOUXDonc ça n'est pas à la hauteur de la menace, ce que dit Marine Le Pen ? LAURENT NUÑEZIl faut être responsable, voilà. Surtout quand on aspire à diriger un grand pays, une grande nation comme la France, il faut être responsable. On ne peut pas négliger la menace russe. Elle existe, c'est une réalité. Il faut savoir la nommer et évidemment prendre toutes les mesures de précaution. BRUCE TOUSSAINTJe rappelle que vous nous annoncez ce matin que 14 000 membres de forces de l'ordre seront mobilisés. Aujourd'hui, ce sera le pic en termes de mobilisation, 12 000 demain, et puis ensuite un petit peu moins, mais pour des raisons sans doute évidentes aussi, j'allais dire. LAURENT NUÑEZAu total, on mobilise 37 000 personnes. BRUCE TOUSSAINT37 000 personnes sont mobilisées pour cette visite. ELIZABETH MARTICHOUXIls auront des primes ? Oui, non, ils auront des primes ? LAURENT NUÑEZNon, ça n'est pas prévu. ELIZABETH MARTICHOUXD'accord. LAURENT NUÑEZIl n'y a pas de prime… ELIZABETH MARTICHOUXFonctionnaire. LAURENT NUÑEZ… aux Jeux olympiques comme ça avait été fait à l'époque, mais il y a une mobilisation importante des forces de sécurité intérieure que je veux remercier d'ailleurs, comme je remercie les trois préfets : le préfet de police, le préfet de Moselle et la préfète de Haute-Pyrénées qui ont fait un travail depuis plusieurs mois pour préparer cette visite importante. source : Service d'information du Gouvernement, le 28 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304768
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304768-laurent-nunez-25092026-tf1-ordre-public?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé