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28 septembre 2026 · Gouvernement · LCI · discours Discours

Interview de Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants, à LCI le 28 septembre 2026, concernant des attaques sur le sol de l'OTAN, la menace russe, le conflit au Moyen-Orient, le Hamas en Cisjordanie et

Alice Rufo (auteur), Amélie Carrouër (intervenant)

ALICE RUFOBonjour. AMELIE CARROUËRMadame la ministre, merci d'avoir accepté l'invitation. On a beaucoup de travail ensemble ce matin. Combien de dossiers ? Ma première question : l'Iran lance des attaques sur le sol de l'OTAN, madame la ministre, et l'Iran pourraient en faire autant chez nous. Je vais préciser quand même pour les téléspectateurs qui nous rejoignent en ce lundi matin : au Royaume-Uni, plusieurs hommes, ce week-end, ont été soupçonnés, arrêtés, d'infractions à la législation sur les explosifs après un incendie près d'une base militaire américaine. Donald Trump lui-même affirme qu'ils voulaient causer de gros dégâts. On parle d'actes potentiellement terroristes ici. Selon les infos de la BBC, la base militaire serait notamment utilisée pour mener des frappes en Iran. J'ai posé le cadre. Est-ce que l'Iran frappe le sol de l'OTAN ? ALICE RUFONon, je ne peux pas confirmer que la responsabilité, en tout cas l'attribution de cette attaque, dont, effectivement, la police antiterroriste a été saisie. C'est aux autorités britanniques de le faire. Et pour l'instant, elles ne l'ont pas fait. Cela dit, effectivement, il y a des tensions qui sont liées à la guerre au Moyen-Orient, des tensions qui sont, on le voit, vous l'avez encore rappelé sur votre antenne, économiques, et puis il y a des tensions sécuritaires. Ce que ça dit au fond, cette situation, c'est que les infrastructures civiles ou militaires en Europe doivent de toute façon être renforcées. C'est précisément ce que nous faisons en ce moment. AMELIE CARROUËROn va en reparler. Emmanuel Macron lui-même a annoncé un plan, ces derniers jours, de renforcement de la protection. On va y revenir en quelques instants. Mais est-ce que de tels actes sont possibles sur le sol français ? ALICE RUFODes actes de sabotage ou, en tout cas, d'hybridité ou de tests sur des infrastructures absolument critiques, oui, sont possibles. C'est pour ça qu'il faut se préparer. AMELIE CARROUËREt ça peut être la signature de l'Iran sur le sol français également. L'Iran pourrait aujourd'hui mener le même type d'attaques que la Russie ? ALICE RUFOOui, il y a un certain nombre de pays dans le monde qui sont nos adversaires ou, en tout cas, qui utilisent des méthodes d'ingérence ou de tests de nos structures. Là, en l'espèce, nous n'avons pas d'attaques de l'Iran. AMELIE CARROUËREn tout cas, non seulement la Russie peut mener ces attaques sur notre sol contre nos intérêts, mais l'Iran également pourrait le faire ? ALICE RUFOC'est un scénario qui n'est pas en cours, là, ni au Royaume-Uni, ni en France. AMELIE CARROUËRC'est à confirmer, en tout cas. ALICE RUFOIl n'y a pas eu de confirmation. Mais il faut se préparer d'où qu'elles viennent. Et vous avez raison de dire qu'on parle beaucoup de la Russie, mais qu'il y a d'autres pays qui sont susceptibles de mener ce type d'actions. Donc, il faut se préparer dans tous les cas. AMELIE CARROUËRL'Iran a les mêmes modes opératoires que la Russie. Parlons de la Russie. Qu'est-ce qui nous attend avec la Russie ? On a bien écouté le président de la République sur TF1 l'autre jour. Il a démenti toute cette affaire d'alerte de la CIA sur une attaque de drone russe en France. Mais le président, il a reconnu que cette menace existe et pourrait viser le territoire. Cette menace, elle est possible à tout moment, à tout moment ? ALICE RUFOOui. D'abord, elle existe déjà dans la sphère informationnelle, dans la sphère cyber. Et puis elle se traduit dans plusieurs pays européens par des actes de sabotage, des actes graves, comme on l'a vu en Allemagne, par des survols. Donc, elle est à la fois actuelle et tout à fait possible en termes d'intensification dans les semaines, mois, qui viennent. AMELIE CARROUËREt de quel type d'attaque on parle ? Là, ces dernières heures, monte la musique de sabotage, de vols de matériaux sensibles, et également de soupçons d'espionnage sur des sites stratégiques importants, notamment pour la fabrication et la production de Rafale. On voit, selon Le Parisien, qu'un employé de l'usine Dassault Aviation de Cergy a été interpellé vers mi-septembre par des enquêteurs de la section de recherches de gendarmerie et de l'armement, une unité qui lutte contre les violations de la sécurité du secret-défense. Vous nous confirmez cette affaire ? ALICE RUFOJe n'ai pas connaissance. De toute façon, pour ce qui concerne les affaires judiciaires, je ne commente jamais. Mais simplement, ce que vous dites, c'est-à-dire la possibilité de sabotage, d'espionnage, d'actes malveillants, y compris sur notre base industrielle, y compris sur notre sécurité économique, et en l'espèce militaire quand il s'agit de base industrielle et technologique de défense, oui, ça fait partie des scénarios possibles. AMELIE CARROUËRIls sont en hausse, ces actes de sabotage, actuellement ? J'imagine qu'on ne sait pas trop. Vous ne communiquez pas là-dessus. ALICE RUFOEn Europe, il y a plusieurs cas documentés. J'étais encore au Danemark la semaine dernière. Il y a une inquiétude dans tous les pays européens sur ce sujet. Il y a quand même eu ce qu'il s'est passé à Leipzig, en Allemagne. Et donc, oui, le niveau, et je crois qu'il ne faut pas le cacher, le niveau de risque pour ce qui concerne ces actes de malveillance, on dit hybride, le terme n'est pas satisfaisant certains essaient de réfléchir à « guerre de l'ombre », cette manière de rester sous le seuil du conflit militaire, mais de déstabiliser par du sabotage, de l'espionnage, de la malveillance. Oui, c'est la menace à laquelle nous sommes confrontés. AMELIE CARROUËREst-ce que, et je pense que la réponse est non, mais je la pose quand même : est-ce que la majeure partie de ces actes, de ces actes sur notre territoire, de sabotage, d'espionnage, vous les gardez secrets ou vous communiquez le plus souvent ? ALICE RUFONon. S'il y avait eu un acte comme ce qu'il y a eu en Allemagne, par exemple, sur notre territoire, bien sûr vous l'auriez su. Nous l'aurions dit. AMELIE CARROUËRD'accord. ALICE RUFOMais si vous voulez, on est en Europe, on qualifie la menace, on voit que chez nos partenaires, il y a une intensification. Nous, par ailleurs, sur le débat public, sur la lutte informationnelle, sur les ingérences ou, en tout cas, les interférences dans la vie démocratique, on a déjà eu à le vivre : on le vit tous les jours. Donc, je crois qu'il faut juste dire la vérité sur l'état de la menace. AMELIE CARROUËRAlors, l'état de la menace est très élevé. Donc, on l'a bien compris. Un plan de protection, on y vient, a été annoncé par le président de la République. En quoi cela consiste, puisque vous dites qu'il ne faut pas parler au futur, que c'est déjà le cas ? En quoi cela consiste, ce plan de renforcement de la capacité de résistance de nos infrastructures ? Ça passe par quoi, très concrètement ? Et quelles sont les infrastructures, aujourd'hui, concernées ? ALICE RUFOAlors, c'est toutes les infrastructures critiques sensibles, c'est-à-dire qui contribuent à la vie de la nation de manière essentielle. Bon, là, je vais parler de ce que je connais le mieux, c'est-à-dire les infrastructures militaires. Vous avez vu que dans certains cas, il y a eu des survols de drones, des approches, etc. Donc, là, c'est pour ça que je disais, c'est déjà le cas. Pour ce qui concerne les emprises militaires et la base industrielle et technologique de défense, nous avons renforcé la posture. C'est-à-dire qu'en matière de lutte contre des survols de drones, en matière de surveillance des approches, on a déjà considérablement…Et il faut qu''on continue. AMELIE CARROUËROui, mais visiblement, il vous en demande plus, oui, parce qu'Emmanuel Macron, il a annoncé avoir demandé au Gouvernement, donc à vous, de préparer un plan de protection de nos infrastructures face aux attaques hybrides russes. ALICE RUFOAbsolument. AMELIE CARROUËRDonc, vous allez le renforcer comment ? ALICE RUFOAlors, il l'a demandé au ministère de l'Intérieur. Et évidemment le ministère des Armées est tout à fait contributeur en la matière. Ce que je disais, c'est qu'on a déjà renforcé la posture pour ce qui concerne les infrastructures militaires. Et là, je veux aussi dire que la protection de nos emprises militaires et de notre base industrielle et technologique de défense est très robuste. Voilà. En permanence. AMELIE CARROUËRMais qu'allez-vous faire de plus ? ALICE RUFOPar exemple, je vais vous donner un exemple concret. Il y a, dans la loi de programmation militaire, son ajustement, tel qu'il a été voté au Parlement, des dispositifs qui permettent, par exemple, en termes de lutte anti-drone, de renforcer la surveillance de sites qui peuvent être très sensibles pour notre vie nationale et qui peuvent être essentiels et qui, par exemple, donnent des moyens supplémentaires en matière de lutte anti-drone. AMELIE CARROUËRJe voudrais vous entendre sur la question de l'envoi de moyens, d'hommes, potentiellement de Rafale en Arabie saoudite. Le Président, qui n'exclut pas l'envoi d'avions de combat Rafale, il l'a dit également sur l'antenne de TF1, pour sécuriser le site énergétique, plus précisément de Yanbu : histoire de faire passer plus de barils dans les prochains mois. Il dit : " On verra pour le Rafale, on va revenir au reste du matériel. " Il dit : " On verra l'évolution et selon les besoins. " Qu'est-ce qui pourrait déterminer, déclencher définitivement l'envoi de ces Rafale dans la région ? Qu'est-ce que vous attendez pour y aller ? ALICE RUFOAlors, d'abord, l'expression du besoin du partenaire saoudien. AMELIE CARROUËRD'accord. ALICE RUFODonc, là, c'est en cours. Il y a des discussions avec nos partenaires saoudiens pour savoir comment eux-mêmes, d'abord, veulent sécuriser le site et en quoi nous pouvons les appuyer. On n'est pas les seuls. Il y a aussi d'autres pays qui contribuent à la sécurité d'un partenaire dans la région qu'est l'Arabie saoudite. Le président a cité, en fait, ce qui relève de la protection d'un site, c'est-à-dire de la défense aérienne, des radars. Et c'est en fonction, évidemment, de l'expression du besoin et de la situation qu'on décide des moyens que, j'ajoute, on ne détaille pas publiquement. AMELIE CARROUËRBien sûr. Donc, vous ne direz pas combien de Rafale sont prêts à partir, potentiellement, pour l'Arabie saoudite ? ALICE RUFONon, mais ça n'aurait pas. Ça n'aurait pas de sens, parce qu'il faut construire. Là, le président a parlé il y a quelques jours, les contacts sont en cours. On va voir. J'entends, par ailleurs, pas mal de choses qui sont fausses. AMELIE CARROUËRC'est-à-dire ? ALICE RUFOJe trouve que la manière dont, dans le débat public, certains responsables en ont parlé n'est pas raisonnable. Parce qu'on nous a évidemment, tout de suite, parlé de cobelligérance, ce qui n'est pas le cas. Il n'y a aucune intention de cobelligérance. AMELIE CARROUËRJe voudrais qu'on voie effectivement, si c'est possible, le message de Jean-Luc Mélenchon sur son réseau social, qui qualifie le sol saoudien de théâtre de guerre. Et il dit : " Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. " Prenons les choses les unes après les autres. Il s'agit d'un théâtre de guerre, oui ou non ? ALICE RUFOIl s'agit d'un théâtre où il y a énormément de tensions qui sont liées. Mais je voudrais juste rappeler les choses. Il faut séparer, si vous voulez, ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz, où là, effectivement, il y a des conséquences très lourdes pour le trafic international, de ce qui se passe à Bab el-Mandeb, où, je précise, que des bateaux passent et que, d'ailleurs, des moyens français sont déjà dans la région pour aider à la circulation maritime. Et puis il y a des tensions, un conflit, entre les Houthis, l'Arabie saoudite et des milices aussi qui agissent dans la zone, qui endommagent les infrastructures pétrolières essentielles à notre approvisionnement. Donc, je crois qu'il ne faut pas tout confondre. Il n'est pas question, il n'a jamais été question d'être belligérants pour ce qui nous concerne dans la région. AMELIE CARROUËRMais quand Jean-Luc Mélenchon dit : " Si la base est frappée, que fait-on ? " Donc, je vous pose la question : si la base est frappée, que fait-on ? ALICE RUFOJ'entends juste. AMELIE CARROUËRNon, mais à cette question : si la base est frappée, que fait-on ? ALICE RUFONos moyens militaires, quand ils viennent de manière défensive, à l'appui de la défense d'un partenaire, comme nous l'avons fait aux Émirats par exemple, pendant, depuis des mois. D'abord, ils sont protégés. Et ensuite, il y a quelque chose de dangereux à tout de suite mettre le sujet sur le terrain de la belligérance : c'est exposer nos forces. Il ne faut pas dire que nous sommes belligérants ou que nous aurions vocation à l'être quand nous ne le sommes pas. Ce que nous faisons, c'est défendre les intérêts de la France et protéger l'approvisionnement, si vous voulez. Si on tape sur l'action du Gouvernement en disant d'une part vous ne faites rien sur la crise des carburants, mais que dès qu'on fait quelque chose, parce que je rappelle que les armées françaises sont au service des intérêts de la France, alors, là, on est taxé de cobelligérance. Bon, bah, ça veut dire qu'au fond, les intérêts des Français passent après la polémique un peu hors sujet que nous vivons actuellement là-dessus. AMELIE CARROUËRAlors, sur les Rafale, il n'a pas exclu l'envoi, mais il ne l'a pas annoncé, le président de la République. En revanche, il a bien dit sa décision d'envoyer des soldats français, des radars et des systèmes de défense dans la région. Ça, c'est 100 % confirmé. On est d'accord ? ALICE RUFOOui, il y a déjà des soldats dans la région, et il y a déjà des systèmes, défense aérienne. AMELIE CARROUËREt alors, en envoyer plus ? ALICE RUFOC'est-à-dire que c'est une décision de plus qui amène à travailler avec le partenaire saoudien sur la sécurisation d'un site, dont je rappelle qu'il est quand même important pour nos approvisionnements. AMELIE CARROUËRMais concrètement, pour que nos téléspectateurs comprennent bien, est-ce que vous êtes en train de préparer l'envoi de plus de soldats français, de plus de radars et de systèmes de défense ? ALICE RUFOOui. Par définition, nous y sommes prêts. Et le président l'a fait savoir à nos partenaires. AMELIE CARROUËRDe quelle ampleur ? C'est-à-dire combien de soldats français on est prêts à envoyer en plus ? ALICE RUFOEncore une fois, d'abord, un, on ne détaille jamais un dispositif. Et deux, ça n'aurait pas de sens, parce qu'on est en train de le construire : ce qu'on peut faire. Le point important, c'est l'intention. Il n'y a pas d'intention ni de combat, ni de conflictualité, ni de belligérance dans la région. Et si je le dis et que je le répète autant, c'est parce que ce serait créer de la confusion sur nos intentions, et c'est dangereux. Notre intention est défensive et elle vise à protéger les approvisionnements des Français, donc à défendre les intérêts des Français. AMELIE CARROUËREt donc ça se fait, nous seuls ? Est-ce qu'on discute avec les Allemands, avec nos partenaires européens ? Est-ce qu'on le fait main dans la main avec d'autres ou c'est la France uniquement ? Ou c'est la France en discussion avec l'Arabie Saoudite ? ALICE RUFOC'est la France en discussion avec l'Arabie saoudite. Je note que d'autres partenaires ont aussi fait part de leur disponibilité, par exemple le Royaume-Uni, mais nous le faisons, nous, avec l'Arabie saoudite. AMELIE CARROUËREst-ce que vous seriez prêt à vous soumettre à un vote sur le sujet ? Parce que je reviens sur Jean-Luc Mélenchon, il ne s'est pas arrêté là. Le patron de LFI a réclamé un vote à l'Assemblée nationale invoquant l'article 35 de la Constitution. ALICE RUFOMais alors la Constitution, c'est dans le cas d'une intentionnalité de combat, de belligérance, enfin voilà, de très grandes tensions. Et puis il faut distinguer une information qui est faite par de multiples voies constitutionnelles. Vous savez qu'en plus, le Gouvernement a quand même très souvent fait des débats au Parlement, par exemple dans le cadre de l'Ukraine ou dans d'autres, ou sur la situation au Moyen-Orient, dans le cadre de l'article 50-1 de la Constitution, que le président de la République a reçu les groupes politiques pour les informer de la situation internationale pas plus tard que la semaine dernière. Donc que le Parlement soit informé et que les parlementaires et les responsables politiques nationaux soient informés, c'est important et nous le faisons. Maintenant, une fois de plus, je pense qu'il ne faut pas dire n'importe quoi sur les intentions qui sont les nôtres et qui sont, un : l'intérêt de la France sur les approvisionnements, deux : rester dans une posture très défensive. Et donc attention aux faux débats. AMELIE CARROUËRMais là encore, j'essaie d'être le plus concerné possible pour nos téléspectateurs, l'objectif du Président français, c'est de faire descendre les prix du baril et le prix du carburant à la pompe. ALICE RUFOOui. C'est les intérêts des Français. AMELIE CARROUËRMais à quel terme ? À quel terme ? Parce qu'on va vous le dire, nous, les Français nous posent des questions en direct, c'est le concept aussi de cette émission tous les matins, et c'est l'urgence, c'est : est-ce que ce sera 0,02 euro de plus demain matin, 0,04 euro ? Si ça doit baisser, quand est-ce que ça va baisser ? Cette initiative, elle pourrait à quel terme aider les Français dans leur quotidien ? ALICE RUFONous espérons le plus vite possible. AMELIE CARROUËRJe sais que c'est compliqué, mais je ne peux pas ne pas vous le demander. ALICE RUFONon mais c'est compliqué pour les Français, surtout pour être honnête. Et cette guerre, je crois avoir été interrogée dès le début et malheureusement, je crois que j'avais répondu : elle va durer. Voilà. Cette situation de guerre au Moyen-Orient que nous n'avons pas choisie, que nous subissons, elle a des conséquences très lourdes. Pardon, on a perdu des soldats. Justement, c'est pour ça que je fais attention en disant " posture défensive ", pour qu'on ne soit pas pris pour cible non plus, parce que ce serait faux. Et ensuite on a agi, on n'a pas rien fait. Je ne voudrais pas donner l'impression que c'est le cas. Par exemple, encore une fois, je rappelais l'opération Aspides, vous le savez, des frégates qui sont engagées, elles passent, les bateaux passent. Donc cela permet de détendre la pression sur les prix. Et donc sur Ormuz, nous avons dit que nous étions disponibles à agir en matière de déminage avec des partenaires, sans jamais adopter une posture offensive. Donc nous faisons le maximum pour que, le plus vite possible, la situation revienne à la normale. Encore une fois, la diplomatie est active. Les Armées françaises prennent leurs responsabilités pour défendre les intérêts des Français et faire en sorte que cela aille le plus vite possible. Mais je comprends, je comprends l'impatience. C'est pour ça qu'on se mobilise de la manière la plus efficace possible. Bon, si à chaque fois qu'on se mobilise, on est accusé d'une part d'inaction, d'autre part de belligérance, on ne va pas s'en sortir. Ce que ça montre, c'est que le Gouvernement est à la tâche pour aller le plus vite possible pour défendre les intérêts de la France. AMELIE CARROUËRLe Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie, madame la ministre ? ALICE RUFOLe Hamas a une responsabilité majeure, ce groupe terroriste, dans la déstabilisation de la région et dans ce qui s'est passé évidemment à Gaza et dans ce qui se passe dans toute la région. Maintenant, je sais sur quoi vous m'interrogez. AMELIE CARROUËROui, je vais expliquer là encore pour nos téléspectateurs. Emmanuel Macron, à l'ONU, a critiqué les agissements israéliens en Cisjordanie en affirmant que le Hamas n'était pas actif sur ce territoire où siège l'Autorité palestinienne. Ça a été un tollé et on sent quelques gênes quand même dans les réponses. Donc quelle est la place du Hamas en Cisjordanie ? Y a-t-il là une erreur factuelle du président de la République ? ALICE RUFOLe Hamas est un élément de déstabilisation pour le Proche-Orient et c'est un groupe terroriste, on le dit, on le redit, d'ailleurs, ils l'ont plus que prouvé. Maintenant, ce que le Président a voulu dire… et je pense que… bon, attention aussi, il y a une réaction très forte des autorités israéliennes à laquelle nous sommes malheureusement habitués. AMELIE CARROUËRMais Benyamin Netanyahou s'en est emparé. ALICE RUFONon, non, mais bien sûr. Mais que le Hamas soit un mouvement qui sévit, au sens nuit, déstabilise, c'est un fait, par définition. Maintenant, ce que le Président dit et qui est juste et qui mérite d'être entendu, c'est que ce qu'il se passe en Cisjordanie aujourd'hui est grave pour la sécurité de la région, le respect du droit international et, à terme, pour la sécurité d'Israël. Parce que cette violation constante du droit international pèse sur la sécurité régionale et empêche d'avancer vers la solution des deux Etats, qui est la seule possible. Voilà. Après, on peut parler pendant des heures du choix d'un terme ou d'un autre, mais c'est bien ce que le Président a dit. AMELIE CARROUËROui, mais là en l'occurrence, le poids des mots sur un tel conflit. ALICE RUFOOui mais il y a des campagnes aussi en Israël, donc il y a une utilisation de ce qui est dit. Très bien. Simplement, ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a eu aucune ambiguïté ni sur la position du Président concernant le Hamas, ni sur la solution à deux Etats, ou quand même la position de la France est extrêmement claire. Encore une fois, on peut faire plein de polémiques, mais ce qu'il faut, c'est agir. AMELIE CARROUËROn prend les questions de Français. Je les découvre avec vous en direct. Elles vont s'afficher. Et c'est Yohann, à Ploeuc-L'Hermitage, qui vous pose une question : " Comment l'Etat compte-t-il protéger nos infrastructures sensibles contre des cyberattaques ? " D'ailleurs je crois qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui sont visées, et même des petites et des PME. ALICE RUFOAbsolument. Les chaînes, cela concerne les grosses entreprises et c'est très visible quand ça concerne des grandes boîtes de la BITD. Mais en fait, l'évaluation de la menace, c'est que toute la chaîne de sous-traitance est concernée, y compris d'ailleurs sur les approvisionnements. AMELIE CARROUËREt ça s'accélère très vite là. On voit une aggravation très claire. ALICE RUFOOui. Partout en Europe. AMELIE CARROUËRPour la France. ALICE RUFOLes éléments de renseignement qui ont été donnés aux chefs, aux responsables politiques démontrent que c'est bien la nature de la menace qui d'ailleurs avait été documentée dans la Revue nationale stratégique déjà, mais qui s'accroît. Et donc à cette question, je pense que c'est très juste la manière dont elle est posée, c'est que qu'est-ce que… on fait déjà. Je ne veux pas laisser penser qu'on ne le fait pas. Mais effectivement, l'Etat doit renforcer et accompagner les entreprises. Vous savez que pour la base industrielle et technologique de défense, il y a même un service spécialisé qui s'appelle la DRSD qui est un service désarmé qui accompagne la protection, y compris cyber, des entreprises de la défense. Mais il faut le faire dans tous les domaines, y compris dans le civil. Donc ça, c'est un axe d'efforts à multiplier. Et sur les petites et moyennes entreprises qui n'ont pas toujours les moyens, et c'est bien normal, de se renforcer, et donc il faut à la fois les informer et les accompagner dans le renforcement, le durcissement de la posture cyber et autres. AMELIE CARROUËRMerci pour la question, Yohann. Allez, on découvre l'autre question pour vous, madame la ministre, et c'est Clotilde à Alençon. Bonjour Clotilde. " Si Marine Le Pen est élue, doit-on s'inquiéter d'une menace russe plus importante ? " Et je rajoute, pardonnez-moi Clotilde, un petit étage à notre question : Marine Le Pen a persisté et signé, elle dit : " la France ne peut plus aider financièrement ". J'ai vu Jean-Noël Barrot qui a accusé Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen d'être dans le camp de la Russie ce week-end. Est-ce que vous accusez Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon d'être dans le camp de la Russie ? Et si elle est élue, doit-on s'inquiéter d'une menace plus importante ? ALICE RUFODonc merci à Clotilde de la question. A chaque fois qu'on fait preuve de faiblesse vis-à-vis de la Russie, mais là je ne fais pas de politique, c'est démontré. AMELIE CARROUËRAllez-y ALICE RUFOElle avance. Voilà. Parce qu'il y a une… la Russie comprend les rapports de force. Donc si on est faible face à la Russie, si on dit au moment où elle intensifie la menace : " OK, j'arrête le soutien à l'Ukraine ", oui, en fait, le risque est plus important. AMELIE CARROUËREt vous reprenez les mots du ministre des Affaires étrangères en disant que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont choisi le camp de la Russie. ALICE RUFOC'est factuel. Vous avez… il y a au moment de la guerre en Ukraine la proposition par le Rassemblement national d'une alliance avec la Russie. Vous avez au Parlement européen une opposition assez systématique sur le soutien à l'Ukraine. Alors c'est un peu différent parfois au Parlement français, comme les Français sont plutôt favorables à l'Ukraine. Il y a comme des nuances entre le Parlement européen et le Parlement français sur la position des députés, des parlementaires RN. Et puis je note que là, alors que la Russie intensifie sa menace, au fond, à la fois La France insoumise et le Rassemblement national prônent plutôt une baisse du soutien à l'Ukraine. Factuellement, c'est ce que souhaite la Russie. AMELIE CARROUËRC'est Christophe Barbier qui nous a rejoints ce matin. Bonjour Christophe. Vous êtes face à la madame la ministre. Allez-y ! ALICE RUFOBonjour. CHRISTOPHE BARBIERBonjour madame la ministre. Le pape est à Metz aujourd'hui, il va parler Europe, il va parler paix, il va parler de guerre. Il a envoyé monseigneur Gallagher à Moscou fin août. Le Vatican propose une conférence pour la paix au Vatican. Est-ce que la France soutient cette proposition ? ALICE RUFONous soutenons toute forme d'action qui permet d'amener la Russie à la table des négociations. Cette négociation ne doit pas se faire sans l'Ukraine. Ça, c'est notre point dur. Voilà, maintenant je vois, j'entends tout ce qu'on nous reproche maintenant. Soutenir l'Ukraine, c'est être cobelligérant. Enfin on a l'habitude de cela en vérité. On ne l'a jamais été non plus en Ukraine. Cobelligérant. On soutient l'Ukraine pour se défendre. Qu'il y a une volonté de paix ? Oui, bien sûr qu'on la soutient. Bien sûr que l'Ukraine a cette volonté de paix également. Mais la limite de toutes les initiatives qui peuvent être prises sur la paix, c'est qu'elles ne peuvent pas être prises, un : sans l'Ukraine pour ce qui concerne sa souveraineté, sa liberté et sa sécurité, deux : sans les Européens pour ce qui concerne leur souveraineté, leur liberté et leur sécurité. CHRISTOPHE BARBIERLe Rassemblement national entre en force au Sénat, il aura un groupe. Est-ce que ça vous inquiète pour les lois qui vous concernent, le budget des armées notamment, ou pour l'ambiance politique générale ? ALICE RUFONon, parce qu'en fait, vous avez… la position du Rassemblement national sur le budget des armées est tout à fait ouverte, en tout cas en soutien, même si en fait, ça peut passer sans, parce qu'il y a une certaine forme de… CHRISTOPHE BARBIERD'unanimité, de consensus. ALICE RUFOEn tout cas de consensus. Enfin je veux dire, les parlementaires sont responsables en la matière. Ils voient l'état de la menace, et puis les Français aussi souhaitent un renforcement de notre défense, et c'est bien normal. La sécurité est quand même la première des raisons pour lesquelles les armées travaillent, la sécurité des Français. Cela dit, il faut quand même à un moment donné avoir de la cohérence sur le budget. C'est-à-dire qu'effectivement, si on dit qu'on est d'accord pour l'augmentation du budget de la défense, et je m'en réjouis. Après, vous savez que la loi de programmation militaire, elle est déclinée annuellement dans un budget, et donc il faut faire preuve de la même responsabilité au moment où le budget est voté. Effectivement, s'il y a des blocages au Parlement sur l'adoption d'une augmentation de la, des moyens de la défense, il y aura des blocages et ça posera des problèmes. CHRISTOPHE BARBIERAvant de nous séparer, parce que le temps tourne vite, mais le président de la République va finalement assister à la dernière messe du pape. Je lisais dans Le Figaro, s'interroger de savoir si c'était une forme de mea culpa pour l'absence des premiers jours. Comment expliquer que finalement le Président se rende à cette messe, finalement ? ALICE RUFOJe comprends que cette visite, c'est extra... D'abord, elle s'est très bien passée et je pense qu'il faut… c'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Et puis il y a eu une discussion, d'après ce que je comprends, mais je n'y étais pas, mais entre le pape et le Président, et elle va se prolonger. Il se trouve que c'est une ville très européenne dans laquelle le pape se rend aujourd'hui, avec toute cette question de la paix, de l'Europe, de ce que l'Europe a permis pour la paix. Et donc je pense que la discussion va se prolonger, c'est une bonne chose. source : Service d'information du Gouvernement, le 29 septembre 2026
La source — vie_publique · nº 304777
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304777-alice-rufo-28092026-lci-politique-de-la-defense?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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