Table ronde de Matignon sur la Corse
· Clôturée
Bernard Fournier (auteur)
M. le président. La parole est à M. Fournier.
M. Bernard Fournier. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, madame la secrétaire d'Etat, mes
chers collègues, ma question s'adressait à M. le Premier ministre.
L'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998, est l'action la plus odieuse et la plus symbolique qu'une poignée de
clandestins nationalistes corses ait jamais porté contre la République.
Passant sur l'épisode tragico-comique de l'incendie d'une paillote, sur celui de l'emprisonnement d'un préfet, sur la fuite,
favorisée semble-t-il par un service de police, de l'assassin présumé du préfet Erignac,...
M. Raymond Courrière. On ne va pas revenir là-dessus !
M. Bernard Fournier. ... nous constatons que l'image de l'Etat en Corse est victime de dysfonctionnements
gravissimes.
M. Raymond Courrière. Jospin, il vous donne des leçons !
M. Bernard Fournier. Cette image, qui aurait dû être celle d'un Etat de droit, est un peu plus bafouée aujourd'hui, avec
l'aveu de faiblesse et d'impuissance que le Gouvernement vient de faire en début de semaine. (Oh là là ! sur les travées
socialistes.)
M. le Premier ministre affirmait, voilà peu de temps encore, qu'aucune discussion institutionnelle n'était compatible avec
le recours à la violence. Il soulignait alors que la question corse était non pas une question de statut mais un problème
de violence.
Et que constatons-nous ? Que vous ouvrez les portes de Matignon à ceux qui ont refusé...
M. Raymond Courrière. Dites-le à Rossi !
M. Bernard Fournier. ... de condamner les assassins du préfet Erignac (C'est vrai ! sur les travées du RPR), à ceux
qui ne se sont jamais cachés de leur soutien aux auteurs d'attentats.
M. Raymond Courrière. Vous avez tellement réussi de votre côté ?
M. Bernard Fournier. Pour tenter d'obtenir un simulacre de paix civile, vous semblez négocier un changement
institutionnel pour l'île. Vous oubliez que cette solution n'est pas celle que les Corses souhaitent : les résultats de
chaque élection manifestent incontestablement l'attachement de la Corse à la France.
M. Raymond Courrière. Dites-le à Rossi !
M. Bernard Fournier. Mesdames, messieurs du Gouvernement, la Corse, c'est la République !
Compte tenu de votre revirement à l'égard de cette partie de notre territoire national, pouvez-vous indiquer au Sénat si
votre souhait est de conduire la Corse vers un nouveau statut, un statut d'autonomie substantielle, qui l'éloignerait un
peu plus du continent ? (Applaudissements sur les travées du RPR, des Républicains et Indépendants et de l'Union
centriste.)
La source —
senat_questions · nº 1010058:10246a1176d:-1cc6
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé