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17 décembre 1999 · Sénat · Premier ministre · question Question

Table ronde de Matignon sur la Corse

· Clôturée

Bernard Fournier (auteur)

M. le président. La parole est à M. Fournier. M. Bernard Fournier. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, madame la secrétaire d'Etat, mes chers collègues, ma question s'adressait à M. le Premier ministre. L'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998, est l'action la plus odieuse et la plus symbolique qu'une poignée de clandestins nationalistes corses ait jamais porté contre la République. Passant sur l'épisode tragico-comique de l'incendie d'une paillote, sur celui de l'emprisonnement d'un préfet, sur la fuite, favorisée semble-t-il par un service de police, de l'assassin présumé du préfet Erignac,... M. Raymond Courrière. On ne va pas revenir là-dessus ! M. Bernard Fournier. ... nous constatons que l'image de l'Etat en Corse est victime de dysfonctionnements gravissimes. M. Raymond Courrière. Jospin, il vous donne des leçons ! M. Bernard Fournier. Cette image, qui aurait dû être celle d'un Etat de droit, est un peu plus bafouée aujourd'hui, avec l'aveu de faiblesse et d'impuissance que le Gouvernement vient de faire en début de semaine. (Oh là là ! sur les travées socialistes.) M. le Premier ministre affirmait, voilà peu de temps encore, qu'aucune discussion institutionnelle n'était compatible avec le recours à la violence. Il soulignait alors que la question corse était non pas une question de statut mais un problème de violence. Et que constatons-nous ? Que vous ouvrez les portes de Matignon à ceux qui ont refusé... M. Raymond Courrière. Dites-le à Rossi ! M. Bernard Fournier. ... de condamner les assassins du préfet Erignac (C'est vrai ! sur les travées du RPR), à ceux qui ne se sont jamais cachés de leur soutien aux auteurs d'attentats. M. Raymond Courrière. Vous avez tellement réussi de votre côté ? M. Bernard Fournier. Pour tenter d'obtenir un simulacre de paix civile, vous semblez négocier un changement institutionnel pour l'île. Vous oubliez que cette solution n'est pas celle que les Corses souhaitent : les résultats de chaque élection manifestent incontestablement l'attachement de la Corse à la France. M. Raymond Courrière. Dites-le à Rossi ! M. Bernard Fournier. Mesdames, messieurs du Gouvernement, la Corse, c'est la République ! Compte tenu de votre revirement à l'égard de cette partie de notre territoire national, pouvez-vous indiquer au Sénat si votre souhait est de conduire la Corse vers un nouveau statut, un statut d'autonomie substantielle, qui l'éloignerait un peu plus du continent ? (Applaudissements sur les travées du RPR, des Républicains et Indépendants et de l'Union centriste.)
La source — senat_questions · nº 1010058:10246a1176d:-1cc6
↗ https://www.senat.fr/questions/base/1999/qSEQ99120255G.html
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