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4 octobre 2026 · None · transcription Radio

Colère des lycéens : débat entre une proviseure et un lycéen dans le "8h30 franceinfo"

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On a voulu vous réunir aujourd'hui tous les deux, un lycéen, une proviseur pour évoquer les enjeux de la mobilisation du moment, à la veille aussi d'une semaine cruciale avec cette manifestation annoncée mardi. D'abord, Philemon Joglémarcus, vous êtes le représentant à Paris de votre syndicat. Qu'est-ce qui vous a décidé à sortir de vos lycées, à organiser les blocus ? Ecoutez, bon, évidemment toutes les parties de Créteil, mais c'est partie quand même plus généralement d'un constat de désinvestissement dans l'éducation national, nos camarades et nous les lycéens, on est profondément déçus par les politiques et d'éducation mises en place ces dernières années. Voilà, avec une baisse du nombre de professeurs, une baisse d'investissement dans les bâties et donc nous il arrive assez régulièrement que des lycéens n'aient pas de professeurs devant eux. Mais qu'est ce qui a allumé la mèche à Crétheil ? Mais écoutez, c'est un real bol, je pense. Et à Créteil, principalement, c'est parce qu'on est arrivés dans un établissement où il manquait des professeurs, des personnels d'administration, des AED, une infirmière scolaire. C'est un manque de personnel qu'il faut combler. Carole Zerbib, vous êtes professeur dans un lycée parisien. Vous avez aussi travaillé pendant longtemps en Seine-Saint-Denis, qui est un des foyers principaux de la contestation. Est-ce que vous êtes surprise par la rapidité et l'ampleur de ce mouvement ? – Alors, la rapidité et la violence du mouvement, c'est ce qui nous a énormément surpris, parce que très vite tout est monté très fort et la violence, en fait, s'est exprimée très vite et de façon pour nous complètement inédite. – C'est une violence que vous n'aviez jamais constatée, en particulier contre les proviseurs, c'est ce qui est apparu, le ministre de l'Education dit que 40 proviseurs avait été blessé, tout à fait. Voilà c'est ça qui nous surprend beaucoup, c'est que bien sûr qu'il peut y avoir des revendications lycéennes des lycéens qu'on doit entendre, mais ce qui n'est pas admissible c'est que des personnels soient ciblés, des chefs d'établissement mais aussi des enseignants. C'est-à-dire que cette contestation ou ces revendications ne doivent pas être le prétexte pour régler des comptes avec des personnels. Et ça vous avez pu le dire justement représentant syndicaux comme Philemon ? Je lui dis. Vous l'entendez ? Je l'entends mais en fait à partir du moment où les revendications c'est d'avoir des personnels, d'avoir des établissements salubres, évidemment que la destruction des biens et l'attaque aux personnes de l'éducation nationale avec qui nous faisons front commun, d'ailleurs mardi la mobilisation que nous annonçons nous la faisons en commun avec nos professeurs. Et Philemon la question c'est est-ce que vous même vous avez été surpris par cette violence ? Est-ce que vous même vous avez été dépassés ? Écoutez non malheureusement mais en fait l'ampleur de ce mouvement est-elle ? Et c'est des mouvements qui, par leur nature, sont dangereux dans le sens où il n'y a pas de service d'ordre, où ce ne sont pas des mouvements traditionnels. Donc même, je m'étonne, même de la faible proportion des violences par rapport au nombre aurissant. Il y a quand même eu des actes contre des enseignants, contre des policiers, c'est minoritaire. Bien sûr. Bien sûr. Bien sûr. Alors justement, sur la répression, beaucoup d'interpellations. Donc près de 5000 interpellations en une semaine, c'est considérable et en fait vraiment la volonté de ne pas nous écouter. Donc le gouvernement ne veut pas écouter les revendications, nous on est allé voir le ministre avec nos revendications qui sont claires la fin de parcours supe, l'ouverture de place dans l'enseignement supérieur, la création de postes d'enseignants et le gouvernement déjà le matin même de notre, enfin la veille de notre arrivée au ministère supprime dans le projet de loi de finance 1588 postes d'enseignants et malgré toutes ces revendications et malgré tous ces mouvements fait tout pour l'étouffé justement ces mouvements en vous parler d'étouffement justement il y avait 400 lycées contraintes de fermer leurs portes vendredi vous savez si ils seront plus nombreux à partir de demain à partir de lundi où il y a un véritable étouffement écoutez il y a un véritable étouffement puisque en interdisant les cours en présentiel dans ces établissements on empêche aussi aux élèves de se réunir pour faire des votes et se mobiliser – Paul Zerbib, quel est votre regard de proviseur sur ces mobilisations et ces affrontements ? On va parler aussi des revendications évidemment. Mais est-ce que vous avez l'impression que les forces de l'ordre n'agissent pas toujours suffisamment avec retenue ? Quelle est vous, votre constat, sur le terrain de ce qui se passe devant les établissements scolaires ? – Ce qui se passe devant les établissements scolaires, c'est quand même, nous ce qu'on retient, c'est qu'il y a eu cette semaine énormément de violences qui ont mis en difficulté les chefs d'établissement et les personnels des établissements. Il y a eu énormément de dégradations d'établissements, on a vu des établissements incendiaires. Ce qu'on avait rarement vu aussi, c'est ces tirs de mortiers. C'était quand même des phénomènes qui arrivaient rarement. Là on voit qu'il y a une sorte de généralisation des tirs de mortiers et des tirs de mortiers qui peuvent être aussi dirigés vers des personnels. Cette violence qui fait que forcément un chef d'établissement quand il se retrouve Avec ça, devant son établissant, il appelle les forces de l'ordre. C'est normal, la police est là pour protéger les biens et les personnels. Donc nous, on peut bien sûr appeler les lycéens. Alors ce que je voulais dire aussi, c'est que la police se doit aussi de défendre les lycéennes et les lycéens. Et aujourd'hui, quand on a des policiers qui font des tirs aboutant au LBD, au Grenade Lacrymogène, dans la tête de certains lycéens, les lycéens ne se sentent pas protégés. Et c'est ce qui explique aussi les réactions des licences déliciennes face à la police. Voilà. Donc... – Car aux herbibes sur ce poids, vous étiez en train de vous exprimer, vous avez pu constater... – Non, moi je veux dire que sur la trentaine d'établissements qui ont été fermés dans l'Académie de Paris, c'est bien parce qu'il y avait des violences et des débordements très importants qui font que le Rectorat de Paris, enfin l'échelle d'établissement, ont pris la décision de suspendre les cours dans leurs établissements. pour une sécurité, et vous, finiment, vous dites que c'est pour un peu casser le mouvement, c'est votre lecture. Oui, mais il y a vraiment une instrumentalisation de la violence de la part du gouvernement, c'est-à-dire que, oui, il y a une violence, mais une violence ultra-minoritaire, et aujourd'hui, si les revendications ne sont pas écoutées, c'est parce que le gouvernement instrumentalise cette violence, fait fermer des établissements, dont certains qui avaient fait des mouvements pacifiques. Donc vraiment, il y a une volonté de ne pas nous écouter, il y a des interdictions quand même de préfectoraux, de manifestations et de rassemblements aux abords de certains établissements. syndicats et l'Union étudiante. Ceux qui sont fermés. Ceux qui sont fermés. Mais nous, nous avons donc fait un recours près du tribunal administratif de Montreuil pour faire sauter l'arrêté préfectorale en scène syndique qui interdisait les manifestations parce qu'il était interdit d'ailleurs. Je vois réagir, Carole Zerbib. On ne peut pas laisser détruire des établissements scolaires, d'autant plus que la revendication lycéenne, c'est davantage de moyens et des établissements un bâtis scolaire qui soit mieux pour les élèves. Or là, l'argent qui était peut-être destiné à la rénovation du bâtis scolaire, il va servir à la réparation de tout ce qui est en train d'être détruit. On ne peut pas laisser faire ça. Je crois que là ce qu'on doit dire aux jeunes, on peut entendre vos revendications, elles sont légitimes, elles peuvent être légitimes, mais il faut absolument cesser les violences devant les établissements. – C'est le message pour la semaine prochaine ? – Ben oui, il faut que ça cesse. C'est aussi votre message, Philemon, un appel au calme, et après, on va aller sur les revendications sur le fond. – Un appel à la prudence, surtout, mais la vérité, c'est que nos revendications ne sont pas entendues. Là, il y a une enquête, justement, d'antènes qui est sortie sur France 2, sur tout le temps d'antènes alloués aux mobilisations lycènes. Il y a 75% sur les violences, 8% sur les revendications. – Alors justement, Philemon, on va parler des revendications, de savoir si vous êtes écouté ou pas suffisamment le ministre de l'Éducation, Édouard Jefré, a reçu des organisations l'ICN vendredi dernier, dont la vôtre, votre syndicat, on l'écoute, il avance à des premières pistes. – Dès le début de la semaine prochaine, on va lancer un plan d'action avec l'ensemble directeur, que je vais voir d'ailleurs à cette fin, de manière à ce que les remplacements puissent être sensiblement accélérés et qui soient évidemment priorisés sur les classes à examen pour que nos élèves ne soient pas pénalisés pendant les années où il se prépare aux examens, et à fortiori avec la perspective derrière de la poursuivité au supérieur ou de l'insertion professionnelle. – Alors les professeurs absents, ça fait partie des gros problèmes et des revendications portées dans votre mouvement filiment. Est-ce que vous avez le sentiment, avec cette déclaration du ministre, que vous avez déjà gagné une première victoire ? – Eh bien non, parce qu'en fait, c'est une réaction purement opportuniste à ce qu'il se passe et c'est une réponse qui ne sera pas efficace, parce que là il manque plus de 10% des heures de cours, ne sont pas aspirés sur le territoire national. Ce n'est pas en trois semaines qu'il va embaucher les profs. Et d'ailleurs ce n'est pas la volonté puisque dans le projet de loi de finance déposé jeudi, alors que la mobilisation était déjà présente depuis plusieurs jours, il a prévu la suppression de 1500 88 postes. Alors ce que dit le ministre de l'Education, c'est aussi qu'il y a une baisse démographique et que donc la baisse aurait pu être plus importante du nombre de professeurs. Votre regard là-dessus, Carole Zerbib, vous êtes proviseur, j'imagine que pour vous c'est un casse-tête incessant de pouvoir mettre des professeurs devant les élèves. 15,4 millions d'heures de cours non assurés par an dans les collèges et lycées. C'est un chiffre qui donne le vertige. Oui, il y a les heures de cours non assurés en raison de l'absence de certains enseignants, soit pour maladies, soit parce qu'ils sont en formation, mais il y a aussi des heures de cours non assurés parce que des enseignants ne sont pas présents dès la rentrée dans les établissements scolaires. C'est ce que nous avions dénoncé lors de notre conférence de rentrée. Le SNPDN, une sainte, avait constaté qu'il y avait un manque d'enseignants dans de nombreux établissements. Là-dessus, vous rejoignez l'ICN et le polisère. Et même, nous, on dit, l'intituler notre conférence de rentrée, c'était « Comment faire avec rien ? ». et moi je vais reprendre cette phrase de Shakespeare de rien, rien ne peut venir. C'est-à-dire qu'à un moment, quand on nous demande plus et qu'on nous donne rien, eh bien il n'y a rien. Et effectivement là, à force de tirer sur la corde, eh bien effectivement cette corde craque et on est là en plein dans ce que revendiquent les lycéens, donc il y a un manque d'enseignants, il y a aussi une baisse des dotations sur la baisse démographique. Effectivement il y a une baisse démographique, mais on aurait pu ne pas supprimer les moyens et les répartir différemment. Ça, ce sont des choix qui sont faits. Filément, je vois Régère. Nous, on a un problème aujourd'hui de démographie dans les classes, c'est-à-dire des classes surchargées. On est passé en moyenne en France en 2011, à peu près 27 élèves par classe, à aujourd'hui plus de 30. Donc, c'est une augmentation qui est considérable. Et donc, nous, ce qu'on dit, c'est que cette baisse démographique, elle doit surtout profiter aux élèves pour faire diminuer les effectifs par classe. Et ensuite, par rapport à la suppression de postes qui serait soi-disant lié à la baisse démographique, aujourd'hui on n'a pas fini d'être dans le pic démographique des établissements scolaires et d'ailleurs on voit, on constate qu'on a un manque de professeur, donc on ne peut pas dire d'un côté oui, il manque des professeurs et de l'autre, bah non, tout va bien, il y a une baisse démographique. Il y a aussi beaucoup de questions dans ce mouvement du bâti, on en parle énormément, des conditions de travail, des professeurs comme des lycéens d'ailleurs, sur ce point-là vous n'avez pas obtenu de réponses suffisamment concrètes d'après ce qu'on comprend non plus. Non, on n'a pas eu de réponses concrètes. Nous, ce qu'on veut, ce qu'on demande, c'est une rénovation thermique et écologique des bâtiments, parce que c'est inadmissible que des élèves suivent des cours dans des salles où il fait 10 degrés, parce qu'il n'y a pas de chauffage, et qui passent leurs examens dans des salles où il fait 45 degrés. C'est impossible. Et vous demandez quoi alors ? Nous, ce qu'on demande, c'est une rénovation générale et l'augmentation des dotations régionales pour que des rénovations puissent avoir lieu. – C'est intéressant parce que, Carole Serbim, je vous vois au chinois, vous êtes tout à fait d'accord avec ces revendications. – Bien sûr. Sur le bâtis scolaire, on est tout à fait d'accord. Et nous l'avons aussi au SMP2N1, ça, revendiqué et dénoncé, notamment suite aux épisodes de Calicule qui se sont succédés. – Ce qui est compliqué à vous entendre tous les deux, c'est que les revendications, les réponses que le gouvernement pourrait être apportées, c'est du long terme. Comment faire pour vous répondre tout de suite, filément, qu'est-ce qui pourrait vous faire lever les blocus ? Évidemment, il y a une idée de long terme, mais il y a aussi une idée de... Enfin, on ne nous écoute pas, le projet de loi de finance a été déposé jeudi, les mobilisations ont duré, enfin, avaient lieu depuis la semaine précédente, et dans ce projet, on ne nous écoute pas. Donc, comment on peut se sentir écouté derrière ? Bah, on vous a dit qu'il y a une plateforme de concertation. Oui, une plateforme de concertation, c'est comme les numéros verts pour la canicule. En réalité, on ne fait rien. Donc, moi, je vais, en tout cas, merci, Carole Zerbib, de nous, et l'une ça, de nous suivre sur les revendications. D'ailleurs, si vous nous suivez, vraiment, nous vous invitons. Appelle à la manifestation. Je vous invite à rejoindre le mouvement intersindical de Martin. Sur ce point, Carole Zerbib, je vous ai entendu dire aussi votre inquiétude, parce que là, les lycins, ils ne sont pas contre une réforme en particulier, c'est plusieurs revendications. Comment on répond à ça ? Oui, il y a d'ailleurs même des revendications de fond sur l'organisation même de notre système scolaire. Quand les élèves disent on ne veut plus avoir cours de 8h à 18h, et bien moi je leur explique, j'ai pu en discuter avec mes élèves dans l'établissement, je leur ai dit quand on doit mettre dans un emploi du temps entre 30 et 35 heures de cours dans la semaine, forcément l'amplitude horaire elle est de 8h à 18h. Maintenant si on décidait que les élèves n'avaient que 20h de cours dans la semaine, effectivement ils auraient un emploi du temps moins chargé, mais ça c'est une réforme de fond et c'est une réflexion sur tout notre système éducatif, et ça, filément, c'est pas pour demain. D'ailleurs, sur ce jeu-là, il y a beaucoup d'incompréhension, on entend beaucoup de Français dire « Mais qu'est-ce que c'est que ces lycéens qui se plaignent d'avoir cours de 8h à 17h30 ? » Et parce qu'en fait, quand on a cours de 8h à 17h30, les heures d'enseignement ne sont pas efficaces, puisqu'on perd en concentration au fur et à mesure de la journée et au fur et à mesure que la fatigue progresse dans l'esprit des lycéens. On parle vraiment d'aliénation, quand même, parce que quand vous avez des lycéens qui se... Mais quand vous avez des lycéens qui se lèvent à six heures, qui prennent le bus à sept heures pour arriver en cours à huit heures parce qu'ils habitent loin de leurs établissements, je pense surtout aux lycées professionnelles qui ne sont pas sectorisées et qui rentrent le soir avant-heur chez eux, oui, ils n'ont pas le temps de penser autre chose. Mais ça a toujours existé, ça a filé mon joueur Marc. Oui, mais alors on a le droit de le remettre en question, sinon on n'avance jamais. Vous ne vous êtes pas assez mobilisé. Je vous dis parce que c'est un discours qu'on entend et j'imagine qu'il y a des auditeurs aujourd'hui qui sont en train de se dire ça aussi. oui oui et puis d'ailleurs c'est en cela aussi que notre lutte rejoint la lutte des autres des travailleurs et c'est pour ça que nous appelons à une mobilisation générale en soutien à la jeunesse mais toujours avec la jeunesse au centre car c'est elle qui l'a uni ce sera mardé se rassemblement mais sans violence le 8 30 france info camille girer bingé à main fontaine filet manjougler Clément Cracus, lycéen et membre de l'Union syndicat lycéenne. Carole Zerbib, professeur de lycéen et membre du syndicat SPDEN. Une ça, deux regards sur une mobilisation. Et une question se pose dans cette mobilisation lycéenne. Quel rôle joue la France Insoumise ? Je vous propose d'écouter Jean-Luc Mélenchon à propos de la mobilisation mardi prochain. La semaine prochaine, on a la manif du 6 octobre. Moi, j'invite les adultes, les parents, à se mettre en casque blanc ou un brassard blanc et à entourer les manifestations pour protéger. On a un devoir d'abord de protection à leur égard. Et je pense que si on le fait, le nombre de ceux qui le feront, ça aidera à ce que ça se passe bien. Filément, Jougler, Marcus, quel rôle joue Saint-Soumise dans votre mobilisation ? Écoutez, on remarque aussi avec les prises de parole du gouvernement à propos des proxies d'ultra-gauche présumées de la France insoumise. Nous, on voit surtout une volonté d'infantiliser le mouvement et de faire croire à l'opinion publique que les lycènes et les lycéens ne sont pas conscients de leur condition de travail et de leur revendication. Mais on les a vus à nos côtés. On les a vus à nos côtés et effectivement, quand on a des lycéens qui ne se sentent pas écoutés, avoir une écharpe tricolore à proximité, ça fait plaisir. Mais vous savez, il n'y a pas que la France insoumise qui nous a soutenus, le Parti Socialiste aussi, les écologistes, voilà, tout un nombre de partis donc il faut arrêter de se focaliser sur la France sans soumise et en fait ça contribue à diaboliser le mouvement et surtout à l'infantiliser, à le minimiser. – Est-ce que vous, personnellement, vous vous sentez une proximité avec la France sans soumise ? – Écoutez moi, je porte des revendications syndicales, je porte le projet qui permettrait à mes camarades d'apprendre dans de meilleures conditions si des partis politiques sur le plan idéologique ont les mêmes convictions que nous, ça ne nous dérange pas qu'ils nous rejoignent, mais ce ne sont pas les seuls. Et les lyciens sont autonomes. Et d'ailleurs, les proxy d'ultra-gauche, c'est une espèce de rhétorique antiterroriste absolument ridicule. Non. – On dirait que ce serait eux qui agiteraient les mobilisations et les affrontements devant les lycées. – À proxy d'ultra-gauche, ça ne sous-entend pas ça. Ça sous-entend qu'il y a des… Enfin, c'est presque un complot. – Les agissements en sous-marin. – Oui, c'est ça, avec des groupuscules qui soutiendraient cela et qui seraient liées avec la France insoumise. C'est faux. – Carole Zarbib, vous êtes donc proviseur d'un établissement à Paris. Qu'est-ce que vous avez pu constater ? Qu'est-ce que vous avez pu voir ? Est-ce qu'il y a des élus de la France Insoumise qui viennent se joindre aux mobilisations et qui peut-être encouragent les jeunes à se mobiliser ? – Oui, on a vu certains élus devant les établissements scolaires qui n'avaient pas un rôle tout à fait distancié par rapport... Et moi ce que je voudrais dire aux jeunes et à filément d'être vigilant à toute tentative de récupération qui pourrait et d'instrumentalisation et qui pourrait servir en fait des stratégies électorales. Voilà, il faut rester vigilant et je pense aussi que ça risque même de discréditer le mouvement. On a quand même vu à Paris. Alors là, je ne sais pas d'où viennent ces groupes uscules. Mais on a vu des groupes extrêmement mobiles, très organisés, attaqués des établissements des établisseurs. Mais ça, c'est le cas pour de nombreuses manives depuis quelques années déjà. Voilà. Mais je le dis, il y a eu aussi des attaques. Mais il faut pas se faire entendre qu'ils sont liés avec la France Insoumise. Je ne savais pas d'où venaient ces mouvements. Est-ce que c'est l'ultra droite ou l'ultra gauche ? Je n'en sais rien. En tout cas, c'est ce qu'on a pu observer des mouvements, des groupes très organisés, très rapides, qui venaient juste pour dégrader des établissements, et ça allait très vite. On l'a vu dans plusieurs établissements à Paris. Ça vous a fait sourire, ça t'appelle à être vigilant de Carole Zerbib ? Non, non, mais il faut être prudent. Mais en tout cas, aujourd'hui, la réelle récupération, la réelle instrumentalisation, c'est bien le gouvernement qui le fait avec la violence. En fait, on parle de tout, sauf des revendications lycéennes. On en parle là aussi, quand même. Oui, mais par exemple, sur la loi qui va être déposée au Sénat de casseurs payeurs, c'est un projet qui était défendu par le Rassemblement National initialement et qui est repris par le gouvernement. Et en fait, on aurait aimé une aussi grande réactivité de la part du gouvernement pour entendre nos revendications. – Carol Zerbib, vous êtes proviseur à Paris depuis longtemps aussi en Seine-Saint-Denis. Vous en avez vu des mobilisations de lycéens. Est-ce que vous avez le sentiment que la jeunesse aujourd'hui sur ces blocus est plus politisée que celle que vous avez pu connaître auparavant ? – Alors politiser, je sais pas. En tout cas, ce qui me surprend, c'est qu'on avait le sentiment qu'il y avait un désengagement de la jeunesse pour les affaires politiques, pour la vie politique. Et là, tout d'un coup, on voit qu'il y a une mobilisation importante avec effectivement des revendications qui vont un peu dans tous les sens parce qu'il y a des revendications qui sont finalement très locales en fonction des réalités ou des situations des établissements. Mais il y a des revendications. Ce que je regrette, c'est le manque d'organisation peut-être de ces groupes de jeunes, c'est-à-dire que le rôle de l'école, c'est aussi l'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie. Et j'ai l'impression là que ces jeunes ne savent pas très bien comment s'y prendre pour s'organiser. Il y a des choses, il y a des revendications, mais il y a aussi une façon peut-être de s'organiser dans la mobilisation. Et d'où peut-être le fait que ce mouvement a très vite été récupéré, ou en tout cas est victime en fait de toute cette violence, et de parfois cette récupération ? Il est monge, glémarcus, s'il y a une politisation qui revient, comme le dit Carol Zerbi, ce n'est pas parce que justement il y a une jeunesse qui souffre aujourd'hui, on l'a vu, on l'a entendu, qui souffre des courants qui se posent des questions sur l'avenir, sur sa retraite, sur le fait de trouver un travail. Tout à fait. Et déjà, la politisation a changé de forme avec l'arrivée des réseaux sociaux. C'est une politisation qui est beaucoup plus individuelle aussi. Et beaucoup plus virale. TikTok, Snapchat, d'autres réseaux sociaux permettent cette mobilisation plus fortement ? Oui, enfin sur le plan de la mobilisation, mais pas sur le plan de la politisation. Et sur le plan de la politisation, c'est sûr que quand on voit un mouvement aussi large, quand même plus de 700 établissements bloqués, si on cumule deux jours en jour, ça fait plusieurs milliers, Oui, oui, c'est considérable et ça montre bien qu'il y a une souffrance sociale, qu'il y a une souffrance aussi par rapport à l'anxiété écologique, et aussi qu'il y a une souffrance mentale et psychique de ces jeunes qui, au quotidien, ne se sentent pas écoutés. Par ailleurs, pour revenir à la convergence des luttes, un lycéen qui arrive dans un établissement, il n'enlève pas sa veste, la veste de son quotidien, de sa situation familiale. Donc quand on a une situation sociale problématique... – Vous voulez dire que les lycéens aujourd'hui dans la rue sont aussi le porte-voix des difficultés de leurs parents ? – Bien sûr, bien sûr. – C'est ça que vous voulez exprimer. Il y a la mobilisation, donc Mardi, on a parlé des images, d'affrontements qui sont évidemment insoutenables. Il y a aussi des images de fraternité entre les proviseurs, les élèves. On a vu même des batailles de danse dans certains établissements. Mme le proviseur, est-ce que vous allez rejoindre Philemon dans les manifestations Mardi ? Où serais-vous ? – Je serais dans mon établissement pour garantir la sécurité des biens et des personnes. Et vous étiez avec nous ce matin sur France Info. Merci beaucoup, Carol Zerbib. Et merci à vous, Philemon, Jougler, Marcus, d'avoir accepté notre invitation pour nous aider à bien comprendre les raisons qui vous poussent aujourd'hui à manifester. Merci beaucoup, Camille. Bonne journée. Merci beaucoup, merci à vous. L'info continue sur France Info.
La source — radio_franceinfo · nº fb700366-9155-492f-8496-2970e5f54fc9
↗ https://www.franceinfo.fr/replay-radio/8h30-fauvelle-dely/colere-des-lyceens-debat-entre-une-proviseure-et-un-lyceen-dans-le-8h30-franceinfo_8179235.html
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