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2 octobre 2026 · Gouvernement · TF1 · discours Discours

Interview de M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, à TF1 le 2 octobre 2026, sur les violences à l'occasion du mouvement lycéen et le budget pour 2027.

Roland Lescure (auteur), Elizabeth Martichoux (intervenant)

ROLAND LESCUREBonjour. ELIZABETH MARTICHOUXBonjour au ministre de l'Economie et des Finances. D'abord, le mouvement lycéen qui provoque depuis plusieurs jours maintenant des images de violences impressionnantes. Est-ce qu'on peut dire ce matin que le Gouvernement est dépassé par la situation ? ROLAND LESCURENon, non. Le Gouvernement, d'abord, écoute les revendications. Sans doute certaines sont légitimes. Le ministre de l'Education reçoit aujourd'hui les représentants des lycéens. Et puis le Gouvernement va être extrêmement ferme sur les violences, parce que vous ne pouvez pas, d'un côté, dire : " Mon lycée n'est pas au niveau " et de l'autre dire : " C'est en brûlant qu'on va régler le problème ". Donc, je pense qu'il y a deux composantes à ce mouvement : il y a des inquiétudes des lycéens qu'il faut écouter, et puis il y a aussi de l'agitation, sans doute en grande partie nourrie de l'extérieur, qu'il faut réprimer parce que c'est absolument inacceptable. ELIZABETH MARTICHOUXAlors, c'est la première réponse que vous avez apportée. Emmanuel Macron depuis l'Espagne, hier, et Matignon : vous chargez La France insoumise. Ce n'est pas un peu court quand même comme réponse ? ROLAND LESCURELe trotskisme, c'est un métier. Ça fait des années que Jean-Luc Mélenchon le pratique. On a vu les élus sur les manifs, nourrir, dire pour certains même que la violence était légitime. Ce sont des gens qui aspirent à gouverner la France. Donc je ne dis pas que ça explique tout, mais au minimum, on souffle sur les braises. Peut-être même qu'on a tendance à pousser un peu au crime, si je puis dire. Et c'est malheureux parce que, au fond, les responsables politiques aujourd'hui, dans des moments difficiles — on est face à une crise internationale, on a des enjeux de pouvoir d'achat, on a des enjeux de budget, on va sans doute en parler —, arriver en soufflant sur les braises et en poussant à la violence, c'est absolument inacceptable. Ça n'empêche qu'il faut écouter les lycéens. Vous savez que le budget de l'Education nationale, c'est celui qui augmente le plus après la défense : 3 000 recrutements, 1,100 milliards... Donc on est vraiment dans une logique où évidemment on accompagne la jeunesse. ELIZABETH MARTICHOUXManifestement, elle ne vous a pas entendu, ou en tout cas, elle écoute plus La France insoumise. Est-ce que c'est un parti séditieux comme l'a dit Bruno Retailleau ? Séditieux, ça veut dire qu'on organise des violences pour chasser le pouvoir. ROLAND LESCUREFranchement, je ne suis pas capable de vous dire aujourd'hui s'il fragmente ou s'il instrumentalise. Ce dont je suis convaincu, en revanche, c'est que Jean-Luc Mélenchon ne veut pas être président de la République. D'ailleurs, il serait sans doute incapable de l'être. Il est en train de s'organiser pour être le premier opposant à Marine Le Pen présidente. Je ne veux ni de l'un ni de l'autre. Mais on voit bien aujourd'hui que dans sa manière de diviser, de pousser, d'instrumentaliser, au fond, il est en train de générer du chaos et peut-être aussi de générer des solutions qui pourraient donner l'impression qu'il n'y en aura pas. ELIZABETH MARTICHOUXIngénieur du chaos, c'est ce que vous dites ce matin. ROLAND LESCUREBien sûr. Mais il l'est depuis des années. Il l'est depuis des années. ELIZABETH MARTICHOUXAlors on arrive au budget. Puisque c'est votre grande affaire, vous avez construit un budget pour contenir le déficit à 5% en 2027, contre 5,4% cette année. On va parler de ce qui intéresse, ceux qui nous regardent, à commencer par les retraites. Les retraités vont payer, et ils ne vont pas payer qu'un peu : la désindexation à partir de 1 260 euros, et ensuite la baisse du plafond de l'abattement de 10%. Il n'y a rien de fait, c'est-à-dire ? ROLAND LESCUREC'est-à-dire que l'idée, c'est de négocier tout ça. ELIZABETH MARTICHOUXVous avez mis la barre très haute. ROLAND LESCURENon, mais il fallait mettre une copie de départ. La barre très haute : vous savez qu'on a 54 milliards d'efforts sur ce budget et la mesure qu'on a mise en place dans le budget, c'est 5,5 milliards pour les retraités. Les retraités, c'est 25% de la population, et en l'occurrence, ce serait 10% de l'effort. Moi, je comprends les inquiétudes des uns et des autres. Et c'est bien pour ça, d'ailleurs, qu'on préserve les petites retraites, pour s'assurer évidemment que les petites retraites soient préservées. Pour le reste, la négociation va s'ouvrir. Moi, ce que je sais, c'est que dans les pays où on a… ELIZABETH MARTICHOUXVous allez négocier, ces deux mesures-là, elles sont négociables. ROLAND LESCUREMais bien sûr, elles sont négociables deux fois, d'ailleurs elles sont négociables dans le cadre du budget, et elles sont en plus réversibles, puisqu'on a mis en place dans le budget des dispositions qui permettraient à un Gouvernement élu qui souhaiterait faire autre chose de revenir dessus. Mais moi, je veux quand même alerter tout le monde. On est dans une France qui a une signature solide, qui émet encore des obligations, qui est capable, j'allais dire, de gérer ses fins de mois. Les pays qui n'ont pas fait les efforts, on les a vus : la Grèce, l'Italie, l'Espagne. Les retraites, elles ont baissé chez eux. Moi, c'est ce que je veux éviter. Je veux préserver les retraites et demander des efforts justes à tout le monde, y compris aux retraités qui peuvent le faire. ELIZABETH MARTICHOUXFranchement, est-ce que ce budget, il peut nous épargner, peut éviter la crise financière ? Ou est-ce qu'on y va droit ? ROLAND LESCURENon, non. Moi, les prophètes de malheur, je ne les écoute pas. Hier, on a émis douze milliards d'euros sur les marchés. C'est passé comme une lettre à la poste. On émet très bien, mais à des taux très hauts. Et donc c'est pour cela qu'il faut adopter un budget pour que les taux baissent. Parce que les taux, c'est nos découverts, nos crédits immobiliers qui montent et évidemment, mes crédits, à moi, qui montent. Et ça, il faut l'éviter. ELIZABETH MARTICHOUXUn tout petit mot. Je sais que vous n'aimez pas être ramené à ça, Monsieur le Ministre. Enfin, 2 000 euros, c'est correct pour vivre. Vous l'avez dit. Faute avouée à moitié pardonnée, est-ce que vous regrettez cette appréciation, puis, on n'en parle plus ? ROLAND LESCURENon, mais franchement, je regrette la polémique parce que je la trouve un peu injuste. ELIZABETH MARTICHOUXC'est vous qui l'avez lancé. ROLAND LESCURENon, non. Les propos ont été un peu déformés. Certains ont dit qu'à 2 000 euros, on vivait bien, que j'avais dit tout ça. Ce que j'ai dit, et ce que je répète, c'est qu'aujourd'hui, il y a 60 % des retraites qui sont inférieures à 2 000 euros. Avec 2 000 euros, aujourd'hui, vous touchez plus que 60% des retraités. Les salaires sont… ELIZABETH MARTICHOUXMais la politique semble déconnectée. La politique, ce n'est pas froisser les gens, c'était une maladresse : 2 000 euros, c'est correct, c'est une maladresse. ROLAND LESCUREJe ne cherche à froisser personne. Je cherche à présenter les faits. On peut rêver en couleur et dire que les salaires sont à 3 000 euros et 4 000 euros en France, ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, 60 % des retraités qui touchent moins de 2 000 euros, c'est un fait. ELIZABETH MARTICHOUXLes APL gelées, c'est l'aide au logement. Il y a beaucoup de jeunes qui ont recours là-aussi. ROLAND LESCUREEn fait, c'est une petite partie des APL. Vous savez, les APL, ça concerne beaucoup de monde, vingt milliards d'euros, et elles ne baisseront pas. ELIZABETH MARTICHOUXElles ne baissent pas, mais elles n'augmentent pas. Donc, comme elles auraient dû le faire avec 3 % d'inflation, donc vous ne pouvez pas dire qu'elles sont intactes. ROLAND LESCURED'abord, en moyenne, on sera plutôt à deux qu'à trois. Le dernier chiffre est à trois, mais c'est quand même la moyenne qui compte. Et deux, on peut évidemment dire que personne ne fera d'efforts : les retraités qui peuvent se le permettre, ceux qui bénéficient d'un certain nombre d'aide, les entreprises, les fonctionnaires... Si personne ne fait d'efforts, là on ira dans le mur. Et moi, c'est ce que je veux éviter. En fait, c'est mon job aujourd'hui de faire en sorte qu'on puisse continuer à financer l'avenir, financer l'Education nationale, financer l'investissement, financer la technologie. La France a les moyens, elle doit les garder, de se développer. ELIZABETH MARTICHOUXIl nous reste une minute, deux questions très rapides. Vous allez trouver une majorité sur ce texte ? ROLAND LESCUREJe l'espère. On l'a trouvée l'année dernière, on l'a trouvée l'année d'avant. Il faut travailler dans ce sens. ELIZABETH MARTICHOUXBon, l'espoir fait vivre. Jordan Bardella : Mediapart a publié hier des éléments d'authentification de messages antisémites datant de 2013, attribués au président du Rassemblement national. Il dément avec force. Il peut continuer à faire campagne avec ? ROLAND LESCUREEcoutez, je ne suis ni juriste, ni huissier, et j'ai lu l'article de Mediapart hier. On ne peut pas me qualifier de connivence avec ce journal. Ça a l'air sérieux cette histoire, quand même. Donc je ne suis pas sûr qu'il s'en sortira avec des contre-accusations de conspiration. Maintenant, c'est à lui de prendre ses responsabilités, à ceux qui l'entourent aussi de savoir jusqu'à quel point ils doivent le soutenir. ELIZABETH MARTICHOUXEst-ce qu'il peut continuer à faire campagne pour sa candidate comme avant ? ROLAND LESCUREC'est une question que devra se poser sa candidate. Ça a l'air sérieux, cette histoire. ELIZABETH MARTICHOUXMais vous ne répondez pas. ROLAND LESCUREMais en tout cas, si c'est vrai, c'est extrêmement grave. Totalement inacceptable. Ça prouve aussi que derrière le ripolinage de la façade, si c'est vrai, l'arrière-cuisine, elle est toujours la même, nauséabonde, raciste, antisémite. Donc bon, maintenant c'est le travail de la candidate de choisir ceux qui l'entourent. Visiblement, elle a décidé de le garder à ses côtés. source : Service d'information du Gouvernement, le 2 octobre 2026
La source — vie_publique · nº 304829
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304829-roland-lescure-02102026-tf1-mouvement-lyceen?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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