Amendement I-CF767 au texte PRJLANR5L17B3210
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Marianne Maximi (auteur), Nadège Abomangoli (cosignataire), Laurent Alexandre (cosignataire), Ségolène Amiot (cosignataire), Farida Amrani (cosignataire), Rodrigo Arenas (cosignataire), Raphaël Arnault (cosignataire), Anaïs Belouassa-Cherifi (cosignataire) … 70 signataires en tout
Cet amendement d’appel du groupe LFI propose de mettre un terme à la maltraitance institutionnalisée de nos aînés pour satisfaire la rapacité de quelques fonds d’investissement. Après 10 ans de macronie, l’État doit retrouver le goput de la poursuite du bien commun, ici dans les sociétés qui s’occupent du grand âge.
Renommé Emeis en catastrophe, le groupe Orpéa demeure l’un des principaux groupes privés de gestion de maisons de retraite médicalisées et de cliniques, comptant plus de 1 000 établissements et 95 000 lits au niveau mondial. Ce groupe s’est surtout fait connaître à cause des révélations contenues dans l’enquête « Les Fossoyeurs », mettant en avant la maltraitance institutionnalisée. Les multiples enquêtes, rapports et inspections ont par la suite documenté les abus et carences : détournement de fonds publics, sous-effectif chronique, maltraitances, priorité à la rentabilité immédiate sur la qualité du soin, spéculation sur le patrimoine immobilier et manipulation de structures dans des paradis fiscaux.
Orpéa est devenu l’incarnation des ravages de la privatisation et de la recherche du profit dans le secteur de la santé, et notamment du grand âge. La puissance publique a été contrainte d’intervenir à plusieurs reprises, sans jamais reprendre le contrôle de la gouvernance ni garantir une remise à plat du modèle économique privatisé. Pourtant, la logique de financiarisation et de marchandisation est incompatible avec notre vision de la société.
À peine le scandale passé, voici que les affaires reprennent, et la maltraitance salariale et du grand âge avec elles. Au premier semestre 2026, le groupe connaît une hausse de 6 % de son chiffre d’affaires, soit 103 millions d’euros, et en parallèle une hausse de 97 millions d’euros de son résultat net. En d’autres termes, sur 103 millions facturés en plus, seuls 6 millions ont servi à assurer des prestations et verser des salaires, le reste vient améliorer le résultat de la société, afin de promettre de renouer avec des sommets de rentabilité.
Cet amendement prévoit donc que le groupe Emeis, anciennement Orpéa, reverse ponctuellement à l’État, potentiellement sous la forme d’actions, une taxe spéciale d’un montant équivalent à 10 % de sa valeur de marché. Elle pourra être reconduite aussi longtemps que les actionnaires capitalistes continueront de faire passer les profits avant le bien-être de nos aînés. Pour respecter les obligations de l’article 40 de la Constitution, nous précisons que cette prise de participation n’induira pas d’autres charges que des charges de gestion.
La source —
assemblee_amendements · nº AMANR5L17PO59048B3210P1D1N000767
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