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6 octobre 2026 · Assemblée nationale · Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire · question Question

La filière betteravière laissée à l'abandon face à une crise historique

Julien Odoul (auteur)

M. Julien Odoul appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation particulièrement dramatique que traversent les planteurs de betteraves du département de l'Yonne. Durant l'été 2026, la conjonction d'une sécheresse persistante et d'épisodes caniculaires successifs a brutalement interrompu la croissance des cultures. Ces conditions climatiques extrêmes ont également favorisé la prolifération de nombreux bioagresseurs, notamment le charançon Lixus, la teigne et les cassides. Leurs piqûres et les galeries creusées dans les racines ont favorisé le développement du champignon Rhizopus, responsable de la pourriture des betteraves. L'Yonne compte parmi les secteurs les plus durement touchés ; dans les cas les plus extrêmes, la pourriture gagne l'ensemble des parcelles. Ces inquiétudes sont désormais confirmées par les premières estimations. Au 15 septembre 2026, Agreste évaluait la production française à 25,4 millions de tonnes, contre 35,9 millions en 2025, soit une chute de 29,2 % en un an et le niveau le plus faible depuis 1980. Le rendement moyen serait ramené de 90,3 à 68,2 tonnes par hectare, soit une baisse de 24,5 %. Dans l'Yonne, les rendements sont annoncés comme catastrophiques et de nombreuses parcelles ne devraient même pas être récoltées. Face à cette crise, la filière betteravière a alerté les services de l'État dès la fin du mois de juillet. Ses représentants participent aux cellules départementales consacrées à la sécheresse. Le 24 août 2026, l'AIBS et la CGB ont écrit à la ministre pour signaler les pertes annoncées et le découragement des planteurs. Leur courrier est resté sans réponse concrète. Les agriculteurs s'interrogent sur la nécessité de retourner dans la rue pour que le Gouvernement se décide enfin à agir. Les producteurs disposent aujourd'hui de trop peu de solutions pour protéger durablement leurs cultures. Ils font également face à la perspective de pertes de rendement considérables. À cela s'ajoutent les limites du régime d'assurance climatique, qui peine à prendre en compte les conséquences cumulées des aléas climatiques et sanitaires. La viabilité de certaines exploitations est désormais menacée. Après plusieurs campagnes marquées par les crises climatiques et sanitaires, les producteurs ne peuvent être une nouvelle fois laissés seuls face à des pertes qu'ils ne sont plus en mesure d'absorber. Dans ces conditions, il est du devoir de l'État d'apporter son aide afin que les agriculteurs et les producteurs locaux puissent continuer à exercer. Ainsi, il lui demande si le Gouvernement entend débloquer sans délai un soutien financier exceptionnel pour les exploitations sinistrées, s'il compte garantir la prise en compte des effets cumulés de la sécheresse, de la canicule et des dégâts sanitaires dans le régime d'assurance climatique, et quelles mesures sont envisagées pour renforcer les moyens de lutte contre les bioagresseurs et permettre rapidement l'utilisation de la flupyradifurone en enrobage de semences, dans le cadre des nouveaux dispositifs législatifs issus de la loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, ces mesures étant indispensables pour sécuriser les assolements de 2027 et préserver l'avenir de la filière betteravière dans l'objectif de défense de la souveraineté sucrière française.
La source — assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18634
↗ https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-18634QE.htm
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