Persistance de la sérophobie en France
Clémence Guetté (auteur)
Mme Clémence Guetté attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, sur la persistance de la sérophobie en France et sur la nécessité de lancer une grande campagne nationale d'information sur le VIH. Les progrès médicaux ont profondément changé la réalité de la maladie : une personne vivant avec le VIH sous traitement efficace et dont la charge virale est indétectable ne transmet pas le VIH par voie sexuelle. Pourtant, les représentations collectives restent très en retard sur cette réalité. Selon une enquête Opinionway publiée par Sidaction en mars 2026 auprès des 15-24 ans, 39 % pensent encore que le VIH peut se transmettre en embrassant une personne séropositive, 29 % en buvant dans le même verre et 77 % lors d'un rapport sexuel avec une personne séropositive sous traitement. Au total, 58 % déclarent qu'ils seraient mal à l'aise dans au moins une situation impliquant une personne séropositive dans leur entourage. Cette méconnaissance nourrit les préjugés, le rejet et les discriminations dans la vie affective, professionnelle, sociale ou dans l'accès aux soins. Elle entretient aussi la confusion sur les véritables modes de transmission du VIH. Environ 181 000 personnes vivaient avec le VIH en France en 2023 et près de 9 700 ignoraient encore leur séropositivité fin 2024. L'état de santé est déjà un critère de discrimination prohibé par le code pénal mais la persistance de la sérophobie montre que la réponse ne peut pas se faire dans ce seul cadre. Il est nécessaire de faire connaître massivement les modes réels de transmissions, les outils de prévention et le principe « indétectable = intransmissible », tout en combattant explicitement les préjugés visant les personnes vivant avec le VIH. Si les discriminations fondées sur l'état de santé sont déjà prohibées, le statut sérologique réel ou supposé n'est pas explicitement reconnu comme motif autonome de discrimination et certaines violences sérophobes, notamment les injures, menaces, harcèlement ou divulgations malveillantes restent insuffisamment appréhendées comme telles. Mme la députée demande donc à Mme la ministre si le Gouvernement entend lancer, en lien avec Santé publique France, les associations de lutte contre le VIH et les personnes concernées, une campagne nationale de grande ampleur contre la sérophobie, diffusée notamment dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les services publics, les établissements scolaires et universitaires et les lieux de santé. Elle lui demande également quelles évolutions législatives il entend engager afin de mieux reconnaître les actes de sérophobie, notamment en inscrivant explicitement le statut sérologique réel ou supposé parmi les motifs de discriminations.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18698
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé