Constellation de miroir solaires de Reflect Orbital : qu'en dit la France ?
Arnaud Saint-Martin (auteur)
M. Arnaud Saint-Martin appelle l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur le projet de constellation satellitaire de la société états-unienne Reflect Orbital, qui vise à reproduire en permanence la lumière solaire sur Terre, même pendant la nuit, par l'intermédiaire d'une constellation de plateformes satellites miroirs. La Federal Communications Commission (FCC), l'administration qui réglemente les télécommunications aux États-Unis, a décidé d'autoriser la start-up Reflect Orbital à lancer un premier satellite Eärendil-1 fin 2026 pour tester le principe d'un miroir géant placé en orbite. Il serait quatre fois plus brillant que la pleine Lune. L'objectif affiché est de retrouver le jour en pleine nuit, de commander le Soleil à la demande, à terme avec une constellation de 50 000 satellites miroirs à l'horizon 2035. Ce projet, inique, inutile et irréalisable, est une menace grave et claire pour les écosystèmes. Alors que la pollution lumineuse est un fléau majeur et que la congestion de l'orbite terrestre basse promet des lendemains qui déchantent, cette entreprise compte mettre en place une technologie inutile, mais surtout dangereuse. Les arguments des associations environnementales et des astronomes ont été méprisés par la FCC alors que les risques sur l'environnement nocturne, les écosystèmes, mais aussi sur la santé humaine, sont réels. Un sommeil perturbé par une absence de noir total a ainsi des effets néfastes sur le diabète, la concentration, la qualité du sommeil en général et donc, chez les enfants, sur le développement du cerveau. L'armée américaine a déjà passé un contrat pour cette technologie, et d'autres secteurs trouvent que c'est un concept formidable. Cela atteste, en tout cas, du soutien objectif de certains États, à commencer par les États-Unis, à la maximisation d'un astrocapitalisme insoutenable. Cette annonce assure une chose : la continuation de l'entreprise de saturation et de privatisation de l'espace qui est pourtant un patrimoine commun de l'humanité. M. le député souligne qu'il est encore temps que la France se mobilise pour refuser ce projet destructeur de l'environnement nocturne et de la santé humaine. Cela ne peut se faire qu'à l'échelle internationale. Une pétition est déposée sur le site de la FCC appelant à la mobilisation citoyenne, mais cela ne peut suffire. Les associations commencent à faire entendre leur voix, notamment Earthjustice, Public Employees for Environmental Responsibility, Environmental America et DarkSky International, mais les gouvernements ne les écoutent plus, pas davantage que l'étude d'impact demandée par ces associations, qui ne sera pas prise en compte par le gouvernement obscurantiste états-unien. La France peut porter une autre voix, défendant un recours au droit international pour réglementer l'espace comme bien commun, plébiscitant ainsi une autre approche de ce mégaprojet inutile et dangereux. Ainsi, il lui demande de placer cette question à l'ordre du jour du prochain sommet international de l'espace à Paris, les 9 et 10 septembre prochains, d'indiquer si la France s'opposera à la mise en place de ce projet, et de préciser si elle mettra tout en œuvre pour que les « partenaires » états-uniens renoncent à soutenir ce non-sens mortifère.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L17QE18731
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